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Poésie

Posts Tagged ‘fourré’

Le chat nouveau-né (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2018



 
Illustration: ArbreaPhotos
    

Le chat nouveau-né abandonné là
Dans le fourré, corps informe, concentré
De soif de faim, de frayeur, de crève-coeur,
Minuscule oeil fixant, hagard, l’Énorme…

(François Cheng)

 

Recueil: Enfin le royaume
Traduction:
Editions: Gallimard

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Les espaces du sommeil (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2018



 

Les espaces du sommeil

Dans la nuit il y a naturellement les sept merveilles
du monde et la grandeur et le tragique et le charme.
Les forêts s’y heurtent confusément avec des créatures de légende cachées dans les fourrés.
Il y a toi.

Dans la nuit il y a le pas du promeneur
et celui de l’assassin et celui du sergent de ville
et la lumière du réverbère
et celle de la lanterne du chiffonnier.
Il y a toi.

Dans la nuit passent les trains et les bateaux
et le mirage des pays où il fait jour.
Les derniers souffles du crépuscule
et les premiers frissons de l’aube.
Il y a toi.

Un air de piano, un éclat de voix.
Une porte claque. Un horloge.
Et pas seulement les êtres et les choses et les bruits matériels.
Mais encore moi qui me poursuis ou sans cesse me dépasse.
Il y a vous, vous que j’attends.

Parfois d’étranges figures naissent
à l’instant du sommeil et disparaissent.
Quand je ferme les yeux,
des floraisons phosphorescentes apparaissent
et se fanent et renaissent comme des feux d’artifice charnus.
Des pays inconnus que je parcours en compagnie de créatures.
Il y a toi sans doute, ô belle et discrète espionne.

Et l’âme palpable de l’étendue.
Et les parfums du ciel et des étoiles
et le chant du coq d’il y a 2000 ans
et le cri du paon dans des parcs en flamme et des baisers.

Des mains qui se serrent sinistrement dans une lumière blafarde
et des essieux qui grincent sur des routes médusantes.
Il y a toi sans doute que je ne connais pas,
que je connais au contraire.

Mais qui, présents dans mes rêves,
Obstinés à s’y laisser deviner sans y paraître.
Toi qui restes insaisissable
dans la réalité et dans le rêve.

Toi qui m’appartiens de par ma volonté
de te posséder en illusion
mais qui n’approches ton visage du mien
que mes yeux clos aussi bien au rêve qu’à la réalité.

Toi qu’en dépit d’un rhétorique facile
où le flot meurt sur les plages,
où la corneille vole dans des usines en ruines,
où le bois pourrit en craquant sous un soleil de plomb.

Toi qui es à la base de mes rêves
et qui secoues mon esprit plein de métamorphoses
et qui me laisses ton gant quand je baise ta main.
Dans la nuit il y a les étoiles
et le mouvement ténébreux de la mer,
des fleuves, des forêts, des villes, des herbes,
des poumons de millions et millions d’êtres.

Dans la nuit il y a les merveilles du mondes.
Dans la nuit il n’y a pas d’anges gardiens
mais il y a le sommeil.
Dans la nuit il y a toi

Dans le jour aussi.
(Robert Desnos)

Illustration: Jean Libon

Découvert ici: http://www.ville-maurecourt.fr/evenement/printemps-des-poetes-2016-a-la-mda

Merci pour la belle soirée du 20/05/2016 : lecture et chants de textes de Robert Desnos par

L’atelier d’écriture Gaz à tous les étages et les jadilleurs 

 


 

 

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SONIA (Georg Trakl)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2018



 

SONIA

Soir qui revient aux vieux jardins;
Vie de Sonia, bleu du silence.
Les vols lointains des migrateurs;
Arbre nu, automne et silence.

Tournesol tendrement penché
Sur Sonia et sa blanche vie.
Plaie sanglante, jamais montrée,
Éveille en les chambres la vie

Où résonne le bleu des cloches;
Pas de Sonia, tendre silence.
Bête qui meurt salue et passe,
Arbre nu, automne et silence.

Soleil de jours anciens rayonne
Sur Sonia et ses blancs sourcils,
Neige qui humecte ses joues,
Et le fourré de ses sourcils.

(Georg Trakl)

Illustration: Sonia Verdu

 

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Né du lent basculement du crépuscule (Jean-Pierre Chambon)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2018



Illustration
    
Né du lent basculement du crépuscule
un frisson de vent parcourt la roselière
et crible de rouille le miroir de l’étang
où faiblit la lueur laiteuse des nénuphars
d’un fourré alors s’extirpe un oiseau noir
qui dans l’air engourdi peine à s’élever
et dont le lugubre ululement prélude
à l’imminente vacillation des présences

(Jean-Pierre Chambon)

 

Recueil: Tout-venant
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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Brèche béante (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2018



J’entendais les Feuilles – disputer –
Les Fourrés – sonner – comme des Cloches –
Je ne pouvais m’Abriter
Des sentinelles de la Nature –

Si dans une Cave je pensais me cacher
Les Murs se mettaient à parler –
La Création était une Brèche béante –
Pour me rendre visible –

(Emily Dickinson)


Illustration retirée sur demande de l’artiste

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À quoi riment-elles tes rimes déguisées (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2018




    
À quoi riment-elles tes rimes déguisées
voudraient-elles débusquer lovée sous la mémoire
quelque heure pareille à la bête blessée
qui dans le fourré souffre et se tait ?

Ou quel reflet sur les miroirs du temps
rêvent-elles d’éveiller image d’un enfant
sans royaume autre que celui des nuages
et qui nous redirait la fable un instant apaisante
des chênes comme autrefois receleurs de secrets.

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

Recueil: Contre-Chants
Traduction:
Editions: Gallimard

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FOSSOYEUR D’AUBES (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2018



Illustration
    
FOSSOYEUR D’AUBES

Aucune gerbe ne relie
L’homme à ses fondements
Aucune colonne n’étaye
La vie qui décline

Fossoyeur d’aubes et d’horizons
Nous pataugeons dans l’éphémère
Des feux de paille nous aveuglent
L’existence nous a égarés

L’alouette pourtant
Entonne son hymne

Au centre des fourrés
Survient l’amour.

(Andrée Chedid)

 

Recueil: Par-delà les mots
Traduction:
Editions: Flammarion

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Ecume de corps (Mackenzy Orcel)

Posted by arbrealettres sur 26 octobre 2017



écume de corps
dans les fourrés

jamais d’étreinte
n’a de plus subtiles
éternités

(Mackenzy Orcel)

Illustration: Marc Chagall

 

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Ce soir (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2017




    
Ce soir

Ce soir, quand les phalènes des prairies
feront leurs gerbes de neige autour de la lampe,
imagine mon amour.

J’ai peu de temps comme elles
pour danser la joie et la mort.
Un regard distrait de toi suffira.
Je viens des limites de l’ombre avec des douleurs si fines
qu’il m’a fallu beaucoup de peine pour prendre ce déguisement.

Vois, j’ai pris forme alors que je ne suis que désir.
J’ai traduit en couleur ce que transportent les distances,
ce que hurle la pollution nocturne des ruisseaux,
ce qu’attend le bolet blanc qui vient de naître sous la fougère,
ce que signifie la chute d’une pomme sauvage dans un fourré.

Comment te dire que l’amour du monde,
c’est moi, pour un très petit instant de grâce,
frappant au carreau allumé avant de m’y fracasser.

(Jean Malrieu)

 

Recueil: Le plus pauvre héritier

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Entre ces spasmes de lumière (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2017



 

Entre ces spasmes
de lumière, dans la fragile fougère, dans les sombres
fourrés : attendant
qu’à ton oreille labyrinthique
éclate
le tonnerre : le grondement de Babel,
le silence. Ce n’est pas
le lieu où tu t’es égaré
que l’on entendra. Mais le pas
se creusant sous
ce ciel troué, qui se tient tout à fait
à distance. Et qui s’étend en toi
à l’entrée
de la terre craquelée, où tu regardes
ces étoiles déchues
qui s’acharnent à ramper vers toi,
chargées des cadeaux de l’enfer.

(Paul Auster)

Illustration: Yuri Zupancic

 

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