Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘fracas’

Profanation (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018



Illustration
    
Profanation

Mais tes doigts profanes déchirent l’adagio
De ruisseaux en ruisseaux
Montés comme des fleuves

Mille fracas trop purs d’eau pure dans une eau
Tu cherchais l’étendue marine de ton nom
Douceur de ces rochers de sel et de splendeur
Où tout un corps d’eau douce se mêle au rire des vagues

À tes lèvres un cri pousse ta voix lointaine
Profané, tu es seul, naufragé, creux du coeur
Tu es seul, tu es nu, et je perçois tes mains
Elles sont dans la douleur de lampes qui s’éteignent

Referme enfin ce feu qui se faisait ravir
Pour à la fin ce coeur de vague perfection.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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Plage désertée (Muriel Carminati)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Plage désertée
on entendait des galops
et des cris d’enfants
il n’y a pas si longtemps
seul le fracas de la vague

(Muriel Carminati)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Cahiers de Poésie Verte
Traduction:
Editions: Friches

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Tant que tu n’as pas dit (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2018




    
Tant que tu n’as pas dit, serait-ce
« nuit » ou « silence », le premier mot,
rien ne s’offre en partage.

Tu ne croiras que dans l’imprévisible,
il s’amplifie lorsque tu dors
de ce qui vient au monde :

pour la rue obscure un cri de mouette,
le fracas de la houle avec les arbres
au moindre vent, la buée sur les vitres,

toute une apparition d’étoiles,
ou cette neige où sont de connivence
l’horizon des pierres, l’horizon des vagues,

un même secret s’y révèle.

(Pierre Dhainaut)

 

Recueil: Sur le vif prodigue
Traduction:
Editions: Des Vanneaux

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Les Mangeurs d’herbe (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2017



Les Mangeurs d’herbe

C’EST l’heure où l’âme famélique des repus
Agonise, parmi les festins corrompus.

Et les Mangeurs d’herbe ont aiguisé leurs dents vertes
Sur les prés d’octobre aux corolles larges ouvertes,

Les prés d’un ton de bois où se rouillent les clous…
Ils boivent la rosée avec de longs glous-glous.

L’été brun s’abandonne en des langueurs jalouses,
Et les Mangeurs d’herbe ont défleuri les pelouses.

Ils mastiquent le trèfle à la saveur du miel
Et les bleuets des champs plus profonds que le ciel.

Innocents, et pareils à la brebis naïve,
Ils ruminent, en des sifflements de salive.

Indifférents au vol serré des hannetons,
Nul ne les vit jamais lever leurs yeux gloutons.

Et, plus dominateur qu’un fracas de victoires,
S’élève grassement le bruit de leurs mâchoires.

(Renée Vivien)

Illustration: Ernest Biéler

 

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Toi et moi (Avraham Ben-Yitzhak)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2017



Illustration
    
Toi et moi —
au-dessus de nous,
le fracas des mers.
nous sommes enfouis
comme deux perles
dans leurs ligaments,
au fond de la mer.

Je n’étais plus moi-même —
l’esprit désaltéré de silence;
vois comme mes ailes de vent tremblent…
La forêt retentira de tonnerres
le vent abattra ses lames
tu poseras sur moi un regard vacillant.
Tu es la grâce

et le repos —
à ma rencontre hurle la tempête…
Écoute le grand fracas des vagues dans la forêt,
la terre entière s’est rassemblée,
le monde a dénudé son âme
au dieu de la tourmente.

(Avraham Ben-Yitzhak)

 

Recueil: Anthologie de la poésie en hébreu moderne
Traduction: E. Moses
Editions: Gallimard

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Chaque nuit, sur la maison de verre (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2017



Chaque nuit, sur la maison de verre,
vole cette balbutiante poussière d’homme
entre notre sommeil et le fracas des étoiles.

(Jean Joubert)


Illustration: Sabin Balasa

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Deux pétales (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 27 juin 2017



Deux pétales entre mes doigts
sont les paupières de la nuit
soumises à mes voeux, fermées
sur le soleil flou des mémoires

tandis qu’au loin doivent veiller
l’absente et ses trésors
sous le fracas des mêmes étoiles.

(Jean Joubert)

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Avec fracas dehors le vent grondait (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2017



pluie 04

Avec fracas dehors le vent grondait
Dans le ciel pâli de l’automne,
Froide et drue, la pluie qui tombait à flots
Parlait d’hivers de tempête proches.

Bien trop pareils à ce morne soir.
Des soupirs, d’un chagrin plaintif —
Des soupirs d’abord — mais brefs,
Doux. Avec quelle douceur exhalés !
Des mots sauvages d’une vieille chanson,
Indéfinie, sans nom —

“C’était le printemps, car l’alouette chantait.”
Ces mots-là créaient une magie —
Ils descellaient une source profonde
Qu’Absence ni Distance ne peuvent tarir.

Dans la tristesse d’un gris novembre
Ils disaient la musique de mai —
Ils ranimaient la braise mourante
D’une ferveur qui ne s’éteindrait

Éveillez sur toutes mes chères landes
Le vent dans sa gloire et son orgueil !
O appelez-moi des vallées et des montagnes,
Que je marche au bord du torrent !
Il s’est gonflé des premières neiges ;
Les rochers sont blanchis et glacés
Plus sombre ondoie autour la longue bruyère
Sur les fougères le soleil ne luit plus.

(Emily Brontë)

Découvert chez Lara ici

Illustration

 

 

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LES RUINES DE MEXICO (ÉLÉGIE DU RETOUR) (José Emilio Pacheco)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2017



 

LES RUINES DE MEXICO
(ÉLÉGIE DU RETOUR)

1
Absurde est la matière qui s’écroule,
la matière pénétrée de vide, la creuse.
Non : la matière ne se détruit pas,
la forme que nous lui donnons se désagrège,
nos oeuvres se réduisent en miettes.

2
La terre tourne, entretenue par le feu.
Elle dort sur une poudrière.
Elle porte en son sein un bûcher
un enfer solide
qui soudain se transforme en abîme.

3
La pierre profonde bat dans son gouffre.
En se dépétrifiant, elle rompt son pacte
avec l’immobilité et se transforme
en bélier de la mort.

4
De l’intérieur vient le coup,
la morne cavalcade,
l’éclatement de l’invisible, l’explosion
de ce que nous supposons immobile
et qui pourtant bouillonne sans cesse.

5
L’enfer se dresse pour noyer la terre.
Le Vésuve éclate de l’intérieur.
La bombe monte au lieu de descendre.
L’éclair jaillit d’un puits de ténèbres.

6
Il monte du fond, le vent de la mort.
Le monde tressaille en fracas de mort.
La terre sort de ses gonds de mort.
Comme une fumée secrète avance la mort.
De sa prison profonde s’échappe la mort.
Du plus profond et du plus trouble jaillit la mort.

7
Le jour devient nuit,
la poussière est soleil
et le fracas remplit tout.

8
Ainsi soudain se casse ce qui est ferme,
béton et fer deviennent mouvants,
l’asphalte se déchire, la ville et la vie
s’écroulent. La planète triomphe
contre les projets de ses envahisseurs.

9
La maison qui protégeait contre la nuit et le froid,
la violence et l’intempérie,
le désamour, la faim et la soif
se transforme en gibet et en cercueil.
Le survivant reste emprisonné
dans le sable et les filets de la profonde asphyxie.

10
C’est seulement quand il nous manque, qu’on apprécie l’air.
Seulement quand nous sommes attrapés comme le poisson
dans les filets de l’asphyxie. Il n’y a pas de trous
pour retourner à la mer d’oxygène
où nous nous déplacions en liberté.
Le double poids de l’horreur et de la terreur
nous a sortis
de l’eau de la vie.

Seulement dans le confinement nous comprenons
que vivre c’est avoir de l’espace.
Il fut un temps
heureux où nous pouvions bouger,
sortir, entrer, nous lever, nous asseoir.

Maintenant tout s’est écroulé. Le monde
a fermé ses accès, ses fenêtres.
Aujourd’hui nous comprenons ce que signifie
cette terrible expression : enterrés vivants.

11
Le séisme arrive et devant lui plus rien
ne valent les prières et les supplications.
Il naît de son sein pour détruire
tout ce que nous avons mis à sa portée.
Il jaillit et se fait reconnaître à son oeuvre atroce.
La destruction est son unique langage.
Il veut être vénéré parmi les ruines.

12
Cosmos est chaos, mais nous ne le savions pas
ou nous n’arrivions pas à le comprendre.
La planète descend-elle en tournant
dans les abîmes de feu glacé ?
Tourne-t-elle ou tombe-t-elle cette terre ?
Le destin de la matière est-il dans cette chute infinie ?

Nous sommes nature et rêve. C’est pourquoi
nous sommes ce qui descend toujours :
poussière dans les airs.

(José Emilio Pacheco)

Illustration

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LE DIX-NEUVIÈME SIÈCLE, ET APRÈS (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2017



 

LE DIX-NEUVIÈME SIÈCLE, ET APRÈS

Même si le grand chant ne doit plus reprendre,
Ce sera pure joie, ce qui nous reste :
Le fracas des galets sur le rivage,
Dans le reflux de la vague.

***

THE NINETEENTH CENTURY AND AFTER

Though the great song return no more
There’s keen delight in what we have :
The rattle of pebbles on the shore
Under the receding wave.

(William Butler Yeats)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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