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Poésie

Posts Tagged ‘fracassé’

Ils étaient six dans la cave (René Druart)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2018



guerre [800x600]

Ils étaient six dans la cave.
On sait qu’ils y sont encore.
Mais où est la cave ?

***

Tronçonné par les obus,
Le blanc serpent de la route
Rampe sur une nouvelle piste.

***

Sur l’écoutille d’une péniche
Sombrée dans le petit port,
Un pinson chante.

***

Dans les arbres fracassés
Miracle!
Un alléluia d’oiseaux!

(René Druart)

 

 

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Puis vient l’insondable (Bernard Noël)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2018



Illustration    
    
puis vient l’insondable
regard fracassé
là-bas tout au fond

y a-t-il de l’âme
autre que ce trou
pour viser le ciel

l’inusable en nous
n’est pas ce qu’on croit
c’est ce vide au coeur

et le sens s’appuie
sur ce vide-là
comme fait panache

la fumée qui sort
de la cheminée
tout et rien toujours

(Bernard Noël)

 

Recueil: Un livre de fables
Traduction:
Editions: Fata Morgana

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APRES ICARE (Anise Koltz)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2018



Illustration: Eric Itschert 
    
APRES ICARE

Le soleil
assassin d’Icare
se cache

Tandis que toute ma vie
je répare ses ailes
et veille son corps fracassé

(Anise Koltz)

 

Recueil: Somnambule du jour Poèmes choisis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Certains jours (Bernard Mazo)

Posted by arbrealettres sur 19 septembre 2017



 

Certains jours
on voudrait
simplement
demeurer là
à ras des choses
à ne plus bouger
à ne plus parler
à oublier
ses rêves fracassés
à ne même plus
chercher à savoir
que faire
de son existence
exténuée

Quelqu’un ne dort pas
il guette
la venue de la nuit

Il interroge
la réalité des choses
qui s’effacent

Il se tient debout
adossé au temps
immuable

Il a le visage
de l’indicible

(Bernard Mazo)

Illustration: Charles Courtney Curran

 

 

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LE GRAND LIVRE (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2017



    

LE GRAND LIVRE

Quelque part dans un tuyau d’orgue
dans les carafes et le sang des libellules
dans les villes mentales
et la ménagerie des fantômes

On est allé. on s’est dissous
dans l’étonnement. on a postulé
le coeur de la terre. puis on s’est tu
avec le couteau qui se repose.

Quelque part dans la résine ou les pépins de pomme
dans des ferveurs d’hirondelle
dans une serpillière et la trompette qui éclate
dans l’écurie aux morsures fraîches

On s’est frayé un chemin égarant.
On s’est repu de patience et de nuages
et d’obscurité sans limites.
On s’est évanoui dans la splendeur.

Quelque part dans le bois ou l’espèce de sourire
des chaises fracassées. dans la langue affaiblie
des violettes. dans la main froide des étrangers
et les petites créatures paisibles.

Dans le chant limpide des fenêtres
et la poussière vivante. dans le moustique scintillant.
les stèles, les arcs. et le fouet des tempêtes.
dans la sphère exacte de la bulle.

On s’est inscrit. on s’est enfoui. on a germé.
on est devenu la Terre.
on s’est rassemblé. on s’est accepté.
on a regardé le Grand Livre.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Le nom perdu
Editions: Gallimard

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Brisé le cristal de l’identité (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2017



-belier

Les murs ne tombent pas
[21]

Brisé le cristal de l’identité,
fracassé le vaisseau de l’intégrité,

jusqu’à ce que le Seigneur Amen,
bien planté sur le sol,

porteur des cornes torsadées,
mugisse à l’horizon :

me voici, moi, Amen-Ra,
Amen, Aries, le Bélier ;

temps, temps de commencer
une nouvelle spirale,

ainsi – je te lance dans le tourbillon des étoiles ;

jusqu’à ce que plein de pitié,
flairant le sol,

me voici, murmure Amen-Ra,
Amen, Aries, le Bélier,

sois cocon, emmitouflé de laine,
sois Agneau, nouvelle naissance.

***

Splintered the crystal of identity,
shattered the vessel of integrity,

till the Lord Amen,
paw-er of the ground,

bearer of the curled horns,
bellows from the horizon:

here am I, Amen-Ra,
Amen, Aries, the Ram;

time, time for you to begin a new spiral,
see—I toss you into the star-whirlpool;

till pitying, pitying,
snuffing the ground,

here am I, Amen-Ra whispers,
Amen, Aries, the Ram,

be cocoon, smothered in wool,
be Lamb, mothered again.

(Hilda Doolittle)

 

 

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Toute la nuit (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 13 novembre 2016



Toute la nuit

Toute la nuit
ces galopades ces délires
feuillages fracassés
par les sabots purs du vent

et soudain
le silence
visible jusqu’à l’horizon
les collines les pins la poussière
plus brillants que la mer

et la mer elle-même
plus nue que le matin
toute la création retient
son souffle
dans la stupeur

qu’est-ce qui se donne à voir enfin
dans les ténèbres de la lumière ?

(Jean Mambrino)

Illustration: Tina Palmer

 

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SUITE POUR ALBERT AYLER (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2016


 


 

Albert Ayler Spirits Rejoice

SUITE POUR ALBERT AYLER

cassé
fracassé
aimanté
par la plus haute force du chant

inspire
espère
tu joues
en toutes langues
tu joues pour la lumière
qui ne passe pas

cassé
fracassé
tu joues
dans le ventre même
de l’intonation
aum aum aum

tu joues
pour dire
que le monde peut tourner autrement

pour interroger les étoiles
accélérer l’immensité

inspire
espère
écoutant
sans fln sans fond
la buée d’âme
de Coltrane

oui
tu joues
pour cet autre ciel
en ton coeur

fusant
contre l’invention des larmes
ciselant
des arcs-en-ciel de bastringue

cassé
fracassé
inspire
espère
jusqu’à confesser les anges

pour explorer
les grands charniers
de la naissance
du chagrin
et de la mort

contre tous les hypocrites
toujours les mêmes
quels qu’ils soient

pour offrir
ton absolue fragilité

cassé fracassé
tu joues
pour nous faire sentir
que le temps ne passe pas

inspire
espère
saint saint trois fois saint

en plongée d’esprit saint
en réjouissance d’esprit

dans un souffle-esprit
à faire germer des oracles

cassé
fracassé
tu remercies Dieu
d’avoir créé les femmes

tu salues en sueur
la substance femme

inspire
espère
tu joues
pour guérir les univers

pour porter ta peine
jusqu’aux comètes

homme-arbre
cassé fracassé
tu joues
comme une averse de signes
dans la prière du coeur

inspire
espère
chacune de tes notes
est une perle d’étreinte

un couac habité
dans la fanfare de Dieu

(Zéno Bianu)


 

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Voix de l’heure implacable et lente (Gustave Kahn)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2015



Voix de l’heure implacable et lente,
Timbre avertisseur du passé,
Encore un lourd pan de l’attente
Qui s’est écoulé fracassé !

Rien dans le passé, rien dans le présent…
Encore un lambeau d’heure évanouie !
Un semblant qui s’en va des printemps séduisants,
Un départ, un baiser, une note inouïe.

Oh ! le douloureux infini
Qu’on ressent au larges musiques,
Au-delà des clartés plastiques
Dans les puissances mécaniques,
Oh ! le douloureux infini !

Rien dans l’avenir, rien dans le remords ! –
Le coeur est blessé d’une flèche étrange ;
Un désir pénétrant et vague qui le mord,
Concert inexpliqué qu’un accroc bref dérange !

(Gustave Kahn)

Illustration: ArbreaPhotos  

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PREUILLY-SUR-CLAISE (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 2 novembre 2015



PREUILLY-SUR-CLAISE

PREUILLY-SUR-CLAISE
A James.

Allons loin de la ville lasse,
Loin du tonnerre des rouliers,
Des rues, noirs damiers de l’espace ;
Loin des carrefours lanterniers,
De cette lutte sans vainqueurs,
Loin du ciel mou, fouaillé de pluie,
Plus changeant le jour et la nuit
Qu’aux métamorphoses du coeur.

Pour voir neiger les amandiers
Dans le petit froid de l’aurore.
Réjouissez-nous de votre souffle,
Velours des blés, sommeil bruissant
Autour de l’aérien village,
Des forgerons incandescents
Battant une enclume sans âge,
Du boulanger, poitrail de marbre
Qui siffle quand la nuit descend.
Village fracassé d’histoire,
Donjon des légendes d’amour
Au fond de la plus haute tour.
Par delà l’abîme des arbres
Tourne la ronde des vautours ;
Au bas de sa rumeur heureuse,
Des prés fleuris de boutons d’or,
Une rivière enchante l’ombre
Immobile et coule sans bords.

On entend tinter goutte à goutte
La chantepleure d’un cellier ;
Le képi du garde champêtre
Passe entre les jardins mouillés.
Et puis la nuit s’étoile toute,
Efface les rides, les routes,
Apaise les coeurs lourds de doute,
Lâche les souris des greniers
Et les chats qui vont sans souliers…

Nuit vide et creuse où tout écoute
Emporte-nous sur tes voiliers.

(Maurice Fombeure)

Illustration

 

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