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Voix de l’heure implacable et lente (Gustave Kahn)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2015



Voix de l’heure implacable et lente,
Timbre avertisseur du passé,
Encore un lourd pan de l’attente
Qui s’est écoulé fracassé !

Rien dans le passé, rien dans le présent…
Encore un lambeau d’heure évanouie !
Un semblant qui s’en va des printemps séduisants,
Un départ, un baiser, une note inouïe.

Oh ! le douloureux infini
Qu’on ressent au larges musiques,
Au-delà des clartés plastiques
Dans les puissances mécaniques,
Oh ! le douloureux infini !

Rien dans l’avenir, rien dans le remords ! –
Le coeur est blessé d’une flèche étrange ;
Un désir pénétrant et vague qui le mord,
Concert inexpliqué qu’un accroc bref dérange !

(Gustave Kahn)

Illustration: ArbreaPhotos  

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PREUILLY-SUR-CLAISE (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 2 novembre 2015



PREUILLY-SUR-CLAISE

PREUILLY-SUR-CLAISE
A James.

Allons loin de la ville lasse,
Loin du tonnerre des rouliers,
Des rues, noirs damiers de l’espace ;
Loin des carrefours lanterniers,
De cette lutte sans vainqueurs,
Loin du ciel mou, fouaillé de pluie,
Plus changeant le jour et la nuit
Qu’aux métamorphoses du coeur.

Pour voir neiger les amandiers
Dans le petit froid de l’aurore.
Réjouissez-nous de votre souffle,
Velours des blés, sommeil bruissant
Autour de l’aérien village,
Des forgerons incandescents
Battant une enclume sans âge,
Du boulanger, poitrail de marbre
Qui siffle quand la nuit descend.
Village fracassé d’histoire,
Donjon des légendes d’amour
Au fond de la plus haute tour.
Par delà l’abîme des arbres
Tourne la ronde des vautours ;
Au bas de sa rumeur heureuse,
Des prés fleuris de boutons d’or,
Une rivière enchante l’ombre
Immobile et coule sans bords.

On entend tinter goutte à goutte
La chantepleure d’un cellier ;
Le képi du garde champêtre
Passe entre les jardins mouillés.
Et puis la nuit s’étoile toute,
Efface les rides, les routes,
Apaise les coeurs lourds de doute,
Lâche les souris des greniers
Et les chats qui vont sans souliers…

Nuit vide et creuse où tout écoute
Emporte-nous sur tes voiliers.

(Maurice Fombeure)

Illustration

 

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