Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘fragrance’

Romarin (Frédéric Jacques Temple)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2019




    
Romarin

Il règne
souverain
sur les fragrances
solaires.

(Frédéric Jacques Temple)

 

Recueil: Dans l’erre des vents
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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PRODIGUE NUIT (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2019




Illustration: ArbreaPhotos Saint Jean Pied de Port – Roncevaux
    

PRODIGUE NUIT
Rater dan

Au bout du chemin le jour s’éteint,
l’heure du chant se meurt que voici —
que te reste-t-il pour passer la nuit ?

Elle n’est point stérile la nuit,
elle qui dans l’obscurité fait éclore
la fleur aux regards dérobée,
celle qui sous l’âpre feu du jour
ne put s’épanouir,

celle dont le grain de miel
fut au coeur du bois si enfoui
que l’abeille de ton jardin
lasse d’en requérir vainement
la grâce s’en fut par le ciel
il y a longtemps.

La fleur dans les ténèbres éclose
ne se porte pas à la chambre
ni ne sera tressée en couronne ;
seulement à la faveur de sa fragrance
elle me rend sensible au coeur
le regard que jadis je perdis
parmi l’épaisse foule du jour,
les mots sombrés dans le silence.

Elle n’apporte que le nom
de ce que je ne pus saisir,
que l’éperdue souvenance
de ce qui pût advenir.

La brassée d’étoiles lointaines
de mon rêve que portait la nuit
jamais ne se fit prendre.
La fleur de nuit me parlera
dans mon recueillement du distant,
me fera ressentir l’insaisissable
accomplissement des choses.

Ce don ultime du chemin
don hors visibilité hors atteinte
te comblera à l’heure du départ.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: L’écrin vert
Traduction: Saraju Gita Banerjee
Editions: Gallimard

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LORSQUE la nuit cède (Rafael Carcelén)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2019



Illustration: Christian Schloe 
    
LORSQUE la nuit cède
Et fatiguée dans sa mémoire elle s’effondre.
Lorsque le tout n’est plus rien
et pour le néant tout
abandonne doucement ses doigts
à la seule fragrance
à l’humide épaisseur de toute forme,
qui retient et éteint,
qui dissout, qui unit, qui détache,

avec cette légère paresse
comme la lente résine, de ton corps
l’aube se sécrète.

***

CUANDO cede la noche
y exhausta en su memoria se desploma.
Cuando ya todo es nada
y por la nada todo
mansamente abandona sus dedos
a la sola fragancia,
al húmedo espesor de toda forma
que retiene y apaga,
que disuelve, que une, que desata,

con qué leve pereza
como lenta resina, de tu cuerpo
va segregándose el alba.

(Rafael Carcelén)

 

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La fragrance (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2019



Frederick Arthur Bridgman 1

La floraison du bâton

[43]
Mais elle parla et il la regarda,
elle était timide et simple et jeune ;

elle dit, Sire, la fragrance est des plus belles,
comme de toutes les choses fleuries à la fois ;

mais Kaspar savait que le sceau de la jarre était intact,
il ignorait si elle savait

que la fragrance venait du bouquet de myrrhe
qu’elle tenait dans ses bras.

***

But she spoke so he looked at her,
she was shy and simple an d young;

she said, Sir, it is a most beautiful fragrance,
as of all flowering things together;

but Kaspar knew the seal of the jar was unbroken.
he did not know whether she knew

the fragrance came from the bundle of myrrh
she held in her arms.

(Hilda Doolittle)

Illustration: Frederick Arthur Bridgman

 

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Résurrection (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2019



Resurrection

La floraison du bâton

[ 7 ]

Pourtant la résurrection est le sens de la direction,
résurrection est une droite ligne,

droit sur la horde et le butin,
le trésor, la réserve,

le rayon de miel ;
la résurrection est rémunération,

nourriture, abri, fragrance
de la myrrhe et du baume.

***

Yet resurrection is a sense of direction
resurrection is a bee-line,

straight to the horde and plunder,
the treasure, the store-room,

the honeycomb;
resurrection is remuneration,

food,shelter, fragrance
of myrrh and balm.

(Hilda Doolittle)

 

 

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Braises pour que brûle le monde (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2019



Jesse Barnes _  [800x600]

Les murs ne tombent pas
[17]

… braises pour que brûle le monde,
car nous devons aller de l’avant,

nous sommes au carrefour,
la marée se refonde ;

elle découvre galets et coquillages,
si beaux et pourtant statiques, anciennes

pensées creuses, anciens usages ;
descendons vers la mer,

ramassons des algues sèches,
entassons du bois flotté,

allumons un nouveau brasier
et dans la fragrance

de sel brûlé et d’encens de mer
chantons de nouveaux péans au Soleil nouveau

de la régénération ;
Lui, nous l’avons toujours adoré,

nous avons toujours dit,
à jamais au grand jamais, Amen.

***

… coals for the world’s burning,
for we must go forward,

we are at the cross-roads,
the tide is turning;

it uncovers pebbles and shells,
beautiful yet static, empty

old thought, old convention;
let us go down to the sea,

gather dry sea-weed,
heap drift-wood,

let us light a new fire
and in the fragrance

of burnt salt and sea-incense
chant new paeans to the new Sun

of regeneration ;
we have always worshipped Him,

we have always said,
forever and ever, Amen.

(Hilda Doolittle)

Illustration: Jesse Barnes 

 

 

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Il faut parler avec clarté des pierres (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2018



Il faut parler avec clarté des pierres claires,
des pierres sombres,
de la roche ancestrale, du rayon bleu
resté prisonnier au coeur du saphir,
et du rocher statuaire en sa grandeur
irrégulière, du vol sous-marin,
de l’émeraude et de son brasier vert.

Parfait, mais le caillou
ou la marchandise qui scintille de feux,
oui, l’éclair vierge du rubis
ou la vague congelée de la côte,
le jais secret qui a choisi
de l’ombre l’éclat négatif,
répondez-moi, répondez au pauvre mortel:
de quelle mère sont-ils venus, du sperme
de quel volcan, de quel océan, de quel fleuve,
de quelle flore antérieure, de quel parfum,
interrompu par la clarté glaciale?
J’appartiens à ces hommes transitoires
qui fuyant l’amour dans l’amour
sont restés brûlés, partagés
en chair et en baisers, en propos noirs
mangés par l’ombre :
je ne suis pas fait pour tant de mystères :
j’ouvre les yeux et ne vois rien :
je palpe la terre et je poursuis mon voyage
tandis que le brasier ou la fleur, la fragrance ou l’eau
se muent en races de cristal,
oeuvres de la lumière se font éternité.

(Pablo Neruda)

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Dans l’atmosphère de l’après-midi (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2018




    
Dans l’atmosphère de l’après-midi
flotte cet arôme d’absence
qui dit à l’âme lumineuse : jamais,
et au coeur : attends.
Cet arôme qui évoque les fantômes
des fragrances vierges et mortes.

(Antonio Machado)

 

Recueil: Champs de Castille précédé de Solitudes, Galeries et autres poèmes et suivi de Poésies de la guerre
Traduction: Sylvie Léger et Bernard Sesé
Editions: Gallimard

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Depuis que je t’ai vue… (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



Depuis que je t’ai vue,
Le chant du rossignol, le doux chant de l’oiseau
Se fait encor plus beau.
Et, dissipant la nue,
L’éclat du grand soleil
Est soudain sans pareil.
Mais nul mot ne me vient de ta bouche menue,
Nul sourire pour l’éclairer…
Doucement. Et celui qui t’aime
N’est plus que l’ombre de lui-même.
Il voudrait t’embrasser. Il voudrait te serrer.

Depuis que je t’ai vue, ô toi, femme cruelle,
Dans les champs, je perçois
Une senteur nouvelle.
Plus fines qu’autrefois
Sont les fragrances, plus câlines,
Et l’orgueilleux rosier ne porte plus d’épines.
Mais ton âme est de glace et trop fier est ton cœur.
Ce qui fut la brise du désespoir, ô Femme,
A présent brûle avec ardeur
Et devient amoureuse flamme!

Depuis que je t’ai vue – et pourquoi le nier! –
Le ciel, pour moi, est toujours printanier.
Aucun oiseau n’est prisonnier d’aucune fille.
Et moi seul, ton captif, suis derrière une grille.
Il me sera doux de mourir.
Car mon cœur douloureux à toi n’a pu s’offrir.
En quittant cette terre,
En me sentant partir,
J’exhalerai le nom de celle qui m’est chère.

(Attila Jozsef)


Illustration: William Bouguereau

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PROGRAMME MATINAL (Rubén Darío)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2018



Illustration: Françoise Naudet
    
PROGRAMME MATINAL

Heures claires du lever du Soleil
auxquelles mille trompettes d’or
annoncent le divin réveil !
Salut à toi, Orbe céleste et sonore !

Dans l’angoisse de l’ignorance
de l’avenir, sachons recevoir
la barque chargée de fragrances
dont les rames sont d’ivoire.

Épicuriens ou bien rêveurs,
aimons la Vie triomphante,
toujours couronnés de fleurs,
la torche toujours flamboyante !

Puissions-nous extraire des raisins
de notre existence transitoire
les plaisirs qui animent nos destins
et les champagnes de la gloire.

Dévidons les fils d’Amour,
faisons le Bien — il est amène,
dormons ensuite sans détour,
pour toujours, à jamais. Amen.

(Rubén Darío)

 

Recueil: Chants de vie et d’espérance
Traduction: Lionel Igersheim
Editions: Sillage

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