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Posts Tagged ‘fragrance’

J’AIME TA LETTRE (Léopold Sédar Senghor)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2021




    
J’AIME TA LETTRE

J’aime ta lettre, plus douce que l’après-midi du Samedi
Et les vacances, ta parole de songe bleu.

La fragrance des mangues me monte à la nuque
Et comme un vin de palme un soir d’orage, l’arôme féminin des goyaves.

Les tempêtes suscitent les humeurs, le palais blanc s’ébranle dans ses assises de basalte
L’on est long à dormir, allongé sous la lampe sous la violette du Cap.
La saison s’est annoncée sur les toits aux vents violents du Sud-Ouest
Tendue de tornades, pétrie de passions.

Les roses altières les lauriers-roses délacent leurs derniers parfums
Signares à la fin du bal
Les fleurs se fanent délicates des bauhinias tigrées
Quand les tamariniers aux senteurs de citron allument leurs étoiles d’or.
Du ravin monte, assaillant mes narines, l’odeur des serpents noirs
Qui intronise l’hivernage.

Dans le parc les paons pavoisent, en la saison des amours.
Rutilent dessus les pelouses, pourpres princiers, les flamboyants
Aux coeurs splendides, et les grands canas d’écarlate et d’or.
M’assaillent toutes les odeurs de l’humidité primor-diale, et les pourritures opimes.
Ce sont noces de la chair et du sang — si seulement noces de l’âme, quand dans mes bras
Tu serais, mangue mûre et goyave ouverte, souffle inspirant ah ! haleine fraîche fervente…

J’aime ta lettre bleue, plus douce que l’hysope
Et sa tendresse, qui me dit que tu es m’amie.

(Léopold Sédar Senghor)

 

Recueil: Anthologie Poésie africaine six poètes d Afrique francophone
Traduction:
Editions: Points

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À la fragrance de l’oranger (Kakei)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2020




    
À la fragrance
de l’oranger c’est tout comme
si je voyais son visage

(Kakei)

 

Recueil: Friches
Traduction: René Sieffert
Editions: Verdier poche

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KALÉIDOSCOPE (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2020



 

KALÉIDOSCOPE

Kaléidoscope du macrocosme
Est le microcosme.
Scintillement de la rosée.
Fragrance des yeux.
L’herbe est-elle verte ?
L’homme est blanc.
Mouvement. Musique.
Les lettres croissent dans l’espace.
Les sons comme des édifices.
Courant d’air des vents.
Cosmos. Cosmos. Cosmos.

Magie de l’espace.
Scintillation de l’espace.
A travers le chant rayonne
La lumière sensible,
La clarté de la parole
Qui est comme verre irisé.
Ne ranimez pas le mort…

(Srecko Kosovel)

 

 

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Nues (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2020


hautecoeur-nuees-5

Aux imminentes nues
l’été se révèle transparence
De la chair fragrance
plus que le toucher aérienne

Par les brèches des ruines
arrivent les senteurs d’orage
Soif devenant don
hors-ciel dahlias du jour …

Aux imminentes nues
la terre soudain s’ouvre aux larmes
Proche du corps du coeur
pluie de pétales, extase d’étoiles

(François Cheng)

Illustration

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Les âmes (Louis Calaferte)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2020



 

Audrey Kawasaki  1

Les âmes
ont des fragrances
insensées!

(Louis Calaferte)

Illustration: Audrey Kawasaki

 

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Romarin (Frédéric Jacques Temple)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2019




    
Romarin

Il règne
souverain
sur les fragrances
solaires.

(Frédéric Jacques Temple)

 

Recueil: Dans l’erre des vents
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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PRODIGUE NUIT (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2019




Illustration: ArbreaPhotos Saint Jean Pied de Port – Roncevaux
    

PRODIGUE NUIT
Rater dan

Au bout du chemin le jour s’éteint,
l’heure du chant se meurt que voici —
que te reste-t-il pour passer la nuit ?

Elle n’est point stérile la nuit,
elle qui dans l’obscurité fait éclore
la fleur aux regards dérobée,
celle qui sous l’âpre feu du jour
ne put s’épanouir,

celle dont le grain de miel
fut au coeur du bois si enfoui
que l’abeille de ton jardin
lasse d’en requérir vainement
la grâce s’en fut par le ciel
il y a longtemps.

La fleur dans les ténèbres éclose
ne se porte pas à la chambre
ni ne sera tressée en couronne ;
seulement à la faveur de sa fragrance
elle me rend sensible au coeur
le regard que jadis je perdis
parmi l’épaisse foule du jour,
les mots sombrés dans le silence.

Elle n’apporte que le nom
de ce que je ne pus saisir,
que l’éperdue souvenance
de ce qui pût advenir.

La brassée d’étoiles lointaines
de mon rêve que portait la nuit
jamais ne se fit prendre.
La fleur de nuit me parlera
dans mon recueillement du distant,
me fera ressentir l’insaisissable
accomplissement des choses.

Ce don ultime du chemin
don hors visibilité hors atteinte
te comblera à l’heure du départ.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: L’écrin vert
Traduction: Saraju Gita Banerjee
Editions: Gallimard

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LORSQUE la nuit cède (Rafael Carcelén)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2019



Illustration: Christian Schloe 
    
LORSQUE la nuit cède
Et fatiguée dans sa mémoire elle s’effondre.
Lorsque le tout n’est plus rien
et pour le néant tout
abandonne doucement ses doigts
à la seule fragrance
à l’humide épaisseur de toute forme,
qui retient et éteint,
qui dissout, qui unit, qui détache,

avec cette légère paresse
comme la lente résine, de ton corps
l’aube se sécrète.

***

CUANDO cede la noche
y exhausta en su memoria se desploma.
Cuando ya todo es nada
y por la nada todo
mansamente abandona sus dedos
a la sola fragancia,
al húmedo espesor de toda forma
que retiene y apaga,
que disuelve, que une, que desata,

con qué leve pereza
como lenta resina, de tu cuerpo
va segregándose el alba.

(Rafael Carcelén)

 

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La fragrance (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2019



Frederick Arthur Bridgman 1

La floraison du bâton

[43]
Mais elle parla et il la regarda,
elle était timide et simple et jeune ;

elle dit, Sire, la fragrance est des plus belles,
comme de toutes les choses fleuries à la fois ;

mais Kaspar savait que le sceau de la jarre était intact,
il ignorait si elle savait

que la fragrance venait du bouquet de myrrhe
qu’elle tenait dans ses bras.

***

But she spoke so he looked at her,
she was shy and simple an d young;

she said, Sir, it is a most beautiful fragrance,
as of all flowering things together;

but Kaspar knew the seal of the jar was unbroken.
he did not know whether she knew

the fragrance came from the bundle of myrrh
she held in her arms.

(Hilda Doolittle)

Illustration: Frederick Arthur Bridgman

 

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Résurrection (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2019



Resurrection

La floraison du bâton

[ 7 ]

Pourtant la résurrection est le sens de la direction,
résurrection est une droite ligne,

droit sur la horde et le butin,
le trésor, la réserve,

le rayon de miel ;
la résurrection est rémunération,

nourriture, abri, fragrance
de la myrrhe et du baume.

***

Yet resurrection is a sense of direction
resurrection is a bee-line,

straight to the horde and plunder,
the treasure, the store-room,

the honeycomb;
resurrection is remuneration,

food,shelter, fragrance
of myrrh and balm.

(Hilda Doolittle)

 

 

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