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Posts Tagged ‘fraîcheur’

Je ne puis guérir d’un appel insensé (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2021


 

Egarés dans les moires du temps, les durs méandres
qu’anime le sourire de l’Enfant,
chevaliers à la poursuite de la fuyante naissance
du futur qui nous guide comme un toucheur de boeuf,
je maudis l’aventure, je voudrais retourner
vers la maison et le platane
pour boire l’eau de mon puits que ne trouble pas la lune,
et m’accomplir sur mes terrasses toujours égales,
dans la fraîcheur immobile de mon ombre.

Mais je ne puis guérir d’un appel insensé.

(André Frénaud)

 

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Objets (Mireille Gaglio)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2021



Objets

C’était un vieux sac d’écolier
Tout éventré, oublié,
D’où quelques cahiers bâillaient…
Mais c’est mon vieux cartable,
Là, sous la table
Dans le grenier !

C’est en rangeant que je l’ai retrouvé,
Et avec lui une bouffée de mon passé :
La fraîcheur du lever,
La main de Papa sur mon visage,
Disant : »Réveille-toi, il est tard,
Tu vas être en retard ! »
C’est tout mon plus jeune âge…

Comme il a l’air désuet
Ce vieil objet !
Mais que de secrets,
Que de souvenirs écoulés,
Que d’orages !
C’est toute une page…
Des odeurs et des senteurs,
Des bonheurs, des malheurs,
Des joies et des solitudes,
Des contraintes et des habitudes …

Tout est là, dans ce vieux sac abandonné !

(Mireille Gaglio)

Illustration

 

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Si un matin à l’aube (Bo Carpelan)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2021




    
Si un matin à l’aube, avec d’infinies précautions,
tu tentes de mesurer l’air entre deux arbres immobiles,
tu aperçois un arc de fraîcheur presque invisible, tel un chant.
Tu vois que l’été est en chemin, et peut-être peux-tu, si ton cœur,
même en pensées, est proche du cœur lumineux de quelqu’un d’autre,
être empli de la consolation heureuse venue d’une source inattendue,
invisible

(Bo Carpelan)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Dehors
Traduction: Traduit du suédois par Pierre Grouix
Editions: Arfuyen

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TOUJOURS PLUS LIBRE (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2020



TOUJOURS PLUS LIBRE
(sur quelques « oiseaux » de Graziella Borghesi)

vers cette vie toujours plus libre
où la vie sans fin s’improvise

vers cette vie qui ne meurt pas
et se propage à l’infini

vers cette vie qui boit la nuit
dans la fraîcheur du lâcher-prise

le chemin de l’éveil
est celui des oiseaux

(Zéno Bianu)

Illustration

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Vers cette vie toujours plus libre (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2020



vers cette vie toujours plus libre
où la vie sans fin s’improvise

vers cette vie qui ne meurt pas
et se propage à l’infini

vers cette vie qui boit la nuit
dans la fraîcheur du lâcher-prise

le chemin de l’éveil
est celui des oiseaux

(Zéno Bianu)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration

 

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Quelle fraîcheur! (Chiyo-ni)

Posted by arbrealettres sur 4 novembre 2020




    
Quelle fraîcheur!
J’en oublie mon rouge à lèvres
Source ombragée

***

口紅粉をわすれてすずし清水かげ
kuchibeni wo / wasurete suzushi / shimizu kage

(Chiyo-ni)

 

Recueil: Chiyo-ni Une femme éprise de poésie
Traduction: Grace Keiko / Monique Leroux Serres
Editions: Pippa

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Fraîcheur de la source (Chiyo-ni)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2020




    
Fraîcheur de la source
En dormant la nuit je pense
aux lucioles

***

清水すすしぬる夜は思ふ蛍哉
shimizu suzushi / nuru yo wa omou / hotaru kana

(Chiyo-ni)

 

Recueil: Chiyo-ni Une femme éprise de poésie
Traduction: Grace Keiko / Monique Leroux Serres
Editions: Pippa

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CROISSANT DE LUNE (Kim So-Wôl)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2020



Chun Woo
    

CROISSANT DE LUNE

Depuis quand es-tu suspendu là, croissant de lune,
flottant pâle dans la nuit ?
Le vent se lève, la nuit qui tombe apporte fraîcheur
et dans les feux du couchant scintille la berge blanche.

Sur la sombre plaine aride
monte la brume glacée.
Hélas, l’hiver est froid
et la tristesse m’accable.

Dans le cœur de celle que j’aime et qui s’en va
l’amour aussi disparaît et jeunesse devient sénilité.
Aux branches sombres du roncier sauvage
s’éclairent à la tombée du soir les feuilles de fleurs fanées.

***

A HALF MOON

Since when are you hanging there, half moon,
drifting palely in the sky?
The wind rises, the nightfall brings a chill,
and the edge of the white-water glitters in the glow of the evening.

Above the dark, grassless plain,
the cold fog rises.
The winter is far advanced,
and sorrow weighs me down.

Also in the heart of the beloved who leaves,
love and youth turned to age disappears.
At the dark branches of the wild bramble,
withered petals glimmer in the faint evening light.

***

HALVE MAAN

Sinds wanneer hang je daar, halve maan,
bleek drijvend door de nacht?
De wind steekt op, de nachtval brengt kilte
en in het avondrood glinstert de witte waterrand

Boven de donkere, grasloze vlakte
stijgt de kille nevel op.
Ach, de winter is koud
en droefheid drukt mij neer.

Ook in het hart van de beminde die weggaat
verdwijnt de liefde en jeugd verandert in ouderdom.
Op de donkere takken van de wilde doornstruik lichten
bij avondval de bladeren van verwelkte bloemen op.

***

EIN HALBER MOND

Seit wann hängst du dort, Halbmond,
blass treibend durch die Nacht?
Der Wind nimmt zu, die Nacht ist frostig
und im Abendrot glitzert der weiße Wasserrand.

Über der dunklen, graslosen Ebene
steigt der kalte Nebel auf.
Ach, der Winter ist kalt
und die Traurigkeit drückt mich nieder.

Auch im Herzen der Geliebten, die geht,
verschwindet die Liebe, und die Jugend wird zum Alter.
Auf den dunklen Zweigen des wilden Dornbusches leuchten
in der Abenddämmerung die Blätter der verwelkten Blüten.

***

ΜΙΣΟΦΕΓΓΑΡΟ

Πόσο καιρό κρέμεσαι εκεί στον ουρανό
μισοφέγγαρο νωχελικά αργοπερνώντας;
Σηκώνεται ο αγέρας κι η ψύχρα της νύχτας σε παγώνει
άκρες νερού που λάμπουν μεσα στην εσπέρα

πάνω απ’ τον ολόξερο κάμπο
η ομίχλη αιωρείται
μες την καρδιά του χειμώνα
η λύπη με παιδεύει

και στην καρδιά που φεύγει της αγαπημένης
νειότης αγάπη που περνά και χάνεται
στα σκοτεινά κλαδιά αγριολυγιάς
και λάμπουν φύλλα πέταλα μέσα στο φως εσπέρας

***

***

LUNĂ PE JUMĂTATE

De când tot stai pe cer, lună pe jumătate,
palidă arătare, plutind peste genuni?
Se întețește vântul, noaptea în ger se-mbracă
și-n tivuri albe apa clipește în amurg.

Peste întunecata câmpie pustiită
se-nalță ceața rece.
Of, iarnă înghețată,
tristețea ta m-apasă.

În inima iubitei ce pleacă e la fel,
pălesc iubiri, junețea prinde-a se ofili
din crengile ciulinului sălbatic
cad la apus petale ruginii.

***

MEZZALUNA

Da quanto sei sospesa lassù, mezzaluna,
attraversando pallida il cielo?
Si alza il vento, la notta che arriva porta freddo,
e la linea dell’acqua chiara brilla nel chiaro della sera.

Sopra l’oscurità, una pianura senza verde,
si alza una nebbia gelida.
L’inverno è ormai inoltrato,
e il dolore grava sopra di me.

Anche nel cuore di chi parte e che tu ami
scompaiono l’amore e l’età che invecchia.
Sui rami scuri di un rovo selvatico,
i petali appassiti luccicano nella luce della sera che svanisce.

***

UNA MEDIA LUNA

¿Desde cuándo estás colgada ahí, media luna,
pálida flotando a la deriva en el cielo?
El viento se levanta, con el atardecer llega el frío
y el resplandor de la noche brilla en el borde del agua.

Sobre la oscura llanura sin hierba
se eleva la fría neblina.
Ay, el invierno avanza
y me pesa la tristeza.

También en el corazón del amante que se va
desaparece el amor y la juventud troca en vejez.
Sobre las ramas oscuras del arbusto silvestre
brillan las hojas de las flores marchitas al anochecer.

***

PÓŁKSIĘŻYC

Odkąd jesteś tam zawieszony, półksiężycu,
dryfujący blado po niebie?
Wzmaga się wiatr, zmrok niesie chłód,
a skraj białej wody błyszczy w poświacie wieczoru.

Ponad ciemną doliną bez traw
unosi się zimna mgła.
Zima w pełni,
a smutek przytłacza mnie.

Także w sercu ukochanej osoby, która odchodzi,
miłość i młodość znikają wraz ze starością.
Na ciemnych gałązkach dzikich jeżyn
zwiędłe płatki jaśnieją słabym świetłem wieczoru.

***

半 月
你从何时挂在那儿,半月,
在天空中苍白地飘荡?
风起,黄昏带来寒意
白水边在夜光中闪闪发光。
在黑暗无草的平原上,
冷雾升起。
冬天已经很深,
悲伤快要压垮了我。
还在离去爱人的心中,
爱情和青春变老而消失。
在野荆棘黑暗的枝头
枯花瓣闪亮在微弱夜光中。

***

***

***

(Kim So-Wôl)

 

Recueil: ITHACA 621
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Anglais Stanley Barkan / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Allemand Wolfgang Klinck / Grec Manolis Aligizakis / Hébreu Dorit Wiseman / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Italien Luca Benassi / Espagnol Rafael Carcelén / Polonais Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka / Chinois William Zhou / Indi Jyotirmaya Thakur /Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

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Le vent du soir (Francis Carco)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2020



 

Charles Guilloux  _Paysage-2

Le vent du soir

Le vent du soir berce ma peine.
De molles branches, doucement
Balancées, frémissent à peine
Sous un souffle lent et clément.

Le ciel mouvant tourne et s’abaisse
Et, brusquement, voici la nuit.
J’entends glisser , entre les haies,
La fraîcheur vive de la pluie.

Et par dessus le mur, je vois –
Horizon calme – de confuses
Prairies mouillées, mêlées, fondues
Dans les brouillards blêmes et froids.

(Francis Carco)

Illustration: Charles Guilloux

 

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C’EST LA VIE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2020




C’EST LA VIE

Dans la pièce au sol en terre
une mouche monte au long
d’une draperie usée.
En confiance chantent des femmes
elles conservent sur le tard
un rire de fraîcheur
leur corps entier qui fut beau
de sang s’irrigue et dure.
Cessant tout bruit, se regardant
c’est la vie
pensent-elles.

(Jean Follain)

Illustration: Vincent Van Gogh

 

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