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Posts Tagged ‘fraîchir’

L’adieu (Charles Van Lerberghe)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2019



 

Musée Bonnat - Idylle - Léon Bonnat (1890)

L’adieu

Le soir fraîchissait dans les roses.
Inquiets de troubler ce charme défaillant,
Des êtres inconnus, voluptueusement,
Atténuaient les choses
De voiles hyacinthes, semblables à des mers.
Tout s’effaçait en un calme silence,
Et devenait l’imperceptible hier.
Des choses qui mouraient paraissaient immortelles,
D’autres, languissamment, s’exhalaient dans le ciel,
Et pour qu’aucun regret n’en fût en nos pensées,
Tout en nous oubliant, semblaient comme oubliées.

Mais, à cette heure suprême
Nos visages encor tournés vers le bonheur,
Attardés dans le soir, dans l’adieu, dans les pleurs,
Attardés en nous-mêmes ;
Nous voulions, malgré que tout espoir fût vain,
Revivre ce beau jour, et seuls, le soir atteint,
Seuls, nous ne savions nous détacher des choses,
À l’heure où les parfums se détachaient des roses,
Et la lumière de notre seuil.

(Charles Van Lerberghe)

Illustration: Léon Bonnat

 

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Femmes, soleil (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2018


 

Le chant de leurs corps,
Toute la vie dans leurs yeux, dans leur chair
M’aimait.
Ô fer, ô sève, le voyage et le fleuve.
Chevaux
chevaux de pierre
au loin
cavalcadez,
Moi je reste en cet or léger où la douceur fraîchit.

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

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Et quoi encore (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2018




    
Et quoi encore pour
Mener le beau délire?

Que ce rêve suffise
Quand ton âge fraîchit.

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

Recueil: Le Poème Hanté
Traduction:
Editions: Gallimard

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À mon amour, pour l’heure de son réveil (Yaïr Hourvitz)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2017



Illustration: Andrzej Malinowski

    

À mon amour, pour l’heure de son réveil

Silencieux, silencieux, le soir passe
sur l’arbre et le coeur. La terre
abandonne son visage à la bénédiction des cieux et le vent,
soufflant le froid, dispersera
le charme cendreux des feuilles automnales,
annoncera à la semence désireuse la venue
des eaux dans les racines altérées. Serein,

tout est serein en mon amour. Reviens,
retrouve ton charme, mon amour, reviens,
irradiant d’un visage d’ange, visage d’ange m’est l’amour.
Sur les îles se délassent les anges et la lumière
des fleurs éclate lorsqu’ils passent, voguant avec grâce
sur les flots et puis disparaissant,
et seul le coeur les imagine, jaloux des anges qui se délassent
sur les îles et viennent chaque soir,

dans le silence. La terre
abandonne son visage et le souffle des vents fraîchira
dans l’air limpide pour mon amour,
à l’heure de son réveil

(Yaïr Hourvitz)

 

Recueil: Anthologie de la poésie en hébreu moderne
Traduction: S. G. Slama
Editions: Gallimard

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JOSÉ (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2017



    

JOSÉ

Et maintenant, José ?
La fête est finie,
la lumière aussi,
la foule est partie,
la nuit a fraîchi,
et maintenant, José?
et maintenant, et toi?
toi qui es sans nom,
qui te moques d’autrui,
qui fais de la poésie,
qui aimes, qui te récries?
et maintenant, José ?

Sans femme te voici,
sans mots te voici,
sans tendresse aussi,
tu ne peux plus boire,
ne peux plus fumer,
cracher ne peux plus,
la nuit a fraîchi,
le jour n’est pas là,
le tram n’est pas là,
le rire non plus,
non plus l’utopie
et tout a fini
et tout s’est enfui
et tout a moisi,
et maintenant, José?

Et maintenant, José ?
Ta douce parole,
ton instant de fièvre,
ta faim et ton jeûne,
ta bibliothèque,
ton gisement d’or,
ta veste en viscose,
ton incohérence,
ta haine — et maintenant?

Tenant en main la clé
tu veux ouvrir la porte,
il n’y a pas de porte ;
tu veux mourir en mer,
mais la mer a séché;
partir pour le Minas,
le Minas n’est plus, las.
José, et maintenant?

Si tu t’écriais,
si tu gémissais,
si tu nous jouais
la valse viennoise,
si tu sommeillais,
si tu te lassais,
et si tu mourais…
Mais tu ne meurs pas,
José, tu es coriace !

Tout seul dans le noir
en ours mal léché,
sans théogonie,
sans la paroi nue
où te reposer,
sans monture noire
qui fuie au galop,
tu marches, José!
José, vers où?

(Carlos Drummond de Andrade)

 

Recueil: La machine du monde et autres poèmes
Traduction: Didier Lamaison et Claudia Poncioni
Editions: Gallimard

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Jouant du luth (Lieou Tch’ang-K’ing)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2017



Jouant du luth

Sur les sept cordes frissonnantes
J’entends, calme, le vent dans les sapins fraîchir.
C’est un morceau antique, de moi seul préféré,
La mode du jour ne le reprend plus guère.

(Lieou Tch’ang-K’ing)

 Illustration

 

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Pin et cigogne (Tai Chou-Louen)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2017



Pin et cigogne

La pluie mouille le pin, l’ombre fraîchit.
Le vent fait tomber ses fleurs fines.
Une cigogne solitaire, amoureuse du silence,
S’arrête là et ne s’envole plus.

(Tai Chou-Louen)

 

 

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C’est le repos éclairé (Arthur Rimbaud)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2016



C’est le repos éclairé, ni fièvre ni langueur, sur le lit ou sur le pré.
C’est l’ami ni ardent ni faible. L’ami.
C’est l’aimée ni tourmentante ni tourmentée. L’aimée.
L’air et le monde point cherchés. La vie.
– Etait-ce donc ceci ?
– Et le rêve fraîchit.

(Arthur Rimbaud)

Illustration: Odilon Redon

 

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NUDITE DE LA BLESSURE (Dominique Sampiero)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2016



NUDITE DE LA BLESSURE

certains dimanches d’hiver, la pluie tombe
d’un coup avec la nuit sur la vitre
et tout ce que je ne sais pas cogne

par exemple écrire un poème un seul
capable de tenir le monde plus haut
dans la splendeur

alors j’ouvre la fenêtre pas celle devant moi
mais plutôt l’autre invisible qui donne
sur un jardin de velours noir

et tout ce que je ne sais pas fraîchit
me saisit à la gorge danse comme une femme
venue offrir ses seins à mes lèvres avides

(Dominique Sampiero)

Illustration: Alex Alemany

 

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LA LORELEI (Heinrich Heine)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2016





LA LORELEI

Je ne sais pas d’où vient cette grande tristesse
En moi, ni ce qu’elle veut dire;
Un conte d’autrefois que je ne cesse
D’entendre dans mon souvenir.

L’air fraîchit, et c’est l’heure où descend l’ombre,
Et le Rhin court paisiblement,
Le couchant fait à la montagne sombre
Un sommet d’or étincelant.

Tout en haut du rocher la fille la plus belle
Est merveilleusement assise sur le bord,
Sa parure d’or étincelle,
Elle peigne ses cheveux d’or.

Les peigne avec un peigne d’or
Et chante, ses cheveux peignant,
Une chanson, un air étrange et fort,
Mélodieux et violent.

Le marinier sur son fragile esquif,
Ça lui fait mal sauvagement,
Ses yeux ne voient pas les récifs,
Ils sont là-haut éperdument.

L’onde, je crois, finalement
Engloutit l’homme et sa nacelle
Et c’est la Lorelei, c’est elle
Qui les a perdus par son chant.

***

DIE LORELEI

Ich weiss nicht, was soil es bedeuten,
Dass ich so traurig bin;
Ein Marchen aus alten Zeiten,
Das kommt mir nicht aus dem Sinn.

Die Luft ist kühl und es dunkelt,
Und ruhig fliesst der Rhein;
Der Gipfel des Berges funkelt
Im Abendsonnenschein.

Die schönste Jungfrau sitzet
Dort oben wunderbar;
Ihr goldnes Geschmeide blitzet,
Sie kämmt ihr goldenes Haar.

Sie kämmt es mit goldenem Kamme,
Und singt ein Lied dabei;
Das hat eine wundersame,
Gewaltige Melodei.

Den Schiffer im kleinen Schiffe
Ergreift es mit wildem Weh;
Er schaut nicht die Felsenriffe,
Er schaut nur hinauf in die Höh.

Ich glaube, die Wellen verschlingen
Am Ende Schiffer und Kahn;
Und das hat mit ihrem Singen
Die Lore-Ley getan.

(Heinrich Heine)

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