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Poésie

Posts Tagged ‘(Francis Blanche)’

Le carnaval des animaux (Francis Blanche)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2021




Au Jardin des Plantes, ainsi nommé d’ailleurs
à cause des animaux qu’on y a rassemblés
Au Jardin des Plantes une étrange ardeur
semble régner…
On décore, on festonne, on visse, on cloue, on plante
Le castor construit des tréteaux
La grue porte des fardeaux
le python accroche des tableaux
car ce soir au Jardin des Plantes
c’est la grande-fête éblouissante:
Le carnaval des animaux!

Tout est prêt.. la foule se masse
L’orchestre, à pas de loup, discrètement se place
L’éléphant prend sa trompe, le cerf son cor de chasse
et voici que soudain monte dans le silence
pour le plaisir de nos cinq sens
la musique de monsieur Saint-Saëns…

(Francis Blanche)

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Paris-Tropic (Francis Blanche)

Posted by arbrealettres sur 24 août 2020




Je passais en chantant sur le pont Alexandre
L’air du matin avait des senteurs de coriandre

Un dromadaire blanc d’un pas désabusé
S’éloignait lentement vers les Champs-Alizés

Des otaries aux corps noirs comme de l’ébène
Faisaient mille plongeons dans les eaux de la Seine

Et dans les grands palmiers le long du quai d’Orsay
Des singes bleus et or en voltigeant dansaient

La mousson se leva le ciel devint de bronze
Soudain parut un bus ligne 91

Une autruche en habit et coiffée d’un gibus
D’un geste dédaigneux arrêta l’autobus

Elle dit en montant et je l’ai entendue
Car elle avait la voix très forte et très pointue:
« Oh can’t you take me please to the Park Montsouris? »

Décidément Paris sera toujours Paris!

(Francis Blanche)

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Castellaras-Le-Neuf (Francis Blanche)

Posted by arbrealettres sur 24 août 2020




Castellaras-Le-Neuf

Là-bas tu vois c’est la maison
secrète comme une main fermée
calme comme un oeil clos
solide comme un front

La maison fraîche comme un sein
la maison chaude comme un ventre
et vivante
comme un coeur

(Francis Blanche)

Illustration

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Faux pas (Francis Blanche)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2020




Quand on fait un faux pas,
Faut pas… faut pas…
Faut pas le regretter.
Ce qui s’est passé là,
C’est la… c’est la…
C’est la faute à l’été.

Le plaisir de céder
Céder… céder…
C’est déjà merveilleux
Ceux qui disent que c’est laid,
C’est les … c’est les,
C’est les plus malheureux.

Cueillir en souriant les mille fleurs,
Les mille brins de bouquets du bonheur,
C’est un jeu d’enfant … viens sur mon coeur,
Dis-moi surtout de ne plus avoir peur…

Et nous moquant déjà
Déjà… déjà…
Des jaloux irrités,
Puisqu’on fait un faux pas,
Faut pas… faut pas…
Faut pas le regretter!

Pour m’empêcher d’aimer
D’aimer… d’aimer…
Des méchants nous font peur
Ces gens qui nous séparent
C’est par… c’est par…
C’est par goût du malheur…

Ceux qui ont passé l’heure,
C’est leur… c’est leur…
C’est leur faute au départ,
Car, même quand il neige,
Il neige… il neige…
Il n’est jamais trop tard!

Il est toujours temps d’ouvrir son coeur
Au grand soleil éclatant de chaleur.
Il est toujours temps de goûter la douceur
D’un bel amour fait de rires et de pleurs.

Cet instant qu’on attend
A tant… a tant…
A tant de volupté
Que le premier faux pas,
Faux pas… faut pas…
Faut pas le regretter.

(Francis Blanche)

Illustration: Watteau

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… Surtout (Francis Blanche)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2020




Toi qui vas revoir ma campagne
toi qui vas revoir ma maison
mon village et son horizon,
toutes mes pensées t’accompagnent…

c’est à toi que le paysage
sourira ce soir … Et demain,
tous les grands arbres du chemin
chuchoteront sur ton passage…

Mais si les gens, dans la grand’rue
semblent te toiser du regard,
dis-leur que tu viens de ma part…
et tu seras la bienvenue.

Salue pour moi monsieur le Maire
salue l’église… et le facteur,
et fais aussi, quand le jour meurt
une visite au cimetière…

Et puis quand – trop tôt à ta guise –
sonnera l’heure du retour
sur les côteaux va faire un tour,
et rapporte dans ta valise…

… la douce odeur des bois, l’odeur des foins humides,
ramène dans ton coeur la chanson des genêts,
ramène dans tes yeux le bleu ciel limpide…
… Mais ramène surtout du beurre… et des oeufs frais

(Francis Blanche)

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Mésopotamie (Francis Blanche)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2020




Mésopotamie

Un tigre du cirque échappé
est entré dans le poulailler
une poule fort effrayée
en a pondu un oeuf brouillé…

Moralité

Mésopotamie (?)*

* Entre le tigre… et l’oeuf rate!

(Francis Blanche)

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Tendresse (Francis Blanche)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2020




J’ai connu un commissaire de police
qui était clown en dehors de ses heures de service

J’ai connu des glycines roses plus que la rose elle-même
c’était dans un jardin
chez les Bénédictins
à Solesmes
J’ai connu des cinémas pour bonbons à la menthe
j’ai connu ce vieux zèbre triste qui se lamente
et lentement se décolore au Jardin des Plantes
J’ai même connu l’homme qui prêtait sa voix pour l’horloge parlante
mais un matin lavé de ma vie de mes livres
neuf comme une larme Adieu tour Eiffel
je reviendrai vers l’arbre aux sources du vivre
apprendre à chanter pour le vent

Et le vent m’apprendra les parfums de la plaine
et le vent m’apprendra les senteurs de l’été
Coquillages d’odeurs dans la brume incrustés
vous ne reviendrez plus aviver quelque peine
Non je n’ai plus soif et je laisse
cette vie d’ardoise et de pierre
couler couler
et déborder les verres

Tendresse

(Francis Blanche)

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L’âge de raison (Francis Blanche)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2020




L’âge de raison

La ville écrase la forêt
pour y installer son décor
sans songer au bruit que ferait
le chant de tous les oiseaux morts

On cimente les paysages
on bétonne les horizons
Nous voici arrivés à l’âge de raison

Le petit sentier de l’école
est une autoroute à six voies
qui mène à la piste d’envol
où les Boeing hurlent de joie

Il y a du goudron sur la plage
et du gas-oil sur le gazon
Nous voici arrivés à l’âge de raison

On a piétiné les ballades
et les refrains de nos printemps
on en a fait des marmelades
pour les vieillards de dix-sept ans
qui font sauter les pucelages
avec des trognons de chanson
Nous voici arrivés à l’âge de raison

Les décibels nous assassinent
les scooters nous bouffent le coeur
et la télé dans les cuisines
nous explique notre bonheur

Quand on veut rêver, les nuages
ont la forme de champignons
Nous voici arrivés à l’âge de raison

Rien à faire petit bonhomme
mets ta tête sous l’oreiller
Grand-mère a bouffé une pomme
et c’est à nous de la payer

Tiens-toi tranquille reste sage
enfoui au creux de ta maison
et laisse, laisse passer l’âge de raison

(Francis Blanche)

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Place des Vosges (Francis Blanche)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2020




Place des Vosges

Sur la place des Vosges
un matin d’avril
le marchand d’oranges
passait en chantant

Les pigeons du square
dans les arbres bleus
regardaient les feuilles pousser
sous le ciel du printemps

et sous les arcades
d’un très vieil hôtel
une jeune fille
a rougi…

On entendait les cloches de Saint-Paul
et le pas d’un cheval
sur le pavé de grès
Mon Dieu comme l’air est léger
sur la place des Vosges!

Les façades roses
brillaient au soleil
le marchand d’oranges
s’était approché
de la jeune fille
pour lui demander
son coeur en dentelle tremblant
sous le ciel du printemps

et sur la palette
de Monsieur Dufy
la place des Vosges
chantait…

(Francis Blanche)

Illustration: Jean-Charles Decoudun

je n’ai pas trouvé celle de Raoul Dufy

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Si vous ne vous sentez pas bien (Francis Blanche)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018




Si vous ne vous sentez pas bien,
faites-vous sentir par un autre.

Madame: n’achetez plus de tissu écossais.
Ecossez-les vous-même!

Une journée sans canular,
c’est un gruyère sans trou.

Si Christophe Colomb n’avait rien découvert,
Kennedy serait toujours vivant.

Les femmes qui nous aiment pour notre argent
sont bien agréables:
on sait au moins ce qu’il faut faire
pour les garder.

Qui aime bien ses lunettes
ménage sa montre.

(Francis Blanche)

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