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Posts Tagged ‘(Francis Jammes)’

Viens, je te mettrai des boucles d’oreilles de cerises (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2022



Viens, je te mettrai des boucles d’oreilles
de cerises
et je te montrerai les longues treilles
où volent des merles bleus et des grives.
Viens, c’est la saison des grandes chaleurs
et des fleurs.
Sur les fossés poudreux les carottes blanches
poussent : il y a encor deux ou trois pervenches.
Dans le fond des bois frais les oiseaux crient.
Le ciel cuit.
Dans les mares il y a des joncs longs,
et les grenouilles grises font des bonds.
Dans les endroits chauds et frais, vois les sources
qui sont douces.
Dans le terrain rouge, ou bien sur la mousse,
elles coulent près des abeilles rousses.

(Francis Jammes)

 

 

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Tu t’ennuies ? (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2022



Illustration
   
Tu t’ennuies ? —

— Elle dure
cette pluie
qui est dure.

Je prends ma
pipe en glaise
que j’allume
une braise.

Tu es loin
et tu penses
dans un coin
aux vacances.

Les pavés.
par la pluie
sont lavés.
Je m’ennuie.

Aux carreaux
blancs, j’écoute
tomber l’eau
froide en gouttes.

Tu ne vien
dras pas, puisque
tu es loin :
pas de risque.

Tu es loin :
je m’ennuie :
je n’entends rien
dans la pluie :

c’est de l’eau
fine ou dure,
passant tôt
ou qui dure.

Je n’y vois
rien. — Entendre
là des voix
en deuil, tendres ?…

Je ne puis :
c’est la pluie
d’un jour gris
qui essuie.

(Francis Jammes)

 

Recueil: De l’Angelus de l’aube à l’Angelus du soir
Traduction:
Editions: Gallimard

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Tu t’ennuies ? (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2022



Tu t’ennuies ? —
— Elle dure
cette pluie
qui est dure.

Je prends ma
pipe en glaise
que j’allume à
une braise.

Tu es loin
et tu penses
dans un coin
aux vacances.

Les pavés,
par la pluie
sont lavés.
Je m’ennuie.

Aux carreaux
blancs, j’écoute
tomber l’eau
froide en gouttes.

Tu ne vien-
dras pas, puisque
tu es loin :
pas de risque.

Tu es loin :
je m’ennuie :
je n’entends rien
dans la pluie :

c’est de l’eau
fine ou dure,
passant tôt
ou qui dure.

Je n’y vois
rien. —
Entendre
là des voix
en deuil, tendres? …

Je ne puis :
c’est la pluie
d’un jour gris
qui essuie.

(Francis Jammes)

Illustration : www.ruedulavoir.com

 

 

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Redescends (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2021



Illustration: Odilon Redon
    
Redescends,
redescends
dans ta simplicité.

(Francis Jammes)

 

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LE GRILLON (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2021



LE GRILLON

Dans le silence de la nuit chantait, hier soir,
Chantait je ne sais où le grillon du foyer.
Ce petit chant élargissait encor le noir.
La flamme triste de ma bougie s’allongeait.

Allons ! Il a fallu se recoucher, la mort
Dans l’âme, en se disant que, pas plus qu’autrefois,
Je n’aurais de bonheur sans doute, et que la voix
De ce cri-cri n’était que moi-même, et rien d’autre.

Écoute, mon enfant, écoute le cri-cri.
Tu n’as pour te calmer que ce grésillement.
Mais comprends comme il est vaste, comme il s’étend
Sur toute Ici vallée du coeur endolori…

Tout se tait, le chagrin, l’ennui, l’homme, que sais-je ?
Seul le chant continue du grillon-boulanger.
Adresse-t-if à Dieu une plainte légère,
Et Dieu laisse-t-il seul le grillon lui parler ?

Écoute ce qu’il dit. II dit le pain obscur
Et le pot ébréché dans les cendres amères.
Il dit le chien qui dort. Il dit la ménagère.
Il dit je ne sais quoi de triste, bon et pur.

Il dit qu’il est ami, il dit que, l’autre jour,
Mon fermier a conduit sa fiancée à l’église,
Et que la métairie était pleine d’amour,
Ainsi qu’un cerisier est tout plein de cerises.

(Francis Jammes)

 

 

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J’ALLAIS DANS LE VERGER… (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2021



 

Alexandre Pavlenko  1974 - Ukrainian Pointillist painter (53) [1280x768]

J’ALLAIS DANS LE VERGER…

J’allais dans le verger où les framboises au soleil
chantent sous l’azur à cause des mouches à miel.
C’est d’un âge très jeune que je vous parle.
Près des montagnes je suis né, prés des montagnes.
Et je sens bien maintenant que dans mon âme
il y a de la neige, des torrents couleur de givre
et de grands pics cassés où il y a des oiseaux
de proie qui planent dans un air qui rend ivre,
dans un vent qui fouette les neiges et les eaux.

Oui, je sens bien que je suis comme les montagnes.
Ma tristesse a la couleur des gentianes qui y croissent.
Je dus avoir, dans ma famille, des herborisateurs
naïfs, avec des boîtes couleur d’insecte vert,
qui, par les après-midi d’horrible chaleur,
s’enfonçaient, dans l’ombre glacée des forêts,
à la recherche d’échantillons précieux
qu’ils n’eussent point échangés pour les vieux
trésors des magiciens des Bagdads merveilleuses
où les jets d’eau ont des fraîcheurs endormeuses.
Mon amour a la tendresse d’un arc-en-ciel
après une pluie d’avril où chante le soleil.
Pourquoi ai-je l’existence que j’ai ?… N’étais-je fait
pour vivre sur les sommets, dans l’éparpillement
de neige des troupeaux, avec un haut bâton,
à l’heure où on est grandi par la paix du jour qui tombe ?

(Francis Jammes)

Illustration: Alexandre Pavlenko

 

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Les lilas (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2021



    

Les lilas qui avaient fleuri l’année dernière
vont fleurir de nouveau dans les tristes parterres.
Déjà le pêcher grêle a jonché le ciel bleu
de ses roses, comme un enfant la Fête-Dieu.
Mon coeur devrait mourir au milieu de ces choses,
car c’était au milieu des vergers blancs et roses
que j’avais espéré je ne sais quoi de vous.
Mon âme rêve sourdement sur vos genoux.
Ne la repoussez point. Ne la relevez pas,
de peur qu’en s’éloignant de vous elle ne voie
combien vous êtes faible et troublée dans ses bras.

(Francis Jammes)

 

Recueil: Clairières dans le Ciel
Traduction:
Editions: Gallimard

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Au pied de mon lit (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2021




    
Au pied de mon lit,
une Vierge négresse fut mise par ma mère.
Et j’aime cette Vierge
d’une religion un peu italienne.
Virgo Lauretana, debout dans un fond d’or,
qui me faites penser à mille fruits de mer
que l’on vend sur des quais
où pas un souffle d’air n’émeut les pavillons
qui lourdement s’endorment,
Virgo Lauretana, vous savez qu’en ces heures
où je ne me sens pas digne d’être aimé d’elle,
c’est vous dont le parfum me rafraîchit le coeur.

(Francis Jammes)

 

Recueil: Clairières dans le Ciel
Traduction:
Editions: Gallimard

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Si tout ceci n’est qu’un pauvre rêve (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2021



    

Si tout ceci n’est qu’un pauvre rêve,
et s’il faut que j’ajoute, dans ma vie,
une fois encore, la désillusion aux désillusions;
et, si je dois encore, par ma sombre folie,
chercher dans la douceur du vent et de la pluie
les seules vaines voix qui m’aient en passion :
je ne sais si je guérirai, ô mon amie…

(Francis Jammes)

 

Recueil: Clairières dans le Ciel
Traduction:
Editions: Gallimard

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Je ne désire point ces ardeurs qui passionnent (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2021



Illustration: Fabienne Contat
    

Je ne désire point ces ardeurs qui passionnent.
Non : elle me sera douce comme l’Automne.
Telle est sa pureté que je désirerais
qu’elle eût sur son chapeau des narcisses-des-prés.
Mais que, si elle doit me donner cette grâce
que la blanche vertu rend calme et efficace,
et veiller aux travaux ainsi que la fourmi,
je la voie au jardin me sourire parmi
les carrés de piments que Septembre rougit.
Ils me feront penser à mes passions passées.
Elle sera le lys qui les a dominées.

(Francis Jammes)

 

Recueil: Clairières dans le Ciel
Traduction:
Editions: Gallimard

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