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Posts Tagged ‘(Francis Vielé-Griffin)’

CROIS : Vie ou Mort, que t’importe (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2020



 

Alexandre Pavlenko   1974 - Ukrainian Pointillist painter (6) [1280x768]

CROIS : Vie ou Mort, que t’importe,
En l’éblouissement d’amour?
Prie en ton âme forte :
Que t’importe nuit et jour?
Car tu sauras des rêves vastes
Si tu sais l’unique loi :
Il n’est pas de nuit sous les astres,
Et toute l’ombre est en toi.

Aime : Honte ou Gloire, qu’importe,
A toi, dont voici le tour?
Chante de ta voix qui porte
Le message de tout amour?
Car tu diras le chant des fastes
Si tu dis ton intime émoi :
Il n’est pas de fatals désastres,
Toute la défaite est en toi.

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Alexandre Pavlenko

 

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Plein air (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2020



 

Annabelle Verhoye 8

Plein air

Ta chevelure, éparpillée,
Enonde et coule en l’herbe verte
Comme un ruisseau clair sablé d’or;
Et, sur ta gorge mi-couverte,
Un vague rayon danse ou dort;
Distraitement, lèvre entr’ouverte,
Tu ris au ciel par la feuillée…

Ô douce chose printanière,
Ô jeune femme, ô fleur superbe,
Épanouis ta nudité
Royale emmi tes soeurs de l’herbe;
L’inconsciente vanité
Rutile sur ta lèvre acerbe
Et rayonne dans ta crinière.

Reste ainsi : l’ombre violette
Se joue aux roses plis des hanches;
Ouvre tes grands yeux puérils
Où rit l’orgueil de tes chairs blanches…
Oh, fut-il en d’autres avrils
Pareille fête sous les branches?
Et qu’elle est vaine la palette!

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Annabelle Verhoye

 

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Le trésor du beau jour s’amasse (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2020



 

Guy Baron_la_montagne_bleue [1280x768]

Le trésor du beau jour s’amasse
Au sûr gré de qui sait prévoir;
Laisse choir tes cheveux, en masse
Clair-odorante! laisse choir

Ton beau corps, dans l’herbe étonnée
D’éteindre son poids tiède et blanc!
Quel dieu des Payens t’a donnée
A la Joie?… ô tes longs cils tremblants…

Quelle force m’étreint et nous dresse,
Sous le soleil pur, enlacés?
Suis-je ton jeune dieu, prêtresse?
De quel temple effacée…

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Guy Baron

 

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Le vent nous précède et nous pousse (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2020



Michel Bez  Cylclade-4-550

 

Le vent nous précède et nous pousse,
La poussière de nos pas
Les devance, chère douce,
Qui ris bien, mais ne souris pas;

Je suis de tout là-bas, où tinte
Une cloche d’argent dans le jour,
Où s’espace la demi-teinte
Du peuplier et du labour;

Tout t’y semblerait triste et pâle,
Le fleuve et la plaine et les cieux :
J’y sais une chose sans égale :
Le Sourire silencieux.

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Michel Bez

 

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N’est-il une chose au monde (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2020



 

Jeanie Tomanek anothernightjourney [1280x768]

N’est-il une chose au monde,
Chère, à la face du ciel
— Un rire, un rêve, une ronde,
Un rayon d’aurore ou de miel —

N’est-il une chose sacrée
— Un livre, une larme, une lèvre,
Une grève, une gorge nacrée,
Un cri de fierté ou de fièvre —

N’est-il une chose haute,
Subtile et pudique et suprême
— Une gloire, qu’importe! une faute,
Auréole ou diadème —

Qui soit comme une âme en notre âme,
Comme un geste guetté que l’on suive,
Et qui réclame, et qui proclame,
Et qui vaille qu’on vive?… »

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Jeanie Tomanek

 

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J’ai couru d’abord; j’étais jeune (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2020



 

Daniel F. Gerhartz - Tutt'Art@ (36) [1280x768]

J’ai couru d’abord; j’étais jeune;
Et puis je me suis assis :
Le jour était doux et les meules
Étaient tièdes, et ta lèvre aussi;

J’ai marché, j’étais grave,
Au pas léger de l’amour;
Qu’en dirai-je que tous ne savent?
J’ai marché le long du jour;

Et puis, au sortir de la sente,
Ce fut une ombre, soudain :
J’ai ri de ton épouvante;
Mais la nuit m’entoure et m’étreint.

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Daniel F. Gerhartz

 

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Te dirai-je tout ce voyage (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2020



 

Oleg Zhivetin  (22) [1280x768]

Te dirai-je tout ce voyage,
Et la route qui mène ici?
Veux-tu savoir ma vie, mon âge
Et mes bonheurs, et mon souci?

Veux-tu que je rêve un poème,
Que je fredonne ma chanson?
Que je déclame que je t’aime,
Ou que je te parle raison?

Quelle langue sera la nôtre,
La tienne, ou la mienne, ou la leur?
Ou nous aimerons-nous l’un l’autre
D’un parfum, d’une saveur?

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Oleg Zhivetin

 

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EUSSE-JE ailleurs trouvé l’amour? (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2020



 

Margarita Sikorskaia - Tutt'Art@ (18)

EUSSE-JE ailleurs trouvé l’amour? — le jour s’endort
A l’occident, reviens : ne t’ai-je pas menée
Où flotte le parfum suave d’un rêve mort,
Ó Berthe, ô ma Gretchen, ô ma douce Renée?

… Tes grands yeux, et ta natte ingénue, et ta voix
Rieuse et musicale en naïves répliques,
Et ta candeur céleste alors que tu m’expliques
Les pourquoi fabuleux des choses que tu vois…

Heure unique d’amour inconsciente et chaste,
Crépuscule brûlant d’un radieux été; —
Oh! l’Idylle candide et tendre que c’était,
Malgré que soit venu cet autre soir néfaste.

Assis à tes genoux, dans l’ombre où se noyait
Ta forme, j’écoutais ta voix, comme en extase :
Chaque contour naïf me semblait une phrase;
Les mots inespérés et fous, que m’envoyait

Le souffle printanier de ta lèvre mutine,
Paraissaient onduler à l’entour de ton corps :
Pour moi, couleurs et sons se confondaient, alors,
En l’ivresse d’aimer une femme enfantine…

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Margarita Sikorskaia

 

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Je vais à l’orient des candeurs claires (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2020



 

Alexandre Pavlenko  (11) [1280x768]

Je vais à l’orient des candeurs claires
Où l’on brandit ses songes dégainés!

Jusqu’à la route, ardue aux seuls qui n’ont pas foi,
La forêt se meurt en broussailles;
— Route des pays bleus où le plus digne est roi,
Route prédestinée
Qui court, radieuse comme une année,
Par la plaine des représailles!…

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Alexandre Pavlenko

 

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NE croyez pas (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2020



 

Anne-François-Louis Janmot (11) [1280x768]

NE croyez pas,
—Pour ce qu’avril rit rose
Dans les vergers,
Ou pâlit de l’excès voluptueux des fleurs —,
Que toutes choses
Sont selon nos gais coeurs,
Et qu’il n’est plus une soif à étancher.

Ne croyez pas,
— Glorieux des gloires automnales,
Ivres des vins jaillis que boit l’épi qu’on foule —,
Qu’il n’est plus une faim que rien ne soûle :
Car Décembre est en marche dans la nuit pâle.

Oui, mais ne croyez pas
—Parce qu’autour de vous toute âme est vile,
Et que la foule adore son vice servile,
Parce que, sur la plaine où le Mystère halète
Courbant l’épi, froissant la feuille, d’ailes inquiètes,
Grandit la ville —,
Ne croyez pas,
—Bien que tout coeur soit bas —,
Que le vieil Angelus sonne à jamais le glas,
Croyez, sachez, criez à pleine voix
Que l’Amour est vainqueur et que l’Espoir est roi!

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Anne-François-Louis Janmot

 

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