Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘(François Mauriac)’

Tout être jeune (François Mauriac)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2018



 

Aron Wiesenfeld Snow_as_a_Girl

Tout être jeune est un enchanteur qui s’ignore

(François Mauriac)

Illustration: Aron Wiesenfeld

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , | Leave a Comment »

TU N’ES PLUS L’ENFANT TRISTE… (François Mauriac)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2018



 Bruno Walpoth samuel [800x600]

Tu n’es plus l’enfant triste au coeur des soirs tombants
Qui toujours attendait qu’on vienne ouvrir sa porte…
Ni le coeur terrifié d’avoir déjà vingt ans
Qui veillait et pleurait sur son enfance morte.

O mon Dieu, Vous avez voulu que je connaisse
Cet ineffable espoir et cette certitude
Que l’amour a tendu les bras vers ma jeunesse.
Vous faites murmurer sur tant de solitude

Le vent du large, lourd de parfums inconnus,
Mon coeur — marin perdu qui pressent une terre,
Ne songe pas qu’il fut malade et qu’il est nu,

Et je croise les mains, attendant le mystère.

(François Mauriac)

 Illustration: Bruno Walpoth

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

MON DIEU, PLUS QUE LE CHARME… (François Mauriac)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2018



Mon Dieu, plus que le charme émouvant des visages,
Plus même qu’une voix basse et grave de femme,
Plus que les horizons voilés des paysages,
Vous me faites aimer le mystère des âmes.
— Ames douces, lagunes sombres qu’on délaisse,
Qu’en vos eaux dont je sais l’immobile tristesse
Mon visage, déjà meurtri se reconnaisse!
Je n’aime plus qu’à me pencher sur vos fièvres
Et je n’ai plus que le souci de vos secrets,
Des mots tremblants et doux qui chantent sur vos lèvres
Comme un vol de pigeons posés aux toits dorés…

(François Mauriac)

Illustration

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Pourquoi mon Dieu est-on moins seul, alors qu’on pleure ? (François Mauriac)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2018



Pourquoi mon Dieu est-on moins seul, alors qu’on pleure ?
Le passé vient vers notre coeur, et le désarme —
On reconnaît le goût amer de chaque larme,
Et les jours anciens revivent dans une heure…

(François Mauriac)

 

 

 

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LES HEURES, COMME UN FLOT… (François Mauriac)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2017



Mary Cassatt the-pensive-reader [800x600]

Les heures, comme un flot, viennent mourir en toi.
Pourquoi guetter un bruit de pas dans le silence ?
Ah! Le coeur n’est pas mort de ton adolescence.
Veux-tu donc le traîner toujours, comme une croix ?

Mon enfant, mon enfant, regarde dans la glace
Ce visage meurtri, ta bouche déjà lasse,
Ton front déjà plus vaste et plus grave — et tes yeux
Où ne vit plus l’espoir immuable et joyeux.

Mon enfant, mon enfant, accepte et prends un livre.
Et qui sait si l’amour ne viendra pas plus tard ?
Tu marches vers des mains, des lèvres, un regard,
Vers l’amour que contient ce qui te reste à vivre.

Le sombre azur du ciel emplit les vitres closes.
Ton front sent la douceur des anciens baisers —
Et voici que reflue, en ton coeur apaisé,
La pieuse et souffrante humilité des choses.

(François Mauriac)

Illustration: Mary Cassatt

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LES DEUX FLEUVES (François Mauriac)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2017



LES DEUX FLEUVES

Tu te souviens, mon endormie,
De ces caresses retenues ?
Si jamais tu ne fus moins nue,
J’étais plus sage qu’une amie.

Jusqu’à l’extrême bord nous fûmes
De la volupté défendue,
Mais nos mains, mouettes perdues,
Ne rasaient pas l’amère écume.

Nuit que je voulais éternelle,
Où, sans sommeil et sans parole,
Nous fûmes, tête contre épaule,
Deux fleuves de sang parallèles.

(François Mauriac)

Illustration: Giampaolo Ghisetti

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

TARTUFE (François Mauriac)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2017



Paul Berthon-LesChrysanthemes-1899  m

TARTUFE

Je rôde, orage lourd, autour de ta jeunesse.
Mes désirs dans ton ciel font de brèves lueurs.
La ruse de mes yeux d’être toujours ailleurs
Ne leur dérobe pas la face qui les blesse.

La fuite des regards, l’étouffement des pas,
Ce mensonge charnel que nous enseigne l’âge,
J’en commence d’avoir l’humiliant usage
Et rôde autour des corps qui ne le savent pas.

(François Mauriac)

Illustration: Paul Berthon

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

ATYS A CYBÈLE (François Mauriac)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2015



Helena Paroucheva Cybele 0

ATYS A CYBÈLE

La chair encore endormie,
Je pars au petit jour sombre,
Sans pouvoir sortir de l’ombre
Que ton corps fait sur ma vie.

Je m’étends, quand midi luit,
Au feu de ta chair perdue.
Il n’est pas jusqu’à la nuit
Que ton corps n’ait épandue.

Sous l’herbe, l’argile est dure.
Ta rosée ou ma sueur
Donnent au soir son odeur
De terre et de chair obscure.

(François Mauriac)

Illustration: Helena Paroucheva

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’OMBRE (François Mauriac)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2015



L’OMBRE

Aux jours où la chaleur arrêtait toute vie,
Quand le soleil, sur les labours exténués,
Pressait contre son coeur le vignoble muet,
A l’heure où des faucheurs l’armée anéantie
Écrasait l’herbe sous des corps crucifiés, —
Seul debout, en ces jours de feu et de poussière,
En face du sommeil accablé de la terre,
Assourdi par le cri des cigales sans nombre,
Je cherchais votre coeur, comme je cherchais l’ombre.

(François Mauriac)

Illustration: Catherine Thiam-Vernanchet

 

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE CORPS FAIT ARBRE (François Mauriac)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2015



LE CORPS FAIT ARBRE

Le parfum de ta robe attire les abeilles,
Plus que les fruits mangés que ta sandale broie.
Accueillons cet élan de végétale joie,
Ce silence de la campagne où Pan sommeille.

Rêve que désormais immobile, sans âge,
Les pieds enracinés et les mains étendues,
Tu laisses s’agiter aux orageuses nues
Une chevelure odorante de feuillage.

Les guêpes voleront sur toi sans que s’émeuve
L’écorce de ta chair où la cigale chante,
Et ton sang éternel sera, comme les fleuves,
La circulation de la terre vivante.

(François Mauriac)

Illustration: Raipun

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :