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PLUS HAUT VOLANT (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2017



PLUS HAUT VOLANT

Nous qui n’avons que nos étreintes
Pour démontrer notre innocence
Nous aimons la neige qui prouve
L’existence des bêtes
Que l’on ne voit jamais.

Je voudrais être
Le linge que tu portes
Les pavés où tu marches
Les branches qui t’écorchent
La dent d’acier qui jamais ne te quitte
La nourriture que ton ventre sanctifie
Ta pulpe, mon amande fraîche
Ton bocal, mon poisson gentil
Ton lit, ma toujours nue
Ton cercueil, ma mortelle.

Tant que nous sommes encroués
Comme deux arbres fraternels

Ne sachant plus si c’est ta bouche
Qui me dévore ou bien la mienne

Si c’est ton coeur qui bat des ailes
Dans ma poitrine ou bien mon coeur

Tout le temps que nous disputons
A qui ces seins cette fourrure

Et ces exquises confitures
Que pourrait contre nous la mort

Hormis nous foudroyer tous deux
Dans le bois sacré de ton ventre

Et ce ne serait pas mourir
Puisque nous flamberions ensemble.

(Jean Rousselot)

Illustration: René Julien

 

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POÈME POUR LA PAUVRETÉ (Anne Perrier)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2017



POÈME POUR LA PAUVRETÉ

Pauvreté mon unique
Mes mains lentement te découvrent
Sous la neige oblique
Tu as le visage de l’amour
Ah ! c’était donc cela
Tant de violence dans mon coeur
Ce vent sauvage sur mes pas
Et tous ces coups de poignante douceur
Une voix dans la nuit me répète
Que la tendresse a faim
Que la miséricorde est nue
Et je viens
Comme un fantôme une ombre perdue
Dans les ombres muettes
Qui suis-je pour t’aimer
Ta lumière me tue
Ta gloire me brise ta beauté
Me déchire la vue
Mais je viens au-devant
De ton coeur mendiant
Irai-je jamais plus loin
Ô douloureuse infinitude
Du rien
Dans le temps qui s’éteint
Le soleil noir de la solitude

Laisse-moi voir dans la fontaine
Au moins l’ombre d’une ombre humaine
Laisse-moi toucher l’endroit
Fraternel d’une voix
Rien ne bouge
Ma propre voix s’est tue
Lequel parlait de roses rouges
À pleines mains nues

Ah t’aurais-je appelée
De ma terre éblouie
T’aurais-je suivie
Si tu m’avais dévoilé
Tes abîmes ? Mon coeur défaille
Mais l’ombre devient transparente
Derrière ces murailles
L’éternité chante

Conduis-moi dans l’hiver
Une dernière fois
Ô le silence la joie
Mer à mer
Le monde se recoud
Les routes disparues
Plus rien que l’immense étendue
De l’amour

(Anne Perrier)

Illustration: Fabienne Contat

 

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UN PEU (Aïgui)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2016



 

UN PEU

bonheur ? — « Un peu »
béatitude — « Un peu » :

ô murmure : comme vent — du soleil :

de pain — un peu… et de lumière du jour… —

et du petit bruit des hommes
comme d’une nourriture — pour la Mort prête… —

que nous la rencontrions paisiblement
comme si nous étions tous toujours sur tout seuil —

en fraternelle souffrance… —

ô notre liberté ! … — lueur d’âme :

simple :

« Un peu »

(Aïgui)

 

 

 

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Mer montante (José-Maria de Hérédia)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2016



Mer montante

Le soleil semble un phare à feux fixes et blancs.
Du Raz jusqu’à Penmarc’h la côte entière fume,
Et seuls, contre le vent qui rebrousse leur plume,
A travers la tempête errent les goëlands.

L’une après l’autre, avec de furieux élans,
Les lames glauques sous leur crinière d’écume,
Dans un tonnerre sourd s’éparpillant en brume,
Empanachent au loin les récifs ruisselants.

Et j’ai laissé courir le flot de ma pensée,
Rêves, espoirs, regrets de force dépensée,
Sans qu’il en reste rien qu’un souvenir amer.

L’Océan m’a parlé d’une voix fraternelle,
Car la même clameur que pousse encor la mer
Monte de l’homme aux Dieux, vainement éternelle.

(José-Maria de Hérédia)

Illustration

 

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Unis (Jacques Rabemananjara)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2015




L’ombre s’extasiera des prières muettes
Qui monteront pour nous des parfums fraternels.
L’azur, royal, avec ses noirs manteaux de fêtes
Nous versera la paix des cloîtres éternels.

Tomberont une à une, et chastes et candides,
Les larmes que depuis la genèse des jours
Le sort tient en suspens aux flancs des pyramides
Et fraîche sera la citerne des séjours.

De l’espace et du temps proclamant le désastre,
Unis nous sentirons, ainsi qu’un javelot,
Harponner le tumulte étincelant des astres
L’Hymen, au bord du puits, penché comme un bouleau.

(Jacques Rabemananjara)

Illustration: Rodin

 

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Les vents m’ont dit (Xavier Grall)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2015



 

Les vents m’ont dit

Viens avec moi
je te dirai le cri des sternes
et le psaume des pierres levées
(…)
Viens avec moi
je te dirai les dieux fraternels
dans les chapelles bleues
Viens
nous inventerons un pays mystique
violentes seront les femmes comme des solstices
il y aura des nids chantants dans les poutres
les nefs seront pleines d’hirondelles.

(Xavier Grall)

Découvert chez Lara ici
 

 

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L’azur (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2015



 

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Au-dessus de la terre, l’azur, l’azur,
Comme si tous les yeux y fusaient,
Tous invisibles et fraternels…

(Srecko Kosovel)

Illustration: François Malespine

 

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La femme cueille doucement (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2015



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La femme cueille doucement
le champignon dénommé marasme fraternel
un lézard gris vert
frôle une feuille immense à grosses nervures.
Près d’une masure
qu’entoure du blé noir
l’homme a pêché une brème carpée
il en est content, regarde l’horizon
le temps divisé par les horloges
qui sonnent l’une l’autre
va vers un avenir tenace.
Survient le sentiment du vide.

(Jean Follain)

 Illustration

 

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