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Posts Tagged ‘frayer’

Qui Quoi (Michel Deguy)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018



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Qui Quoi

Il y a si longtemps que tu n’existes pas
Visage quelquefois célèbre et suffisant
Comment je t’aime Je ne sais Depuis longtemps
Je t’aime avec indifférence Je t’aime à haine
Par omission par murmure par lâcheté
Avec obstination Contre toute vraisemblance
Je t’aime en te perdant pour perdre
Ce moi qui refuse d’être des nôtres entraîné
De poupe (ce balcon chantourné sur le sel)
Ex-qui de dos traîné entre deux eaux
Maintenant quoi
Bouche punie
Bouche punie coeur arpentant l’orbite
Une question à tout frayant en vain le tiers

(Michel Deguy)

Illustration: Atsushi Suwa

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Dans l’allée flamboyante (Arthur Bidegain)

Posted by arbrealettres sur 26 octobre 2017



 

dans l’allée flamboyante
reposante et fugace
une femme marche incrédule
frayant
l’équilibre
en silence

(Arthur Bidegain)

Illustration: Leonid Afremov

 

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Au milieu des deux règnes (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2017



Illustration: Gilbert Garcin
    
Au milieu des deux règnes
Frayer l’étroit passage ;
Être le vide du coeur
Au coeur du vide médian.

D’une montagne à l’autre,
L’été suspend son vol;
Nuage en feu, pluie de grêle
Départagent les eaux.

À l’ombre d’un vautour,
Sombre à pic le couchant;
De vie à mort: un pas,
De mort à vie : un pas…

Au milieu des deux règnes
Frayer l’étroit passage,
Jusqu’au coeur du non-lieu
Où bat un coeur brisé.

(François Cheng)

 

Recueil: La vraie gloire est ici
Editions: Gallimard

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L’aigle invisible est en vous (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2017




    
L’aigle invisible est en vous
Rochers surgis de nos rêves

En nous la flamme
En nous le vol
En nous la nuit fulgurante

Que nous ignorions

Rochers surgis de nos rêves
L’invisible aigle est en vous

Embrassant Yin
Endossant Yang
Frayant en nous la voie sûre

Que nous ignorions

Sol craquelé
Ciel constellé
En nous votre élan charnel

À l’aube de toute route
Vous dressez vos corps ailés

Parfois nos mains calleuses
Brisant les frimas figés
Un ange renaît sourire

(François Cheng)

 

Recueil: A l’orient de tout
Editions: Gallimard

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Le rêve fraie (Paul Celan)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2017



Mais la pierre qui flottait au vent près de nous roule sur la mer,
et dans le sillage qu’elle trace,
le rêve fraie, vivace.

(Paul Celan)

Illustration: pierres qui roulent

 

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Ami de la nuit (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2016


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Tu ne saurais frayer avec ta lumière
si tu n’étais ami de la nuit

(Adonis)

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OURAGAN D’ISLANDE (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2015



OURAGAN D’ISLANDE

Pas un tremblement de terre, mais des secousses célestes.
Turner aurait pu les peindre, une fois amarré.
Un gant solitaire venait de passer, en virevoltant, à des kilomètres de sa main.
Je peux me frayer un chemin dans ce vent contraire, jusqu’à cette maison de l’autre côté du champ.
J’ondoie dans l’ouragan. Je passe aux rayons X, le squelette remet sa lettre de démission.
La panique augmente, alors que je louvoie, que je chavire,
je chavire et je me noie sur la terre ferme!
Que cela pèse lourd, tout ce que soudain je dois porter,
qu’il est pénible pour un papillon de remorquer une péniche !
Enfin arrivé. Un dernier corps-à-corps avec la porte.
Et dedans maintenant. Dedans maintenant. Derrière la grande baie vitrée.
Quelle curieuse et grandiose invention que le verre –
de pouvoir être tout près, sans être concerné…
Dehors, une horde de sprinters diaphanes
s’élance, en grand format, sur la plaine volcanique.
Mais je n’ondoie plus. Je suis assis derrière le verre,
immobile, comme mon propre portrait.

(Tomas Tranströmer)

Illustration: William Turner

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Muse, comment sais-tu (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2015



Muse, comment sais-tu

Muse, comment sais-tu de ces heures sinistres
Tisser un jour vermeil,
Comment à l’unisson fais-tu sonner les sistres
Dans un discord pareil ?

Ah ! Sur ton Pinde encor se peut-il que je sache
Me frayer un chemin,
Et ton laurier sacré, faut-il que je l’arrache
De cette impure main ?

(Jean Moréas)

Illustration: Edward John Poynter

 

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Entre feuillets et mystère (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2015


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T’entremettant
Entre feuillets et mystère
Tu traces tu interprètes
Tu esquisses tu traduis

D’épures en signes
Sillonnant le rêve
Forant le réel

Tu frayes la voie
A nos soifs millénaires
A nos formes enfouies

(Andrée Chedid)

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