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AU BORD D’UN RUISSEAU (Xin Qiji)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2019



AU BORD D’UN RUISSEAU

Devant une petite chaumière
Les herbes vertes bruissent
Au bord d’un ruisseau
Des voix grisées fredonnent
Avec l’accent du Sud
Un couple aux cheveux grisonnants chante

Leur fils aîné sarcle le soja
A l’est du cours d’eau
Leur second tisse une cage à poules
Leur dernier, couché par terre au bord de l’eau
S’amuse à égrener les lotus

(Xin Qiji)

Illustration: Blog de Tanakia

 

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Dans un incessant murmure (Elsie Suréna)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2019



 

vétiver

Dans un incessant murmure
De longues notes inquiètes
Ta main fredonne la mienne
Dans le soir souvent caressé
D’errants effluves de vétiver

(Elsie Suréna)

Illustration: Vétiver

 

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UNE BOUCLE D’OREILLE, GARDEE EN MAIN (Taeko Uemura)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2019



Illustration: Johannes Vermeer 
    
UNE BOUCLE D’OREILLE, GARDEE EN MAIN

Tout le temps j’entendais
Leur voix qui fredonnait
Mais je ne les confondais pas
Avec mes soupirs
Parce qu’elles effleuraient mes oreilles
Je les portais avec prudence
D’émoi elles ont un jour
Changé de couleur
L’une a disparu en mer
Mais je garde l’autre en main
Comme souvenir à cette boucle d’oreille avec perle
Que j’ai dû perdre une nuit.

***

AN EARRING LEFT IN MY HAND

All the time I heard
their whispering voice.
But I didn’t mix it
with my sighs.
Because they touched my ears,
I wore them carefully.
Once they changed colour
for excitement.
One of them disappeared in the sea,
but the other I hold in my hand
as memory of a pearl earring
I must have lost some night.

***

ΣΚΟΥΛΑΡΙΚΙ ΣΤΗΝ ΠΑΛΑΜΗ ΜΟΥ

Άκουγα για πολύ καιρό
τον ανεπαίσθητο ψίθυρο τους
που δεν ανάμειξα
με τον αναστεναγμό μου.
Επειδή άγγιζαν τ’ αυτιά μου
πρόσεχα πώς τα φορούσα
μια φορά άλλαξαν χρώμα
από ενθουσιασμό.

Έχασα το ένα στη θάλασσα
αλλά κρατώ το άλλο στην παλάμη μου

ανάμνηση μαργαριταρένιου σκουλαρικού
που με κράτησε άϋπνη μερικές νύχτες

***

EIN OHRRING, GEBLIEBEN IN MEINER HAND

Ständig hörte ich
Ihre flüsternde Stimme
Aber ich vermischte sie nicht
Mit meinen Seufzern
Weil sie meine Ohren berührten
Trug ich sie vorsichtig
Eines Tages änderten sie
Vor Aufregung ihre Farbe
Einer verschwand im Meer
Aber den anderen halte ich in meiner Hand
Als Erinnerung an einen Perlenohrring
Den ich eines Nachts verloren habe.

***

一只耳环留在我手里

我一直听到
他们低语的声音
但我没把它和我的
叹息混在一起
因为它们接触我的耳朵
我小心地戴上它们。
一旦它们因兴奋
而变色
其中一只消失在海里
但另一只我拿在手里
作为一只珍珠耳环的记忆
我一定丢失了某个夜晚。

***

UN PENDIENTE QUEDA EN MI MANO

Todo el tiempo escuché
Su voz susurrante
Pero no se mezclaba
Con mis suspiros
Porque tocaron mis orejas
Los llevé con cautela.
Una vez cambiaron de color
Por la excitación
Uno de ellos desapareció en el mar
Pero el otro permanece en mi mano
Como recuerdo de un pendiente con perla
Que debí perder alguna noche.

***

N’ARICCHINA LASSATA NTA LA MANU

Sempri sinteva la so vuci
Ca mi murmuriava
Ma non la cunfunnìa chî me suspiri

Vistu ca mi tuccavanu l’aricchi
Li purtava cu cautela.

Na vota canciaru di culuri
Pi l’emozioni

Una d’iddi mi spiriu dintra lu mari
Ma l’autra la tegnu nta la manu
Comu ricordu di dd’aricchina di perli
C’appi a perdiri quacchi nuttata.

***

KOLCZYK, KTÓRY POZOSTAŁ W DŁONI

Cały czas słyszałam
ich szepczący głos.
Ale nie pomyliłam go
z moimi westchnieniami.
Ponieważ dotykały moich uszu
Nosiłam je troskliwie.
Pewnego razu zmieniły barwę
z podniecenia.
Jeden z nich zniknął w morzu,
ale drugi trzymam w dłoni
jako pamiątkę perłowego kolczyka
który musiałam zgubić pewnej nocy.

***

CERCEL RĂMAS ÎN PALMA MEA

Neîncetat le-am ascultat
Firavul glas, ușor șoptit
Dar nu l-am confundat
Cu propriile mele suspine.
Urechile, duios atinse,
Cu gingășie i-au purtat
Însă cândva, când s-au decolorat
Într-un moment de excitație intempestivă
Unul din ei s-a rătăcit în ocean
Iar cel de-al doilea mi-a rămas în palmă.
E amintirea unui anumit cercel perlat
Pierdut în iureșul unei nopți agitate.

(Taeko Uemura)

 

Recueil: ITHACA 573
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Anglais Mariko Sumikura – Germain Droogenbroodt / Grec Manolis Aligizakis / Allemand Mariko Sumikura – Germain Droogenbroodt –
Wolfgang Klinck / Néerlandais Mariko Sumikura – Germain Droogenbroodt / Chinois Mariko Sumikura-Joman Zhugenbrut-Stanley Bakan / Espagnol Rafael Carcelén / Sicilien Gaetano Cipolla / Polonais Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg
Editions: POINT

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Chanson du chiffonnier (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2019



chanson du chiffonnier

le chiffonnier du faubourg
que personne n’écoute
fait le tour de la ville
avec son poney bleu

il sait seules permises
les chansons sans paroles
et pourtant il fredonne
une complainte étrangère

à son passage les seins
des femmes ignorantes
s’émeuvent doucement
blanches bêtes captives

(Jean-Claude Pirotte)


Illustration: Edouard Manet

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L’ode (Buson)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2019



L’ode du recueil
que tout bas fredonnent
les pivoines

(Buson)

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Air populaire (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2018



Illustration: Julien Dupré
    
Air populaire

Ils m’émeuvent tant,
ces airs de Bohême,
glissant dans mon coeur
leur lourde langueur.

Qu’un enfant fredonne
en sarclant son champ,
un rêve t’en donne
l’écho quand tu dors.

Tu as beau errer
par toute la terre,
après des années
te revient cet air.

(Rainer Maria Rilke)

 

Recueil: Oeuvres 2 Poésie
Traduction: Jacques Legrand, Lorand Gaspar, Philippe Jaccottet, Armel Guerne, Maurice Betz
Editions: Seuil

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Soirée (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2018



Illustration
    
Soirée
Il est des jours d’hiver où les pas vibrent seuls
Des jours d’hiver
Où dans la rue tout résonne comme à l’église
D’hiver
Où tous les foyers — affection ou charbon
Nous tendent leurs bras et fredonnent leurs plaintes
Pour le calme blanc d’un visage qui repose
Ou d’un rêve engourdi —
Chaleur -— Pourquoi être berceuse ?

Tu es la plage je suis la vague et je viens m’échouer
Pour penser à la mer et au ciel trop criard
Aux bouquets de plages en pétales bronzés.

Et je viens m’échouer — reçois mes yeux fermés
Et je viens m’échouer — ton épaule est confiance
Tes yeux de sable fin — câlines tes mains ont
De trop belles raisons.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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LE PATOIS DE CHEZ NOUS (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2018




    
LE PATOIS DE CHEZ NOUS

Dans mon pays, dès ma naissance
Les premiers mots que j’entendis
Au travers de mon «innocence »
Semblaient venir du paradis
C’était ma mère, toute heureuse,
Qui me fredonnait à mi-voix
Une simple et vieille berceuse,
En patois…

Le joli patois de chez nous
Est très doux !
Et mon oreille aime à l’entendre.
Mais mon cœur le trouve plus doux,
Et plus tendre !

Dans mon pays, au temps des sèves,
A l’âge où d’instant en instant,
L’amour entrevu dans nos rêves
Se précise dans le Printemps.
Cueillant les fleurs que l’avril sème
Un jour, pour la première fois,
Une fille m’a dit : « Je t’aime »
En patois…

De mon pays blond et tranquille
Quand je suis parti « déviré »
Par le vent soufflant vers la Ville,
Mes vieux et ma mie ont pleuré.
Pourtant, jusqu’au train en partance
M’ont accompagné tous les trois
Et m’ont souhaité bonne chance
En patois…

Loin du pays, dans la tourmente
Hurlante et folle, de Paris,
Où ma pauvre âme se lamente
Un bonheur tantôt m’a surpris !
Des paroles fraîches et gaies
Ont apaisé mes noirs émois :
J’ai croisé des gens qui causaient
Mon patois…

(Gaston Couté)

 

 

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JEUNE MÈRE (Christophe Langlois)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2018



Illustration: Mary Stevenson Cassatt
    
JEUNE MÈRE

Souvent tu me dévêtais
souvent j’étais vivant
il faut être nu pour chanter ce chant

l’eau que tu versais sur moi
retombait à grand bruit dans l’océan
épousait mon ventre grandissait mon sang
et me séchant contre toi tu fredonnais
quelque chose d’une voix légère
que je ne connaissais pas et qui était toi
je ne bougeais plus je t’écoutais
enveloppé dans la serviette humide
une de tes mèches contre ma joue

il faut être nu pour chanter ce chant
souvent tu me dévêtais
souvent j’étais vivant

(Christophe Langlois)

 

Recueil: L’amour des longs détours
Traduction:
Editions: Gallimard

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CHAÎNES (Patricia Ruiz-Gamboa)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018




    
CHAÎNES

Comme une voix dans le feu,
Qui soupire et sommeille,
Puis rêve de jours radieux,
Où les tons sont vermeils.

Comme une voix dans la plaine,
Qui tremble et joue du rire,
Puis fait place à la peine
Où tout crie sans rien dire.

Comme une voix dans le ciel,
Qui frémit et fredonne,
Puis s’effeuille, étincelle,
Où les pas de nos coeurs résonnent.

Comme une voix à l’infini,
Qui s’élève dans la brise,
Puis s’enfuit dans la nuit
Où les nuages s’irisent.

L’Amour nous tient si fort,
Que pieds et mains liés,
Au-delà de tous torts
Nous y sommes enchaînés.

(Patricia Ruiz-Gamboa)

 

Recueil: Concerto pour une plume
Traduction:
Editions: ARCAM

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