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Poésie

Posts Tagged ‘frénétique’

Qui est toi qui est moi (Jacqueline Risset)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2019



Illustration: Lucie Llong   
    
Qui est toi qui est moi
dans cette flamme?
Dès lors :

— le seul mot toi
brûle à cette flamme
et reste –

feu frénétique

vent nonchalant qui traverse le corps

corps
déjà plus là

dans cet état de métamorphose

(Jacqueline Risset)

 

Recueil: L’Amour de loin
Traduction:
Editions: Flammarion

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La vénus mathématique (Guy Béart)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2019



venus

La vénus mathématique

Dans un journal à fascicules
J´ai lu en lettres majuscules
Qu´on ne peut vivre sans calcul
En ce siècle où les automates
Sont les grands rivaux des primates
Qu´on ne peut plus vivre sans maths

Comme d´ailleurs depuis toujours
Quel que soit l´homme et ses recours
On ne peut vivre sans amour

Moi qui tiens fermement à vivre
Et qui suis lucide autant qu´ivre
J´ai uni le lit et le livre

J´ai rencontré au point critique
La femme la plus érotique
Une Vénus mathématique
Vive la nouvelle Vénus mathématique!

Au bal de l´Hôtel Terminus
Je vis soudain cette Vénus
Qui embrasa mes cosinus

C´était la folle nuit du rythme
Au bras d´un jeune sybarite
Elle exhibait ses logarithmes

C´était pour moi un jour de bol
La voilà qui me carambole
D´un grand sourire en hyperbole

C´était la grande nuit du rut
Le temps de pousser un contre-ut
Je l´attaquai comme une brute

Grâce à son triangle et son pis
Aussi rond que le nombre Pi
Elle augmenta mon entropie
Vive la nouvelle Vénus mathématique!

Et moi, très vite, j´adorai
Cette enfant qui suivait de près
De toute science les progrès

Les manuels, les opuscules
Les courbes, les tests, les calculs
Lui tenaient lieu de crépuscules

Au saint nom des mathématiques
Elle appliqua ses statistiques
À nos étreintes frénétiques

Au diable les gens qui attifent
Leur passion de préservatifs
Ou de retraits intempestifs

Bientôt, nous réglâmes tous nos
Exercices abdominaux
Selon la méthode Ogino
Vive la nouvelle Vénus mathématique

Et la Vénus aux équations
Me fit goûter des sensations
D´une nouvelle dimension

Les entités humanoïdes
Aux formes hyperboloïdes
Charment les spermatozoïdes

Dans mon vieux grenier en spirale
Chaque soir, quel concert de râles
Quand je frôlais son intégrale

Elle avait uni sans histoire
La mécanique ondulatoire
Et les positions giratoires

Mes caresses venaient en troupe
Selon la théorie des groupes
Pour réunir jambes et croupes
Vive la nouvelle Vénus mathématique

Hélas, un jour, un jour funeste
Elle me fit passer un test
Qui lui démontra sans conteste
En comparant des numéros
Que j´étais un pauvre zéro
Elle prit la tangente au trot

Avec ses courbes inconnues
Dans l´espace discontinu
Elle s´en alla toute nue
Vive la nouvelle Vénus mathématique!

(Guy Béart)

 

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Arrive un jour (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2018



    

Arrive un jour où la poésie se fait sans langage, jour où
sont convoqués les grands et les petits désirs disséminés
dans les vers, réunis tout à coup dans deux yeux, ceux-là
mêmes qu’on louait tant dans l’absence frénétique de la page blanche.

(Alejandra Pizarnik)

 

Recueil: Approximations
Traduction: Etienne Dobenesque
Editions: Ypfilon

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SIMPLE DEMANDE (Pierre Bourgeois)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2018



SIMPLE DEMANDE

O vous d’amour et d’amitié
Inépuisablement, que je chéris
Avec une tendresse frénétique,
Pardonnez-moi de regarder la mort
Sans crainte et sans regret
Comme un retour affectueux
Au grand secret qui m’a fait vivre.
Le dernier équilibre est le plus beau :
Chanter le croître et le néant,
Se donner violemment à l’être, au vide
Dans une équivoque ardente, humble et fière.

(Pierre Bourgeois)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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Viens néant à mon âme comparable (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2018



Illustration: Francis Ray
    
viens néant à mon âme comparable
qui avec l’existence a conversé vainement,
Ô prends ton trivial péage scrupuleusement,
à ces calmes pieds ton coeur frénétique est favorable;
éprouve-moi avec tes parfums qui ont séduit
les narines toutes-puissantes de la fervente mort,
nourris-moi de félicités mangées aux vers
par qui la bouche affamée du temps est nourrie:
et si je n’aime pas ce que tu me donnes laisse-moi
me plaindre à lui,dont le siège se trouve là
où les planètes en orbite luttent pour leur liberté
contre l’air abasourdissant de toute éternité—
mais si j’aime, je prendrai entre tes mains ce qu’aucun
homme ne ressent,ce qu’aucune femme ne comprend.

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: XLI Poèmes
Traduction: Thierry Gillyboeuf
Editions: La Nerthe

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Le temps (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2017



Le
temps
qui nous prendra

nous le
prenons parfois
par la
queue

comme un beau lézard
bleu qui se
brise

Pour un instant
scintille entre nos doigts
la frénétique lueur

Haut lieu de songe de
merveille

(Ainsi de toi Amour et du poème)

(Jean Joubert)

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Faites juste en sorte (Yuan-wu)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2016



Faites juste en sorte d’être intérieurement vacant et en harmonie avec l’extérieur.
Alors, vous serez en paix au beau milieu de l’activité frénétique du monde.

(Yuan-wu)

 

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