Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘fréquentation’

Retouche aux fréquentations (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2017




    
retouche aux fréquentations

j’ai vu le Missipi le nil l’Amazone
le Yang-Tsé le Congo le Rhin le Danube la Loire
le Gange et d’autres et le Tigre

je vis à deux pas de la Nonette
et lui en parle

et parfois la saute avec une perche

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: Vestiaire des anges
Editions: Grasset

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le mauvais larron (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2017



 

Robert Campin  mauvais-larron

Le mauvais larron

J´aurais pu être celui-là
Qui t´a vu mourir sous la croix,
Un de tes derniers compagnons,
Le mauvais larron.
Bien sûr, j´ai mérité la corde
Plutôt que la miséricorde.
Je suis du gibier des prisons,
Le mauvais larron – mauvais larron – mauvais larron.

Bref, j´étais capable de tout
à part de tendre l´autre joue.
Je n´ai pas demandé pardon
D´être un larron.
J´ai pris ce que je pouvais prendre,
Les coups, l´argent, les filles tendres.
Elles trouvaient bien assez bon
Le mauvais larron – mauvais larron – mauvais larron.

Aujourd’hui je suis comme toi,
Quand tu n´avais dessus ta croix
Pour ultime fréquentation
Que les deux larrons.
Je n´ai plus rien qui me console.
Peut-être, en guise d´auréole,
On verra briller sur mon front
Le mauvais larron – mauvais larron – mauvais larron.

C´était peut-être un vendredi
Qu´il est allé au paradis
Par le chemin de la Passion
Des mauvais larrons.
Abandonné entre deux mondes
Jusqu’à sa dernière seconde,
Ainsi chantait de sa prison
Le mauvais larron – mauvais larron – mauvais larron.

(Georges Moustaki)

Illustration: Robert Campin

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les quatre sans cou (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2015



Les quatre sans cou

Ils étaient quatre qui n’avaient plus de tête,
Quatre à qui l’on avait coupé le cou,
On les appelait les quatre sans cou.

Quand ils buvaient un verre,
Au café de la place ou du boulevard,
Les garçons n’oubliaient pas d’apporter des entonnoirs.

Quand ils mangeaient, c’était sanglant,
Et tous quatre chantant et sanglotant,
Quand ils aimaient, c’était du sang.

Quand ils couraient, c’était du vent,
Quand ils pleuraient, c’était vivant,
Quand ils dormaient, c’était sans regret.

Quand ils travaillaient, c’était méchant,
Quand ils rôdaient, c’était effrayant,
Quand ils jouaient, c’était différent,

Quand ils jouaient, c’était comme tout le monde,
Comme vous et moi, vous et nous et tous les autres,
Quand ils jouaient, c’était étonnant.

Mais quand ils parlaient, c’était d’amour.
Ils auraient pour un baiser
Donné ce qu’il leur restait de sang.

Leurs mains avaient des lignes sans nombre
Qui se perdaient parmi les ombres
Comme des rails dans la forêt.

Quand ils s’asseyaient, c’était plus majestueux que des rois
Et les idoles se cachaient derrière leur croix
Quand devant elles ils passaient droits.

On leur avait rapporté leur tête
Plus de vingt fois, plus de cent fois.
Les ayant retrouvées à la chasse ou dans les fêtes,

Mais jamais ils ne voulurent reprendre
Ces têtes où brillaient leurs yeux,
Où les souvenirs dormaient dans leur cervelle.

Cela ne faisait peut-être pas l’affaire
Des chapeliers et des dentistes.
La gaîté des uns rend les autres tristes.

Les quatre sans cou vivent, c’est certain.
J’en connais un au moins un
Et peut-être aussi les trois autres.

Le premier, c’est Anatole,
Le second, c’est Croquignole,
Le troisième, c’est Barbemolle,
Le quatrième, c’est encore Anatole.

Je les vois de moins en moins,
C’est déprimant à la fin,
La fréquentation des gens trop malins .

(Robert Desnos)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :