Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘frères’

Le cloître (Stefan George)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018



Le cloître

Avec peu de frères, fuyez le bruit des hordes
Avant que dans le froid poison ne soit défait
Votre jeune vouloir: bâtissez pour la paix
Dans un val silencieux la maison de votre Ordre.

Bercés d’heures égales aux douces mélodies
Travailler le sol chaste est un acte sacré
Le jour s’écoule ainsi rythmé de sept degrés
pour vous et ma légion qui à vous se dédie.

L’enlacement ignore les avides tourments
L’amitié libérée de peur et désespoir —
Sanglots baisers et mots s’envolent dans le soir..
Voici des couples pieux le sublime ornement :

De douleur et d’envie sereines consumés
De lever leur regard vers cette beauté bleue
Renoncement divin zèle des bienheureux —
Comme enseigna jadis un moine à Fiesole.

(Stefan George)


Illustration

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Fuyant le ciel (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2017




Fuyant le ciel

Fuyant le ciel, effrayé de la terre,
tu peignais un soleil fragile
un rameau d’if sur fond de soie.

Tu nommais les veines du bois
les cristaux de neige, la pluie.
Un insecte venait parfois
mourir sous ta lampe la nuit.

Tu nommais les oiseaux, les fleurs,
chaque fruit d’un nom nouveau,
les poissons – tes frères – l’eau,

croyant que nommer donne un gage,
qu’un mot pur vaut une clef,
que la porte du passage
céderait sous ta poussée,

céderait vers quel mirage!

(Jean Joubert)

Illustration: Vincent Van Gogh

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La Mort à cheval (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2016



La Mort à cheval

À cheval au galop
à cheval au galop
à cheval au galop
c’est la mort qui rapplique.

À cheval au galop
à cheval au galop
en lançant son lasso
mes amis elle emporte.

À cheval au galop
ayant pris mes parents
sans délai au hasard
elle emporte mes frères.

La mort sans crier gare
à cheval au galop
ne permet que je cache
mes amours qu’elle emporte.

La mort lâchant le mors
de ses pattes de fer
à cheval au galop
a emporté ma vie.

Dans sa hâte la mort
ne voit ce qu’elle a fait.
À cheval au galop
à cheval au galop

en ayant réchappé
me voici seul et creux.

(Carlos Drummond de Andrade)

Illustration: Didier Graffet

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Chanson de l’étrangère (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2016



Elle était debout
contre l’arbre.
Elle était nue.
Elle était le sexe de l’arbre.

Elle attendait l’homme
et, de leur amour,
le monde allait naître.

Elle était pâle.
Elle était l’amour.
Et l’homme lui soufflait
le nom de ses frères.

Elle était morte
et l’homme parlait toujours.

(Edmond Jabès)

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Les seins (Yi Pyông-Ki)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2015


maman

Le jour où elle se coucha pour la dernière fois
Reposant sa tête sur mon giron
Elle ne pouvait supporter la douleur dans sa poitrine
Elle délia le noeud de sa blouse
Laissa apparaître ses seins

Ses têtons étaient bleu foncés
Comme jadis
Moi et huit ou neuf de mes frères et soeurs
S’étaient nourris à ces seins

(Yi Pyông-Ki)

Illustration

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