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Posts Tagged ‘friable’

LA FEMME INTÉRIEURE (Georges Henein)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2022



Chen Yan Ning  (27) [1280x768] 

LA FEMME INTÉRIEURE

belle
comme la foudre s’arrêtant à mi-ciel
pour choisir son arbre

inconnue
proche à faire peur
rassurante pourtant
comme une halte en pays tempéré

feu de position
qui détient en sa pupille
la direction de la nuit

friable
comme une poignée de main
entre deux êtres sans avenir

dure
comme le commencement du monde

visage clos
visible une fois par vie
en appuyant sur la gâchette.

(Georges Henein)

Illustration: Chen Yan Ning

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Les sapins sous la pluie (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2022



Illustration: Théophile Alexandre Steinlen
    
les sapins
sous la pluie

passe un
vagabond

ce subit

si frêle
friable soit-il

à l’instant où affleure
en moi cette sensation

qu’il se fane sitôt né
que la vie s’écoule

m’échappe se perd
une sensation

proprement déchirante
insoutenable

il me faut le planter
dапs des mots

(Charles Juliet)

Recueil: Pour plus de lumière anthologie personnelle
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’ÉTÉ (André Velter)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2019



L’ÉTÉ

Joie nouvelle d’une fièvre
D’une saison secrète
Moins friables par surcroît de ténèbres
Ou avis de grand frais
Et cette marque au fer
Qui charme le destin
Sous un bracelet de cuir

Un écart volontaire a tout désarçonné
L’horizon s’est retrouvé avec un peu plus de ciel
Un peu plus de latitude inconnue
Et un projet de coupe claire

Au point du jour
C’est déjà le beau midi de la lumière
L’ardeur dans les coursives qui ouvrent sur le désert
Comme on étreint cet impossible été
Au goût de soufre et de miracle
En se regardant dans les yeux

(André Velter)

Illustration

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Le merisier et le poirier (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2019



Illustration
    
Le merisier et le poirier m’ont pris pour cible,
Sans un raté leur force friable me crible.

Les étoiles et grappes, les grappes et étoiles :
Double pouvoir ? La vérité, dans quels pétales ?

Cet éclat, cette ardeur, est-ce l’air qui se venge
De l’air, succombant sous les coups de plommées blanches ?

Et la double senteur, ô douceur invivable,
Qui est joute et attrait — mélangée, séparable…

(Ossip Mandelstam)

***

 

Recueil: Les poésies d’amour
Traduction: Henri Abril
Editions: Circé

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Vraie vie (Marie-Anne Bruch)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2019



Illustration: Carrie Vielle
    
Vraie vie

Il n’y a pas d’ailleurs,
la vraie vie est ici.

La vraie vie
c’est les nuages qui nous fuient,
l’amour qui nous néglige,
les soleils à contretemps
et les ciels à moitié dépolis.

C’est les ongles rongés
dans les salles d’attente combles,
et vouloir le plein jour
au milieu de la nuit.

La vraie vie,
c’est d’ignorer l’avenir,
d’oublier le passé,
de passer à travers le présent trop friable
sans pouvoir en garder une miette.

La vraie vie,
cette corvée, c’est du plein et du vide,
des plages de silence,
des parasites et des interférences,
et parfois le miracle ordinaire
d’une joie pure.

(Marie-Anne Bruch)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Anthologie La Poésie cent ans après Apollinaire
Traduction:
Editions: Proverbe lamaisondepoesie@gmail.com

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Farineuse insomnie (Claude Pujade-Renaud)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2018



Illustration: Francine Van Hove
    
Farineuse insomnie
néant friable

Sommeil titubant
on chemine on écrit
de travers

Tournant
sur l’ aire
meulant
un grain maigre

On se perd
des mots chutent
se dispersent
poussière
charpie des nerfs
des chairs

Désir flou
de se résigner
à l’identité saumâtre
du jour et de la nuit

(Claude Pujade-Renaud)

 

Recueil: Instants incertitudes
Traduction:
Editions: Le Cherche Midi

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NOTRE HUBLOT (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2018



 

hublot

NOTRE HUBLOT

En quel lieu, évanouis,
L’accord de nos lèvres,
Nos mains de ce jour-là,
Nos yeux de telle saison ?

En quel brasier confus,
Les rameaux du vertige ?

En quel lointain friable,
Les crêtes de notre sang ?

Mais par tous ces instants
Et pour chaque battement d’âme,
A cause de nos questions
Sous tant de lampes croisées :

La mer Toute la mer
S’est prise à notre hublot.

(Andrée Chedid)

Illustration: Laetitia Pique

 

 

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CRAIE (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 15 août 2018



CRAIE

Au tableau noir des ères, tu es trace friable
et linceul des calcaires où les mers t’ont formée.
Par toi, je dis, j’écris ma mémoire pélagique, toi
laitance des mots conçus au fond des eaux.

(Jacques Lacarrière)


Illustration

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Même le plus friable des mots (Eugénio de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2017



    

Même le plus friable
des mots
a des racines dans le soleil –
comme le matin
des barques sur la mer.

J’inventerai le jour où avec toi
et l’automne j’irai courir par les rues.
La lumière que nous foulons est si parfaite
qu’elle ne peut mourir, comme ne meurt
l’éclat du regard qui t’a vu te dévêtir.

(Eugénio de Andrade)

 

Recueil: Matière solaire / Le poids de l’ombre / Blanc sur blanc
Traduction: Michel Chandeigne, Patrick Quillier et Maria Antonia Câmara Manuel
Editions: Gallimard

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L’Infini (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2016



L’Infini

Orgueilleux pantins
En terre friable
Qui prétendent
En leurs limites
Rencontrer l’Infini

Nous demeurons
Captifs
D’un temps à nos mesures
Qui s’effrite
Et nous ronge
De journées en saisons

Tandis que l’Infini
En terre absolue
Ne cesse de nous narguer.

(Andrée Chedid)

 

 

 

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