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Posts Tagged ‘friche’

CASSÉS tous les miroirs (Rafael Carcelén)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2019



    

CASSÉS
tous les miroirs,

défigurés même dans l’envers
en friche même du nom,

nos empreintes floues,

ton moi
mon toi
– la trace invisible –
nous survivent.

***

ROTOS
todos los espejos,

desfigurados hasta en el reverso
baldío del propio nombre,

nuestras huellas desvaídas,

tu yo
mi tú
–invisible el rastro–
nos sobreviven.

(Rafael Carcelén)

 

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Les roses mystiques (Stanisław Wyrzykowski)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2018



 

Les roses mystiques

Des roses mystiques tombent dans l’obscurité,
Dans l’espace morne dépourvu d’étoiles ;
Leur éclat sombre me les fait suivre du regard
Jusqu’aux friches noires qui sont au loin.

Et je te vois, des débris de gravier derrière ton dos,
Jettent, sous la lumière, des lueurs fades et des reflets ;
Je te vois emportée dans un vent furieux,
Au milieu d’un tourbillon de feuilles qui s’embrasent.

Le bourgeon vierge de tes seins s’est flétri,
Ton corps séduisant a perdu sa chaleur ;
De tes mains mortes, tombent impuissantes,
Ces roses mystiques qui se perdent dans l’ombre.

Ta chevelure ébouriffée par le vent,
Des souffles et des courants froids la caressent,
Toi, tu cherches mes yeux, perdue comme en rêve,
Mais le fond de ton œil est funeste.

Tu tournes, tu voles et tu te tords comme un serpent,
Dans le tourbillon des feuilles mortes,
Tes yeux me cherchent et me cherchent encore,
Tandis que de tes mains, tombent ces roses.

(Stanisław Wyrzykowski)

Découvert ici : poetespolonais

Illustration

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Autrefois je croyais (Etty Hillesum)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2018



    

Autrefois je croyais devoir produire un certain nombre de pensées profondes par jour;
aujourd’hui il m’arrive d’être une friche infertile, mais étendue sous un ciel vaste, haut et paisible.
C’est mieux. Je me défie aujourd’hui de cette profusion de pensées jaillissantes,
j’aime mieux être de temps en temps en friche et en attente

(Etty Hillesum)

 

 

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LE POETE (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 20 août 2017



LE POETE

Jardinier d’un sol aride
D’une terre sèche
D’un ciel stérile
Comme un reflet de l’éternité
D’une mer mouvante
Où le sillage s’orne d’écume
Avec des mots émoussés
Des paroles sans tranchant
Il essaie de témoigner
Mais il laisse en friche
Bien des jardins abandonnés

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: René Baumer

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L’automne encore (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2017



 

L’automne encore
le drapé des champs
à l’infini la fuite des sillons
Les graines à leur métier
la friche
ses pierres saignées à blanc
dans la quiétude de la terre

(Georges Bonnet)

 Illustration: Claude David

 

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Le laboureur (José-Maria de Hérédia)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2016



Le semoir, la charrue, un joug, des socs luisants,
La herse, l’aiguillon et la faulx acérée
Qui fauchait en un jour les épis d’une airée,
Et la fourche qui tend la gerbe aux paysans ;

Ces outils familiers, aujourd’hui trop pesants,
Le vieux Parmis les voue à l’immortelle Rhée
Par qui le germe éclôt sous la terre sacrée.
Pour lui, sa tâche est faite ; il a quatre-vingts ans.

Prés d’un siècle, au soleil, sans en être plus riche,
Il a poussé le coutre au travers de la friche ;
Ayant vécu sans joie, il vieillit sans remords.

Mais il est las d’avoir tant peiné sur la glèbe
Et songe que peut-être il faudra, chez les morts,
Labourer des champs d’ombre arrosés par l’Érèbe.

(José-Maria de Hérédia)

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Marée contre le gré des eaux (Emmanuel Damon)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2016



Marée contre le gré des eaux

Où la neige La vive
L’éphémère neige
Ce poids de fraîcheur sur la main
Qui s’accroît dans le silence
La terre d’ici
Est poussière qui enfle sur le vent
Se mêle à l’os et pèse sur la langue
Poussière
Sur la pierre blanche des villes
Sur les routes les coupoles
Le bois d’olive et la nuque des hommes
Qui s’entretiennent avec le ciel

***

Qui veille sur cette terre enclose,
dans la friche les écorces de liane ?
À voix éteinte sous le ballant des branches ?
Quand notre faim dort sous la ronce,
dans le voeu des labours où l’étourneau s’égaye
qui veille et fait grincer les chênes, et lever le vanneau,
ardoise clairsemée d’une aile sur la plaine ?
Course le chevreuil sous les hêtres
et touche le lièvre au gîte ?
Le taillis ouvre pour l’oeil un arpent de ciel
sur le flambeau des sources.
Une parenté nous y retient
— ses mots dans le cours du sang trouvent refuge,
et nous gardent debout.

(Emmanuel Damon)

Découvert ici: http://revuedepoesie.blog.lemonde.fr/

 

 

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Rudiments de lumière (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2016



Rudiments de lumière

Ce feu que les enfants préparent,
d’herbes sèches, de brindilles,
dans un cercle de pierres,
ils sont à genoux, pour combien
de temps ? jamais ils ne s’inquiètent,
comme eux tu as prié.

Ce serait un talus en friche,
ce serait un rivage ou une crête,
tu viens, tu ne peux que venir,
le feu autour de lui aimante.

Au feu plus intense
ne donne aucun ordre,
tu tombes le masque, tes poings
se desserrent, mais tu t’ajoutes :
tu te réchauffes, tu te préfères,
contente-toi de l’admirer,
démuni, disponible.

(Pierre Dhainaut)

Découvert ici: http://revuedepoesie.blog.lemonde.fr/

 

 

 

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Le Labyrinthe (Edwin Muir)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2016



Le Labyrinthe

C’était là le monde vrai ; une fois je l’ai touché,
Et dorénavant toujours le reconnaîtrai.
Mais le mensonge, le labyrinthe, la friche touffue de fausseté, routes
Qui vont sans cesse et ne mènent nulle part,
Ombragées d’erreur : je serais détenu là-bas
Si mon âme ne disposait des ailes de l’oiseau pour voler vers la liberté.

***

That was the real world; I have touched it once,
And now shall know it always.
But the lie,The maze, the wild-wood waste of falsehood, roads
That run and run and never reach an end,
Embowered in error – I’d be prisoned there
But that my soul has birdwings to fly free.
(Edwin Muir)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

 

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On s’émerveille (Paul Mathieu)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2016



on s’émerveille devant
deux ou trois brins d’herbe
poussés au hasard d’une friche
quand il s’agirait de voir plus loin
de crier avec les autres
souligner
toutes les inepties du temps
dénoncer tous les crimes
mais
dénoncer ne suffit pas
c’est d’abord d’enseigner
la beauté qu’il s’agit
non pour distraire les regards
mais pour les élever
les amener à dire oui au brin d’herbe
poussé au hasard d’une friche

(Paul Mathieu)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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