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Poésie

Posts Tagged ‘frileuse’

LA POMME VERTE (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2018



Illustration: Christian Otte
    
LA POMME VERTE

Oubliée au jardin
dans la brume
le gel

frileuse elle se clôt
sur le secret de
son parfum.

L’enfant la voit
et la porte
à l’aïeule

qui dans son tablier
mauve la fait
briller

puis sur la maie la
pose près de la
planche à pain.

De son mystère
elle illumine la maison
la pomme verte.

(Jean Joubert)

 

Recueil: Anthologie personnelle
Traduction:
Editions: Actes Sud

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Les garçons et les filles s’aimaient (Armand Lanoux)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2018



Entre les viols les crimes
les parjures et les massacres
les tournois et les sacres
les garçons et les filles s’aimaient
sur les bords du ruisseau
Lorlei liseron le héron et l’eau.
Et pêchaient les pêcheurs d’alose
et de brochet
tandis que songeuses
les Eminences Roses
sirènes frileuses
regardaient à la poupe des bateaux
plonger au fil des eaux
pour prendre l’amour au filet
les carrelets beaux carrelets
de la trahison.
Colère colère du roitelet
et du pinson !

(Armand Lanoux)


Illustration

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Fleur de pêcher (J.J. Grandville)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2018



Fleur de pêcher

—Je suis née dans un verger, de parents honnêtes;
mais … ici, un violent accès de toux lui coupa la parole.
—Ne faites pas attention, reprit-elle
en coupant chacun de ses mots:
malgré le mauvais temps, j’ai voulu me montrer
avec une robe blanche un dimanche d’avril dernier,
et j’ai pris un catarrhe.
Elle voulut continuer, mais à chaque instant
une toux de plus en plus opiniâtre l’arrêtait.
—Reposez-vous, lui dit le Cactus: vous êtes frileuse de votre nature,
et malheureusement pour vous, aussi coquette que frileuse.
Nous devinons votre histoire sans qu’il soit besoin que vous la racontiez.
Ne faites pas d’efforts inutiles qui aggraveraient encore votre mal.
Vous étiez jeune, l’hiver vous avait claquemurée dans votre cellule,
vous étiez impatiente de vous faire voir avec votre beau déshabillé neuf,
qui vous rendait si jolie;
mais une robe blanche ne fait pas le printemps.

(J.J. Grandville)

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MUSIQUE AU CREPUSCULE (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2017



 

Alphonse Osbert Un inceste d'âmes

MUSIQUE AU CREPUSCULE

La ligne de ton cou se subtilise ;
Tout baigne feutré dans la couleur grise,
Et voici qu’un jour bien cher agonise.

Oh ! demain, l’absence et les heures creuses !
Sens-tu pas, nos âmes en sont peureuses ;
Sens-tu pas, nos âmes en sont frileuses ;

Frileuses surtout à cause de l’heure ;
Tu sais bien qu’au soir nos beaux rires meurent,
Et qu’ensemble un peu nos âmes pleurent,

Sans nulle souffrance et sans nulle peine,
Par cette faiblesse d’être trop pleines ;

La ligne de ton cou se subtilise ;
Blottissons-nous bien dans le fauteuil noir ;
Tout baigne feutré dans la couleur grise,
Laissons sur nos coeurs si pareils pleuvoir
La triste douceur qui les prend le soir,
Chaque fois qu’un jour bien cher agonise.

(Charles Vildrac)

Illustration: Alphonse Osbert

 

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Retouche à l’insomnie (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2016



Retouche à l’insomnie

le coeur se chauffe à la veilleuse
un souvenir saute à la corde
lune sur les pans de la mémoire
lambeaux de papier peint
poèmes en morceaux
jouets dans les petites mains
de tant d’éclairs ma nuit s’étonne et tisse un châle
surveillante frileuse

(Daniel Boulanger)

 

 

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Mais les mots diminuent ce qui a touché le coeur (Luc Dietrich)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2016




J’ai refait à rebours comme si je remontais à tes côtés
le cours du temps, cette promenade du dimanche le long de la Seine
où tu t’émerveillais de la matière des ombres
et du reflet d’homme coulant de la barque comme une blessure.

J’ai revu nos grands arbres aux chairs frileuses,
mourant sur un ciel d’ardoise.
Le Pont-Royal lui, n’a plus cette couleur si étonnante
qui était comme la chaleureuse émanation d’une autre matière :
aubier frais chauffé par le soleil, plage blonde,
mais les mots diminuent ce qui a touché le coeur
comme les doigts exercés les cordes musicales.

(Luc Dietrich)

Illustration: Maria Cristina Baracchi

 

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Transparence hantée (Bernard Neau)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2016



La couleur est une transparence hantée,
suspendue, frileuse, désertée,

un fil de jour caché,
ajustant le regard qui voit
avec le regard qui ne voit pas

(Bernard Neau)

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L’âme, si frileuse, si farouche (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2015



L’âme, si frileuse, si farouche,
devra-t-elle vraiment marcher sans fin sur ce glacier,
seule, pieds nus, ne sachant plus même épeler
sa prière d’enfance,
sans fin punie de sa froideur par ce froid?

(Philippe Jaccottet)

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MON BATEAU ET MON QUAI (Gilles Vigneault)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2015



Rockwell Kent 22 [1280x768]

 

MON BATEAU ET MON QUAI

Mon bateau et mon quai
Mon havre ma tempête
Le jour est fatigué
De tourner dans ta tête

Ah ! Je m’en vais m’embarquer bientôt
Vent debout vent derrière
Hé ! Ho ! bientôt
Je m’en vais m’embarquer
Mon calme ma tempête
Mon havre mon bateau
Je m’en vais m’embarquer bientôt

Ma neige mon pommier
Mon oiseau et ma branche
Les draps sont bien pliés
Dans l’armoire à dimanche

Ah ! Je m’en vais m’envoler bientôt
Vent debout vent arrière
Hé ! Ho ! bientôt
Je m’en vais m’envoler
Mon coup d’aile et ma branche
Mon arbre mon oiseau
Je m’en vais m’envoler bientôt

Mon lit mon beau soulier
Mon château ma fileuse
Sous le mois de janvier
Il dort de l’herbe heureuse

Ah ! Je m’en vais m’enfermer bientôt
Vent debout vent arrière
Hé ! Ho ! bientôt
Je m’en vais m’enfermer
Ma laine ma frileuse
Mon hiver mon manteau
Je m’en vais m’endormir tantôt

(Gilles Vigneault)

Illustration: Rockwell Kent

 

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L’âme, si frileuse (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2015


 


Ron Mueck  _Maninaboat

L’âme, si frileuse, si farouche,
devra-t-elle vraiment marcher sans fin sur ce glacier,
seule, pieds nus, ne sachant plus même épeler sa prière d’enfance,
sans fin punie de sa froideur par ce froid ?

Tant d’années,
et vraiment si maigre savoir,
coeur si défaillant?

Pas la plus fruste obole dont payer
le passeur, s’il approche?

— J’ai fait provision d’herbe et d’eau rapide,
je me suis gardé léger
pour que la barque enfonce moins.

(Philippe Jaccottet)

Illustration: Ron Mueck

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