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Poésie

Posts Tagged ‘frisson’

Les baisers des yeux (Bertrand Delporte)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2020



 

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Les baisers des yeux

Autour,
les couleurs:

– Blanc, Bleu.

Les baisers des yeux
remuent
La sensation de la chair.

Frissons,
Oeil-de-perdrix.

(Bertrand Delporte)

 

 

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Noël (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2019




    
Noël

Du village nocturne naissent les mille tours d’une cité
des paons blancs tristement
parcourent les cours
où l’eau retient le ciel d’étoiles
où la lune s’écoule des seaux
au frisson hésitant du vent.

Le bruit des attelages secoue les granges infinies
les verrous glissent sans bruit
et les portes soupirent
libérant l’ombre des chevaux

Pâles avec une lenteur de songe
du ciel tombent
les pétales des routes de minuit

Qui donc pose aux marguerites de l’hiver
la question d’amour ?

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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Au grand temple (Masaoka Shiki)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2019



    

Illustration: Hasui Kawase

(Masaoka Shiki)

 

Recueil: Les plus beaux HAÏKU(S)
Traduction: Akié Boulard
Editions: Arichi

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Commençant à parler (Matsuo Basho)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2019



    

Illustration: Katsushika Hokusaï

(Matsuo Basho)

 

Recueil: Les plus beaux HAÏKU(S)
Traduction: Akié Boulard
Editions: Arichi

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Du bon usage de la fatigue (Michel Butor)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2019



Illustration: Hélène Hugon
    
Du bon usage de la fatigue

J’ouvre les yeux. Je lis un mot. Je songe. Je ferme
les yeux. J’écoute.

Je rouvre les yeux. Je lis un mot. Je me souviens. Je
songe. Je remonte en arrière. Je ferme les yeux. Quelle
heure est-il ? J’écoute. Le temps passe.

Je rouvre les yeux. Me lever. Je lis un mot. Je voudrais me lever.
Je me souviens. Je n’arrive pas à me lever.
Je songe. J’accumule peu à peu la volonté de me lever. Je
remonte en arrière. Encore un effort. Je ferme les yeux.
Pas trop d’effort ! Quelle heure est-il ? Je n’en peux plus.
J’écoute. Je soupire. Le temps passe. Je souffle.

Je rouvre les yeux. Attendez ! Me lever. Un instant.
Je lis un mot. Cette chaleur dans le dos. Je voudrais me
lever. Cette douleur dans les yeux. Je me souviens. Ce
frisson. Je n’arrive pas à me lever. Cette liquéfaction. Je
songe. Cet épaississement. J’accumule peu à peu la
volonté de me lever. Cet amincissement. Je remonte en
arrière. Je sombre. Encore un effort ! Je nage. Je ferme
les yeux. Je remonte. Pas trop d’effort ! Un peu de courage.
Quelle heure est-il ? Laissez-vous aller ! Je n’en
peux plus. Je ne peux pas encore. J’écoute. Laissez-moi
aller ! Je soupire. Laissez-moi me lever ! Le temps passe.
Le temps presse. Je souffle. J’ai réussi à me lever.

L’univers se retourne et s’aère dans nos lits défaits.

(Michel Butor)

 

Recueil: Collation précédé de HORS-D’OEUVRE scandés par les SOUVENIRS ILLUSOIRES D’UN JAPON TRES ANCIEN
Traduction:
Editions: Seghers

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Dimanche matin (Michel Butor)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2019




    
Dimanche matin

La neige au-dessus des mimosas, les paquets de
journaux près des flaques, la fontaine dans les bois où le
receveur des contributions nettoie sa voiture.

En bas les bâches bleues et rouges tendues sur les piles
de sacs de ciment et les taches de rouille ou de minium sur
les coques des cargos qui viennent de Limassol ou d’Odessa.

Plus loin quelques fleurs mauves dans les rochers
blancs, les nudistes parcourent le sentier des douaniers,
baisers dans les coins, chiens qui flairent, la mer lape les
galets et les retourne comme des pièces fausses.

Au large les yachts frétillent après une semaine de
somnolence, les mouettes virent à l’assaut, claquent un
peu et plongent vers les épluchures que les cuisiniers
laissent tomber dans leur sillage.

Puis l’heure sonne à travers le frisson des branches
et le tintement des câbles métalliques dans l’accalmie de
la circulation.

Soudain le nid du phénix s’enflamme dans les collines et les mots éperdus, comme lâchés après des mois
de claustration, se cherchent dans ma tête au galop.

Alors je ramasse au bord du chemin les fragments
d’un vieux prospectus vantant les mérites d’une voyante, et
m’appuie sur le dossier d’un banc pour écrire ceci au verso.

(Michel Butor)

 

Recueil: Collation précédé de HORS-D’OEUVRE scandés par les SOUVENIRS ILLUSOIRES D’UN JAPON TRES ANCIENS
Traduction:
Editions: Seghers

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Je le crie sur les toits (Bernard Friot)

Posted by arbrealettres sur 13 novembre 2019




    
je le crie sur les toits
je le hurle à la lune
je grimpe aux murs en y pensant
je saute en l’air en le disant
je t’aime je t’aime à la folie
j’en ai des frissons dans le dos
les cheveux qui se dressent sur la tête
les dents qui claquent les genoux qui tremblent
yeux exorbités doigts de pied électrisés
hou là là c’est excitant
exaltant étonnant époustouflant
vraiment
d’aimer

(Bernard Friot)

 

Recueil: Je t’aime, je t’aime, je t’aime… Poèmes pressés
Traduction:
Editions: Folio Junior

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CHOISIR (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2019



 

Igor Morski  2) [1280x768]

CHOISIR

Ouvre le livre. Accomplis-toi. Fragile
Avec ta force, exprimant l’arbre et l’ange,
Et te sachant à l’image d’un autre
Qui te créa d’un frisson de plaisir.

Pour tout credo je donne ici le temps
Que tu connus, traçant lettre après lettre,
Le mot rejoint se dérobant déjà
Pour que le croire et l’être se dédoublent.

Choisir. Elire. Un muscle ou le soleil,
Une pensée ou son lit de silence,
La passion, la chaîne ou la révolte.
O loterie où tourne l’existence.

(Robert Sabatier)

Illustration: Igor Morski

 

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L’ILE (Henri De Régnier)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2019



 

Hameau de la Reine Versailles [1280x768]

L’ILE

L’île basse, parmi les eaux, isole en elle,
Sous les pleurs du vieux saule et le frisson du tremble,
Le pavillon carré dont la tristesse semble
Enclore en son secret un silence fidèle.

Par les vitres, on voit, qui se décharne, l’aile
D’une harpe tendre ses cordes où il tremble
Un peu du frôlement des doigts qui l’ont ensemble
Fait vibrer doucement jadis, sonore et grêle.

Et le blanc pavillon de marbre et de cristal
S’est endormi, avec en lui l’accord final
Que le silence embaume en son ombre engourdie;

Et qui sait si le chant, par la fenêtre close,
N’en filtre pas encor pour charmer l’eau verdie,
Faire trembler le tremble et sangloter le saule?

(Henri De Régnier)

Illustration

 

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TU DAMNES PAR LES IMAGES (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2019



Illustration: Jean-Jacques Henner
    
TU DAMNES PAR LES IMAGES

Pourquoi les apparences passent-elles?

Si je te touche, belle, tu glaces d’horreur,
Tu montres l’idée nue et, plus cruelle,
Avant que rien m’ait détrompé,
Déjà tu m’as lié à d’autres peines.
Pourquoi crées-tu, pensée, en corrompant?

Pourquoi persévéré-je à t’écouter?

Quel éternel secret
Me hantera toujours en toi?

Je te traque, je te recherche,
Je regravis la pente, sans répit,
Et toujours, inlassable en la tempête
Ou désarmant les rocs,
Tu damnes par les images.

Silences frémissants, élans infinis,
Courses, brûlures jalouses, faux pas,
Rires, tourments, frissons, lèvres inquiètes,
Délirante clameur,
Abandon écumant,
Impérieuse gloire,
Solitude sans nombre,

Votre lumière, je le sais, n’est pas la vraie,

Mais vivrait-on sans tes métamorphoses,
Faute heureuse?

(Giuseppe Ungaretti)

 

Recueil: Vie d’un homme Poésie 1914-1970
Traduction:
Editions: Gallimard

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