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Poésie

Posts Tagged ‘frissonnante’

Qui me réchauffe, qui m’aime encore ? (Frédéric Nietzsche)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018



 

Gao Xingjian escanear

[…]

Qui me réchauffe, qui m’aime encore ?
Donnez des mains chaudes !
donnez des coeurs-réchauds !
Etendue, frissonnante,
Pareille au moribond à qui l’on chauffe les pieds,
secouée, hélas ! de fièvres inconnues,
Tremblante devant les glaçons aigus des frimas,
chassée par toi, pensée !
Innommable ! Voilée ! Effrayante !
chasseur derrière les nuages !
Foudroyée par toi,
œil moqueur qui me regarde dans l’obscurité !
Ainsi je suis couchée,
je me courbe et je me tords, tourmentée
par tous les martyrs éternels,
frappée
par toi, chasseur le plus cruel,
toi, le dieu — inconnu…

[…]

(Frédéric Nietzsche)

Illustration: Gao Xingjian

 

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J’ai aimé comme tout le monde (Boris Pasternak)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2017



J’ai aimé comme tout le monde

J’ai aimé, comme tout le monde. Peut-être est-elle
Encore vivante. Le temps passera jusqu’au jour .
– Ce n’est sans doute pas demain, mais un jour bien plus tard –
Où quelque chose d’aussi grand que l’automne
S’allumera sur la vie comme un ciel que rougit l’incendie
Et qu’attendrit le sous-bois. Sur la sottise des flaques,
Crapauds alanguis par la soif,
Sur les clairières frissonnantes
Comme un lièvre, et qui sont jusqu’aux oreilles
Cousues à la natte des feuilles d’antan,
Sur le bruit qui ressemble au faux ressac du passé …
J’ai aimé comme tout le monde
Et je sais que, depuis toujours,
Les prés mouillés sont mis au pied de l’année.
Au chevet de nos cœurs l’amour dépose
La frissonnante nouveauté des mondes.

(Boris Pasternak)

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Aube (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2017



Aube

Une robe vole, de branche en branche, vers l’étang,
surprise, terrassée, exhale un jeune corps
sur le parfum des eaux.

Chair frissonnante, tendre éclair
d’une vitre qui bouge à l’aube
après la nuit des fauves moites,

le corps qui cherche une autre nuit
où se défaire de ces cris
trouve l’inquiétude de l’eau.

Et la robe-mouette immobile
dans sa brusque candeur brisée
s’est couverte de mouches noires.

(Jean Joubert)

Illustration: John Everett Millais

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BIEN ME PLAISENT… (Max Rouquette)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2016


 

BIEN ME PLAISENT…

Bien me plaisent les blanches fleurs
nées avant les jours du printemps
frissonnantes au vent glacé
venu des blanches cimes.

Bien me plaisent aux jardins chauds
aux jours d’été la rose lourde
un peu penchée sous son parfum
et le lys pareil au jour qui lève.

De neige, d’aube, de sang et d’or,
au fil de l’an que de fleurs nées !
Mais au jardin secret du coeur
éternel est l’été.

La fleur d’amour qu’y est éclose
toujours embaume la ramée,
et le désir y fait aubade
comme un oiseau de Paradis.

***

PLAN M’AGRADAN

Plan m’agradan las blancas flors
nascudas abans temps de prima;
tremolantas au vent gelós,
bufa de blanca cima.

Plan m’agrada dins los orts cauds
a temps d’estiu la rosa greva,
jos son perfum clinada un pauc
e l’èli aitau lo Jorn que leva.

De neu, dauba, de sang e d’or
au fiu de l’an quant de flors nadas !
mas en l’ort secret de mon cor
eterna es l’estivada.

La flor d’amor que i espelis
sempre n’embauma la ramada
e lo desir i fai aubada
coma un auceu de Paradis.

(Max Rouquette)

 

 

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