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Au fond des vergers d’or… (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2017



Illustration: Camille Pissarro
    
Au fond des vergers d’or…

Au fond des vergers d’or que l’automne délaisse,
Sur les murgers verdis et parmi les bois d’une
Séraphique douceur, comme nimbés de lune,
La brume a répandu sa traînante caresse.

Emplissant les halliers de bleus frissonnements,
Le vent passe courbant les fougères roussies;
Tendrement exalté, de ses baisers d’amant
Il effleure les bois, jouit et s’extasie.

Tout cherche encor l’amour, languit, implore, espère;
Je sens à travers l’air qui suinte, et se devine,
Reflets errants du ciel, haleine de la terre,
La même obscure ardeur qui brûle en ma poitrine.

Le ciel passionné comme un coeur agonise;
Et, mêlant leurs accords en des rythmes fervents,
Mélodieusement confondus s’harmonisent
Les sanglots du désir et les plaintes du vent.

(Marie Dauguet)

 

 

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APRÈS (André de Fouquières)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2017



Illustration: Oleg Zhivetin

    

APRÈS

Méchante, tu le veux, c’est toi
Qui brise ton bonheur si frêle
Hélas ! Le mien aussi. Pourquoi
Faut-il que mon cœur las t’appelle ?

J’ai vécu l’ébauche d’un rêve
Sans voir le dénouement venir,
Et mon existence s’achève
Dans les relents du souvenir.

Comme toi, l’oiseau qui s’endort
Dans les plis d’un feuillage d’or
Repart au matin, infidèle.

Reste un duvet qui fut son lit
Comme mon cœur, l’arbre s’emplit,
Du frissonnement d’un bout d’aile !

(André de Fouquières)

 

Recueil: Anthologie universelle des baisers (III France)
Editions: H. Daragon

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Mozart (Pierre Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2016



Mozart

A Toi quand j’écoutais ton arc—en-ciel d’été:
Le bonheur y commence à mi-hauteur des airs
Les glaives du chagrin
Sont recouverts par mille effusions de nuages et d’oiseaux,

Une ancolie dans la prairie pour plaire au jour
A été oubliée par la faux,
Nostalgie délivrée tendresse si amère
Connaissez-vous Salzburg à six heures l’été
Frissonnement plaisir le soleil est couché est bu par un nuage.

Frissonnement — à Salzburg en été
O divine gaîté tu vas mourir captive ô jeunesse inventée
Mais un seul jour encore entoure ces vraies collines,
Il a plu, fin d’orage. O divine gaîté
Apaise ces gens aux yeux fermés dans toutes les salles de concerts du monde.

(Pierre Jean Jouve)


Illustration: Jean-Baptiste Greuze

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Heure d’automne (Albert Lozeau)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2016



Heure d’automne

Interminablement, en file monotone,
Passent par le ciel froid les nuages d’automne.
Dans les branches le vent souffle plaintivement,
Et les arbres sont pris d’un long frissonnement.
Aux rameaux presque nus les feuilles se détachent,
Les feuilles, où l’été, les doux oiseaux se cachent,
Qui font des palais verts et frais à leurs amours, –
Les belles feuilles d’or s’envolent tour à tour…
Tristesse de ce gris dont s’emplit tout l’espace !
Comme ce lourd nuage, une heure lente passe,
Une heure qui se traîne et dont le cœur est las,
Sombre, dolente et morne, et qui ne finit pas…

(Albert Lozeau)

 Illustration: Claude David

 

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