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Poésie

Posts Tagged ‘frôler’

Un genou sur le sol (Stéphane Bataillon)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2019




    
Un genou sur le sol
frôler l’herbe nouvelle

Au rayon de soleil
se relever sans bruit

Écouter ce silence
s’échappant des forêts.

(Stéphane Bataillon)

 

Recueil: Où nos ombres s’épousent Vivre l’absence
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Tu lèves les yeux (Richard Rognet)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019




    
Tu lèves les yeux
sur un dernier
dahlia, frileux,

contre la murette,
tu t’approches
de lui, tu frôles
ses pétales, tu

voudrais que pour
toi, il refasse
le ciel et demande
à la terre de préparer

l’éveil des prochaines
ferveurs. Sois
le refrain qu’il
laisse entre les
couplets de l’existence,

sois ce qu’il fut
avant de s’éteindre.

(Richard Rognet)

 

Recueil: Un peu d’ombre sera la réponse
Traduction:
Editions: Gallimard

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Un pétale qui tombe (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2019




    
Un pétale qui tombe
frôle ma pensée.
Mes pensées, en tombant,
frôleront-elles aussi un pétale ?

Pétales et pensées
devraient tomber ensemble
comme s’ils faisaient partie
de la même fleur.

Ou comme si un jour ils en feraient.

***

Un pétalo al caer
roza mi pensamiento.
Mis pensamientos, al caer,
¿rozarán también un pétalo?

Pétalos y pensamientos
deberían caer juntos,
como si hubieran sido parte
de la misma flor.

O como si alguna vez fueran a serlo.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Haute voltige (Guillaume Siaudeau)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2019




    
Haute voltige

Frôler l’ennui
sans toucher
au courage

(Guillaume Siaudeau)

 

Recueil: Inauguration de l’ennui
Traduction:
Editions: Alma

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Nous sommes d’une source (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2019



Illustration
    
Nous sommes d’une source
Qu’aucune pluie n’abreuve
Mais qui ne tarit pas

Nous sommes d’un matin
Arraché à la nuit
Par un autre soleil

Nous sommes d’une origine
Sans étoiles certaines

Nous sommes d’un amour
Aussi vaste que le vent
Aussi nu qu’un désert

Nous sommes d’une communion
Dont nous sommes le centre
Et le cercle infini

Nous sommes d’une symphonie
L’instrument et l’archet
Et la main qui relève

Nous sommes d’un silence
Que nul chant nul feuillage
Ne sauraient contenter

Nous sommes d’un chemin
Sans bornes et sans tracé
Que visite l’Ouvert

Nous sommes d’une foi
Sans rives et sans frontière
Aux doutes traversés

Nous sommes d’une forêt
Dont nous sommes l’aubier
La racine et la cime

Nous sommes d’une mélodie
Que chaque chant d’oiseau
Consent à imiter

Nous sommes des moissons
Le couvert et le pain
La table partagée

Nous sommes de ce pays
Qui nous change à mesure
Où l’on n’arrive jamais

Nous sommes de cette voix
Qui murmure notre nom
Dans le souffle d’un été

Nous sommes de ce printemps
Dont les branches nous frôlent
Sans jamais nous toucher

Nous sommes d’une blessure
Dont le feu couve en nous
Élargit nos foyers

Nous sommes d’une parole
Non encore entendue
Toujours à écouter

Nous sommes pour chacun
L’eau du puits et le seau
La margelle où puiser

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Nous sommes d’une source
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres

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LA BOÎTE À COLORIER (Gilles Vigneault)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2019



 

boîte à colorier

LA BOÎTE À COLORIER

Je dessine une maison
Aussi jaune que le jaune
Sur une page d’herbe
Aussi verte que le vert
Je change d’oeil et de plume
Une fenêtre s’allume
C’est le soir dehors aussi
L’herbe s’est un peu noircie
Changé de main et de craie
Je suis derrière la haie
Tu viens d’entrouvrir la porte
Qui dessine de la sorte ?
Mais personne ne répond
Tu trouves que l’air est bon
Tu fais trois pas et tu frôles
La haie avec ton épaule
Je me meurs au bord des mots
Qui feraient tout disparaître
L’herbe l’air et la fenêtre
Et ce silence trop beau

Mais parmi les yeux du ciel
Ceux de l’herbe et de la haie
Tu viens de trouver mes yeux
La maison déjà vacille
Dans son petit matin jaune
Et le soleil éparpille
Dans son or l’herbe et la craie
C’est la lampe qui me pille
Les beaux mots que je mettrais
A parler de mille choses
Tout en gardant le secret
Du ciel vert et de l’herbe rose
Et de trois pas dans le soir
Que je pose sans rien voir
Au bord des mots et des choses

(Gilles Vigneault)

 

 

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CORPS ET STATUE (Georges Themelis)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2019



 

Édouard Joseph Dantan Une-restauration-1891-Edouard-Joseph-Dantan

CORPS ET STATUE

Dénudant le corps et la statue
De son ombre épaisse, de sa réverbération,
De son vêtement terrien, de son enveloppe trompeuse,
Cherchant la chair et le fruit,

La plaie la plus profonde á la racine de la plaie.

Des doigts sont parvenus jusqu’au coeur,
Jusqu’au feu secret de la pierre,

Ma privation fut comme une lame.

Mon amour tel un massacre caché.

Mon rêve un grenier immense.

J’ai frôlé, aimé, creusé,
J’ai récolté du chagrin et me suis rempli de bruit.

(Georges Themelis)

Illustration: Édouard Joseph Dantan

 

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La vénus mathématique (Guy Béart)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2019



venus

La vénus mathématique

Dans un journal à fascicules
J´ai lu en lettres majuscules
Qu´on ne peut vivre sans calcul
En ce siècle où les automates
Sont les grands rivaux des primates
Qu´on ne peut plus vivre sans maths

Comme d´ailleurs depuis toujours
Quel que soit l´homme et ses recours
On ne peut vivre sans amour

Moi qui tiens fermement à vivre
Et qui suis lucide autant qu´ivre
J´ai uni le lit et le livre

J´ai rencontré au point critique
La femme la plus érotique
Une Vénus mathématique
Vive la nouvelle Vénus mathématique!

Au bal de l´Hôtel Terminus
Je vis soudain cette Vénus
Qui embrasa mes cosinus

C´était la folle nuit du rythme
Au bras d´un jeune sybarite
Elle exhibait ses logarithmes

C´était pour moi un jour de bol
La voilà qui me carambole
D´un grand sourire en hyperbole

C´était la grande nuit du rut
Le temps de pousser un contre-ut
Je l´attaquai comme une brute

Grâce à son triangle et son pis
Aussi rond que le nombre Pi
Elle augmenta mon entropie
Vive la nouvelle Vénus mathématique!

Et moi, très vite, j´adorai
Cette enfant qui suivait de près
De toute science les progrès

Les manuels, les opuscules
Les courbes, les tests, les calculs
Lui tenaient lieu de crépuscules

Au saint nom des mathématiques
Elle appliqua ses statistiques
À nos étreintes frénétiques

Au diable les gens qui attifent
Leur passion de préservatifs
Ou de retraits intempestifs

Bientôt, nous réglâmes tous nos
Exercices abdominaux
Selon la méthode Ogino
Vive la nouvelle Vénus mathématique

Et la Vénus aux équations
Me fit goûter des sensations
D´une nouvelle dimension

Les entités humanoïdes
Aux formes hyperboloïdes
Charment les spermatozoïdes

Dans mon vieux grenier en spirale
Chaque soir, quel concert de râles
Quand je frôlais son intégrale

Elle avait uni sans histoire
La mécanique ondulatoire
Et les positions giratoires

Mes caresses venaient en troupe
Selon la théorie des groupes
Pour réunir jambes et croupes
Vive la nouvelle Vénus mathématique

Hélas, un jour, un jour funeste
Elle me fit passer un test
Qui lui démontra sans conteste
En comparant des numéros
Que j´étais un pauvre zéro
Elle prit la tangente au trot

Avec ses courbes inconnues
Dans l´espace discontinu
Elle s´en alla toute nue
Vive la nouvelle Vénus mathématique!

(Guy Béart)

 

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Combien obscurs les Hommes, les Pléiades (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2018



Combien obscurs les Hommes, les Pléiades,
Avant qu’un ciel soudain
Révèle qu’à jamais l’Un d’eux
Est soustrait à la vue —

Membres de l’Invisible, ils existent,
Sous nos yeux écarquillés,
Dans l’Immensité du Possible,
Insaisissables, comme l’Air —

Pourquoi ne pas Les avoir retenus?
Les Cieux en souriant,
Frôlent nos Têtes désappointées,
Sans une syllabe —

***

How noteless Men, and Pleiads, stand
Until a sudden sky
Reveals the fact that One is rapt
Forever from the eye —

Members of the Invisible,
Existing; while we stare,
In Leagueless Opportunity,
O’ertakeless, as the Air —

Why did’nt we detain Them?
The Heavens with a smile,
Sweep by our disappointed Heads,
Without a syllabe —

(Emily Dickinson)


Illustration: William Blake

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Chant d’amour (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2018



Illustration: Lucie Llong
    
Chant d’amour

Comment tenir mon âme
afin qu’elle ne frôle pas la tienne ?
Comment la porter par-dessus toi
vers d’autres choses ?

J’aimerais la cacher
près d’un objet perdu dans le noir,
en un lieu étrange et calme,
qui ne résonne pas quand
tes profondeurs tressaillent.

Et cependant tout ce qui nous touche
nous fond l’un dans l’autre comme l’archet
qui de deux cordes tire un son unique :
sur quel instrument sommes-nous couchés
et quelle est la main qui nous tient ?
Ô douce chanson.

(Rainer Maria Rilke)

 

Recueil: Oeuvres 2 Poésie
Traduction: Jacques Legrand, Lorand Gaspar, Philippe Jaccottet, Armel Guerne, Maurice Betz
Editions: Seuil

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