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Posts Tagged ‘froment’

Tu es belle, ma mère (René Char)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018



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Tu es belle, ma mère,
Comme un pain de froment.
Et, dans tes yeux d’enfant,
Le monde tient à l’aise.

Ta chanson est pareille
Au bouleau argenté
Que le matin couronne
D’un murmure d’abeilles.

Tu sens bon la lavande,
La cannelle et le lait ;
Ton cœur candide et frais
Parfume la maison.

Et l’automne est si doux
Autour de tes cheveux
Que les derniers coucous
Viennent te dire adieu.

(René Char)

 Illustration

 

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LE PAIN (Armand Bernier)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2018



LE PAIN

Je n’ose
pas chanter le pain,
Le clair
et beau pain de froment.
Il n’est
pas de mots assez francs,
Il n’est
pas de mots assez sains.
Je n’ose
pas chanter le pain,
Le pain du corps, le pain de l’âme,
Le pain
toujours miraculeux,
Qu’il faut manger, les yeux en larmes,
En bénissant la Terre et Dieu.

(Armand Bernier)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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Moisson (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



Moisson

Ils sont grands, ils sont forts, ils fauchent le froment,
Et cueillant des épis les suit plus d’une femme.
Sur la pointe des faux, le soleil met sa flamme,
Les fronts polis, cuivrés, s’empourprent lentement.
Hommage, espoir, les blés à leurs pieds ondulant
Se couchent alanguis au rythme de la lame
Tel l’enfant croulant sur sa mère qu’il réclame,
Et la soif supplicie le pauvre chien suant.

Sous la fraîcheur d’un arbre un garçon vient saisir
Sa large gourde. Il boit. Il s’humecte à plaisir.
Puis regagnant le champ se remet à l’ouvrage.

Le soleil furieux a redoublé d’ardeur
Mais les gerbes ont crû parmi les gens en nage
Et la vie a gagné et triomphe en vainqueur.

(Attila Jozsef)


Illustration: Léon-Augustin L\’Hermitte

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Ni la couleur des terribles dunes d’Iquique … (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2018



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Ni la couleur des terribles dunes d’Iquique,
ni la baie du Fleuve Doux du Guatemala,
n’ont changé ton profil arraché au froment,
ton style de muscat, ta bouche de guitare.
Mon coeur, ma mienne à partir de tout le silence,
depuis les hauts sommets patrie du liseron
jusqu’aux plaines de platine et de solitude,
en toute patrie pure t’a répétée la terre.
Et la main de métal et farouche des monts,
la neige du Tibet, la pierre polonaise,
rien n’a troublé ta forme de grain voyageur,
comme si argile ou blé, guitares ou grappes
tout Chillan défendait en toi son territoire
imposant le pouvoir de la lune sylvestre.

***

Ni el color de las dunas terribles en Iquique,
ni el estuario del Río Dulce de Guatemala,
cambiaron tu perfil conquistado en el trigo,
tu estilo de uva grande, tu boca de guitarra.
Oh corazón, oh mía desde todo el silencio,
desde las cumbres donde reinó la enredadera
hasta las desoladas planicies del platino,
en toda patria pura te repitió la tierra.
Pero ni huraña mano de montes minerales,
ni nieve tibetana, ni piedra de Polonia,
nada alteró tu forma de cereal viajero,
como si greda o trigo, guitarras o racimos
de Chillan defendieran en ti su territorio
imponiendo el mandato de la luna silvestre.

(Pablo Neruda)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

 

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La maison d’Hélène (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2017




    

La maison d’Hélène

II a suffi du liseron du lierre
Pour que soit la maison d’Hélène sur la terre
Les blés montent plus haut dans la glaise du toit
Un arbre vient brouter les vitres et l’on voit
Des agneaux étendus calmement sur les marches
Comme s’ils attendaient l’ouverture de l’arche
Une lampe éparpille au loin son mimosa

Très tard les grands chemins passent sous la fenêtre
II y a tant d’amis qu’on ne sait plus où mettre
Le pain frais le soleil et les bouquets de fleurs
Le sang comme un pic-vert frappe longtemps les cœurs
Ramiers faites parler la maison buissonnière
Enneigez ses rameaux froments de la lumière
Que l’amour soit donné aux bêtes qui ont froid
À ceux qui n’ont connu que la douceur des pierres

Sous la porte d’entrée s’engouffre le bon vent
On entend gazouiller les fleurs du paravent
Le cœur de la forêt qui roule sous la table
Et l’horloge qui bat comme une main d’enfant

Je vivrai là parmi les roses du village
Avec les chiens bergers pareils à mon visage
Avec tous les sarments rejetés sur mon front
Et la belle écolière au pied du paysage.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Comme un oiseau dans la tête
Traduction:
Editions: Points

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Le renard (Raoul Schrott)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2017



le renard est un éclat de braise
que la brise souffle au-delà du froment
dans l’automne

***

der fuchs ist ein stück glut
das der wind über den
weizen in den herbst bläst

(Raoul Schrott)


Illustration

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L’amour ressemble un champ (Marguerite de France)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2017



    
L’amour ressemble un champ, le laboureur l’amant;
L’un et l’autre présume, à la fin de l’année,
Selon qu’elle sera mauvaise ou fortunée,
Moissonner le chardon, la paille ou le froment.

La paille est la douceur d’un vain contentement,
Mais le vent la dérobe aussitôt qu’elle est née;
Le chardon la rigueur d’une Dame obstinée;
Et la grâce est le grain qu’on recueille en l’aimant.

L’amant ne peut gagner, pour service qu’il fasse,
Un point d’honneur plus haut qu’être en la bonne grâce
D’une Dame accomplie, objet de sa langueur.

La grâce vient du coeur, et toute autre espérance
S’éloigne du devoir d’honnête récompense.
Que désire-t-on plus en amour que le coeur?

(Marguerite de France)

 

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Belle (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2015



Belle

Belle,
pareil à l’eau qui sur la pierre fraîche
de la source
ouvre son grand éclair d’écume,
est ton sourire,
belle.

Belle,
aux fines mains, aux pieds déliés
comme un petit cheval d’argent,
fleur du monde, marchant,
je te vois moi,
belle.

Belle,
avec un nid de cuivre enchevêtré
dans la tête, un nid
d’une brune couleur de miel
où mon coeur brûle et se repose,
belle.

Belle,
aux yeux trop grands pour ton visage,
aux yeux trop grands pour la planète.
I1 y a des pays, des fleuves
dans tes yeux,
ma patrie se tient dans tes yeux,
je vagabonde à travers eux,
ils donnent sa clarté au monde
partout où s’avancent mes pas,
belle.

Belle,
tes seins sont pareils à deux pains
– terre froment et lune d’or -,
belle.

Belle,
ta taille
mon bras l’a faite comme un fleuve
mille années parcourant la douceur de ta chair,
belle.

Belle,
rien n’a le charme de tes hanches,
la terre en quelque lieu caché
a peut-être, elle,
la courbe de ton corps et son parfum,
en quelque lieu peut-être,
belle.

Belle, ma belle,
ta voix, ta peau, tes ongles,
belle, ma belle,
ton être, ta clarté, ton ombre,
belle,
tout cela est mien, belle,
tout cela, mienne, m’appartient,
lorsque tu marches ou te reposes,
lorsque tu chantes ou que tu dors,
lorsque tu souffres ou que tu rêves,
toujours,
lorsque tu es proche ou lointaine,
toujours,
ma belle, tu es mienne,
toujours.

(Pablo Neruda)

Illustration: Alexandre-Auguste Hirsch

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Mais je n’écoute que ta voix et elle monte (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2015



Mais je n’écoute que ta voix et elle monte,
ta voix, de son vol aussi précis que la flèche,
elle descend, ta voix, grave comme la pluie ;
alors éparpillant de très hautes épées,
elle revient, ta voix et chargée de violettes
elle monte avec moi à la fin dans le ciel.
Tu chantes et au soleil, dans le ciel de ton chant,
tout le froment du jour s’égrène dans ta voix.
La parole des pins naît de leur langue verte :
les oiseaux de l’hiver ont commencé leurs trilles.
Les caves de la mer se remplissent de pas,
et de cloches, de chaînes et de gémissements,
et tinte la ferraille et tintent les chaudrons,
au bruit retentissant des roues des caravanes.

***

Pero sólo tu voz escucho y sube
tu voz con vuelo y precisión de flecha,
baja tu voz con gravedad de lluvia,
tu voz esparce altísimas espadas,
vuelve tu voz cargada de violetas
y luego me acompaña por el cielo.
Cantas y a sol y a cielo con tu canto
tu voz desgrana el cereal del día,
hablan los pinos con su lengua verde :
trinan todas las aves del invierno.
El mar llena sus sótanos de pasos,
de campanas, cadenas y gemidos,
tintinean metales y utensilios,
suenan las ruedas de la caravana.

(Pablo Neruda)

 

 

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L’éclat qui de tes pieds monte à ta chevelure (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2015



L’éclat qui de tes pieds monte à ta chevelure,
turgescence entourant ta forme délicate,
n’est pas nacre de mer, n’est jamais argent froid :
tu es faite de pain, pain aimé par le feu.

Avec toi la farine éleva son grenier,
poussa, développée par la chance du temps,
et tandis que doublait le froment de tes seins
le charbon de l’amour travaillait dans la terre.

Oh le pain de ton front, de tes jambes, ta bouche,
dévoré, renaissant avec l’éclat du jour,
ma bien-aimée, bannière des boulangeries,

c’est le feu qui te donna la leçon de sang,
être sacrée, la farine te l’enseigna,
et tu reçus du pain le langage et l’arôme.

***

La luz que de tus pies sube a tu cabellera,
la turgencia que envuelve tu forma delicada,
no es de nácar marino, nunca de plata fría :
eres de pan, de pan amado por el fuego.

La harina levantó su granero contigo
y creció incrementada por la edad venturosa,
cuando los cereales duplicaron tu pecho
mi amor era el carbón trabajando en la tierra.

Oh, pan tu frente, pan tus piernas, pan tu boca,
pan que devoro y nace con luz cada mañana,
bienamada, bandera de las panaderías,

una lección de sangre te dio el fuego,
de la harina aprendiste a ser sagrada,
y del pan el idioma y el aroma.

(Pablo Neruda)

Illustration: Sonia Dziabas

 

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