Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘fronde’

POURQUOI? (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2019




    
POURQUOI?

Il a besoin de réconfort
mon coeur sombre éparpillé

Dans les failles fangeuses des pierres
comme une herbe de ce pays
il veut trembler à la lumière doucement

Mais je ne suis
dans la fronde du temps
que l’écaille des pierres taraudées
sur la route improvisée
de la guerre

Depuis le jour
où il a regardé la face
immortelle du monde
tombant dans le labyrinthe
de son cœur soucieux
ce fou a voulu savoir

Il s’est aplati
comme un rail
ce coeur à l’écoute
mais il s’est découvert à suivre
comme un sillage
une navigation disparue

Je regarde l’horizon
qui se variole de cratères
Mon coeur veut s’illuminer
comme cette nuit
au moins de fusées

Je soutiens mon coeur
qui s’encave
et ébranle et gronde
comme un projectile
dans la plaine
mais qui ne me laisse
pas même un signe d’envol

Mon pauvre coeur
ahuri
de ne pas savoir

(Giuseppe Ungaretti)

 

Recueil: Vie d’un homme Poésie 1914-1970
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

DIVIDENDES DU SILENCE (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2018



Illustration: Allison Soong   
    
DIVIDENDES DU SILENCE

Que peut écouter une oreille
quand elle s’appuie sur une autre?

L’absence de la parole
est un long signe moins
qui se dessaisit de son chiffre.

La couleur est une autre façon
de rassembler le silence.

La forme est un espace distinct
qui fait pression sur l’autre espace
comme le ferait une écorce.

Un oiseau recule
devant un soleil carré, noir
et s’arrête à l’envers sur le fil métallique
où se tait une pensée.
Et la pensée recule à son tour devant l’oiseau
comme l’élastique d’une fronde
qui lance des projectiles de silence.

Un poisson affolé
éparpille le coeur de l’eau
au centre de l’Homme
pour y ouvrir l’espace
où peut nager
le silence du poisson,
son acrobatie d’absence.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Poésie et Réalité
Traduction: Jean-Claude Masson
Editions: Lettres Vives

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Quand tu danses avec mon ombre (Luis Mizón)

Posted by arbrealettres sur 28 octobre 2017



 

Quand tu danses avec mon ombre
je suis un colosse étourdi
qui bientôt s’écroulera dans son ivresse

quand je plonge mon visage en toi
je suis un esclave aveugle
qui monte
une flûte à la main
sur les marches de la pyramide du soleil
ou de la lune

quand je pince les cordes de ma harpe
je suis nu et désarmé
devant les couleurs de l’horizon

ma fronde repose à côté de mon lit

(Luis Mizón)

Illustration: Edmond François Aman-Jean

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Le désert d’un dimanche (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2017



Le désert d’un dimanche
Des sentiers vagabonds
aux ombres enlacées

Sous un vent paresseux
la fronde des buissons
l’envol d’un oiseau
au bleu de ses ailes

Juillet tout autour

(Georges Bonnet)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je m’évade (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 7 février 2017



 

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Je m’évade
Sous les coquilles rompues du soir
Avec mon sac d’étoiles dans ma poche,
Ma fronde à tuer les heures
Et mon sifflet de merisier,
En échange de quelques larmes
De quelques morsures sous le sein
— Que je comptai à ma jeunesse —
Une nuit vierge de sang.
Tout est là dans cette tendresse de feuilles

(René Guy Cadou)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Il a besoin de réconfort mon coeur sombre éparpillé (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2016



 

Il a besoin de réconfort
mon coeur sombre éparpillé

Dans les failles fangeuses des pierres
comme une herbe de ce pays
il veut trembler à la lumière doucement

Mais je ne suis
dans la fronde du temps
que l’écaille des pierres taraudées
sur la route improvisée
de la guerre

Depuis le jour
où il a regardé la face
immortelle du monde
tombant dans le labyrinthe
de son coeur soucieux
ce fou a voulu savoir

Il s’est aplati
comme un rail
ce coeur à l’écoute
mais il s’est découvert à suivre
comme un sillage
une navigation disparue

(Giuseppe Ungaretti)

Illustration: Jaime Zollars

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :