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Posts Tagged ‘frontière’

LES LIMITES DE L’AMOUR (Max-Pol Fouchet)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2022



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LES LIMITES DE L’AMOUR

Il suffit d’un baiser
Pour apprendre l’amour
Et d’un oeil abaissé
Pour connaître la nuit

Il suffit d’un mort
Pour savoir en secret
Les machines de l’oubli
Les pièges du souvenir

Et de sable mouillé
Pour à jamais découvrir
Les industries de la mer
A effacer les pas.

Longuement j’écoute
En toi respirer mon amour
Tu as en toi mon amour
J’ai ton amour en moi

Le plus clair de mon sang
Depuis longtemps passe en toi
Et voici que ton sang
En mes veines afflue

Je te prolonge tu me limites
Ta frontière est en moi
Ta vie se fait de la mienne
Serais-je si tu n’étais pas ?

La buée de nos haleines
C’est au froid du ciel
La preuve de nos sangs mêlés
De nos vies l’une par l’autre

Comme un halo de la lune
Mon souffle entoure le tien
Et sans la rosée de tes lèvres
Je serais sable dans le vent

Quand cessera mon coeur
Le tien cessera de battre
Il faut
bien que tu saches
Que j’emporterai ton coeur

(Max-Pol Fouchet)

Illustration: Adrian Borda

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La terre non interdite (Abû-l-‘Abbas al-Magribî)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2022




La terre non interdite

Verse-moi du vin, jeune homme,
jusqu’à la joie extrême
que l’aube nous prépare.

Et que le scorpion pique!

Le sommeil est la frontière
et sa porte
la terre non interdite.

(Abû-l-‘Abbas al-Magribî)

Illustration

 

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Ce que je suis…(Carl Norac)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2022




    
Ce que je suis
D’où je viens ?
Du coeur.
Mon pays?
Le bord des mots.
Quelle est ma langue ?
Le souffle.
Ma frontière ?
La respiration.
Mon avenir ?
Toi ou rien.
Je fuis la guerre,
la dictature,
la misère, les blessures
et je ne dis jamais : Chut !
Non, je ne me tais pas.
Qui je suis,
moi qui vis près de toi ?
La poésie.

(Carl Norac)

Recueil: Pff! ça sert à quoi la poésie ?!
Traduction:
Editions: Rue du Monde

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Enfance (Anna Gréki)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2022




    
Enfance

Colère devant l’enfant sans pain
ni mère qui mange de la terre
dessine des hélicoptères reste
debout dans son sommeil

Colère devant l’enfant au ventre outré
araignée de la misère
qui joue avec la terre
sous un soleil touriste

Colère devant l’enfant courant devant la guerre
jusqu’aux frontières
depuis sept ans sans s’arrêter
s’il ne se couche dans la terre

Colère devant la terre entière
la terre qui est le pain qui
est la joie
la maison et la mort

(Anna Gréki)

Recueil: Guerre à la guerre
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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En mission à la frontière (Wang Wei)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2022



Illustration: Tachibana Morikuni
    
En mission à la frontière

Char solitaire sur les routes frontalières
Long-jour passé, voici les pays soumis
Herbe errante hors des murailles des Han
Oie sauvage égarée dans le ciel barbare

Vaste désert où s’élève, droite, une fumée
Long fleuve où se pose le disque du couchant
A la passe Désolée enfin une patrouille
Le quartier général? Au mont Hirondelles !

(Wang Wei)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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Où s’arrête réellement ce que nous appelons « nous-mêmes » (Cyril Dion)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2022



    

Où s’arrête réellement ce que nous appelons « nous-mêmes »
et où commence ce que nous appelons « autre » ?

La danse des atomes et des particules n’établit pas ce type de limites.
Quelle certitude alors nous permet d’affirmer que nous ne sommes pas arbre ?

Pas fleur.
Pas chien.

Quel élément fédérateur nous donne ce sentiment d’unité autonome
et quelle est cette frontière qui prétend nous circonscrire ?

(Cyril Dion)

Recueil: A l’orée du danger
Traduction:
Editions: Actes Sud

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FUSION (Léo Schmidl)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2022



Illustration: Christophe Merlot
    
FUSION

Tu dispensas richesses sans mesure,
J’ai bu, ardent, la source tout entière,
Je te voyais, aveuglante lumière,
Tout l’univers sombrait dans l’aventure,

Jusqu’à ne plus sentir que la hantise
De cette ivresse, chute d’eau, prodigue
Roulant sur moi, rompant toutes les digues,
Lorsqu’abîmé en toi, je t’avais prise …

Entre le toi, le moi, plus de barrière …
Où s’étendaient l’une et l’autre frontière ?
Ton coeur au fond du mien battait sonore,

Les mots d’amour que tu soufflais encore
Rendaient en écho mon ravissement,
Et j’étais, moi, dans ton gémissement.

(Léo Schmidl)

Recueil: 35 siècles de poésie amoureuse
Traduction: Catherine Kany
Editions: Saint-Germain-des-Prés Le Cherche-Midi

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POUR UNE FEMME VIVE (Pierre Gamarra)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2022



Illustration: Freydoon Rassouli  
    
POUR UNE FEMME VIVE

Je ne saurai jamais quand tu m’as dit : je t’aime
je ne saurai jamais quand tu m’as dit : adieu
Si le fleuve et la mer effaçaient les poèmes,
mes mots seraient vaisseaux sur les lacs de tes yeux.

Je ne saurai jamais où commença la neige, où
revient le soleil pour les roses de mai, où ta voix
dit : je sais, quand je disais : que sais-je ? où
commença mon coeur, je ne saurai jamais.

Tu ne m’as rien donné, tu m’as donné le monde.
Lorsque tu me quittas, tu m’attendais toujours. Si
mon ciel était mort, j’aurais ta flamme blonde, et
si je revivais, je me mourrais d’amour.

Salut à toi, femme de l’aube, ma corolle,
princesse d’un hiver promise à l’églantier,
salut à toi, ma paix, mon pain, ma parabole,
salut mon indomptable et salut ma pitié.

Je te porte la palme et la farine pure,
je te livre l’orgueil avec l’humilité
Quand ces chants passeront, il restera l’été,
quand mon coeur se taira, je revivrai blessure.

Je te chante ce soir devant le monde lourd,
aux frontières d’un ciel labouré de promesses.
Je sais que je mourrai pour revivre sans cesse
et quand je revivrai, je me mourrai d’amour.

(Pierre Gamarra)

Recueil: 35 siècles de poésie amoureuse
Traduction:
Editions: Saint-Germain-des-Prés Le Cherche-Midi

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Quand j’ai fui Kyoto (No-Iné)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2022




    
Quand j’ai fui Kyoto,
Du printemps la douce haleine
Caressait la plaine;
Mais, à la frontière à peine,
L’hiver souffle en mon manteau.

(No-Iné)

Recueil: Poëmes de la libellule
Traduction: Judith Gautier
Editions: Beaux-Arts de Paris

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LA GUERRE LA CHANSON DE L’OURAGAN (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2022




    
LA GUERRE
LA CHANSON DE L’OURAGAN
L’empereur Kao-Ty

L’ouragan furieux, court par le ciel,
et pourchasse les nuages, qui roulent et s’enfuient.
C’est ainsi que ma puissance, a culbuté les ennemis et les a dispersés…

De tous les horizons, ils ont disparu,
maintenant, et je peux rentrer dans mon empire.

Mais où trouverai-je des braves, d’un souffle assez fort,
pour maintenir le ciel pur, autour de mes frontières ?

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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