Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘fronton’

Fronton de la grâce (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2018




    
Fronton de la grâce

Tremble

Au fronton de la grâce
Tremble l’épaule
Du baptême des pentes

Eau et sable

Scellés d’angoisse et d’obscur
Comme est la buée du monde
Eau et sable naissant

Aimer cherche une main
Obscurément une autre
Une autre encore

Aimer tremble

Au fronton de la grâce
Et le sel y fait un jour redoutable

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les douves (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2017




    
Les douves

J’irai cueillir la fleur que cerne l’eau des douves
Avec sa pâleur morne, avec sa chair lunaire
Dans l’ombre sans merci des créneaux qui la couve
S’ouvrant comme une étoile au pré crépusculaire.

J’irai cueillir la fleur où mon rêve se frôle,
La fleur hiératique et que sertit la maille
D’un vitrail reflétant au ras des vases molles
Quelque écusson brisé dont le fronton s’écaille,

Et dont la splendeur morte au creux des joncs se terre.
La livide corolle en son odeur de fièvre,
Mes doigts la saisiront, effeuillant son mystère,
Et son pollen glacé parfumera ma lèvre.

Alors s’évoquera à son malsain arôme
Le couple enseveli par les verts marécages,
Et j’y verrai dormant les humides fantômes
De la reine adultère et de son jeune page,

Partageant à jamais, telle qu’ils l’ont choisie,
Avec son traversin sombre, la même couche,
Grisés du même amour où leur coeur s’extasie,
Rigides, les yeux clos, et bouche contre bouche.

(Marie Dauguet)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Un fronton déchu (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2017



    

Un fronton déchu de son ciel.
Un portique ouvert sur l’absence.
Là-bas, le tronc écorché d’un linteau.

De quels mots consoler
ces pierres orphelines?

(Jacques Lacarrière)

 

Recueil: Trois ménologues
Editions: Cheyne

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La misère est ignorée (Jean-Claude Demay)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2017



le-riche-et-le-pauvre-lazare-i-800x600

La misère est ignorée quand elle n’est pas méprisée.
Ce monde n’est pas juste.
L’égalité, la fraternité et la liberté
n’existent plus que sur le fronton des mairies.
Un homme « bien » est un homme qui a des biens.

(Jean-Claude Demay)

 

 

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Un profil immortel sur le fronton (Pierre Reverdy)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2016


 


Aaron Westerberg   5 [1280x768]

 

Un profil immortel sur le fronton
A Bornéo ou au delà
Les rivières sont gelées
Les animaux courent sur la piste
Et le spectateur fou s’amuse
Au concert des Iles Marquises
Le café clair
Elle est bien mise
Elle pose ses bijoux de verre
Et ses mains sont des écrevisses
La paille qu’elles prennent glisse
Chapeau
Bracelets
Faux linon
La musique joue
Je voudrais bien sortir
pour voir si le ciel est encore là

(Pierre Reverdy)

Illustration: Aaron Westerberg

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

« Instant» (Frédéric Nietzsche)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2015



 

… à l’endroit où nous étions arrêtés se trouvait justement une poterne.
« Regarde cette poterne, gnome, lui dis-je encore.
Elle a deux issues. Deux chemins se rejoignent ici ; nul ne les a suivis jusqu’au bout.
Cette longue route qui s’allonge derrière nous dure une éternité.

Et cette longue route qui s’étire devant nous, c’est une autre éternité.
Ces chemins se contrecarrent ; ils se heurtent du front,
et c’est ici, sous cette poterne, qu’ils se rencontrent.
Le nom de la poterne est inscrit au fronton: « Instant».

Mais si quelqu’un suivait l’une de ces routes, sans arrêt et jusqu’au bout,
crois-tu, gnome, que ces routes s’opposeraient toujours?
« Tout ce qui est droit est menteur, murmura le nain d’un ton méprisant.
Toute vérité est courbe, le temps lui-même est un cercle. »

«Esprit de Pesanteur, dis-je avec colère, ne prends pas tout ainsi à la légère,
ou je te laisse accroupi où tu es, pied-bot – et je t’ai pourtant porté haut!
Regarde, lui dis-je, cet instant.
A partir de cette poterne de l’instant une longue route,
une route éternelle s’étend en arrière de nous;

il y a une éternité derrière nous.
Tout ce qui de toutes choses est apte à courir n’a-t-il pas dû, nécessairement,
parcourir une fois cette route?
Tout ce qui peut arriver, entre toutes les choses, ne doit-il pas déjà être arrivé,
s’être accompli, être passé?

Et si tout ce qui est a déjà été, que penses-tu de cet instant, nain?
Cette poterne ne doit-elle pas aussi avoir déjà été?
Et toutes choses ne sont-elles pas si solidement enchevêtrées
que cet instant présent entraîne à sa suite toutes les choses futures?
Et lui-même aussi par conséquent ?

Car ce qui de toutes choses est apte à courir devra parcourir une fois encore
cette longue route qui s’éloigne devant nous!
Et cette lente araignée qui rampe au clair de lune,
et ce clair de lune et toi et moi sous cette poterne,
parlant à voix basse de choses éternelles
– ne faut-il pas, de toute nécessité, que les uns et les autres nous ayons déjà existé ?

Ne nous faudra-t-il pas revenir et parcourir cette autre route qui s’éloigne devant nous,
cette route longue et redoutable
– ne faut-il pas que tous nous revenions? »

(Frédéric Nietzsche)

Illustration

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

LA ROUE (Robert Guiette)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2015



LA ROUE

I
Chante, étranger sur le trottoir
Ta voix n’écarte aucun volet

Au soleil blanc reste en arrêt
Chante plus fort chante plus noir

Dos au mur aveuglant
Face au fronton des façades

La note frappera la seule vitre en flammes
Aux mille éclairs vois le sourire du temps

Comme
un grand visage
qui se nomme

II
O doux éclatement
Le livre s’est ouvert
et j’ai vu du coeur qui ne ment
déborder les souvenirs de mon enfance

Comment
dis-moi comment
ce passé s’est ouvert
que tu gardais si pieusement
pour habiter ce coeur d’abondance

La bouche de blessure
avait-elle mis son secret
dans la grenade mûre
Si longtemps
si longtemps après

C’est bien ma solitude
comme une ancienne fleur
qui plus tard a germé dans ce feu
Où donc
jadis perdue

III
La parole est morte
Et le monde est venu
Et les rues sont pleines de monde

Personne ne passe la porte
Tout se nomme refus
Et les ruines s’enivrent de monde

Au fond de la chaussée
une grande fleur d’encre
qui rature la joie

L’attente folle
couleur de fuite
un souvenir géant
qui efface tout

IV
Coeur dévasté pour rire
beauté usée par les sales regards

Le triste et le gai
comme des éventails
et la blessure comme un loup

L’histoire finit
lorsqu’il n’est plus temps

V
La rue suit sa pente
Les hommes leur chemin
ou suivent les passantes
Moi seul je me souviens
Le soleil las poursuit sa route
Les fenêtres s’entrouvrent
au silence à la fraîcheur

Une grande roue tourne
et tourne grande roue
où les hommes s’usent

La terre mâche la terre

(Robert Guiette)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :