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Poésie

Posts Tagged ‘fugitif’

Le froid chante à mi-voix (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2018




    
le froid chante à mi-voix ses chants
de départs inattendus
le coeur seul sait le nom du lieu qui vibre
au bout là-bas de tant de pas si blancs

le matin laisse ouvrant ses mains
entrevoir des lignes fugitives
dans ces brefs hiéroglyphes comment
ne pas trouver l’entrée de nos mémoires

traverse de l’étreinte les gestes éperdus
laisse ta peau devenir toute
ignorante et tes lèvres se tendre seulement
un peu plus nues que l’herbe après la pluie

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Entre Flèche et Cri
Traduction:
Editions: Obsidiane

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LES CHAGRINS ET LA HAINE (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2018




Illustration: Félix Vallotton
    
LES CHAGRINS ET LA HAINE

Ce n’est pas le temps qui opprime
Ni l’écorce de chair
Bouclant nos fugitives vies

Mais la haine
Scindant les vivants
En ennemis.

(Andrée Chedid)

 

Recueil: Par-delà les mots
Traduction:
Editions: Flammarion

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J’entends des vagues (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017




    
J’entends des vagues le mouvement tournoyant,
Et des grands navires l’approche,
Comme un message apporté d’une terre nouvelle.
C’est ainsi que file le fuseau sacré
Un songe vivant et fugitif,
Qui dit que la Joie viendra, inespérée,
Et que parfaite elle demeurera.

Et fleurit la Violette de Nuit.

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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Est-il vrai que je suis réel (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 31 octobre 2017



Qu’est-ce qui fait l’âme si mélodieuse
Et qu’il y a si peu de noms chéris,
Et que le rythme fugitif n’est qu’un hasard,
Qu’un souffle inattendu de l’Aquilon ?

Il soulève la poussière en nuage,
Fait frissonner les feuilles de papier
Et ne reviendra plus jamais, ou bien
Il reviendra tout à fait différent.

Ô toi, le large vent d’Orphée,
Tu t’en iras vers les contrées marines !
Chérissant le monde incréé,
J’oubliai l’inutile « moi ».

Je m’égarai dans un bois miniature
Et découvris une grotte azurée…
Est-il vrai que je suis réel
Et que la mort réellement viendra ?

(Ossip Mandelstam)


Illustration: Sabin Balasa

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Plus fugitif (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 29 octobre 2017



Illustration: Christophe Sidamon-Pesson
    
plus fugitif même que l’écriture de nombres
dans l’eau qui court
est d’aimer quelqu’un
sans retour

(Anonyme)

 

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L’amour (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 25 octobre 2017




    
L’amour

Il est l’errante fuite et l’èternelle attente,
Celui qu’on voit sourire éphémère dans l’eau
Ecartant un moment le fugitif rideau;
La parole des bois que la tempête évente.

C’est en vain qu’on le cherche où son ombre est présente:
Don Juan se drapant aux plis de son manteau;
Roméo soulevant la pierre d’un tombeau,
Il est le revenant dont le secret nous hante,

Et nous, le naufragé périssant sur la nef.
Nulle chair n’a frémi que d’un spasme trop bref;
Ce que vous évoquez, nul coeur ne le possède,
Parfums des ébéniers, montez dans la nuit tiède,

Vers les astres portez mon ténébreux essor:
Bien comprendre l’amour, c’est presque aimer la mort.

(Marie Dauguet)

 

 

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Sur la Mort (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2017



Sur la Mort

En robe de fer, muette et chagrine,
De son froid baiser la Mort à présent,
Debout devant moi, n’excite plus tant,
Non, ma soupirante poitrine.

Un bruit sourd, un seul, et la vie est loin,
Rêve fugitif, rêve d’un autre âge.
L’ardeur de l’amour n’y fait plus barrage,
Ne la retient plus. C’est la fin.

Ma gorge en ses mains, la Mort me fait face.
Pour sauver ma vie, à qui me vouer?
Elle n’attend plus. Je dois m’en aller.
Je pleure l’éclat qui s’efface.

(Attila Jozsef)

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Femme (Henri Cazalis)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2017




    
Femme, vide magnifique,
miroir lumineux du néant, fugitive image,
qui souvent rassembles en toi tout le mystère
et toutes les cruelles splendeurs
de la Nature créatrice,

pourquoi t’étonner que quelques-uns pâlissent,
lorsqu’ils s’approchent de tes lèvres,
et viennent goûter entre tes bras
une mort délicieuse et profonde?

(Henri Cazalis)

 

Recueil: Le livre du Néant
Editions: Alphonse Lemerre

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Je m’interroge : d’où vient à ma blessure (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2017



Illustration
    
Je m’interroge : d’où vient à ma blessure
Cet animal couronné de soleil
Ce fugitif?
Le papillon a dit : et je dis ce qu’a dit
Le papillon, j’ai chanté :
Du feu rougeoie dans la rose de la nuit
Pareil à elle
Je me bats dans l’extase
Autour de ses pétales
Au-dessus de ses pétales
Au-dessous de ses pétales
Et prolonge le chant.

(Adonis)

 

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Il est bon de se souvenir (Tennessee Williams)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2017



    

Illustration: Chagall

Il est bon de se souvenir des merveilles que tu as accomplies dans le royaume d’en haut,
le gouffre et la forêt dotés d’une voix sensible,
le cours de la rivière modifié comme un bras change pliant le coude,
les instants prolongés par la douce vibration d’une corde que presse un doigt…

Mais ce n’étaient que merveilles naturelles comparées à ce que tu tentes dans le royaume d’en bas
et qui ne se réalisera pas,
non, qui ne se réalisera pas,

car tu dois apprendre, même toi, ce que nous avons appris,
qu’il est des choses destinées par leur nature à ne pas se réaliser,
mais seulement à être désirées et poursuivies un temps puis abandonnées.

Tu dois apprendre, même toi, ce que nous avons appris,
la passion qui existe en ce monde pour le déclin,
l’impulsion à tomber qui succède au jaillissement de la fontaine.

Rampe à présent, Orphée, ô fugitif à l’air honteux, rampe
à reculons sous le mur réduit en miettes de toi,
car tu n’es pas les étoiles dans le ciel en forme de lyre,
mais la poussière de ceux qu’ont démembrés les Furies !

***

It is all very well to remember the wonders that you have performed in the upper kingdom,
the chasm and forest made responsively vocal,
the course of a river altered as an arm alters when it is bent at the elbow,
the moments made to continue by the sweet vibrancy of a string pressed by a finger…

But those were natural wonders compared to what you
essay in the under kingdom
and it will not be completed,
no, it will not be completed,

for you must learn, even you, what we have learned,
that some things are marked by their nature to be not completed
but only longed for and sought for a while and abandoned.

And you must learn, even you, what we have learned,
the passion there is for declivity in this world,
the impulse to fall that follows a rising fountain.

Now Orpheus, crawl, O shamefaced fugitive, crawl
back under the crumbling broken wall of yourself
for you are not stars, sky-set in the shape of a lyre,
but the dust of those who have been dismembered by Furies!

(Tennessee Williams)

 

Recueil: Dans l’hiver des villes
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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