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Posts Tagged ‘fugitif’

TYNDARIS (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2020



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TYNDARIS

Q blanche Tyndaris, les Dieux me sont amis:
Ils aiment les Muses Latines ;
Et l’aneth, et le myrte et le thym des collines
Croissent aux prés qu’ils m’ont soumis.

Viens ! mes ramiers chéris, aux voluptés plaintives,
Ici se plaisent à gémir ;
Et sous l’épais feuillage il est doux de dormir
Au bruit des sources fugitives.

(Leconte de Lisle)

Illustration

 

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CE VISAGE… (Louis Guillaume)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2019



Ce visage dans la brume,
Ce regard qui se dérobe
Pour retourner à la nuit,
Cette bouche du matin
Toute modelée de rêves
Comme un arc encor vibrant
De discours inentendus,
Ce visage fugitif
Qui flotte entre deux sommeils,
Je le promène avec moi
Dans les ruelles humaines.
Il est l’astre aux rayons noirs,
Il est mon soleil d’ébène,
Mon unique vérité
Quand je cherche ceux qui m’aiment
Et que je me perds moi-même
Sous tous les masques du jour.

(Louis Guillaume)

Illustration

 

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La ruelle sous la pluie (Dai Wangshu)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2019



 

Catherine Rebeyre 7 [1280x768]

La ruelle sous la pluie

Avec un parapluie en papier huilé, seul
je déambule dans une longue et longue
ruelle solitaire, sous la pluie
et j’espère rencontrer
une jeune fille aussi triste
qu’une fleur de lilas.

Elle aura
la couleur du lilas
Elle soupirera sa plainte dans la pluie,
triste et mélancolique.

Elle déambulera dans cette ruelle solitaire
avec comme moi
un parapluie en papier huilé
et comme moi
elle marchera en silence
froide, seule et triste.

Elle s’approchera sans bruit
et à cet instant me jettera
un regard qui soupire
puis elle passera comme un rêve
un rêve vague et triste.

Comme un lilas
qui passe, fugitif dans un rêve
cette jeune fille me croisera
et s’éloignera, s’éloignera en silence
dépassant la haie délabrée
pour disparaître au bout de la ruelle, sous la pluie.

Dans l’air mélancolique de la pluie
se trouveront effacée sa couleur
éclipsé son parfum
disparus même son regard
qui soupire
et sa tristesse de lilas.

Avec un parapluie en papier huilé, seul
je déambule dans une longue et longue
ruelle solitaire, sous la pluie
et j’espère rencontrer
une jeune fille aussi triste
qu’une fleur de lilas.

(Dai Wangshu)

Illustration: Catherine Rebeyre

 

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Si tu dois m’aimer, que ce soit pour rien (Elizabeth Browning)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2019



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Si tu dois m’aimer, que ce soit pour rien
Sinon pour l’amour en soi. Ne dis pas
« Je l’aime pour son sourire … son allure … sa façon
De parler si douce … sa finesse de pensée
Qui convient à la mienne, et suscita
Tel jour un bien-être fugitif et charmant –
Car ces choses en elles-mêmes, Aimé, peuvent
Changer, ou changer pour toi – et l’amour
Ainsi construit peut être ainsi détruit.
Ne m’aime pas par pitié pour mes larmes –
Qui jouit longtemps de ton soutien pourrait
Sécher ses pleurs, et perdre ton amour!
Mais aime-moi pour l’amour en soi, pour
Qu’à jamais tu m’aimes, d’un amour sans fin.

(Elizabeth Browning)

Illustration: Pascal Renoux

 

 

 

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Dans la rue (Bian Shoumin)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2019



Dans la rue, soudain un étal de fleurs:
Printemps où alternent pluie et beau temps
Mes doigts, soudain embaumés, n’y tiennent plus:
Ils confient à l’encre le soin de retenir le fugitif éclat

(Bian Shoumin)


Illustration: Nita Bertaudière

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Je cherche un signe de toi (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2019



Je cherche un signe de toi chez toutes les autres,
dans le brusque, dans l’ondulant fleuve des femmes,
dans les tresses, dans les yeux à peine engloutis,
les pieds clairs naviguant et glissant sur l’écume.
Il me semble soudain que j’aperçois tes ongles
oblongs et fugitifs, neveux du cerisier,
ou ce sont tes cheveux qui passent, et je vois
ton image de feu de joie brûler dans l’eau.
Je cherche, aucune n’a ta palpitation,
ta clarté, teinte de noire argile sylvestre,
non, aucune n’a tes minuscules oreilles.
Toi tu es totale et brève, une entre toutes,
et quand je suis avec toi, à aimer, je parcours
l’estuaire féminin, large Mississippi.

***

Un signo tuyo busco en todas las otras,
en el brusco, ondulante río de las mujeres,
trenzas, ojos apenas sumergidos,
pies claros que resbalan navegando en la espuma.
De pronto me parece que diviso tus uñas
oblongas, fugitivas, sobrinas de un cerezo,
y otra vez es tu pelo que pasa y me parece
ver arder en el agua tu retrato de hoguera.
Miré, pero ninguna llevaba tu latido,
tu luz, la greda oscura que trajiste del bosque,
ninguna tuvo tus diminutas orejas.
Tú eres totalybreve, de todas eres una,
v así contigo voy recorriendo v amando
un ancho Mississippi de estuario femenino.

(Pablo Neruda)

Illustration: Adamov Alexey

 

 

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JE VEUX ÊTRE TOUT EN AMOUR (Claribel Alegría)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2019




    
JE VEUX ÊTRE TOUT EN AMOUR

Je veux être tout en amour
l’amant
la maîtresse
le vertige
la brise
l’eau qui reflète
et ce nuage blanc
fugitif
hésitant
qui nous recouvre un instant.

FRONTIÈRES

J’étais le nuage
et la pluie
et la mer
et je veux être le crépuscule
et le rempart
et toi.

***

Quiero ser todo en el amor…

Quiero ser todo en el amor
el amante
la amada
el vértigo
la brisa
el agua que refleja
y esa nube blanca
vaporosa
indecisa
que nos cubre
un instante.

Fronteras

Fui la nube
y la lluvia
y el mar
y quiero ser la tarde
y la muralla
y tú.

***

QUERO SER TUDO NO AMOR

Quero ser tudo no amor
o amante
a amada
a vertigem
a brisa
a água que reflete
e essa nuvem branca
vaporosa
indecisa
que nos cobre num instante.

FRONTEIRA

Fui nuvem
e chuva
e mar
quero ser a tarde
e a muralha
e tu.

***

VOGLIO OGNI COSA INNAMORATA

Voglio ogni cosa innamorata
l’amante
l’amato
stordimento
la brezza
lo specchio dell’acqua
e quella nuvola bianca
vaporosa
indecisa
che per un istante ci copre.

FRONTIERE

Ero la nuvola
e la pioggia
e il mare
e voglio essere la sera
e il muro
e te.

***

VREAU SĂ FIU TOTUL ÎN IUBIRE

Vreau să fiu totul în iubire
amantul
iubita
vertijul
briza
apa în care se reflectă
norul acela alb,
vaporos,
nehotărât,
care ne-acoperă
o clipă.

FRONTIERE

Am fost norul
și ploaia
și marea
și vreau să fiu înserarea
și peretele
și tu.

***

ΘΕΛΩ ΝΑ `ΜΑΙ Η ΑΓΑΠΗ ΣΕ ΟΛΑ

Θέλω να `μαι η αγάπη σε όλα
στον εραστή
η λατρευτή
ζάλη
η αύρα
ο καθρέφτης του νερού
κι εκείνο τ’ άσπρο σύνεφο
ατμός
αναποφάσιστος
που στιγμιαία σε καλύπτει

ΣΥΝΟΡΑ

Ήμουν το σύνεφο
κι η βροχή
κι η θάλασσα
και θέλω να γίνω το φεγγάρι
κι ο τοίχος
κι εσύ

***

IK WIL ALLES ZIJN IN DE LIEFDE

Ik wil alles zijn in de liefde
de minnaar
de minnares
de duizeling
de bries
het water dat weerspiegelt
en deze vluchtige
weifelende
witte wolk
die ons een ogenblik toedekt.

GRENZEN

Ik was de wolk
en de regen
en de zee
en ik wil de avond zijn
en de muur
en jou.

***

Пусть все любовью будет во мне

Пусть все любовью будет во мне,
и возлюбленная
и любовник
головокружение
и ветер с моря
зеркало моря
и это белое облако
такое тонкое
нерешительное
укрывшее нас на единый миг

Границы

Я была облаком
и была дождем
и была морем
и хочу быть закатом
и стеной
и хочу быть тобой

***

I WANT TO BE EVERYTHING IN LOVE

I want to be everything in love
the lover
the beloved
dizziness
the breeze
the reflecting water
and that white cloud
vaporous
indecisive
that covers us for an instant.

BORDERS

I was the cloud
and the rain
and the sea
and I want to be the noon
and the wall
and you.

***

ICH MÖCHTE ALLES IN DER LIEBE SEIN

Ich möchte alles in der Liebe sein
der Liebhaber
die Geliebte
der Taumel
die Brise
das glitzernde Wasser
und die weiße Wolke,
dampfend,
unentschlossen,
die uns einen Augenblick bedeckt.

GRENZEN

Ich war die Wolke
und der Regen
und das Meer
und ich möchte der Abend sein
und die Mauer
und du.

***

我想成为爱的万物

我想成为爱的万物
爱人者
被爱者
晕眩
微风
反光的水
和那朵朵白云
蒸汽缭绕的
那瞬间
覆盖我们的犹豫

边 界

我过去是云朵
与雨水
和海洋
而我想成为正午
与墙
和你。

***

Ez dixwazim di evînê de her tişt bim

Ez dixwazim di evînê de her tişt bim
evîndar
evînder
sergêj
şine
ava çirusî
û ewrê sipîye,
yê hulmayî,
bê biryar
yê bîhnekê dinyayê dinixumîne.

Sînor

Ez ew ewra bûm
ew barana
û zeryaya
lê ez dixwazim bibim êvar
û dîwar
û tu.

(Claribel Alegría)

 

Recueil: ITHACA 520
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Espagnol (Nicaragua) / Portugais José Eduardo Degrazia / Italien Luca Benassi / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Grec Manolis Aligizakis / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Russe Vyacheslav Kupriyanov / Anglais Stanley H. Barkan / Allemand Wolfgang Klinck / Chinois Zhou Dao Mo / Kurde Husên Hebeş
Editions: POINT

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JE ne puis admettre aucune histoire (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2019



Illustration: Émilie David     
    
JE ne puis admettre aucune histoire,

ni filiation ni origine.
Toute histoire est toujours autre.
même ma propre histoire.
Il y a tant de fils absents
en toutes mailles ou toute trame,
qu’ils font apparaître
en un autre espace
un tissu complètement différent.

De même pour toutes choses.
N’importe laquelle peut être remplacée par une autre :

une fleur par un marteau,
un jour par une nuit,
un amour par un autre amour.
Et les actions des hommes
sont comme des oiseaux vides
qui peuvent à tout instant
s’emplir d’autres images
et voler en n’importe quelle direction.

Toute histoire, toute explication, tout discours,
sont figures fugitivement dessinées en l’air,
formes à la dérive
qui parfois s’enroulent éphémères
autour du profil un peu plus discret
d’une branche morte.

***

YA no puedo admitir ninguna historia,
ni filiación ni origen.
Cualquier historia es siempre otra.
También mi propia historia.

Son tantos los hilos ausentes
en toda urdimbre o toda trama,
que con ellos alcanza
en algún otro espacio
para un tejido completamente diferente.

Sucede lo mismo con todas las cosas.
Cualquiera puede ser suplantada por otra:
una flor por un martillo,
un día por una noche,
un amor por otro amor.
Y las acciones de los hombres
son como pájaros huecos
que pueden en cualquier instante
rellenarse con otras imágenes
y volar en cualquier dirección.

Toda historia, toda explicación , todo discurso,
son figuras trazadas por un momento en el aire,
formas a la deriva
que se enrollan a veces transitoriamente
en et perfil un poco más discreto
de una rama seca.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Onzième Poésie Verticale
Traduction: Fernand Verhesen
Editions: Lettres Vives

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Une sorte de chant pareil au jour (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2019




    
Une sorte de chant
pareil au jour qui traverse
un feuillage et descend,
furtif, jusqu’à l’herbe pauvre.

Un chant qui parle d’octobre
et d’eau cachée,
de lointains sans amertume,
fronts mêlés, collines heureuses

Et ce besoin d’espace entre
les mots, comme une disposition
de traces et de froissements.

Ici entre les fleurs, avec le grain
des ombres, la vie circule et boit,
fugitive, à d’anciennes sources.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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CONTEMPLATION (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2018




    
CONTEMPLATION

Avec une peur ancienne se lamentent ou pleurent les voix.
Des formes fugitives venues pour la cérémonie
où elles arracheront de toi le coeur de ta figure lointaine.

La nuit fulgure au dedans de ton masque.
Elles te percent de croassements,
elles te martèlent d’oiseaux noirs.

Des couleurs ennemies s’unissent dans la tragédie.
Quand nous sommes arrivés au centre de l’obscurité
le bois s’est ouvert.

Les formes épouvantées de la nuit sont mortes
et il n’y a plus eu ni dehors ni dedans.

Elles t’ont précipitée,
tu as disparu le masque à la main.
Et plus rien n’a eu l’air d’un coeur.

(Alejandra Pizarnik)

 

Recueil: Approximations
Traduction: Etienne Dobenesque
Editions: Ypfilon

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