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Posts Tagged ‘fugitif’

L’éclair est fugitif (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2018



Béatrice Camallonga  Orage-sur-la-riziere

L’éclair est fugitif
Qui illumine les épis
Des rizières d’automne.
Même pour un instant aussi court
Je ne saurais t’oublier.

(Anonyme)

Illustration: Béatrice Camallonga

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Sur la Mort (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



Sur la Mort

En robe de fer, muette et chagrine,
De son froid baiser la Mort à présent,
Debout devant moi, n’excite plus tant,
Non, ma soupirante poitrine.

Un bruit sourd, un seul, et la vie est loin,
Rêve fugitif, rêve d’un autre âge.
L’ardeur de l’amour n’y fait plus barrage,
Ne la retient plus. C’est la fin.

Ma gorge en ses mains, la Mort me fait face.
Pour sauver ma vie, à qui me vouer?
Elle n’attend plus. Je dois m’en aller.
Je pleure l’éclat qui s’efface.

(Attila Jozsef)

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La rose momifiée (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2018




    
La rose momifiée

Lorsqu’on ouvrit le tombeau
dans une terre antique et noire
on trouva sur le sein
de la jeune femme embaumée
une rose,

un rose rouge figée,
momie de rose, sans parfum
cueillie jadis dans quel jardin de rêve
parmi ses soeurs fugitives
et devenue immortelle,

compagne d’une immortelle.
La jeune femme nous contemple
de ses yeux d’obsidienne.
Elle sourit de la blancheur des os.

Sa main menue désigne
la fleur miraculée
comme une offrande,
l’esquisse d’un baiser.

(Jean Joubert)

 

Recueil: Longtemps j’ai courtisé la nuit
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Les larmes (Hippolyte Lucas)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2018



 

Les larmes

Larmes, qu’êtes-vous devenues,
Larmes si promptes à couler ?
Je pleurais rien qu’à voir les nues
Vers le nord tristement aller.

Je pleurais quand la tourterelle
Roucoulait ses tendres douleurs ;
Je pleurais lorsque, d’un coup d’aile,
Le vent brisait les douces fleurs.

Je pleurais lorsqu’aux jours d’automne,
Dans les bois errant triste et seul,
Je voyais leur pâle couronne
Couvrir le sol comme un linceul.

Tout ce qui se fane ou s’effeuille,
Le lys, la rose ou l’amitié,
Tout ce que la sombre mort cueille,
Avait sa part de ma pitié.

Sans pleurs je ne pouvais entendre
Un mot héroïque ou touchant,
Et combien n’en a fait répandre
La bergère avec un vieux chant!

Oiseaux de la mélancolie,
Vous vous abattiez sur mon sein,
Comme sur un roseau qui plie,
Le soir, tombe un nocturne essaim…

A toute image fugitive
Un soupir sortait de mon coeur,
Et mon émotion craintive
Se cachait au monde moqueur,

Maintenant dans la solitude,
On ne m’entend plus soupirer:
Brisé par tant d’ingratitude.
Pourquoi ne puis-je pleurer ? …

Tristesses encore inconnues,
Que je voudrais vous exhaler!…
Larmes, qu’êtes-vous devenues,
Larmes, si promptes à couler?…

(Hippolyte Lucas)

Illustration: Vincent Van Gogh

 

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La bibliothèque (Alexàndra Galanou)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2018




    
La bibliothèque

Des livres réconciliés
jusqu’à l’asphyxie
s’entretiennent sans bruit
avec le pendule du mur.

Des pages
en attente
accompagnent ce qui écoute
le silence habitant des nuits.
Elles attendent une ouverture,
ne serait-ce qu’un souffle de vie
momentané, insignifiant.
Effleurement fugitif
qui les feuillette.

À la tige desséchée
d’une rose
pend la promesse
d’une visite
sans cesse remise.

(Alexàndra Galanou)

 

Recueil: Dans les recoins des mots
Traduction:
Editions: Circé

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Cinématographique (Alexàndra Galanou)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2018



 Illustration: Edouard Boubat
    
Cinématographique

Il l’a rencontrée
entre des regards
jetables
et des sourires brisés..
Elle l’a suivi
dans des gestes fugitifs
et des sensations fragmentaires.
Ensemble ils ont marché
là où la lueur de la lune
se multipliait
sur leurs visages
et la courbe de la nuit
étreignait le jasmin penché
odorant.
Un jour ils se sont aimés…

(Alexàndra Galanou)

 

Recueil: Dans les recoins des mots
Traduction:
Editions: Circé

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QUATRE PEUPLIERS (Octavio Paz)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018




QUATRE PEUPLIERS

Comme derrière elle-même va cette ligne
qui se poursuit dans les limites horizontales
et dans l’occident toujours fugitif
où elle se cherche se dissipe

– comme cette même ligne
par le regard levée
change toutes ses lettres
en une colonne diaphane
résolue en une non touchée
ni entendue ni vue mais pensée
fleur de voyelles et de consonnes

– comme cette ligne qui n’en finit pas de s’écrire
et avant de se consumer se redresse
sans cesser de s’écouler mais vers le haut :

les quatre peupliers.

Aspirés
par la hauteur vide et là en bas,
dans une flaque faite ciel, dupliquée,
les quatre sont un seul peuplier
et ils n’en sont aucun.

Derrière, frondaisons en flammes
qui s’éteignent – le soir à la dérive –
d’autres peupliers déjà haillons spectraux
interminablement ondulent
interminablement immobiles.

Le jaune glisse vers le rose,
la nuit dans le violet s’insinue.

Entre le ciel et l’eau
il y a une frange bleue et verte :
soleil et plantes aquatiques,
calligraphie ardente
écrite par le vent.
C’est un reflet suspendu dans un autre.

Passages : palpitations de l’instant.
Le monde perd corps,
il est une apparition, il est quatre peupliers,
quatre mélodies mauves.

De fragiles branches grimpent par les troncs.
Elles sont un peu de lumière avec un peu de vent.
Va-et-vient immobile. Avec les yeux
je les entends murmurer des paroles d’air.

Le silence s’en va avec le fleuve,
revient avec le ciel.

Réel est ce que je vois :
quatre peupliers sans poids
plantés sur un vertige.
Une fixité qui se précipite
vers le bas, vers le haut,
vers l’eau du ciel dormante
en un svelte effort sans dénouement
pendant que le monde lève l’ancre vers l’obscur.

Pulsation de clartés dernières :
quinze minutes assiégées
que Claude Monet voit d’une barque.

Dans l’eau s’abîme le ciel,
en elle-même l’eau fait naufrage,
le peuplier est un coup de feu bleu:
ce monde n’est pas solide.

Entre être et ne pas être titube l’herbe,
les éléments s’allègent,
les contours s’estompent,
moires, reflets, réverbérations,
scintillement de formes et présences,
brume d’images, éclipses,

nous sommes ce que je vois : miroitements.

(Octavio Paz)

Illustration: Claude Monet

 

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FLEUR (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2018




    
FLEUR

O fleur
Pour qui ta bouche endormie
Et l’abeille
Cette main sans éclat dans le torrent du jour
Le gai refrain du sang qui remonte son cours
Rien ne traverse plus mon ombre si paisible
O coeur noir
Si tenté de figurer la cible
Qui te remet dans l’axe éblouissant de l’homme
Je suis très loin
Debout
Entre mes bras sauvages
Je bouge
Et mes yeux font en moi le paysage
Je dors
Et mon sommeil trouve des passagers
Fille que me dispute un peu de vent léger
Je ris en écartant tes lèvres fugitives.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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Seule la Liberté (John Clare)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2018



Illustration
    
Seule la Liberté donne à la fleur
De la vie fugitive son lustre et son parfum
Nous ne sommes qu’herbes sans elle.

(John Clare)

 

Recueil: Poèmes et Proses de la Folie de John Clare
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Mercure de France

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Le froid chante à mi-voix (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2018




    
le froid chante à mi-voix ses chants
de départs inattendus
le coeur seul sait le nom du lieu qui vibre
au bout là-bas de tant de pas si blancs

le matin laisse ouvrant ses mains
entrevoir des lignes fugitives
dans ces brefs hiéroglyphes comment
ne pas trouver l’entrée de nos mémoires

traverse de l’étreinte les gestes éperdus
laisse ta peau devenir toute
ignorante et tes lèvres se tendre seulement
un peu plus nues que l’herbe après la pluie

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Entre Flèche et Cri
Traduction:
Editions: Obsidiane

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