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Posts Tagged ‘fuir’

Nous vivions nu-pieds (Franz Hellens)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2021



 

loutre

Nous vivions nu-pieds, tête nue,
l’âme et le coeur à l’avenant,
en compagnie des bêtes de plume et de poil…

Un geai, une loutre,
l’un fuyant par les arbres,
l’autre s’enfonçant dans le gouffre de l’étang,
c’étaient nos demi-dieux.

(Franz Hellens)

 

 

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Quand l’orage viendra (Franz Hellens)

Posted by arbrealettres sur 13 novembre 2021



 

Quand l’orage viendra, les poules
Fuiront sous l’arbre tiède et sec
Moi, j’irai me mouiller la tête
En jouant avec les éclairs.

(Franz Hellens)

Illustration: Jean Martin

 

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L’hippopotame (Théophile Gautier)

Posted by arbrealettres sur 13 novembre 2021



 

L’hippopotame

L’hippopotame au large ventre
Habite aux Jungles de Java,
Où grondent, au fond de chaque antre,
Plus de monstres qu’on n’en rêva.

Le boa se déroule et siffle,
Le tigre fait son hurlement,
Le buffle en colère renifle ;
Lui, dort ou pait tranquillement.

Il ne craint ni kriss ni zagaies,
Il regarde l’homme sans fuir,
Et rit des balles des cipayes
Qui rebondissent sur son cuir.

Je suis comme l’hippopotame :
De ma conviction couvert,
Forte armure que rien n’entame,
Je vais sans peur par le désert.

(Théophile Gautier)

 

 

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C’est un oiseau qui fuit la nuit (Thom Wei)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2021



C’est un oiseau qui fuit la nuit
Ou un bateau qui prend la mer
Et un soupir m’envahit
Dans un sourire amer
C’est ton regard un peu trop dur
Et mes rêves suspendus à tes lèvres fermées

C’est le besoin de s’évader
La joie de s’oublier
La folie de t’aimer
Et l’hiver avant l’été
Je suis encore si loin de toi
Et encore plus loin de moi

Viens plus près
Viens dans mes bras

C’est un oiseau qui prend la nuit
Ou un bateau qui fuit la mer
Je n’sais plus qui est qui
Ce soir je fuis la Terre
Car mes rêves ont effacé
Mon âme partie se cacher sous ton lit

Viens plus près
Viens dans mes bras
Viens dans ma vie

(Thom Wei)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

 

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St-Didier (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2021



St-Didier

Les lignes ont peur de moi
Elles me fuient
Mais comment vais-je faire
Pour passer au bout de la route
Je sautera par-dessus

(Pierre Albert-Birot)

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Si tu le veux bien (Léon Randin)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2021




    
Si tu le veux bien

Si tu le veux bien, enfant aux yeux bleus,
Au front doux et pur, au sourire heureux,
Nous irons aux champs dans les grandes herbes,
Si tu le veux bien, enfant aux yeux bleus,
De mille bluets composer nos gerbes.

L’aurore paraît, la nuit fuit le jour,
Pour toi l’oiseau dit ses chansons d’amour,
Et la fleur s’éveille, ô ma douce amie.
L’aurore parait, la nuit fuit le jour,
Et toi seule encor restes endormie.

Je connais au bois de vrais coins charmants,
Tout frais… et cachés, faits pour les amants,
Comme le bon Dieu rarement parsème.
Je connais au bois de vrais coins charmants
Où l’on est heureux, où toujours l’on s’aime.

Et là nous irons la main dans la main,
Sans s’inquièter ni du lendemain,
Ni du monde vain qui jamais ne rêve.
Viens, là, nons irons la main dans la main,
Enivrés et seuls, et rêvant sans trêve.

Viens, car le soleil monte dans le ciel
Plus étincelant et plus solennel,
Jetant sur les prés ses rayons de flammes.
Viens, car le soleil monte dans le ciel :
C’est l’heure d’aller où chantent les âmes.

De rêve et d’amour ce n’est point assez,
Dirons-nous tous deux mollement bercés
Par le chaud zéphir ou la folle brise.
De rêve et d’amour ce n’est point assez
Dira notre coeur qui, je crois, se grise.

Notre oeil se noiera dans l’azur serein,
Recherchant avide un regard divin
Et les habits blancs d’adorables anges.
Notre oeil se noiera dans l’azur serein,
Et nous chanterons de pures louanges.

Si tu le veux bien, enfant aux yeux bleus,
Au front doux et pur, au sourire heureux,
Nous irons aux champs dans les grandes herbes,
Si tu le veux bien enfant aux yeux bleus,
De mille bluets composer nos gerbes.

(Léon Randin)

 

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Les moines et les lapins (Zen)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2021




    
Les moines et les lapins

Deux moines étaient assis dans la nature.
L’un des deux était entouré de lapins et l’autre, non.

Celui qui n’avait pas de lapin autour de lui dit à l’autre:
« Tu es un saint! C’est incroyable!
Tous les lapins sont assis autour de toi, tandis que moi,
ils me fuient.
Quel est ton secret ?

– Je n’ai pas de secret.
Je ne mange pas de lapin.
C’est tout. »

(Zen)

 

Recueil: Le doigt et la lune (Alexandro Jodorowsky)
Traduction:
Editions: Albin Michel

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Avancez! Reculez ! Arrêtez ! (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2021



Avancez! Reculez ! Arrêtez ! – Des ordres
chuchotés haletants à l’oreille. Obéis !
(Capitaines cachés dans la faim et la soif)
Fuis ! Montre-toi ! Un salut !
Signe tais-toi réponds prends garde !

Que d’ordres venus de partout !
Le soleil ? – La main sur les yeux !
La pluie ? – Courbe le dos !
L’amour qui arrive ? – Attention !
Et ces morts en travers du chemin tout à coup !

Chocs et contre-temps de la ville
et de la vie je suis tranquille
seulement si mon souffle et mon pas vous rassemblent.
L’instable est mon repos.

(Jean Tardieu)


Illustration: Herbert Bayer

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Le citadin (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2021



Le citadin

Avancez! Reculez! Arrêtez! – Des ordres
chuchotés haletants à l’oreille. Obéis!
(Capitaines cachés dans la faim et la soif)
Fuis! Montre-toi! Un salut!
Signe, tais-toi, réponds, prends garde!

Que d’ordres venus de partout!
Le soleil? – La main sur les yeux!
La pluie? – Courbe le dos!
L’amour qui arrive? – Attention!
Et ces morts en travers du chemin tout à coup!

Chocs et contretemps de la ville
et de la vie, je suis tranquille
seulement si mon souffle et mon pas vous ressemblent.

L’instable est mon repos.

(Jean Tardieu)

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L’UN ET LE TOUT (Johann Wolfgang Von Goethe)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2021



Illustration: Gao Xingjian
    
L’UN ET LE TOUT

Afin de se trouver parmi l’Illimité
L’être isolé voudra fuir dans l’inexistence
Là où s’évanouit toute satiété ;
Ce n’est point toi, désir, ni toi, lourde exigence
Mais vous, profond Vouloir, dure Nécessité
Qui donnez notre joie à notre obéissance.

Âme du monde, viens Ah! Tu nous pénétreras !
Alors, contre toi-même engager le combat
C’est le suprême appel que notre force entend.
De bons esprits compatissants,
Maîtres très-hauts, gouverneurs indulgents
Conduisent à celui qui crée et qui créa.

Et pour créer la créature, afin
Qu’elle ne s’arme point pour l’engourdissement,
L’Acte éternel agit, vivant!
Et ce qui n’était pas, veut être, veut enfin
Au soleil, à la terre, aux couleurs se mêler ;
Nulle chose jamais ne se peut reposer.

Il faut que tout agisse et soit mouvant et crée
Et que la forme change aussitôt que formée.
Tu n’es qu’une apparence, ô repos du moment !
Partout au plus profond se meut l’éternité,
Car toute chose ira se dissoudre au Néant
Si dans l’Être immobile elle veut demeurer.

***

EINS UND ALLES

Im Grenzenlosen sich zu fin den,
Wird gern der einzelne verschwinden,
Da löst sich aller Überdruß ;
Statt heißem Wünschen, wildem Wollen,
Statt lästgem Fordern, strengem Sollen
Sich aufzugeben ist Genuß .

Weltseele, komm, uns zu durchdringen!
Dann mit dem Weltgeist selbst zu ringen,
Wird unsrer Kräfte Hochberuf.
Teilnehmend führen gute Geister,
Gelinde leitend höchste Meister
Zu dem, der alles schafft und schuf.

Und umzuschaffen das Geschaffne,
Damit sichs nicht zum Starren waffne,
Wirkt ewiges, lebendiges Tun.
Und was nicht war, nun will es werden
Zu reinen Sonnen, farbigen Erden;
In keinem Falle darf es ruhn.

Es soil sich regen, schaffend handeln,
Erst sich gestalten, dann verwandeln ;
Nur scheinbar stehts Momente still.
Das Ewige regt sich fort in alien :
Denn alles mug in Nichts zerfallen,
Wenn es im Sein-beharren will.

(Johann Wolfgang Von Goethe)

 

Recueil: Elégie de Marienbad
Traduction: Jean Tardieu
Editions: Gallimard

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