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Posts Tagged ‘fuir’

LE GRAND THÉÂTRE (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2023



  


    
LE GRAND THÉÂTRE

Au grand théâtre
Du jour à jour
Les gens s’animent
Doués de vie
Et leurs destins
S’écoulent
Dans toute l’ivresse
Du monde

Au grand théâtre
De la vie

Les gens s’ébattent
Ou fuient

Emmêlés
Dans les rébus
Et les mystères
Du monde.

(Andrée Chedid)

 

Recueil: L’Étoffe de l’univers
Traduction:
Editions: Flammarion

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JE CHASSE LE MOT (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2023



Illustration: Wordart Nuages de Mots
    
JE CHASSE LE MOT

Je chasse le mot
Qui me déplaît
Je le débusque
Et le refoule
Je l’éconduis
Je l’expulse
Je l’exile
Je le déporte
En un mot
Je le bannis

Je cherche en vain
Le mot qui fuit
Sans nom
Sans vie Invisible
Est-il tout près
Dans un buisson ?

Est-il tout loin
Ce mot invincible
Sommeillant
Dans une forêt indicible ?

(Andrée Chedid)

 

Recueil: L’Étoffe de l’univers
Traduction:
Editions: Flammarion

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Ton collier fuit (Richard Brautigan)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2023



Illustration: Wolf Thiele
    
Ton collier fuit
Pour Marcia

Ton collier fuit
et une lumière bleue goutte
de tes perles pour couvrir
tes seins magnifiques
d’une claire aurore africaine.

***

Your Necklace is Leaking
For Marcia

Your necklace is leaking
and blue light drips
from your beads to cover
your beautiful breasts
with a clear African dawn.

(Richard Brautigan)

 

Recueil: C’est tout ce que j’ai à déclarer Oeuvres poétiques complètes
Traduction: Thierry Beauchamp, Frédéric Lasaygues et Nicolas Richard
Editions: Le Castor Astral

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Tu es là (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2022




    
Tu es là,
je tiens ton visage
De corail et de vent
Contre ma chair,
Je confonds soleil, prison.
Des peuples inconnus
Fuient ma convalescence.
Oh ! verse entre mes bras
L’odeur forte des mers.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: René Guy Cadou Poésie la vie entière oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Seghers

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Une nuit dans la montagne (Chang Jian)

Posted by arbrealettres sur 8 décembre 2022



Illustration: Shan Sa
    
Une nuit dans la montagne

Posé à même la montagne inclinée,
Je suis l’errance d’une barque fragile,
Dont l’écho rappelle ma destinée.
Elle flotte, légère, sur les flots lourds,
Et fuit mon regard dans l’ampleur du ciel.
Le soleil s’épuise alors dans l’horizon
Et ma vue entre soudain dans le demi-jour d’une lumière indécise.
Un dernier rayon considère encore la cime des arbres
Et la pointe des roches chenues.
Tandis que le lac se teinte d’encre noire,
Des nuages rouges témoignent encore de l’astre défunt.
L’ombre des îles, plus noire encore
Se détache des eaux assoupies
Qui reflètent un instant le souvenir du jour ;
Mais déjà l’obscurité pèse sur les bois et les collines,
Et le trait confus du rivage
Se trouble dans mon regard impuissant.

La nuit vient, l’air est vif ;
Le souffle du nord crie implacable
Et pousse les cormorans vers la rive.
Ils attendront l’aurore entre les roseaux.
La lune coquette se montre sur les eaux lisses.
Je prends mon luth
Et accompagne ma solitude.
Mes doigts caressent les cordes en sanglots ;
Le chant disperse au loin ses accords.
Le temps s’envole ;
Un frisson de rosée me rappelle à l’heure tardive.

(Chang Jian)

(VIIIe siècle)

Recueil: Nuages immobiles Les plus beaux poèmes des seize dynasties chinoises
Traduction: Alexis Lavis
Editions: l’Archipel

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Triste est ta lyre, Orphée (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2022



Illustration: Chagall
    
Triste est ta lyre, Orphée.
Elle ne peut changer le cours des choses
et pour la captive bien-aimée dans la cage close des morts
elle ne peut créer
un lit d’amour, ni bras, ni tresse.

meurent ceux qui meurent, Orphée.
Le temps qui accourt dans tes yeux s’effondre
et dans tes mains
la lyre s’est brisée.

La mort maintenant est sur la rive
— rien qu’une tête — et chaque fleur
chante et l’eau est une voix.

Je t’écoute maintenant
Je te vois, ombre qui fuit hors du centre.
Et commente l’errante giration.

***

(Adonis)

Traduction de Lionel Ray

Recueil: Poésies du Monde
Traduction:
Editions: Seghers

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UNE NUIT AUSSI LONGUE QU’UNE ANNEE (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2022




    
UNE NUIT AUSSI LONGUE QU’UNE ANNEE
Sur l’air du  » Souvenir de la capitale impériale »
— Liu Yong

La couverture mince
et l’oreiller petit,
par le froid qui s’en vient

je me sens désolé
d’avoir dû te quitter.
Je me tourne
et retourne au fond du lit,
Mais le sommeil me fuit
bien que la nuit soit avancée.

Je me lève
et me couche
à n’en plus finir,
la nuit est aussi longue
qu’une année.

Oh ! Je voudrais m’en retourner chez toi,
mais je suis loin, très loin déjà.
Mille pensées de toi ne me consolent pas.
Comme je me sens seul et las !
Mon coeur reste toujours attaché à ton coeur;
Je te dois un ruisseau de pleurs.

(Anonyme)

***

Recueil: Choix de Poèmes et de Tableaux des Song
Traduction:
Editions: China Intercontinental Press

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LE CHANT DU CHAMP (Carl Norac)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2022



Illustration: Julie Bernard
    
LE CHANT DU CHAMP

Beau comme le bruit
d’un épi de blé,
c’est craquant,
ce crac crac crac
qui craquette dans l’été.
Ça fait fuir les mouches,
ça met du beau à la bouche.
Et, dans le champ,
ce matin,
cette chanson du blé,
c’est déjà bon comme du pain.

(Carl Norac)

 

Recueil: Le livre des beautés minuscules / Images de Julie Bernard
Traduction:
Editions: RUE DU MONDE

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L’AVENIR (Carl Norac)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2022



Illustration: Kitty Crowther
    
À L’AVENIR

À l’avenir, laisse-moi tranquille,
dit le présent à la grammaire.
Je ne veux plus me conjuguer
ni au futur ni au passé.
Je vis à l’instant composé
et je me déguise en seconde.
Ça me va bien. Je cours le monde.
On est le temps. On a le temps
de le perdre et de le trouver.
Grammaire, fous-moi donc la paix
avec tes règles et tes grands airs.
Je suis. Je fuis. Je vis. J’y vais.

(Carl Norac)

Recueil: Petits poèmes pour passer le temps
Traduction:Editions: Didier Jeunesse

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L’eau vive (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2022




Illustration: Frédéric Rébéna
    
L’eau vive

L’eau des fontaines de la pluie, la gentille eau, la fraîche aux joues,
l’eau qui a peur quand vient la nuit, l’eau qui tout bas chante tout doux,

l’eau qui murmure, l’eau qui dort, l’eau qui joue avec les anguilles,
avec Inès ou Léonor, avec les longs cheveux des filles,

l’eau qui paresse, l’eau qui bout, l’eau qui bouillonne méchamment,
l’eau qui désaltère les loups, l’eau d’Ophélie lit des amants,

l’eau file et fuit comme ma mort, comme le temps de notre amour,
ainsi qu’Inès ou Léonor, l’eau glisse et fuit comme le jour.

Serre les mains, ferme les doigts — et déjà l’eau file au moulin
comme la joie qui, près de toi, quand tu l’embrasses, est déjà loin.

(Claude Roy)

 

Recueil: Poèmes de Claude Roy
Traduction:
Editions : Bayard Jeunesse

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