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Poésie

Posts Tagged ‘fuir’

Plaisir de retourner sur la montagne (Hanshan Deqing)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2022



Illustration: Hokusaï
    
Plaisir de retourner sur la montagne

Fuir et quitter le monde n’est pas si difficile,
Habiter en montagne ne cause aucun souci.
Les nuages traversent le beau temps et la pluie,
Les rocs des pics éprouvent l’obscurité du soir.
La biche qui allaite dort au sein des buissons,
Les corbeaux qui reviennent au soir perchent sur l’arbre.
Au-dessus du sommet descend la pleine lune
Qui éclaire mon coeur et le sens de la vie.

(Hanshan Deqing)

Recueil: Poèmes Chan
Traduction: du chinois par Jacques Pimpaneau
Editions: Philippe Picquier

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BELLE (Pierre Seghers)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2022



Illustration: Paul Delvaux
    
BELLE

Belle à charmer les miroirs,
Belle à vivre, belle à voir,
Belle comme on n’est plus belle,
Mon amour,
De quel pays me viens-tu,
Belle, longue, lisse et nue,
Mon amour …

Je t’attendais … En rêvant
J’écoutais la voix du vent
Qui me disait « Qu’elle est belle ! »
Mon amour
Et soudain tu m’es venue
Belle, longue, lisse et nue,
Mon amour

Te voici dans ma maison,
Ma belle, ma déraison,
Toi, ma saison la plus belle,
Mon amour,
Et tu danses dans ma rue
Belle, longue, lisse et nue,
Mon amour …

Cest au creux de tes miroirs
Belle à vivre, belle à voir,
Belle comme on n’est plus belle,
Mon amour
Que tu fuiras, éperdue,
Belle. longue, lisse et nue,
Mon amour …

Au fond de tes yeux profonds
Tes miroirs te mangeront,
Pour eux tu étais trop belle
Mon amour
Toi. mes roses disparues,
Belle. longue, lisse et nue,
Mon amour …

(Pierre Seghers)

Recueil: 35 siècles de poésie amoureuse
Traduction:
Editions: Saint-Germain-des-Prés Le Cherche-Midi

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TU ME DISAIS (André Verdet)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2022




    
TU ME DISAIS

l’aube Qui monte sur la mer du côté de Capri
Tu me disais : Ma femme est douce comme l’eau
Qui poudre aux yeux mi-clos de la biche dormante
Tu me disais : Ma femme est fraîche comme l’herbe
Qu’on mâche sous l’étoile au premier rendez-vous
Tu me disais : Ma femme est simple comme celle
Qui perdant sa pantoufle y gagna son bonheur
Tu me disais : Ma femme est bonne comme l’aile
Que Musset glorifia dans sa nuit du printemps

Tu me disais aussi : Ma femme est plus étrange
Que la vierge qui fuit derrière sa blancheur
Et ne livre à l’époux qu’un fantôme adorable

Tu me disais encore : Je voudrais lui écrire
Qu’il n’est pas une aurore où je n’ai salué
Son image tremblant dans le creux de mes mains

Tu me disais encore : Je voudrais la chanter,
Avec des mots volés dans le coeur des poètes
Qui sont morts en taisant la merveille entendue

Tu me disais enfin : Je voudrais revenir
Près d’elle à l’improviste une nuit où le songe
Peut-être insinuerait que je ne serais plus

Tu es mort camarade
Atrocement dans les supplices
Ta bouche souriant au fabuleux amour

(Bûchenwald, 15 mai 1944 – 17 mai 1945.)
(André Verdet)

Recueil: 35 siècles de poésie amoureuse
Traduction:
Editions: Saint-Germain-des-Prés Le Cherche-Midi

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Le Petit Chat (Edmond Rostand)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2022




Illustration: ArbreaPhotos
    
Le Petit Chat

C’est un petit chat noir effronté comme un page,
Je le laisse jouer sur ma table souvent.
Quelquefois il s’assied sans faire de tapage,
On dirait un joli presse-papier vivant.

Rien en lui, pas un poil de son velours ne bouge ;
Longtemps, il reste là, noir sur un feuillet blanc,
A ces minets tirant leur langue de drap rouge,
Qu’on fait pour essuyer les plumes, ressemblant.

Quand il s’amuse, il est extrêmement comique,
Pataud et gracieux, tel un ourson drôlet.
Souvent je m’accroupis pour suivre sa mimique
Quand on met devant lui la soucoupe de lait.

Tout d’abord de son nez délicat il le flaire,
La frôle, puis, à coups de langue très petits,
Il le happe ; et dès lors il est à son affaire
Et l’on entend, pendant qu’il boit, un clapotis.

Il boit, bougeant la queue et sans faire une pause,
Et ne relève enfin son joli museau plat
Que lorsqu’il a passé sa langue rêche et rose
Partout, bien proprement débarbouillé le plat.

Alors il se pourlèche un moment les moustaches,
Avec l’air étonné d’avoir déjà fini.
Et comme il s’aperçoit qu’il s’est fait quelques taches,
Il se lisse à nouveau, lustre son poil terni.

Ses yeux jaunes et bleus sont comme deux agates ;
Il les ferme à demi, parfois, en reniflant,
Se renverse, ayant pris son museau dans ses pattes,
Avec des airs de tigre étendu sur le flanc.

Mais le voilà qui sort de cette nonchalance,
Et, faisant le gros dos, il a l’air d’un manchon ;
Alors, pour l’intriguer un peu, je lui balance,
Au bout d’une ficelle invisible, un bouchon.

Il fuit en galopant et la mine effrayée,
Puis revient au bouchon, le regarde, et d’abord
Tient suspendue en l’air sa patte repliée,
Puis l’abat, et saisit le bouchon, et le mord.

Je tire la ficelle, alors, sans qu’il le voie,
Et le bouchon s’éloigne, et le chat noir le suit,
Faisant des ronds avec sa patte qu’il envoie,
Puis saute de côté, puis revient, puis refuit.

Mais dès que je lui dis : « Il faut que je travaille,
Venez vous asseoir là, sans faire le méchant ! »
Il s’assied… Et j’entends, pendant que j’écrivaille,
Le petit bruit mouillé qu’il fait en se léchant.

(Edmond Rostand)

Recueil: Les Musardises
Traduction:
Editions:

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Pendant que rêvant (Komati)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2022




Illustration: Octavio Ocampo
    
Pendant que rêvant,
Pleine de mélancolie,
J’ai laissé souvent
L’heure fuir avec le vent,
La fleur est déjà pâlie!

(Komati)

Recueil: Poëmes de la libellule
Traduction: Judith Gautier
Editions: Beaux-Arts de Paris

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Quand j’ai fui Kyoto (No-Iné)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2022




    
Quand j’ai fui Kyoto,
Du printemps la douce haleine
Caressait la plaine;
Mais, à la frontière à peine,
L’hiver souffle en mon manteau.

(No-Iné)

Recueil: Poëmes de la libellule
Traduction: Judith Gautier
Editions: Beaux-Arts de Paris

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Est-ce au jour qui luit (Mansé)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2022




    
Est-ce au jour qui luit
Qu’il faut comparer la vie ?
A la nef qui fuit ?
Au sillon qui l’a suivie ?
A l’écume qui le suit ?

(Mansé)

Recueil: Poëmes de la libellule
Traduction: Judith Gautier
Editions: Beaux-Arts de Paris

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PARTOUT ON TUE (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2022



 

PARTOUT ON TUE

A quoi servirait-il de fuir ?
Partout on tue, on incarcère.
Le monde est lassé à mourir
De tant de haines et de guerres.

Et l’on a beau scruter le ciel,
Chercher derrière les nuages
Une lueur providentielle,
Rien que la nuit, que les orages.

Et l’on a beau vouloir parler
A cœur franc de ce qui nous hante.
La crainte nous serre le ventre,
Et personne n’ose parler.

Et l’on a beau vouloir crier
Qu’on a les pieds, les mains liés.
Comme personne ici ne crie,
On se tait par humilité.

(Maurice Carême)

Illustration: David Olère

 

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Nous vivions nu-pieds (Franz Hellens)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2021



 

loutre

Nous vivions nu-pieds, tête nue,
l’âme et le coeur à l’avenant,
en compagnie des bêtes de plume et de poil…

Un geai, une loutre,
l’un fuyant par les arbres,
l’autre s’enfonçant dans le gouffre de l’étang,
c’étaient nos demi-dieux.

(Franz Hellens)

 

 

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Quand l’orage viendra (Franz Hellens)

Posted by arbrealettres sur 13 novembre 2021



 

Quand l’orage viendra, les poules
Fuiront sous l’arbre tiède et sec
Moi, j’irai me mouiller la tête
En jouant avec les éclairs.

(Franz Hellens)

Illustration: Jean Martin

 

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