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Poésie

Posts Tagged ‘fulgurer’

QUINCAILLERIE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2020




QUINCAILLERIE

Dans une quincaillerie de détail en province
des hommes vont choisir
des vis et des écrous
et leurs cheveux sont gris et leurs cheveux sont roux
ou roides ou rebelles.
La large boutique s’emplit d’un air bleuté
dans son odeur de fer
de jeunes femmes laissent fuir
leur parfum corporel.
Ilsuffit de toucher verrous et croix de grilles
qu’on vend là virginales
pour sentir le poids du monde inéluctable.

Ainsi la quincaillerie vogue vers l’éternel
et vend à satiété
les grands clous qui fulgurent.

(Jean Follain)

Illustration

 

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Le présent (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2020


Les basques d’une vêture d’épouvantail
battent au vent terrien
s’écroule un mur de tessons
les fins lézards
n’en meurent pas
non plus les enfants acharnés
lançant des pierres au ciel
le présent fulgure
comme lorsqu’il était
désert d’hommes.

(Jean Follain)

Illustration

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QUAND LES ASTRES… (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2020


 


 

QUAND LES ASTRES…

Quand les astres dans les brouillards cosmiques s’éteignent,
Et les tours se perdent dans les fumées
Et les oiseaux luttent contre l’hiver —
Comment nos âmes pourraient-elles chanter ?

Qu’elles scintillent comme cristaux bleutés
Et s’égarent là-bas dans l’azur,
Où dans les siècles nos frères sont restés,
Qui des lointains écoutent notre coeur.

Qu’elles meurent comme les astres meurent,
Et se livrent des guerres cosmiques,
Qu’elles fulgurent et s’éteignent
Et de nouveau se fondent en une autre planète.

(Srecko Kosovel)

 

 

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QUE PENSENT LES ÉTOILES (Itzhak-Leibush Peretz)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2019




Illustration: Vincent Van Gogh

    
QUE PENSENT LES ÉTOILES

Que méditent, à quoi pensent
Les étoiles dans leur transe
Lorsque les larmes qui luisent
Au fond des yeux s’y calcinent ?
Que pense donc, à quoi rêve
La triste source flétrie ?
Fulgure-t-elle, sa brève
Lueur parfois dans la vie,
L’éclair qui nous irradie?
Nous qui recherchons sans trêve
Dans les jours d’obscurité
Pour la pauvre humanité
Le chemin qu’elle perdit?

Que méditent donc, que pensent
Ceux-là sans cesse qui poussent
La brouette des souffrances ?
Est-ce qu’au moins sur leurs lèvres
Que pèlent et que calcinent
Les perpétuels soucis
Brille parfois un sourire ?
Un reflet de l’avenir,
D’un lendemain plus heureux
Qui nous ferait reconnaître
Dans les ténèbres des cieux
Toute dorée, une rive ?

À quoi pense la famine
Dans les caves faméliques ?
Le sommeil ne veut venir
Et la nuit n’est que silence,
Est-ce qu’au moins elle entend
Dans la paix l’écho de fer –

C’est le pas pesant des temps,
Générations en marche,
Est-ce que le ciel se fend
Parfois dans la main de Dieu ?
Est-ce qu’il voit le tonnerre,
Est-ce qu’il sait que c’est vrai?

(Itzhak-Leibush Peretz)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Peu à peu les noms s’effacent (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2019




    
Peu à peu les noms
s’effacent
après avoir tant fulguré.

Dans la nuit
étoiles et chimères tombent.

Ils sont apparus, ils ont disparu.
Reste une vibration, un vol
d’oiseaux pathétiques dans le ciel constant.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Comme un château défait suivi de Syllabes de sable
Traduction:
Editions: Gallimard

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Fulgure encore, aile dorée (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2018




Fulgure encore, aile dorée,
Sur mon arpent désert,
En vain cherchant
Semblance de vallon et de clairière.
Où les passions demeurent
Surgissent peu de fleurs,
Trop loin de cette colline remémorée.

***

Flash again, golden wing,
Across my sterile plot,
Seeking in vain
Similitude of glade and dell.
Where human passions dwell
Few flowers spring,
Too far from that remembered bill.

(Kathleen Raine)

Illustration: John Atkinson Grimshaw

 

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CONTEMPLATION (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2018




    
CONTEMPLATION

Avec une peur ancienne se lamentent ou pleurent les voix.
Des formes fugitives venues pour la cérémonie
où elles arracheront de toi le coeur de ta figure lointaine.

La nuit fulgure au dedans de ton masque.
Elles te percent de croassements,
elles te martèlent d’oiseaux noirs.

Des couleurs ennemies s’unissent dans la tragédie.
Quand nous sommes arrivés au centre de l’obscurité
le bois s’est ouvert.

Les formes épouvantées de la nuit sont mortes
et il n’y a plus eu ni dehors ni dedans.

Elles t’ont précipitée,
tu as disparu le masque à la main.
Et plus rien n’a eu l’air d’un coeur.

(Alejandra Pizarnik)

 

Recueil: Approximations
Traduction: Etienne Dobenesque
Editions: Ypfilon

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L’âge de l’eau (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018



Illustration
    
L’âge de l’eau

Au front des grèves
On voit
L’éternité

Ensemencer l’image

Un songe sourd
Que cachent mal les neiges
Et l’âge

rage y fulgure.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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IRISATIONS (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018



 

Anne Walker  April1995I [1280x768]

IRISATIONS
(sur un livre peint d’Anne Walker)

ce serait
fulgurer et trembler

ouvrir et rassembler
ébranler le temps

ce serait
changer le coeur
de l’adversaire

ce serait
un passage
vers le tout autre

ce serait
ranimer chaque instant

ne plus se posséder
abandonner tous les garde-fous

ce serait
une vigilance fraîche
en prise sur notre radar intime

un éloge du court-circuit

ce serait
une réincarnation permanente

ce serait
une désobéissance retrouvée

respirer respirer
loin des chaînes du connu

ce serait
forcer amoureusement toutes les portes

une immense ouverture
un déchirement du regard

ce serait
ne jamais ôter
son mystère à la réalité

ce serait
une plongée réenchantée

un corps-espace

ce serait
caresser l’indicible
capter le foisonnement

parier sans fin sur l’illimité

(Zéno Bianu)

Illustration: Anne Walker

 

 

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Attendre que du langage même (Jean-Pierre Chambon)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2018



Illustration
    
Attendre
que du langage même
frotté aux aspérités du dehors
fulgure une image
qui enflammera l’esprit

(Jean-Pierre Chambon)

 

Recueil: Tout-venant
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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