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Poésie

Posts Tagged ‘fumer’

Un air de légèreté (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2019


chapeau-et-miroir

 

Une plume donne au chapeau
Un air de légèreté
La cheminée fume.

(Paul Eluard)

 

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LA MORT EST DEVANT MOI (Maurice Chappaz)

Posted by arbrealettres sur 25 octobre 2019



LA MORT EST DEVANT MOI

La mort est devant moi
comme un morceau de pain d’épice,
la vie m’a tournoyé dans le gosier
comme le vin d’un calice.
L’une par l’autre j’ai cherché à les expliquer.
J’ai trempé le pain dans le vin,
je me suis assis,
j’ai fumé,
j’étais sauvage avec les femmes.
Avec les mains, avec l’esprit
j’ai tâché de travailler à des oeuvres qui respirent.
Maintenant je cherche un parfum
dans la nuit.

(Maurice Chappaz)

 

 

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Je dis que c’est bien moi qui ai vécu (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2019



Jean-François Millet 01 [800x600]

 

Je dis que c’est bien moi qui ai vécu
Je dis que c’est bien moi qui suis venu, qui pars
Je le prouve en parlant plus haut que les miroirs
Je dis que j’ai ma place entre les gens qui bougent
Je le prouve en fumant leur tabac, leur chagrin
Je dis que j’ai des droits sur la Colchide
Je le prouve en montrant sa forme en creux dans ma poitrine
Je dis que j’ai des droits sur le néant lui-même
Je le prouve en mangeant mon pain
Le coude sur ma bêche au-dessus de ma tombe.

(Jean Rousselot)

Illustration: Jean-François Millet

 

 

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Tabac (J.J. Grandville)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2019



Tabac

Vous avez sans doute entendu dire que Christophe Colomb,
débarquant à Cuba, vers l’année 1492,
trouva tous les sauvages sur le rivage, un arc à la main, la pipe à la bouche.
Le naturaliste de l’expédition, chargé d’examiner la substance
dont ces sauvages aspiraient le parfum,
découvrit le tabac, qui ne portait pas encore ce nom;
il lui vient de la ville de Tabago,
où les cigarettes naissent toutes roulées sur les plantes.

Avec ces quelques détails vous en savez assez
pour vous faire une réputation d’érudit dans le monde;
c’est pour cela que nous vous les avons donnés,
car, pour notre part, nous ne les tenons nullement pour authentiques.
La vérité est que la Fée aux Fleurs ne pouvait se consoler
du départ de ses compagnes.
Dans sa douleur, elle cherchait à leur jouer
quelque bon tour de sa façon.

Les fleurs, se dit-elle, sont devenues femmes.
Comme telles, les hommages des hommes leur sont nécessaires.
Elles se dégoûteraient bien vite de la terre
si je trouvais un moyen de les leur enlever.
Elle songea alors à un génie jeune, beau, brillant,
génie à bonnes fortunes, s’il en fut jamais,
qui avait renoncé tout-à-coup au commerce des fées,
et s’était retiré dans sa grotte
pour se livrer tout entier au plaisir de fumer.
En apprenant aux hommes à fumer, ils feront comme le génie,
ils s’éloigneront des femmes.
J’ai trouvé ma vengeance.
Et le tabac fut inventé.

Un moment, la Fée aux Fleurs put croire
à la réussite de son entreprise:
les femmes étaient complètement délaissées,
leur empire avait cessé d’exister.
Mais les femmes ont conjuré l’orage,
et leur abaissement n’a pas été de longue durée,
elles ont bien vite trouvé un moyen de reconquérir l’homme;
elles se sont mises à fumer!

(J.J. Grandville)

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La petite flamme (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2019




    
La petite flamme

La flamme modeste d’une bougie
dans une nuit sans un souffle

Brûler droit se consumer
Le parfum calme de la cire

Puis s’éteindre sans résister
La mèche fume un court instant

Ne possédant plus rien
l’univers me possède

(Claude Roy)

 

Recueil: À la lisière du temps suivi de Le voyage d’automne
Traduction:
Editions: Gallimard

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LA CUISINE SENT BON L’OSEILLE (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2019



LA CUISINE SENT BON L’OSEILLE

La cuisine sent bon l’oseille.
La soupe fume sur la table.
La nappe jaune y est semblable
À un rectangle de soleil.

On croirait voir des pâquerettes
Fleurir sur le bord des assiettes.
Les fourchettes et les couteaux
Portent des clartés sur le dos.

Le sel montre son aile d’ange.
Dans un grand plat bleu, les oranges
Sont aussi gonflées que les joues

Des enfants impatients qui soufflent
Sur la fumée où, toute blanche,
Tourne royalement la louche.

(Maurice Carême)

Illustration: Paul Delvaux

 

 

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Je cultive le jardin de la fureur (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2018



    

je cultive le jardin de la fureur

ma soif rouge fumante signale le jour

(Alejandra Pizarnik)

 

Recueil: Approximations
Traduction: Etienne Dobenesque
Editions: Ypfilon

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LES REVES FUMENT (Georges Themelis)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2018



 

Ettore Aldo Del Vigo

LES REVES FUMENT

Yeux et lèvres, chair, vêtement aérien.

C’est une ombre, il cherche sa naissance,
Une autre mère, un autre enfantement.
Il est nu et a froid, il disparaît.

Là, où le corps tombe, s’étend sa forme,
Corps dans le corps, corps de mon corps.

(On nous met au monde, mon Dieu, on nous élève
On nous ferme les paupières et on gémit sur nous.)

Un feu couve qui ne dort jamais
Nous brûle et nous fait flamber : chair, os.

Nous ne pouvons pas nous rencontrer,
Voir la lumière, exister,
Hors du sommeil, hors de la mort.

Hors de la flamme qui nous brûle.

Nous n’existons que dans le feu.
Les rêves fument dans la nuit.

(Georges Themelis)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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Fictive ou réelle (Bernard Noël)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2018



    
fictive ou réelle
la monnaie des mots
paie mal les images

la peau de la langue
et la peau des yeux
ce sont deux espèces

on a trop léché
la folle fêlure
qui casse la vie

on aimerait boire
toute la poussière
que fait la lumière

attraper cela
qui dans la présence
fume sur les doigts

(Bernard Noël)

 

Recueil: Un livre de fables
Traduction:
Editions: Fata Morgana

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Sous le laurier (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2018




    
Sous le laurier le banc de pierre rouillée
est tout humide;
la pluie, sur le mur blanc
a lavé le lierre poussiéreux.

Au souffle tiède du vent d’automne
ondoie le gazon, et les peupliers
conversent avec le vent…
Le vent du soir dans le bosquet!

Tandis que flamboie au couchant le soleil
qui dore les grappes de vigne
et qu’un brave bourgeois sur son balcon allume
sa pipe stoïque où fume le tabac,

je me souviens des vers de ma jeunesse…
Qu’est-il advenu de mon coeur sonore?
Ombres charmantes, est-il donc vrai
que vous fuyiez entre les arbres d’or?

(Antonio Machado)

 

Recueil: Champs de Castille précédé de Solitudes, Galeries et autres poèmes et suivi de Poésies de la guerre
Traduction: Sylvie Léger et Bernard Sesé
Editions: Gallimard

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