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Poésie

Posts Tagged ‘funéraire’

PLOMB (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2019



PLOMB

Les lourds cercueils dormaient de leur sommeil de plomb,
Les fleurs de plomb aussi, les habits funéraires —
Dans le caveau le vent sifflait… et solitaire
J’entendais grincer là les couronnes de plomb.

Pour toujours mon amour dormait… Amour de plomb
Couvert de fleurs de plomb. Alors, dans les ténèbres,
Seul près du corps j’ai crié son nom… froid funèbre…
Et ses ailes pendaient, ailes mortes, de plomb.

(George Bacovia)

Illustration

 

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DÉCOR (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2019



DÉCOR

Les arbres blancs, les arbres noirs
Sont nus dans le parc solitaire ;
Un décor de deuil, funéraire…
Les arbres blancs, les arbres noirs.

Dans le parc
Pleurent les regrets de naguère…
Plumage blanc, plumage noir
Un triste oiseau à voix amère
Traverse le parc séculaire…
Plumage blanc, plumage noir…

Dans le parc
Les spectres vont sous la lumière…

Feuillage blanc, feuillage noir ;
Les arbres blancs, les arbres noirs ;
Plumage blanc, plumage noir
Un décor de deuil, funéraire…

(George Bacovia)

Illustration

 

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NOIR (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2019



NOIR

Fleurs faites cendres, vaste amas de noir…
Cercueils calcinés, d’un noir métallique,
Habits funéraires d’un noir tragique,
Et le noir profond, cet amas de noir…

Étincelles de rêve… amas de noir…
Carbonisé, l’amour n’est que fumée,
Dans la pluie un parfum, plumes brûlées…
Et rien que ce noir, cet amas de noir…

(George Bacovia)

 

 

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Tapis de mousse (Albert de Neuville)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2019



Tapis de mousse

Sur un tapis de mousse, à l’ombre,
Je disais: Vivre est doux,
Lorsque j’y découvris des insectes sans nombre
S’entre-déchirant comme nous.

***

L’ennemi

Sur sa couche funéraire
Pour toujours endormi,
Je regarde mon ennemi
Et je reconnais un frère.

(Albert de Neuville)

 

 

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DANSE (Léon-Paul Fargue)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2017




    
DANSE

Les salades d’escarole
Dansent en robe à paniers
Sous la lune blonde et molle
Qui se lève pour souper.
Un couple d’amants s’isole
Gracieux comme un huilier
Et va sous un mouflier
Voir pousser les croquignoles.

Les salades d’escarole
Demain elles danseront
Dans leur urne funéraire
Sous les faces lunéraires
Qui dînent d’un oeil vairon
Et feront sur leurs frisons
L’escalade des paroles
Et le pas des postillons…

Cependant, la terre gronde,
Et dans cette dame blonde
Et dans ce monsieur qui ment,
La mort, lampe d’ossements,
Consume l’huile qui tombe…

(Léon-Paul Fargue)

 

Recueil: Ludions

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Le silence (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
Le silence

Je n’écouterai plus la chanson des ramiers,
Le bleu roucoulement lentement qui palpite
De leurs couples errants parmi les alisiers;
Je n’écouterai plus la feuille qui crépite,

Eclate hors du bourgeon et s’ouvre en la clarté
D’une aurore d’Avril. Ce que je vois se fane
Et le silence étend sa morne aridité
Dans mon bois intérieur que la bise décharne.

Le paysage est dur, fait de bronze et d’acier
Où le soleil répand des lueurs funéraires
Près des étangs mangés de rougeâtres ulcères.

Le jour souillé vacille aux bords où je m’assieds,
Et tombe ivre d’erreur, de doute et de blasphème:
Tout meurt immensément au dedans de moi-même.

(Marie Dauguet)

 

 

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A UNE JEUNE MORTE (Gyula Illyès)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2015


 


 

Anne Yvonne Gilbert   009834_31 [1280x768]

A UNE JEUNE MORTE

Tu ne dors pas, je le sais, va, tu es morte, et nul rêve
ne vient plus réchauffer ton sourire, figé sur ton visage comme une fleur de givre
Je ne te mentirai plus, je ne te ferai plus miroiter l’espoir du printemps si proche.
Tu es morte à jamais, le souffle a cessé de passer entre tes dents.

Jamais plus tu ne viendras avec nous dans les vignes
Ni chanter sur les routes douces et sablonneuses
Riant comme ce jour où nous t’avions hissée sur le cerisier chargé de fruits
Riant aux éclats de voir tes chaussures dégringoler sous l’arbre
Tu attendais ton amoureux en haut du paysage
Tes jambes à jamais sont fermées par la mort

Qui donc voudrait maintenant s’endormir sur tes boucles?
Tu nous es devenue étrangère, peut-être hostile aussi. Demain
Des mottes glacées heurteront ton cercueil et tandis que rentrés chez nous,
Nous nous mettrons à table, essayant de refouler notre chagrin,
Par la planche humide une goutte froide tombera sur ta nuque tendre et au-dessus de toi
Ton tertre funéraire fondra et la terre se refermera, inexorable.

Certes, nous penserons à toi et puis… ta propre mère t’oubliera!
Ton souvenir s’effacera, comme ton destin qui ne fut qu’un jeu trop sévère.
Un jeu! me dis-je tout à l’heure en passant par la bruyère qui craquait sous mes pas.
Avec toi nous oublierons peu à peu notre jeunesse, la chanson
S’éteindra dans notre vieux coeur obscurci, et si un jour
Nous devions nous retrouver, ton âme de fillette s’écarterait de nous.

(Gyula Illyès)

Illustration: Anne Yvonne Gilbert

 

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