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Posts Tagged ‘fusée’

FEMME FUSÉE (André Pieyre de Mandiargues)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2018



Illustration: Carole Cousseau
    
FEMME FUSÉE

Flamme t’exaltes-tu
Les plumes de ton envolée
N’émouvront nulle cendre,
Mais si s’embrase ta nacre
Entre le corail et la touffe
Je poserai au point focal
De là où le plaisir bouillonne
Un galet poli comme toi
Par des remous de baisers,
Pour le faste et pour l’abondance
Pour le lest que tu jetteras
Femme fusée ma fleur
Quand tu t’enverras dans les verts
Bien plus tiens que le bleu d’en haut.

(André Pieyre de Mandiargues)

 

Recueil: Ecriture ineffable
Traduction:
Editions: Gallimard

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LE BAMBOU (José Juan Tablada)

Posted by arbrealettres sur 30 avril 2018



 

feux-d-artifice

LE BAMBOU

Fusée fine de fête
le bambou sitôt grandi se plie
en pluie de multiples émeraudes.

(José Juan Tablada)

 

 

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Les colombes (Germain Nouveau)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2017



Ni tout noirs, ni tout verts, couleur
D’espérances jamais en fleur,
Les ifs balancent des colombes,
Et cela réjouit les tombes.

Elles éclatent, dans les ifs,
Ainsi que des fruits excessifs,
Effeuillant leurs plumes perdues
Au vent des vieilles avenues.

Dans l’azur qui va s’éclairant,
En haut de l’arbre le plus grand,
Qui monte, tel qu’une fusée,
Une entre autres est balancée.

Sous ses beaux yeux délicieux
Elle semble, d’un coin des cieux,
Couver l’aurore qui s’est faite
Au fond du cimetière en fête.

Et chaque arbre, panache noir
Du plus minable désespoir,
Sous les planches plumes en foule
Est un colombier qui roucoule

Ces oiseaux, dont les voix sont soeurs,
Ces adorables obsesseurs,
Ce sont évidemment les âmes
Des demoiselles et des dames

Dont la tombe douce reluit
Et dont la lune, chaque nuit,
Epelle, à ses lueurs glacées,
Les épitaphes insensées!

(Germain Nouveau)


Illustration

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Rouleaux de ta seconde terre (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2017



 

Rouleaux de ta seconde terre, mis au jour
par mes mains lentes, incendiaires.
Le ciel dans ton nom — se laissant couler le long
des arêtes de bleu : le ciel
rugissant sur le blé.
Ne demande pas — pour quoi. Ne dis rien.
Regarde. Parades de vaincus
pour qui j’ai déchiré
le tambour. Ton autre vie, embrasée dans la fusée
de celle-ci. Miches crues : inapaisable
rétine.

(Paul Auster)

Illustration: Alberto Pancorbo

 

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Dans l’eau (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2017



 

Dans l’eau — mon absence dans l’aridité. Une fleur.
Une fleur qui définit l’air.
Dans la profondeur du puits, ton corps est fusée.

(Paul Auster)

Illustration: Fan Ho

 

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J’AI UN ARBRE EN MOI… (Nâzim Hikmet)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2016





J’AI UN ARBRE EN MOI…

J’ai un arbre en moi
Dont j’ai rapporté le plant du soleil,
Poissons de feu ses feuilles se balancent
Ses fruits tels des oiseaux gazouillent.

Les voyageurs depuis longtemps sont descendus de leur fusée
Sur l’étoile qui est en moi,
lls parlent ce langage entendu dans mes rêves,
Ni ordres, ni vantardises, ni prières.

J’ai une route blanche en moi
Y passent les fourmis avec les grains de blé,
Les camions pleins de cris de fête,
Mais cette route est interdite aux corbillards.

Le temps reste immobile en moi,
Comme une odorante rose rouge,
Que l’on soit vendredi et demain samedi
Que soit passé beaucoup de moi, qu’il en reste peu ou prou
Je m’en fous !

(Nâzim Hikmet)

Illustration: Gustav Klimt

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Moi j’irai dans la lune (René de Obaldia)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2016



Moi, j’irai dans la lune
Avec des petits pois,
Quelques mots de fortune
Et Blanquette, mon oie.

Nous dormirons là-haut
Un p’tit peu de guingois
Au grand pays du froid
Où l’on voit des bateaux
Retenus par le dos.

Bateaux de brise-bise
Dont les ailes sont prises
Dans de vastes banquises
Et des messieurs sans os
Remontent des phonos.

Blanquette sur mon coeur
m’avertira de l’heure :
Elle mange des pois
Tous les premiers du mois.

Elle claque du bec
Tous les minuits moins sept.
Oui, j’irai dans la lune !
J’y suis déjà allé
Une main dans la brume
M’a donné la fessée,

C’est la main de grand-mère
Morte l’année dernière.
(La main de mon Papa
Aime bien trop les draps !)

Oui, j’irai dans la lune,
Je vais recommencer.
Cette fois en cachette
En tenant mes souliers.

Pas besoin de fusée
Ni de toute une armée,
Je monte sur Blanquette
Hop ! on est arrivé.

(René de Obaldia)

Illustration: Corinne Delhaye

 

 

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Le sourire (Remy de Gourmont)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2015



Le sourire

Le sourire est un dieu équivoque, lumière
Éphémère, fuyante risée des libellules
Qui rasent l’eau dormante et claire des étangs verts.

Frère d’Eros, il a des ailes minuscules
Et aux flèches d’argent qui peuplent son carquois
La pointe est un désir et la barbe un scrupule.

Ses yeux sont des saphirs heureux, discrètes joies
D’amour, mais quand l’oubli amuse ses prunelles,
Ils ont l’air de lapis, souvent, ou de turquoises.

La bouche est rouge, elle a la grâce d’un pastel
Et le pourpre très doux, le velours d’un œillet ;
Quand elle s’ouvre, il en sort un ruban d’étincelles.

Le sourire est un être équivoque, si léger
Qu’il ne pose pas plus qu’un oiseau sur la branche.
Il vole et se renvole, il nargue les aguets.

On croyait le tenir, il a fui comme un charme.
Pas plus qu’une hirondelle on ne le prend au piège
Et s’il était captif, il mourrait dans sa cage.

Il s’arrête par-ci par-là, dans un cortège
D’éclairs, jase et d’un seul coup d’aile part en fusée.
Il fait joujou, il raille, car il est très espiègle.

Il est lumière, il est parfum, il est rosée,
Il se métamorphose : flambeau, phosphorescence,
Étoile au crépuscule ; feu follet dans les prés.

Il est lumière, il a autour de ses cheveux,
Les violets, les zinzolins, les améthystes,
Les sinoples, les roses, les mauves et les bleus,

Les nuances, mais surtout les douteuses : les tristes,
Ces fleurs pâles d’avoir trop aimé le soleil,
Les blondes, ces plaisirs où l’on s’endolorise,

Les blancs trempés un peu de chair ou de paillet,
Les outre-mer, les pers et les glauques divins,
Dont se teignaient les yeux moqueurs des Immortelles.

– Oh ! les piquants bitumes sous des yeux libertins !
Oh ! les brûlants cinabres sur des joues de déesses,
Diane aux genoux blancs, et toi Vénus aux seins

Prédestinés ! – Il est parfum, et les caresses
Des odeurs souveraines animent ses baisers,
Baumes métaphysiques, spasmes par catachrèse !

Il est lumière, il est parfum, il est rosée.

Le sourire est un dieu équivoque et charmeur.
– Envoi. – Ah ! chère ! Il t’aime, il vient à toi en roi.
Il installe son charme et sa grâce en ton cœur,

Il adore tes lèvres, tes yeux, tes dents, ta voix.

(Remy de Gourmont)

 

 

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De mes vers, écrits si tôt (Marina Tsvétaïéva)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2015



De mes vers, écrits si tôt
Que je ne me savais pas poète,
Jaillis comme l’eau des fontaines,
Comme le feu des fusées,

S’engouffrant comme des diablotins
Dans le sanctuaire plein de rêves et d’encens,
De mes vers de jeunesse et de mort
— De mes vers jamais lus! —

jetés dans la poussière des librairies
(Où personne n’en veut ni n’en a voulu),
De mes vers, comme des vins précieux
Viendra le tour.

(Marina Tsvétaïéva)


Illustration: René Magritte

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Je vous ai bien eus (Michel Sardou)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2015




Je sortais tout droit du Grand Meaulnes
Avec mes airs d’adolescent.
Je n’étais pourtant plus un môme
Depuis déjà longtemps.

Tu me prenais pour un poète,
Le pauvre type de toujours.
Les filles se payaient ma tête
Quand je parlais d’amour.

Je vous ai bien eus.
Je vous ai bien eus.

Je disais souvent : « L’Amérique,
Je sais que moi j’irai un jour
Et que j’en reviendrai plus riche
Que Dupont de Nemours. »

J’ai pris tous les avions du monde,
Dormi dans tous les trains de nuit,
Aimé dans des bordels immondes
Des femmes aux cheveux gris.

Je vous ai bien eus.
Je vous ai bien eus.

Je n’vous ressemblais pas.
Vous ne m’avez pas cru
Mais je vous ai bien eus,
Je vous ai bien eus.

J’ai toujours dansé sur les vagues
Quand on croyait que je sombrais.
Ma vie avait l’air d’une blague
Et pourtant, c’était vrai.

Je me suis fait, des jours de fête,
Eclater des fusées d’amour,
Comme je vais faire sauter ma tête
A l’aube du dernier jour.

Je vous ai bien eus.
Je vous ai bien eus.

Y avait déjà longtemps
Que je ne m’aimais plus
Mais je vous ai bien eus,
Je vous ai bien eus.

(Michel Sardou)

Illustration

 

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