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DÉSIR DE FUSION DANS L’ÉTREINTE (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2018




    
DÉSIR DE FUSION DANS L’ÉTREINTE

En vain dans tes grands yeux quelque bûcher s’allume,
En vain de tes baisers le tourment me consume,
Mes lèvres sont meurtries, mais je veux davantage !

Pour arracher ta robe, un feu incendiaire
En vue des cieux profonds halète dans ta chair.
Et qu’y a-t-il encor? Mais je veux davantage.

Pareil au nourrisson que sa catin de mère
Pour qu’il morde le feu jette en la poudrière,
Voici mon сoeur, mon coeur si beau, fou de désir !

Ah! combien j’aimerais que nos corps s’unissant,
Le sang, le mien, le tien ne soient qu’un même sang,
Fleuves unis par l’ouragan qui va finir !

Double, notre âme unique alors s’envolerait,
Calme, vers l’infini; mais qui l’effacerait,
Juste pour un seul corps et que plus rien ne touche,

Rêve de tristes fleurs qui vont éclore ensemble,
tel un subtil parfum dans la brise qui tremble,
Lorsque s’apaise enfin la tourmente farouche.

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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La mémoire se fixe sur la douceur des peaux (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2018



 

Illustration: Adèle Verger
    
— Fourbe est l’oubli des morts
qu’on a aimés vivants,
cruelle, l’illusion qu’aimer
se passerait des corps,

Montre-toi dans la lumière crue,
laisse-toi toucher, caresser, lécher,
laisse-moi t’enlacer à te couper le souffle,
laisse-toi envahir, conquérir, détenir,
laisse-moi m’égarer, me perdre
en cette invasion lente,

La mémoire se fixe sur la douceur des peaux,
la force des silences, les seuls mots incarnés,
alimente l’image des moments finis,
de l’humide fusion de nos corps épuisés ;

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

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Le soir d’été (Ernest Raynaud)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2017



    

Le soir d’été retient en adoration
Mille oiseaux bleus, charmants et fiers comme des vices
Cependant que s’opère en moi la fusion
D’Aphrodite et d’Hermès avec que de délices !

Le jeune Ange du, lieu me jette un oeil propice,
Et je célèbre la messe de Passion,
En attendant au ciel magique de Sion,
La lune qui doit agréer le Sacrifice.

Des lampyres par l’herbe éveillent sous mes pas
Des clartés que l’Etoile angélique n’a pas ;
Et tout un pan de ciel adorable s’incline

Vers ia masse fleurie et sombre des halliers,
Où je vois, aux accents de la Flûte apriline,
Les Sexes s’irruer comme autant de béliers.

(Ernest Raynaud)

Recueil: Chairs profanes
Editions: Léon Vanier

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Nous nous courbons nous nous tendons (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2017



Nous nous courbons nous nous tendons nous nous
Faisons face nous nous croisons nous nous côtoyons
(Je suis vêture pour toi, tu es pour moi vêture)
La sève lève
La peau prend la couleur de la violette et le goût de la mer
A l’appel du large quand nos extrémités lâchent les amarres

Nous entendons le gémissement des secrets
Nous pouvons apercevoir nos veines s’habiller de mort

Nous nous tendons comme l’arc puis nous tombons

Ah l’eau rédemptrice l’amour
Pourquoi la fatigue le repos ô fusion plus complète que celle de l’eau ô amour ?

(Adonis)

Illustration: Pascal Renoux

 

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VALSE MYSTIQUE (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2017



coeurs-volants

VALSE MYSTIQUE

Le soir, quand paraît la première étoile,
Les cœurs de tous ceux qui sont morts d’amour
Viennent vers la terre et fendent le voile
Qui les cache aux yeux des vivants, le jour.
Alors, dans la nuit brune et fantastique,
Leur sang meurtri pleut et retombe en pleurs
Sur l’herbe, troublant la mélancolique
Chanson de sanglots du vent dans les fleurs.
Et les cœurs en peine, et les pauvres cœurs
Dansent dans les airs la valse mystique !…

Ils accourent tous !… le cœur du poète
Et de son amante aux yeux langoureux,
Le cœur de l’éphèbe à la blonde tête,
Le cœur torturé des vieux amoureux,
Le cœur de la vierge aimante et pudique,
Le cœur de la femme aux baisers trompeurs,
Ils accourent tous !… pris d’un nostalgique
Besoin de revoir le val des douleurs.
Et les cœurs en peine, et les pauvres cœurs
Dansent dans les airs la valse mystique !…

Ils tournent noyés dans des flots d’extase,
Parmi des parfums lourds et capiteux
Tandis que la lune au front de topaze
Etincelle au fond du ciel nébuleux ;
Et leur tourbillon noir et magnétique
Poursuit son chemin, semant des lueurs
D’or en fusion dans la magnifique
Splendeur de l’espace aux vagues pâleurs.
Et les cœurs en peine, et les pauvres cœurs
Dansent dans les airs la valse mystique !…

Mais, sitôt que perce un clair rayon d’aube
Et qu’un chant d’oiseau bruit dans le vallon,
Leur essaim léger au loin se dérobe
Et plus rien !… alors, plaintifs, ils s’en vont,
Pour rentrer, passer sous le grand portique
D’azur diaphane enlacé de fleurs
D’opale où le Dieu calme et pacifique
Dénombre, un par un, le troupeau des cœurs.
Et le lendemain, tous les pauvres cœurs
Reviennent danser la valse mystique.

(Gaston Couté)

 

 

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SURSEOIR À L’ADIEU (Jean-Claude Xuereb)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2017



 

Kathryn Jacobi   (4)

SURSEOIR À L’ADIEU

Lorsque le vaisseau brûle
que sauver du naufrage ?
le sourire friable
d’un être qui s’éloigne?
le bief assoiffé d’une vie
que des yeux affaiblis
ne peuvent situer
au trajet brouillé d’un destin?

De quel choix aurons-nous loisir
sauf celui du renoncement ?

La tiédeur de nos mains
sur l’émotion des doigts
souffle à souffle ajustés
la fusion de deux corps
éperdus dans l’envol
en faille d’infini
par éclair entrevu

Le désir obstiné
du désir nous tenaille
dans cette imprévision
d’un chatoiement des jours
nous berne l’illusion
contre toute évidence
de surseoir à l’adieu

(Jean-Claude Xuereb)

Illustration: Kathryn Jacobi

 

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BELLE (Guy Créquie)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2016



BELLE

Visage d’ange
Prestance naturelle
Jambes élancées
Yeux d’un bleu indigo
Chevelure ample
Poitrine accueillante

Belle, elle est
Dans la clarté du jour
Mon corps s’illumine
Du désir d’aimer
Fusion envisagée
Le rêve est éternité.

(Guy Créquie)

Illustration: Carolus Duran

 

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Qu’est-ce qu’un baiser?… (Colette Rigoulot-Michel)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2016



Qu’est-ce qu’un baiser?…
Un petit coin de paradis
Deux cœurs sous le même abri

Qu’est-ce qu’un baiser?…
C’est la fusion momentanée
De deux êtres qui ont trop brûlé

Qu’est-ce qu’un baiser?…
C’est l’âme de l’amour
Que l’on boit un peu chaque jour

Qu’est-ce qu’un baiser …
C’est de l’amour, la communion
De deux êtres en toute pureté

Qu’est-ce qu’un baiser?…
C’est l’approche de l’union
A petits pas feutrés

Qu’est-ce qu’un baiser …
C’est le point de la vie
Sur le verbe « Aimer »

(Colette Rigoulot-Michel)

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A peine si j’écris (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 8 décembre 2015



A peine si j’écris :
je recopie les images
en fusion dans l’air.

(Christian Bobin)

 

 

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Chemin des gouttes (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2015


gouttes2

Chemin des gouttes
sur la vitre
courses lentes
et fusion
dans la disparition

(François de Cornière)

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