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LE VENT SE LEVE AVEC LE JOUR… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2019



LE VENT SE LEVE AVEC LE JOUR…
A Maurice Fombeure.

Le vent se lève avec le jour
Et fait le tour de la maison
Où la douleur sommeille encore
Entre les bras qui l’on bercée
A l’ombre des futaies du sang.

Le vent se lève avec le jour
Et crache noir dans la rosée
Sur les chalands aux longes molles
Sur les ferrailles oubliées
Qui recommencent d’exister.

Le vent se lève avec le jour
Et sous l’aisselle un vieux soleil
Qui roule à travers la mémoire
Comme un morceau de pain rouillé
Sur les dalles de la prison.

L’homme ne tardera plus guère
On l’entend geindre et se débattre
Dans le cilice de sa chair
Et réchauffer de son haleine
L’oeuf purulent de son amour.

(Jean Rousselot)

 

 

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La demoiselle (Théophile Gautier)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2018



La demoiselle.
Sur la bruyère arrosée
De rosée ;
Sur le buisson d’églantier ;
Sur les ombreuses futaies ;
Sur les haies
Croissant au bord du sentier ;

Sur la modeste et petite
Marguerite,
Qui penche son front rêvant ;
Sur le seigle, verte houle
Qui déroule
Le caprice ailé du vent ;

Sur les prés, sur la colline
Qui s’incline
Vers le champ bariolé
De pittoresques guirlandes ;
Sur les landes ;
Sur le grand orme isolé,

La demoiselle se berce ;
Et s’il perce
Dans la brume, au bord du ciel,
Un rayon d’or qui scintille,
Elle brille
Comme un regard d’Ariel.

Traversant, près des charmilles,
Les familles
Des bourdonnants moucherons,
Elle se mêle à leur ronde
Vagabonde,
Et comme eux décrit des ronds.

Bientôt elle vole et joue
Sur la roue
Du jet d’eau qui, s’élançant
Dans les airs, retombe, roule
Et s’écoule
En un ruisseau bruissant.

Plus rapide que la brise,
Elle frise,
Dans son vol capricieux,
L’eau transparente où se mire
Et s’admire
Le saule au front soucieux ;

Où, s’entr’ouvrant blancs et jaunes,
Près des aunes,
Les deux nénuphars en fleurs,
Au gré du flot qui gazouille
Et les mouille,
Étalent leurs deux couleurs ;

Où se baigne le nuage ;
Où voyage
Le ciel d’été souriant ;
Où le soleil plonge, tremble,
Et ressemble
Au beau soleil d’Orient.

Et quand la grise hirondelle
Auprès d’elle
Passe, et ride à plis d’azur,
Dans sa chasse circulaire,
L’onde claire,
Elle s’enfuit d’un vol sûr.

Bois qui chantent, fraîches plaines
D’odeurs pleines,
Lacs de moire, coteaux bleus,
Ciel où le nuage passe,
Large espace,
Monts aux rochers anguleux,

Voilà l’immense domaine
Où promène
Ses caprices, fleur des airs,
La demoiselle nacrée,
Diaprée
De reflets roses et verts.

Dans son étroite famille,
Quelle fille
N’a pas vingt fois souhaité,
Rêveuse, d’être comme elle
Demoiselle,
Demoiselle en liberté ?

(Théophile Gautier)

 

 

 

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Pourquoi (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2017



Pourquoi, pour attendre la neige,
la futaie se met-elle nue ?

Et comment savoir qui est Dieu
parmi les Dieux de Calcutta ?

Et pourquoi tous les vers à soie
vivent-ils si déguenillés ?

Pourquoi le coeur de la cerise
est-il si dur en sa douceur ?

Est-ce parce qu’il doit mourir
ou parce qu’il doit subsister ?

(Pablo Neruda)

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NATURE (Louis Olivier)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2016



NATURE

Le ciel ne change en rien
par-dessus la futaie,
chaque fois que, plus bas,
dans l’ombre du sous-bois,
tombe une branche morte.

(Louis Olivier)

 

Illustration: ArbreaPhotos

 

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LA VUE (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2016



LA VUE

Ça vivant qu’était-ce donc
Qui a traversé la route
Entre les futaies natives
Que l’on pousse devant soi ?

A peine a-t-on vu sa couleur
Jusqu’à l’angoisse on en discute
Et de savoir si c’est là-bas
Ou bien tout juste sous nos pas
Qu’a bondi cette vie
Sans espèce et sans forme
Soudoyant notre vue
Pour nous faire plus grands
Ou plus petits encore
Sur cette route que
Nous n’avons pas tracée.

(Jean Rousselot)

Illustration: Pyatigorets Georgy

 

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DIVERSITÉ (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2015



DIVERSITÉ

L’ombre. Le ruisseau murmure
La fontaine parle bas
Brouillards nacrés de l’automne
Le bouc sacré s’en étonne
Et bêle vers les combats

Sur la place d’un village
Appelé La Villéon
Par les beaux soirs de reinage
On entend l’accordéon

Des solipèdes hostiles
Galopent sous les futaies
Cependant que je me tais
Mais j’ai le coeur tout tremblant d’îles.

(Maurice Fombeure)

Illustration

 

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MÉMOIRE (Jean-Pierre Schlunegger)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2015



MÉMOIRE

Premières lueurs de l’herbe,
La fille aux bras de bronze,
Et le soleil qui tourne sur la forêt
Comme un archange.

Je ne ramasse plus de sable fin
(Dans la mousse étincelle un brouillard de rosée)
Mémoire de mes jours, mémoire
Du feu le plus lointain, le plus secret
Que ma vie ait logé dans les hautes futaies.

Moulin du vent, gardien des anciennes fraîcheurs,
Ensilage de rêves,
Mes granges d’autrefois, dévorées de soleil,
Noires comme du velours sous sa dent charbonnière,
Je vous attends, je vous reçois d’un même souffle.

Jusqu’à la nuit, nous chanterons sur les étangs, sur la rivière,
Jusqu’à la nuit, parmi les joncs et les bruits d’ailes,
Jusqu’à la nuit, et quand sonnera l’heure
Comme la masse
D’un boucher noir, nous nous tairons,
Pétrifiés.

(Jean-Pierre Schlunegger)

 

 

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