Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘futur’

Dans le tissu du poème (René Char)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2019



 

Talon Abraxas 1980 - British Surrealist painter - Tutt'Art@ (31) [1280x768]

Dans le tissu du poème doit se retrouver un nombre égal de tunnels dérobés, de chambres d’harmonie,
en même temps que d’éléments futurs, de havres au soleil, de pistes captieuses et d’existants s’entr’appelant.
Le poète est le passeur de tout cela qui forme un ordre.
Et un ordre insurgé.

(René Char)

Illustration: Talon Abraxas

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Temps passé et Temps futur (Thomas Stearns Eliot)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2019



 

Ettore Aldo Del Vigo -   (89)

Temps passé et Temps futur
Permettent à peine d’être conscient.
Être conscient, ce n’est pas être inscrit dans le temps.
Et pourtant
Et pourtant, c’est seulement á l’intérieur
du temps que le moment dans le jardin des roses
Que le moment sous la tonnelle où battait la pluie
Que le moment dans l’église où soufflait le vent et où retombait la fumée
Peuvent être remémorés; enchevêtrés dans le passé et le futur.
C’est seulement dans le temps que peut être conquis le temps.

(Thomas Stearns Eliot)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

La rivière coule en nous (Thomas Stearns Eliot)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2019



 

Ettore Aldo Del Vigo -  (40)

La rivière coule en nous
Je suis ici ou là, ou ailleurs
Essayant de délier, de dérouler, de démêler
Et de réassembler le passé et le futur.

(Thomas Stearns Eliot)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

HIER FUT LA FIN (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2019




    
HIER FUT LA FIN

Hier fut la fin le chaos
l’indiscernable. Mais
de l’horreur naquit le passage entre
les blocs.
Vint le frisson
secouant les rafales
soubresauts de l’obscur.
S’avança le silence
ordonnateur inventeur
de pauses, d’oublis souverains.
Il fut permis de voir d’entendre
d’accéder aux cimes froides
où clame la clarté
où tout commence
avec la pointe et l’éclair
le rythme et la faux le secret
la fuite joyeuse des temps, le cruel
message à déchiffrer
puis à déchirer à jeter,
le peu à peu le bientôt
le jamais encore
l’ombre aux abois le peut-être
les lueurs
futures
le feu qui grandit
le souffle

porteur de la parole.

Mais c’est le souffle aussi
qui saura seul
éteindre tout
pour rendre à la Nuit
son empire.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

C’EST À DIRE (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2019




Illustration: Fernand Dubuis

    
C’EST À DIRE
(Le bruit qui n’est pas entendu)

Pour Fernand Dubuis, qui a enrichi ce texte de couleurs rares aux harmonies inattendues.

Au tournant du verbe
accablé de masques
dont l’être intermittent
parfois surgit
lampe éphémère
pour que renaissent
les ténèbres
en vain refoulées
parfois plonge à l’oubli définitif
recours
depuis l’origine inconnue
jusqu’au-delà du futur
où tant de douleurs
enfin pétrifiées seront
c’est-à-dire
ne seront plus
voici pour le veilleur
ensommeillé
l’écho qui s’interroge
au-dehors sans répondre
le sifflement de l’ennemi
sous la porte
peut-être la clé
perdue
ou du moins ce mince fil
conducteur de vocables
mais pour qui mais pourquoi
s’il n’est rien
s’il s’enroule inutile
à l’index
ou s’il
retentit solitaire
ou s’il est incapable
de révéler autre chose
que sur le sol
à l’ombre de l’été
ce peu de traces
d’un passage
ou le bruit qui n’est pas entendu
ou les couleurs légères
de l’averse que le soleil
dispense à l’ennui
du littoral
lorsque tout espoir
et tout mal
évanouis
le sable
entonne le tumulte
les cris les rires
la blessure
et le silence même
dans une tête
aux dents serrées
inutile témoin
sur l’astre feu
lentement refroidi
d’être là
et ainsi et ainsi
et toujours
et si vous voulez
que je m’arrête
donnez-moi le mot
sinon— sans fin

je continue.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Axiome (Maggy De Coster)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2019



 cahier

Axiome

Dans mon cahier de brouillon
j’ai brouillé la piste des étoiles
hachuré la courbe des ans
dessiné les contours du futur
schématisé la forme des saisons
tracé le diagramme des tropiques
souligné les paramètres de la vie
illustré les arcanes de l’amour
décalqué les lunaisons des sentiments
Reste à boucler le cycle de ma jeunesse

(Maggy De Coster)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Sang d’étoile (Alain Suied)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2019



Illustration: Renaud Baltzinger
    
Sang d’étoile

Tu viens des étoiles
et ta parole de lumière
brille
— un défi au néant
ou l’ultime feu d’une mémoire
abolie ?

Tu reviens
des étoiles
et ton regard enfin
s’ouvre
sur la lumière perdue
mais future
de notre exil inassouvi.

(Alain Suied)

 

Recueil: Sur le seuil invisible
Traduction:
Editions: Arfuyen

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Un poème a perdu l’image (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2019



Illustration
    
Un poème a perdu l’image qui le fit naître.
La petite illumination qui accompagnait l’image
et qui l’avait peut-être créée,
resta là désabritée comme un vol sans oiseau.

La petite illumination
oublia alors le poème
et entra dans les yeux du poète
afin qu’ils voient au moins
le poème non écrit.

Et aussi pour attendre en eux
et s’ajouter à tout poème futur.

***

Un poema perdió la imagen que lo hizo nacer.
La pequeña iluminación que venía con la imagen
y que quizá la había creado,
quedó allí desguarnecida como un vuelo sin pájaro.

La pequeña iluminación
olvidó entonces al poems
y ypenetró en los ojos del poeta,
para dejar que vieran por lo mens
el poema no escrito.

Y además para aguardar en ellos
y sumarse a cualquier poema futuro.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

POUR lire ce que j’aime lire (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2019




    
POUR lire ce que j’aime lire
je devrais l’écrire.
Mais je ne sais pas l’écrire.
Personne ne sait l’écrire.

S’agirait-il d’une écriture perdue
ou peut-être d’une écriture du futur ?

Il se peut que j’aime lire
ce qui ne peut s’écrire.
Ou simplement ce qui ne peut se lire
bien que cela s’écrive.

***

PARA leer lo que quiero leer
tendría que escribirlo.
Pero no sé escribirlo.
Nadie sabe escribirlo.

¿Se tratará de una escritura perdida
o acaso de una escritura del futuro?

Tal vez quiers leer
lo que no se puede escribir.
O simplemente lo que no se puede leer,
aunque se escriba.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Onzième Poésie Verticale
Traduction: Fernand Verhesen
Editions: Lettres Vives

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

ÉLÉGIE (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2018




    

ÉLÉGIE

La défunte gaieté d’années insensées
pèse sur moi comme un vin mal cuvé.
Mais comme le vin, la tristesse de jours passés
croît en mon âme à mesure des années.
Triste vie ! De la mer houleuse du futur
ne m’attend plus guère que peines et labeurs.

Pourtant non, je ne veux pas mourir !
Mais je veux vivre et penser et souffrir
et même trouver certaine jouissance
aux soucis, aux peines et adversités
— il m’arrive d’en tirer des larmes —
et une certaine harmonie de mon cru.
Et qui sait si l’heure crépusculaire
ne m’enverra, de l’amour, un dernier sourire ?

***

(Alexandre Pouchkine)

 

Recueil: L’heure de la nuit Poèmes
Traduction: Christiane Pighetti
Editions: De la Différence

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :