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Poésie

Posts Tagged ‘fuyant’

L’Impasse (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2019



 

Elena Kalis  -1

Surprends l’inconnu d’en face,
surprends l’hôte de l’impasse.

[…]

Serais-tu dans cette impasse
un fuyant reflet de glace ?

(Georges Libbrecht)

Illustration: Elena Kalis

 

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La terre est un pacage des étoiles (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2019




    
La terre est un pacage des étoiles
ou peut-être la zone d’opérations
d’un voleur invisible.
Quoi que nous fassions ou prenions,
c’est concurrence ou usurpation,
transgression d’un droit
qui nous surveille secrètement d’en haut,
violation d’un principe antérieur à nous.

Être est donc un vol.
Être, c’est être contre quelque chose,
contre une substance fuyante
qui occupe toujours les lieux où nous sommes
et filtre par le moindre interstice.
Être est quelque chose d’interdit
à quoi nous sommes néanmoins sinistrement obligés.
A moins qu’être ne consiste simplement
à aller dérober ailleurs,
là où le vol n’est pas un délit.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Nouvelle Poésie Verticale
Traduction: Roger Munier
Editions: Lettres Vives

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FRÊLE PASSAGER (Armand Robin)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2019




    
FRÊLE PASSAGER

Fleurs, nuages, reflets de la lune,
Bourgeons engourdis dans les forêts d’avril,
Chant du coucou, aile fuyante de l’hirondelle
Me font changer.

Les visions légères et passagères du monde,
L’impermanence des jours, la danse rapide des êtres
Des papillons indécis, des pèlerins au carrefour des routes
Bougent dans ma vie.

Je bouge pour une immense, étonnante vie.
Je parle, je bouge aussi pour la mort.

(Armand Robin)

 

Recueil: Ma vie sans moi suivi de Le monde d’une voix
Traduction:
Editions: Gallimard

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Je me souviens des longs tourments (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



 

Illustration: Evaristo
    
Je me souviens des longs tourments :
La nuit se mourait aux fenêtres;
Elle se tordait les bras, son image
Luisait dans les rayons du jour.

Cette vie, fuyant, inutile,
Blessait, brûlait et humiliait:
Et tel un spectre se dressant,
Le jour profilait les coupoles;

Sous la fenêtre, plus pressant
Se faisait le pas des passants;
Et, dans l’eau grisâtre des flaques,
La pluie faisait des ronds.

Le matin n’en finissait pas…
La question vaine taraudait,
Et rien n’a résolu l’averse
De larmes folles du printemps.

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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À L’ARNO (Mario Luzi)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2017



Illustration
    
À L’ARNO

Sur la rive qui freine ta pâleur
cherchant dans ton pas profond
la force qui toujours te fait descendre
nous sentions trembler au coeur
notre pureté, sans plus y croire,
comme un pauvre voilé d’un songe
sourit à cette fuyante caresse.

***

ALL’ARNO

Sulla sponda che frena il tuo pallore
cercando nel tuo passo profondo
la forza che ti fa sempre discendere
not sentivamo tremare in cuore
la nostra purezza, senza credervi
più, come un pavero velato da un sogno
sorride di quella sfuggente carezza.

(Mario Luzi)

 

Recueil: Dans l’oeuvre du monde
Traduction: Philippe Renard, Bernard Simeone
Editions: Editions Unes

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Fuyante proie (Avot Yeshurun)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2017



Illustration
    
Fuyante proie
Une tourterelle est entrée dans le soir de l’arbre
comme une petite poire chaude.
Fondante. Merveille de poire.
Trésor à portée de main.

Il y eut une fois dans l’enfance
une merveille d’oiseau dans le creux de la main : rêve irréalisé.
Mais maintenant — prends-la. Tiens-la bien.

(Avot Yeshurun)

 

Recueil: Anthologie de la poésie en hébreu moderne
Traduction: B. Formentelli
Editions: Gallimard

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Noeud après noeud (Aïcha Arnaout)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2017



Noeud après noeud
tu te recourbes de plus en plus
improvisant ton histoire réversible

des naissances narcissiques
des morts ambiguës

ce n’est qu’un trompe-l’oeil
d’un subtil cheminement
maillé à l’invisible

avec ta peau de sable
tes rides de vent
comment te saisir
dans ces sillons fuyants?

(Aïcha Arnaout)

Recueil: L’inventaire des choses (Anthologie)
Traduction: Aïcha Arnaout
Editions: Action Poétique

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A la limite de la lumière et de l’ombre (Odilon-Jean Périer)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2017



 

 

A la limite de la lumière et de l’ombre
Je remue un trésor plus fuyant que le sable
Je cherche ma chanson parmi les bruits du monde
Je cherche mon amour au milieu des miracles

Un poème commence où la voix s’est brisée
Et je fais mon bonheur en dénouant tes mains
Quand nous nous rencontrons au bord d’une journée
Nouvelle, au bord de l’aube où le ciel nous rejoint

(Odilon-Jean Périer)

 

 

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La réalité de notre monde (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2016



 

Comme les rayons issus d’une puissante source,
la réalité de notre monde s’affaiblit et se perd à mesure qu’elle s’éloigne de nous.
Ma main qui soulève un marteau tient le réel,
mais mon regard, élevé jusqu’aux lieux les plus hauts de la nuit,
n’atteint que des Idées, des Fantômes, un fuyant déferlement de songes
qui va mourir au bord de ce qui n’est pas.

(Jean Tardieu)

Illustration: Fan Ho

 

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La fuyante (Jacques Charpentreau)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2016



La fuyante

Vous me croyez douce et soumise
Mais malgré vos yeux grands ouverts,
Moi, je vous échappe à ma guise
Et je joue la fille de l’air.

Fille de l’air, enfant du songe,
Je pars au gré de mon caprice,
Sur une brise je m’allonge,
Dans un courant d’air je me glisse.

Quand je suis lasse, je repose
Sur un blanc coussin de nuage,
Avec le parfum de la rose
Sur l’aile du vent je voyage.

(Jacques Charpentreau)

 

 

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