Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘fuyante’

Muse (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2018


La même
avec son redoublement réel.

venue par le sentier
des formes vides, des branches, des pluies.

nommée de très loin. disparue
apparaissante fuyante surgie.

la même dans l’absolue
présence. totale différente visible.
ailleurs toujours ici.

dans ce miroir où la mort
est égale à la mort.

corps nuageux
corps profond.

avec ses cheveux légers
et les mots qui s’éveillent
comme des villages.

(Lionel Ray)

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Le sourire (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2016



Je ne sais pas de meilleure façon de penser
que le sourire
Cela ouvre le visage
et la vérité qui est fragile
qui est fuyante plus que l’eau
craintive plus que l’ombre
le petit écureuil de la vérité
s’approche sans trop trembler
d’un visage sans clôture

(Anonyme)

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A Rouen, rue Ancrière (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2016



 

Sergey Kondrashov   mysterious-night

A Rouen, rue Ancrière

Je n’ai vu qu’un regard de cette belle morte
A travers le volet qui touche à votre porte,
Ma soeur, et sur la vitre où passa ce regard,
Ce fut l’adieu d’un ange obtenu par hasard.

Et dans la rue encore on dirait, quand je passe,
Que l’adieu reparaît à la claire surface.

Mais il est un miroir empreint plus tristement
De l’image fuyante et visible un moment :
Ce miroir, c’est mon âme où, portrait plein de larmes,
Revit la belle morte avec ses jeunes charmes.

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Sergey Kondrashov

 

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NUIT (Armand Robin)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2015



NUIT

Étrange berger,
Berger curieux,
Sur une immense lande debout,
D’une main malhabile
J’ai contre le ciel
Lancé mon caillou.

Puis j’ai regardé les nuages ;
Je suis descendu d’eux ; en eux je traîne encore.

*

Je me suis occupé de la fuite des saisons,
Des fuyantes fraîcheurs des sources,
J’ai gardé près de moi le corps émouvant, chancelant
Des plantes penchantes

Je sens directement avec mon âme d’enfant
Une fleur, un papillon, un caillou, une étoile libre
Un ciel neuf chaque nuit et que nul ne pille.
La liberté des étoiles me tourmente.

Je n’ai pas altéré les fraîcheurs des sources,
J’ai cherché le spontané, le mouvement purifié,
Des nuages, des arbres, des cieux agités ;
Les instants du monde qui me furent donnés
Je me suis en eux caché.

*

Je suis seul et je chante pour ma joie ;
Une fleur, un caillou, une bête abritée dans les fourrés,
Un pan de la tremblante robe du ciel, un pan de l’eau dansante
Composent mon pouvoir, mon bruit, ma liberté
Ils savent en moi plus haut que moi chanter.

*

Je suis libre des conseils vulgaires ;
Mon secret, c’est qu’il n’y a rien que la liberté
Fuyante des étoiles et qu’il faut se courber
Chaque soir avec la beauté des cieux

Je tends en fou le bol des fontaines
Où tombent le temps, le ciel, la plaine.
Qu’ils tombent, moins lourds qu’un pleur,
Que n’y tombent ni songes ni peines !

*

Quand la brume passe en croupe au corps d’un cheval blanc,
Le soleil étonné grandit.

(Armand Robin)

Illustration: Pier Francesco Mola

 

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