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AU DERNIER QUART DE LA NUIT (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2020



 

François Malespine    premic3a8re-neige-la-nuit-sur-lc3a9tang-gelc3a9 [1280x768]

AU DERNIER QUART DE LA NUIT

Hors de la chambre de la belle
rose de braise, de baisers
le fuyard du doigt désignait
Orion, l’Ourse, l’Ombelle
à l’ombre qui l’accompagnait

Puis de nouveau dans la lumière,
par la lumière même usé,
à travers le jour vers la terre
cette course de tourterelles

Là où la terre s’achève
levée au plus près de l’air
(dans la lumière où le rêve
invisible de Dieu erre)

entre pierre et songerie

cette neige : hermine enfuie

(Philippe Jaccottet)

Illustration: François Malespine

 

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LA PROIE (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2020




Illustration: ArbreaPhotos
    
LA PROIE

Le chien qui crie au fond de moi
attend sa proie
et ce n’est que ce souvenir
cette main douce
qui le chasse
Chien perdu
aux yeux sans larmes
que la nuit guette
cette nuit peuplée de cette foule
qui n’est qu’un seul visage
qu’un seul appel
qu’une seule ombre
Chien peureux chien malheureux
fuyard vaincu
qui ne sait qu’aboyer
à la mort
pour se consoler

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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Grande bête dorée, Amour couleur de femme (Odilon-Jean Périer)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



Illustration: Freydoon Rassouli  
    
Grande bête dorée, Amour couleur de femme

Grande bête dorée, Amour couleur de femme
Les bras ouverts, debout au milieu du chemin
Que faites-vous de moi dans cette blanche flamme ?
Soutiendrais-je longtemps son éclat inhumain ?

Laissez donc ma sagesse étendre un peu ses ailes,
Passer ce bel oiseau sur mes livres déserts ;
Laissez aller mon chant à des amis fidèles
Et battre ce coeur dur quand je forme un beau vers.

Je retrouve partout votre force pliante
Vos longues mains, partout vos mains toutes-puissantes,
Ces délices sur moi sans que j’ouvre les yeux

Hélas ! et ce plaisir où le corps se dénoue,
– Comme un soldat fuyard s’empêtre dans la boue
Tombe parmi les morts et se perd avec eux.

(Odilon-Jean Périer)

 

 

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FUYARDE (Kenneth Rexroth)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2017



 

Illustration: Delphin Enjolras
    

FUYARDE

Les cheveux lumineux qui tombent
Sur ton front étincellent de pluie;
Tes yeux sont humides et tes lèvres
Humides et froides, ta joue rigide de froid.

Pourquoi être partie
Si longtemps ? Pourquoi me revenir
Maintenant seulement, tard dans la nuit
Après avoir marché des heures dans la pluie et le vent ?

Enlève ta robe et tes bas;
Installe-toi dans le fauteuil près du feu.
Je réchaufferai tes seins et tes cuisses de baisers.
Si seulement je pouvais faire brûler en toi
Un feu qui ne s’éteindrait jamais.

Comme je voudrais être sûr qu’au fond de toi
Se trouve un aimant qui toujours te ramènerait ici.

(Kenneth Rexroth)

 

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Les larmes quelquefois montent aux yeux (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2016



Les larmes quelquefois montent aux yeux
comme d’une source,
elles sont de la brume sur des lacs,
un trouble du jour intérieur,
une eau que la peine a salée.

La seule grâce à demander aux dieux lointains,
aux dieux muets, aveugles, détournés,
à ces fuyards,
ne serait-elle pas que toute larme répandue
sur le visage proche
dans l’invisible terre fit germer
un blé inépuisable ?

(Philippe Jaccottet)

Illustration: Carlos Schwabe

 

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