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Posts Tagged ‘(Gabriel Cousin)’

Grillage de la pluie (Gabriel Cousin)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2018



Grillage de la pluie

Les flèches de la pluie
brûlent et la route fume
Et dix mille petites
blessures étincellent

La grille de la pluie
tisse le paysage
enserre les jardins
et griffe la fenêtre

Le grillage de la pluie
étend ses doigts lisses
sur les frais visages
ruisselants des enfants

(Gabriel Cousin)

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L’Arbre (Gabriel Cousin)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2018



L’Arbre

Un arbre est mon voisin.
Là, devant moi,
il regarde par ma fenêtre.

Il frémit sous le vent comme des vagues
et les crêtes de ses feuilles
renvoient l’écume et la lumière.
Dans les tempêtes
passe le ressac des galets.

Debout comme un homme
Puissant comme la montagne
Vivant comme une bête
Sa sève circule avec mon sang.

Selon les saisons,
squelette noir,
sculpture de cuivre,
odorante fraîcheur verte,
douce peau bourgeonnante.

Et sous mes pieds
son invisible chevelure souterraine
se nourrissant de la terre.

Nous nous regardons
et respirons ensemble.

(Gabriel Cousin)

Illustration: Georgia O’Keefe

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Comme les hirondelles (Gabriel Cousin)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2018



Comme les hirondelles

Le temps avait passé.
La maison s’était assoupie.

Les filles étaient parties.
Des gendres barbus
étaient venus s’installer à notre table.

Et voici les chambres se recouvrent de linge blanc.
Les langes encombrent les baignoires.
Les placards s’entrouvrent
libérant les cris et les rires
que nous venions de ranger.

Dans la maison vieillissante,
avec le printemps,
les hirondelles sont revenues.

(Gabriel Cousin)


Illustration

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En pleine matinée sur la place de la Bastille (Gabriel Cousin)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2017



C’était en pleine matinée sur la place de la Bastille.
L’air vif colorait les joues des femmes qui marchaient
nerveuses et légères comme le génie.
La Seine souriait et le printemps faisait lever la tête.

Lui était là, sur la grille d’une bouche de métro,
dans le sommeil impénétrable de la misère.

Les passants l’enjambaient et fonçaient vers leur travail,
vers leur joie, vers leur détresse.

Le ciel piquait des pâquerettes dans les yeux des femmes.

(Gabriel Cousin)


Illustration

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LA MÉSENTENTE (Gabriel Cousin)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2017



LA MÉSENTENTE

Quelquefois, malgré nous, la porte s’ouvre et la mésentente entre et s’installe.
Nous n’avons rien vu, rien entendu.
L’orgueil donne ses ordres.
L’égoïsme brandit son miroir.
L’ergotage salit les murs et les carrelages.
La mésentente, bête comme un gallinacé, folle comme le poison du seigle, ricane en silence.
Et nous nous retrouvons sur les versants opposés de montagnes ravinées.
Il nous faut alors de longues marches pour nous retrouver, meurtris, assoiffés, heureux.

(Gabriel Cousin)

Illustration: Félix Vallotton

 

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JARDIN (Gabriel Cousin)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2016




JARDIN

Jardin vert et rouge tes miroirs font crier mon regard.

Beau jardin vif ton sang de pétales coule en moi.

Jardin bleu emprisonneur de jeunes filles.

Je n’ai pas osé marcher sur ton visage.
Tu étais trop secret et fragile,
étendu jambes ouvertes contre la joue rose du soir.

Le vent lui-même hésite à te toucher.

Les jeunes filles seules savent peut-être
les caresses de sable et de feuillage.

Beau jardin je n’ai pas osé.
Mes lèvres sont trop serrées.

(Gabriel Cousin)

Illustration: Eugene Grasset

 

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BEAUTÉ ET BONTÉ (Gabriel Cousin)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2016



BEAUTÉ ET BONTÉ

Les bruits venaient mourir sur la fenêtre ouverte.
Sortant d’un rêve, je découvrais la beauté installée
dans ma chambre, entrée par des portes imprévues.
Ou bien mon coeur ressentait la bonté lisible sur la géographie des souvenirs.
Les sensations me faisaient reconnaître, alors, que la vie était digne.
Mais l’usure était rapide et bientôt il fallait tout recommencer.
Amasser, chercher, désirer à en mourir,
pour qu’un matin ou un soir, de nouveau,
la beauté ou la bonté me frappe et que s’arrête le temps.

(Gabriel Cousin)

Illustration: Caroline Duvivier

 

 

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PAYSANNE DU VERCORS (Gabriel Cousin)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2015



Camille Pissarro_-_Le_Repos,_paysanne_couchée_dans_l´herbe,_Pontoise_-_1882 [800x600]

PAYSANNE DU VERCORS

La pièce de terre est si pentue que la moisson se fait à fa faucille,
à genoux, poignée par poignée.
Aujourd’hui la femme est allée briser les mottes des sillons bruns.
La fatigue l’a prise là, comme un amant impétueux.
Et sur la pente, face au vide, dans le seul bruit du torrent tout en bas, elle dort.
Elle dort à même sa terre trop coriace pour être abandonnée,
trop dure pour être vendue, trop pénible pour être oubliée.
Elle dort sous le regard des faces nord encore gelées,
dans l’odeur d’étable, de silex et de sueur,
au milieu de ses jupons, comme une bête humaine.
Elle dort sous l’écriture des réacteurs
qui là-haut incisent la glace bleue du ciel, gravant leurs sillons blancs.

(Gabriel Cousin)

Illustration: Camille Pissarro

 

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LA BEAUTÉ FRAPPE À TOUR DE BRAS (Gabriel Cousin)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2015



LA BEAUTÉ FRAPPE À TOUR DE BRAS

Tout autour de moi la beauté frappe à tour de bras.
Partout chez mes amis la moisson de la beauté mûrit sous nos yeux extasiés.
Partout se lèvent des adolescents dont les muscles captent la lumière.
Partout se lèvent des adolescentes dont les formes tissent les mailles où se prennent nos coeurs.

A tour de bras fa beauté nous assaille
et nous devons sans relâche protéger nos yeux et nos lèvres, nos oreilles et nos voix.

(Gabriel Cousin)

 

 

 

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CONSCIENCE (Gabriel Cousin)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2015



Manuel Gil Perez   N [800x600]

CONSCIENCE

Il y a parfois comme de grandes choses achevées.
La table est rangée, la chambre propre.
Tout est calme, paré de quiétude.
Il n’y a plus que des amis. Plus besoin d’attitudes.
Les objets se regardent exister.
ll semble que tout soit prêt, que le repos arrive.
La paix aura la couleur du soleil.
On pourra désirer le sommeil.
Mettre des fleurs dans les vases et comprendre les mots.
Les livres seront des robes de jeunes filles.
Tout sera simple et frais. L’amour, le travail et le corps.
Les songes auront le temps de vivre.
Des nappes sereines entourent les épaules.
Des buées rémittentes se posent sur le front. Le sang rêve.
Les mains s’adoucissent.
Une perception universelle aiguise la conscience.

(Gabriel Cousin)

Illustration: Manuel Gil Perez 

 

 

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