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Poésie

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Où nous en sommes ? (Jean Giraudoux)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2019


 


 

ÉLECTRE.
– Où nous en sommes ?

LA FEMME NARSÈS.
– Oui, explique ! Je ne saisis jamais bien vite.
Je sens évidemment qu’il se passe quelque chose, mais je me rends mal compte.
Comment cela s’appelle-t-il,
quand le jour se lève, comme aujourd’hui, et que tout est gâché,
que tout est saccagé, et que l’air pourtant se respire, et qu’on a tout perdu, que la ville brûle,
que les innocents s’entretuent, mais que les coupables agonisent, dans un coin du jour qui se lève ?

ÉLECTRE.
– Demande au mendiant. Il le sait.

LE MENDIANT.
– Cela a un très beau nom, femme Narsès.
Cela s’appelle l’aurore.

(Jean Giraudoux)

Illustration

 

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Quand le jour se lève (Jean Giraudoux)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



La femme Narsès: « Comment cela s’appelle-t-il, quand le jour se lève, comme aujourd’hui,
et que tout est gâché, que tout est saccagé,
et que l’air pourtant se respire et qu’on a tout perdu,
que la ville brûle, que les innocents s’entre-tuent,
mais que les coupables agonisent, dans un coin du jour qui se lève ? »

Electre : « Demande au mendiant. Il le sait. »

Le mendiant : « Cela a un très beau nom, femme Narsès. Cela s’appelle l’aurore. »

(Jean Giraudoux)

Illustration

 

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Un vivant parle pour les morts (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2017




    
Un vivant parle pour les morts

Doux avenir cet oeil crevé c’est moi
Ce ventre ouvert et ces nerfs en lambeaux
C’est moi sujet des vers et des corbeaux
Fils du néant comme est fils de roi

J’aurai bientôt perdu mon apparence
Je suis en terre au lieu d’être sur terre
Mon coeur gâché vole avec la poussière
Je n’ai de sens que par complète absence

(Paul Eluard)

 

Recueil: Derniers poèmes d’amour
Traduction:
Editions: Seghers

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La dormeuse (Bernard de Louvencourt)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2017




    
La dormeuse

Je croyais la douleur éternelle ou cachée.
Mais non ! l’éternité se limite à demain :
Quand on est au printemps n’est-ce pas bien humain
Qu’appréhender l’automne et sa splendeur gâchée?

Le temps passe… Et l’on croit le bonheur sous sa main
Quand de l’oubli, soudain, la feuille est arrachée…
—C’est que l’automne est là, dormant dans la jonchée—
Il a suffi du vent, d’un pas sur le chemin !

Pourquoi nous poursuis-tu, morne et pâle douleur,
Errante parmi nous, sans bruit, comme un voleur,
Suivante de la mort en ce monde lâchée ?

Et pourquoi cet espoir? Pourquoi nous quittes-tu
Pour revenir, claquant des dents, spectre têtu…
Ô Douleur à la fois éternelle et cachée ?

(Bernard de Louvencourt)

 

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