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Poésie

Posts Tagged ‘gâchis’

Sa chair est venue (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2018



Illustration: Pascal Renoux
    
sa
chair
Est venue
à

moiteldusabledé V
alantsuru
Ne
gouttière
j’avais du ciment pour elle,
joyeusement
nous nous sommes l’un
l’autre mélangés pour retomber

gâchis lorsqu’
un
rien
ouvrant les vannes

est sorti.

le béton

***

her
flesh
Came
at

meassandca V
ingint
oA
chute
i had cement for her,
merrily
we became each
other humped to tumbling

garble when
a
minute
pulled the sluice

emerging.

concrete

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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Aide-moi à traverser ce gâchis (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2018



Alberto Pancorbo e30 [1280x768] [1280x768]
aide-moi
à traverser
ce gâchis

fais éclater
ce qui me mure

donne des mots
à ce qui en moi
se débat
dans la nuit

(Charles Juliet)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration: Alberto Pancorbo

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Complainte sur certains ennuis (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2018




    
Complainte sur certains ennuis

Un couchant des Cosmogonies !
Ah ! que la Vie est quotidienne…
Et, du plus vrai qu’on se souvienne,
Comme on fut piètre et sans génie…

On voudrait s’avouer des choses,
Dont on s’étonnerait en route,
Qui feraient une fois pour toutes !
Qu’on s’entendrait à travers poses.

On voudrait saigner le Silence,
Secouer l’exil des causeries ;
Et non ! ces dames sont aigries
Par des questions de préséance.

Elles boudent là, l’air capable.
Et, sous le ciel, plus d’un s’explique,
Par quel gâchis suresthétique
Ces êtres-là sont adorables.

Justement, une nous appelle,
Pour l’aider à chercher sa bague,
Perdue (où dans ce terrain vague ?)
Un souvenir d’AMOUR, dit-elle !

Ces êtres-là sont adorables !

(Jules Laforgue)

 

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PORTRAIT D’UNE PRINCESSE INCONNUE (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2017



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PORTRAIT D’UNE PRINCESSE INCONNUE

Pour qu’elle ait un cou si fin et délicat
Pour que ses poignets aient la courbure de la tige
Pour que ses yeux soient si clairs et directs
Pour que sa colonne vertébrale soit si droite
Et qu’elle puisse tenir la tête si haute
Avec un front si pur et dégagé
Il fallut des générations successives d’esclaves
Aux corps ployés et aux grosses mains patientes
Ayant servi des générations successives de princes
Encore un peu rudimentaires et grossiers
Avides cruels et frauduleux

Ce fut un immense gâchis de gens
Pour qu’elle atteignît cette perfection-là
Solitaire exilée sans destin

***

RETRATO DE UMA PRINCESA DESCONHECIDA

Para que ela tivesse um pescoçoo tão fino
Para que os seus pulsos tivessem um quebrar de caule
Para que os seus olhos fossem tão frontais e limpos
Para que a sua espinha fosse tão direita
E ela usasse a cabeça tão erguida
Com uma tão simples claridade sobre a testa
Foram necessárias sucessivas geraçóes de escravos
De coreo dobrado e grossas mãos pacientes
Servindo sucessivas gerações de príncipes
Ainda urn pouco toscos e grosseiros
Ávidos cruéis e fraudulentos

Foi um imenso desperdiçar de gente
Para que ela fosse aquela perfeição
Solitária exilada sem destino

(Sophia de Mello Breyner Andresen)

 Illustration: Théo Azambre

 

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Les Plaisirs du Reniement (Marie-Anne Bruch)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2017



Les Plaisirs du Reniement

J’ai jeté ce matin mes robes démodées
Et les autres habits dont jadis je rêvais ;
L’espace d’une nuit et de quelques ondées
Mes livres préférés sont devenus mauvais.

J’ai sauté par dessus mes meilleures idées,
Suis passée à côté du peu que je savais ;
Mes questions d’hier sont ce soir éludées
Et j’efface mes pas des endroits où je vais.

Je détruis mes travaux, en sage Pénélope,
Plus vite que le Temps qui cependant galope,
Et chaque jour qui vient c’est ainsi que j’agis.

J’adore mes amis pourvu que nul ne reste,
Et rien de ce que j’ai n’échappe à ce gâchis,
Même pas mon amour, qu’aujourd’hui je déteste.

(Marie-Anne Bruch)

Découvert ici: Lucarne Poétique

Illustration: Helene Knoop

 

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LE VIOLONEUX (Thomas Hardy)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2016



LE VIOLONEUX

Le violoneux connait tout ce qui se trame
Dans la cadence de son astucieux lyrisme.
Le violoneux sait bien les regrets qui naîtront
Des sourires de cette nuitée !

Il voit des couples s’unir pour la danse
Et bientôt pour l’existence
Qui vont payer très cher leurs frairies
Par le gâchis des luttes conjugales.

Il nasille : « La musique appelle le diable,
Bien que louée comme venant du ciel.
Elle incite les gens à de grandes liesses
Qui multiplient par sept leurs péchés.

Tant de coeurs sont maintenant brisés
Et dans l’attente du départ,
Dont j’ai d’abord emmêlé les vrilles
Avec ma douce viole et mon archet ! »

***

THE FIDDLER

The fiddler knows what’s brewing
To the lilt of his lyric wiles :
The fiddler knows what rueing
Will come of this night’s smiles !

He sees couples join them for dancing,
And afterwards joining for life,
He sees them pay high for their prancing
By a welter of wedded strife.

He twangs : `Music hails from the devil,
Though vaunted to come from heaven,
For it makes people do at a revel
What multiplies sins by seven.

`There’s many a heart now mangled,
And waiting its time to go,
Whose tendrils were first entangled
By my sweet viol and bow !’

(Thomas Hardy)

Illustration: Marc Chagall

 

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Je n’ai pas encore compris comment fonctionne le monde (Alexandre Romanès)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2016



Je n’ai pas encore compris
comment fonctionne le monde,
mais je sais très bien
ce que le ciel exige de moi.
Le temps du gâchis est fini.
Maintenant je pose la main
sur tout ce qui est beau.

(Alexandre Romanès)

Découvert ici: http://revuedepoesie.blog.lemonde.fr/

 

 

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