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Posts Tagged ‘gagner’

Chant du dernier délai (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2021



 

Alena Plihal - Tutt'Art@ (17) [1280x768]

Chant du dernier délai

Noir c’est mon nom quand je m’éveille
Noir le singe qui me tracasse
Qui grimace moule à manies
Devant le miroir de ma nuit
Noir c’est mon poids de déraison
C’est ma moitié froide pourrie

Noir où la flèche s’est plantée
Où le tison a prospéré
Noir le gentil corps foudroyé
Noir le coeur pur de mon amour
Noire la rage aux cheveux blancs
A la bouche basse et baveuse

Cette envie folle de hurler
Ne cessera qu’avec ma voix
Que sur les charmes de ma tombe
Où viendront pleurer mes complices
Tous ceux qui m’approuvaient d’aimer
Et qui voudraient fêter mon deuil

J’étais construit les mains ensemble
Doublé de deux mains dans les miennes
J’étais construit avec deux yeux
Qui se chargeaient des miens pour voir
Mais aujourd’hui je sens mes os
Se fendre sous le froid parfait

Je sens le monde disparaître
Rien ne demeure de nos rires
Ni de nos nuits ni de nos rêves
Et la rosée est charbonneuse
J’ai trop pleuré la coque est vide
Où ne nous pouvions qu’être deux

Écartez-vous de ma douleur
Elle vient droit de la poussière
Elle nie tous les sacrifices
La mort n’est jamais vertueuse
Écartez-vous si vous avez
Envie de vivre sans mourir

Sous vos paupières desséchées
Et dans la boue de vos désirs
Noir un zéro s’arrondirait
Zéro petit et très immense
Qui est capable de gagner
La souveraine part de l’homme

Noir c’est moi seul soyez plus clairs

(Paul Eluard)

Illustration: Alena Plihal

 

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De la rue on entend sa plaintive chanson (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2021



 

Illustration: Leonor Fini
    
De la rue on entend sa plaintive chanson.
Pâle et rousse, le teint plein de taches de son,
Elle coud, de profil, assise à sa fenêtre.
Très sage et sachant bien qu’elle est laide peut-être,
Elle a son dé d’argent pour unique bijou.
Sa chambre est nue, avec des meubles d’acajou.
Elle gagne deux francs, fait de la lingerie
Et jette un sou quand vient l’orgue de Barbarie.
Tous les voisins lui font leur bonjour le plus gai
Qui leur vaut son petit sourire fatigué.

(François Coppée)

 

Recueil: Promenades et interieurs
Traduction:
Editions:

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Le bœuf, le cheval et l’âne (Jean-Pierre Claris de Florian)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2020




    
Le bœuf, le cheval et l’âne

Un bœuf, un baudet, un cheval,
Se disputaient la préséance.
Un baudet ! Direz-vous, tant d’orgueil lui sied mal.
À qui l’orgueil sied-il ? Et qui de nous ne pense
Valoir ceux que le rang, les talents, la naissance,
Élèvent au-dessus de nous ?
Le bœuf, d’un ton modeste et doux,
Alléguait ses nombreux services,
Sa force, sa docilité ;
Le coursier sa valeur, ses nobles exercices ;
Et l’âne son utilité.
Prenons, dit le cheval, les hommes pour arbitres :
En voici venir trois, exposons-leur nos titres.
Si deux sont d’un avis, le procès est jugé.
Les trois hommes venus, notre bœuf est chargé
D’être le rapporteur ; il explique l’affaire,
Et demande le jugement.
Un des juges choisis, maquignon bas-normand,
Crie aussitôt : la chose est claire,
Le cheval a gagné. Non pas, mon cher confrère,
Dit le second jugeur, c’était un gros meunier,
L’âne doit marcher le premier ;
Tout autre avis serait d’une injustice extrême.
Oh que nenni, dit le troisième,
Fermier de sa paroisse et riche laboureur ;
Au bœuf appartient cet honneur.
Quoi ! Reprend le coursier écumant de colère ;
Votre avis n’est dicté que par votre intérêt !
Eh mais ! Dit le normand, par qui donc, s’il vous plaît ?
N’est-ce pas le code ordinaire ?

(Jean-Pierre Claris de Florian)

 

Recueil: Fables
Traduction:
Editions:

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Apprends-nous (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2020




Apprends-nous nuit
A toucher ton fond
A gagner
le non-lieu
Où sel et gel
échangent leurs songes
où source et vent
Refont un

(François Cheng)

Illustration

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RYTHMES (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2020




    
RYTHMES

Tout débuta
Dans l’arythmie
Le chaos

Des vents erratiques
S’emparaient de l’univers
L’intempérie régna

L’indéchiffrable détonation
Fut notre prologue

Tout fut
Débâcle et dispersion
Turbulences et gaspillage
Avant que le rythme
Ne prenne possession
De l’espace

Suivirent de vastes accords
D’indéfectibles liaisons
Des notes s’arrimèrent
Au tissu du rien
Des courroies invisibles
Liaient astres et planètes

Du fond des eaux
Surgissaient
Les remous de la vie

Dans la pavane
Des univers
Se prenant pour le noyau
La Vie
Se rythma
Se nuança

De leitmotiv
En parade
De reprise
En plain-chant

La Vie devint ritournelle
Fugue Impromptu
Refrain
Se fit dissonance
Mélodie Brisure
Se fit battement
Cadence Mesure

Et se mira
Dans le destin

Impie et sacrilège
L’oiseau s’affranchissait
Des liens de la terre

Libre d’allégeance
Il s’éleva
Au-dessus des créatures
Assujetties aux sols
Et à leurs tyrannies

S’unissant
Aux jeux fondateurs
Des nuages et du vent
L’oiseau s’allia à l’espace
S’accoupla à l’étendue
S’emboîta dans la distance
Se relia à l’immensité
Se noua à l’infini

Tandis que lié au temps
Et aux choses
Enfanté sur un sol
Aux racines multiples
L’homme naquit tributaire
D’un passé indélébile

Le lieu prit possession
De sa chair
De son souffle
Les stigmates de l’histoire
Tatouèrent sa mémoire
Et sa peau

Venu on ne sait d’où
Traversant les millénaires
L’homme se trouva captif
Des vestiges d’un monde
Aux masques étranges
Et menaçants

Il s’en arrachait parfois
Grâce aux sons et aux mots
Aux gestes et à l’image
À leurs pistes éloquentes
À leur sens continu

Pour mieux tenir debout
L’homme inventa la fable
Se vêtit de légendes
Peupla le ciel d’idoles
Multiplia ses panthéons
Cumula ses utopies

Se voulant éternel
Il fixa son oreille
Sur la coquille du monde
À l’écoute
D’une voix souterraine
Qui l’escorte le guide
Et l’agrandit

Alors
De nuits en nuits
Et d’aubes en aubes
Tantôt le jour s’éclaire
Tantôt le jour moisit

Faiseur d’images
Le souffle veille

De pesanteur
Le corps fléchit

Toute vie
Amorça
Le mystère
Tout mystère
Se voila
De ténèbres
Toute ténèbre
Se chargea
D’espérance
Toute espérance
Fut soumise
À la Vie

L’esprit cheminait
Sans se tarir
Le corps s’incarnait
Pour mûrir
L’esprit se libérait
Sans périr
Le corps se décharnait
Pour mourir

Parfois l’existence ravivait
L’aiguillon du désir
Ou bien l’enfouissait
Au creux des eaux stagnantes

Parfois elle rameutait
L’essor
D’autres fois elle piétinait
L’élan

Souvent l’existence patrouillait
Sur les chemins du vide
Ou bien se rachetait
Par l’embrasement du coeur

Face au rude
Mais salutaire
Affrontement
De la mort unanime
L’homme sacra
Son séjour éphémère
Pour y planter
Le blé d’avenir.

(Andrée Chedid)

 

Recueil: Rythmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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LUMIERE SUR LES MURS DE LA VIE (Lidia Chiarelli)

Posted by arbrealettres sur 18 août 2020




    
Poem of the Week Ithaca 640
by Lidia Chiarelli, Italy

Poem in Dutch Spanish, English, French, Italian, German, Portuguese, Sicilian, Romanian, Polish, Greek, Chinese, Arab, Hindi, Japanese, Farsi, Bulgarian, Icelandic, Russian, Malaya, Filipino, Hebrew, Tamil, Kurdish
– All translations are made in collaboration with Germain Droogenbroodt –

LUMIERE SUR LES MURS DE LA VIE
A Lawrence Ferlinghetti pour son 101 anniversaire

Apprends-moi à peindre
la lumière sur les murs de la vie

Apprends-moi
à regarder le monde
comme toi tu le vois
à devenir une larme de soleil
une colline de poésie
un mot dans un arbre.

Emmène-moi
voir le soleil
qui frappe les rochers
les marées qui sans arrêt vont et viennent
les oiseaux de mer qui défient le vent.

Ecoutons ensemble
le souffle des feuilles frémissantes
le silence parfait d’une nuit parsemée d’étoiles
la musique de l’été dans les gouttes de pluie.

Ici et maintenant
aide-moi à gagner les rivages de lumière
attendant
la renaissance du prodige
avec toi
à nouveau et pour toujours.

Traduction de Elisabeth Gerlache
Translation into French by Elisabeth Gerlache

***

LICHT OP DE MUREN VAN HET LEVEN

Aan Lawrence Ferlinghetti voor zijn 101ste verjaardag
Leer me om het licht
op de muren van het leven te schilderen.

Leer me
om naar de wereld te kijken
zoals jij hem ziet
om een traan van de zon te worden
een heuvel van poëzie
een woord in een boom.

Leid me
om de zon te zien
die tegen de steile rotsen slaat
de getijden die rusteloos komen en gaan
de watervogels die de wind tarten.

Laten we samen luisteren
naar de adem van ritselende bladeren
naar de perfecte stilte van een sterren bezaaide nacht
naar het geluid van de zomer in de regendruppels.

Hier en nu
help me om de kusten van het licht te bereiken
wachtend
op de wedergeboorte van het wonder
met jou
opnieuw en voor altijd.

Vertaling Germain Droogenbroodt
Translation into Dutch by Germain Droogenbroodt

***

LUZ EN LAS PAREDES DE LA VIDA

A Lawrence Ferlinghetti por su 101 cumpleaños

Enséñame a pintar
la luz en las paredes de la vida.

Enséñame
a mirar el mundo
como tú lo ves
para convertirse en una lágrima del sol
una colina de poesía
una palabra en un árbol.

Guíame
para ver el sol
atizando los escarpados acantilados
las mareas que van y vienen sin cesar
las aves acuáticas desafiando al viento.

Escuchemos juntos
el aliento de las hojas susurrantes
el perfecto silencio de una noche estrellada
el sonido del verano en las gotas de lluvia.

Aquí y ahora
ayúdame a alcanzar las orillas de la luz
esperando
el renacer del milagro
contigo
de nuevo y para siempre.

Traducción Rafael Carcelén
Translation into Spanish by Rafael Carcelén

***

LIGHT ON THE WALLS OF LIFE

To Lawrence Ferlinghetti for his 101st birthday

Teach me to paint
the light on the walls of life.

Teach me
to look at the world
as you see it
to become a tear of the sun
a hill of poetry
a word in a tree.

Lead me
to see the sun
hitting the sheer cliffs
the tides that restlessly ebb and flow
the water birds challenging the wind.

Let’s listen together
to the breath of rustling leaves
the perfect hush of a starry night
the sound of summer in the raindrops.

Here and now
help me reach the very shores of light
waiting for
the renaissance of wonder
with you
again and forever.

Translation into English by Stanley Barkan

***

LUCE SULLE PARETI DELLA VITA

a Lawrence Ferlinghetti per il suo 101° compleanno

Insegnami a dipingere
la luce sulle pareti della vita.

Insegnami
a guardare il mondo
come tu lo vedi
per diventare una lacrima del sole
una collina di poesia
una parola su un albero.

Guidami
per vedere il sole
a strapiombo sulla scogliera
le maree che vanno e vengono senza sosta
gli uccelli acquatici che sfidano il vento.

Ascoltiamo insieme
il respiro delle foglie fruscianti
il silenzio perfetto di una notte stellata
il suono dell’estate nelle gocce di pioggia.

Qui e ora
aiutami a raggiungere le rive della luce
in attesa
della rinascita del miracolo
con te
di nuovo e per sempre

Traduzione di Luca Benassi
Translation into Italian by Luca Benassi

***

LICHT AN DEN WÄNDEN DES LEBENS

An Lawrence Ferlinghetti zu seinem 101. Geburtstag

Lehre mich. das Licht
an die Wände des Lebens zu malen.

Lehre mich,
die Welt anzuschauen
wie du sie siehst
eine Träne der Sonne zu werden
ein Hügel der Poesie
ein Wort in einem Baum.

Führe mich
die Sonne zu sehen
wie sie die steilen Klippen trifft,
die Gezeiten, jene unruhige Ebbe und Flut,
die Wasservögel, die den Wind herausfordern.

Lasst uns zusammen
dem Atem der raschelnden Blätter lauschen,
der perfekten Stille einer sternenklaren Nacht,
dem Klang des Sommers in den Regentropfen.

Hier und jetzt
hilf mir die Ufer des Lichts zu erreichen
wartend auf
die Wiedergeburt des Wunders
mit dir
wieder und wieder.

Übersetzung Wolfgang Klinck
Translation into German by Wolfgang Klinck

***

LUZ NAS PAREDES DA VIDA

Para Lawrence Ferlinghetti pelo anioversário de 101 anos

Ensina-me a pintar
a luz nas paredes dessa vida.

Ensina-me
a olhar o mundo
como tu o vês
para transformar-se numa lágrima de sol
uma colina de poesia
uma palavra numa árvore.

Leva-me
para ver o sol
avivando as escarpas altaneiras
as marés que vão e que vêm incessantemente
as aves aquáticas desafiando o vento.

Escutemos juntos
a respiração das folhas sussurrantes
o perfeito silêncio de uma noite estrelada
o alarido do verão nas gotas de chuva.

Aqui e agora
ajuda-me a alcançar os horizontes da luz
esperando
o renascer do milagre
contigo
de novo e para sempre.

Tradução ao português, José Eduardo Degrazia
Translation into Portuguese by José Eduardo Degrazia

***

LUCI SUPRA LI MURA DI LA VITA

Nzignami a dipinciri
La luci supra li mura di la vita

Nzignami
A taliatri lu munnu
Comu tu lu vidi
A divintari na lacrima di suli
Nu poju di puisia
Na palora nton arburu

Portami
a vidiri lu suli
ca illumina li sdirrupi
li marei chi vannu e venunu
l’aceddi marini ca sfidanu lu ventu.

Ascutamu nzemmula
Lu friscari di lu ventu ntra li fogghi
Lu silenziu pirfettu di na notti di stiddi
Lu scrusciu di la stati nta li gocci d’acqua

Ccà ora
Aiutami a ghicari a la stissa riva di la luci
Mentri aspettu
La rinascenza di la miravigghia
Cu ttia
Di novu e pir sempri.

Traduzioni di Gaetano Cipolla
Translation into Sicilian by Gaetano Cipolla

***

LUMINĂ ÎN ZIDURILE VIEȚII

lui Lawrence Ferlinghetti, cu ocazia împlinirii vârstei de 101 de ani

Învață-mă să pictez
lumina din zidurile vieții.

Învață-mă
să privesc lumea
așa cum o vezi tu
să devin lacrimă de soare
un deal de poezie
cuvânt într-un copac.

Îndrumă-mă
să văd cum soarele
izbește stânca malului abrupt
neobosite zbateri printre valuri
păsări marine opintindu-se în vânt

să ascultăm alăturați
suflarea frunzelor foșnind
perfecta liniște a nopții înstelate
sunetul verii rezonând prin picături de ploaie.

Aici și acum
ajută-mă s-ating țărmul luminii
așteptând
renașterea minunii
cu tine iarăși
pe vecie.

Traducere: Gabriela Căluțiu Sonnenberg
Translation into Romanian by Gabriela Căluțiu Sonnenberg
***

ŚWIATŁO NA ŚCIANACH ŻYCIA

Lawrence’owi Ferlinghettiemu na jego 101 urodziny

Naucz mnie malować
światło na ścianach życia.

Naucz mnie
patrzeć na świat
tak jak ty go widzisz
stać się łzą słońca
wzgórzem poezji
słowem w drzewie.

Prowadź mnie
abym widziała słońce,
godzące w strome skały
fale które niespokojnie odpływają i przypływają
wodne ptaki walczące z wiatrem.

Posłuchajmy wspólnie
powiewu szeleszczących liści,
idealnej ciszy gwieździstej nocy
brzmienia lata w kroplach deszczu.

Tu i teraz
pomóż mi dotrzeć na sam brzeg światła
czekając na
renesans cudu
z tobą
znowu i już na zawsze.

Przekład na polski: Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka
Translation into Polish by Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka

***

ΦΩΤΙΣΕ ΤΟΥΣ ΤΟΙΧΟΥΣ ΤΗΣ ΖΩΗΣ

Δίδαξε με να ζωγραφίσω φως
στους τοίχους της ζωής
τον κόσμο να κοιτάζω
όπως κι εσύ
το δάκρυ του ήλιου να γενώ
λόφος ποιητκός
κόσμος ενός δεντρού.

Οδήγησε με
να δω τον ήλιο
να πέφετει στις πλαγιές
και στις παλλίρριες που πάνε κι έρχονται
στους γλάρους με τον άνεμο
που πολεμούν

Μαζί ν’ αφουκραστούμε ανάσες
στο θρόϊσμα των δέντρων
της πάναστρης νύχτας την τελειότητα
τον ήχο του καλοκαιριού στις στάλλες

Εδώ και τώρα βοήθα με
να βρω του ήλιου την ακρογιαλιά
να περιμένω
του θαύματος την Αναγένηση
μαζί σου
και για πάντα.

Μετάφραση Μανώλη Αλυγιζάκη//translated by Manolis
Translation into Greek by Manolis Aligizakis

***

生命墙上的光

献给劳伦斯·费林赫蒂的101岁生日

教我画画
把光芒画上生命之墙。

教我
看世界
如你所见的那样
变成太阳的一滴泪
一座诗山
树上一个字

领着我
去看太阳
碰撞纯粹的悬崖
碰撞不停涨落的潮水
碰撞挑战风的水鸟。

让我们一起倾听
沙沙树叶的呼吸
星夜的完美宁静
雨点中夏日的声音。
此时此地
帮助我到达光明的海岸
与你
再次且永远
等待
奇迹的复兴

汉 译:中 国 周道模
Translation into Chinese by William Zhou

***

بصيص ضياء على جدران الحياة
إلى لورانس فيرلينغيتي في عيد ميلاده الواحد بعد المائة

علمني كيف أرسم
الضوء على جدران الحياة.
علمني
أن أنظر للعالم
كما تراه
لأصبح دمعة الشمس،
ركاما من الشعر،
كلمة على شجرة
خذ بيدي إلى
الشمس كي أراها.
كي أصيب المنحدرات الشديدة
وأمواج المد والجزر التي لا تعرف السكينة
وطيور الماء التي تتحدى الرياح.
لنصغي معا
إلى حفيف أوراق الشجر
وأسماك السلمون وهو تلهو في ليلة ساطعة النجوم
وإلى قطرات المطر التي تنث صيفا
ساعدني الآن ومن مكاني هذا
لكي أبلغ سواحل الضياء تماما
وأنتظر هناك انبعاث المعجزة
معك مرة أخرى وإلى الأبد.

ترجمة عن الإنجليزية: سارة سليم
Translation into Arab by Sarah Selim

***

いのちの壁の光〜ローレンス・ファーリンゲッティに捧ぐ

いのちの壁に光を描くことを教えてください

あなたのように世界を見られるよう教えてください

太陽の涙になれるように
詩の丘に、また樹木のことばになれるように

太陽が絶壁を照らすのを
絶え間なく潮が満ち引くのを
水鳥が風に挑むのを
見られるように導いてください

一緒に耳を傾けましょう
葉がさらさらと音をたてるのに
星空の下のまったくの静けさに
雨しずくの中の夏の音に

いま、ここに

光の岸にたどり着くのを助けてください
神秘のルネサンスを待ちながら
あなたとともに
ふたたび、そして永遠に

Translation into Japanese by Manabu Kitawaki

***

نوری بر روی دیوارهای زندگی

به لارنس فرلینگتتی برای تولد 101

به من یاد بده نقاشی کنم
بر روی دیوارهای زندگی.
به من یاد بده
تا به دنیا نگاه کنم
چنانکه تو می بینی اش
تا قطره ای از آفتاب شود
یک توده از شعر
یک کلمه در یک درخت.

راهنماییم کن
تا خورشید را ببینم
به صخره های حریری میخورد
جزر و مدی که بیقرار جاری می شود و جریان می یابد
پرندگان دریایی که باد را به چالش می کشند.

جازه بده با هم گوش بدهیم
نفس کشیدن خش خش برگها را
سکوت کامل شبی پرستاره
و صدای تابستان در میان قطرات باران را.
اینجا و حالا
اجازه بده به ساحل نور برسم
در انتظار
رنسانسی از شگفتی
با تو
دوباره برای همیشه.

ترجمه: سپیده زمانی

Translation into Farsi by Sepideh Zamani

***

СВЕТЛИНА НА СТЕНИТЕ НА ЖИВОТА

На Лоурънс Фърлингети за неговия 101-ви рожден ден
Научи ме да рисувам
светлината на стените на живота.

Научи ме
да гледам на света
както ти го виждаш
да се превърна в сълза на слънцето
поетично възвишение
дума в дърво.

Води ме
да видя слънцето
осветяващо отвесните скали
приливите които неспокойно се оттеглят
и носят водните птици предизвикващи вятъра.

Да послушаме заедно
диханието на шумящите листа
съвършеното мълчание на звездната нощ
звука на лято в капките на дъжда.

Тук и сега
помогни ми да достигна самите брегове на светлината
чакайки за
за възраждане на чудото
със теб
отново и завинаги.

превод от английски: Иван Христов
Translation into Bulgarian by Ivan Hristov

***

LJÓS Á VEGGJUM LÍFSINS

Til Lawrence Ferlinghetti á 101 árs afmælinu

Kenndu mér að mála
ljósið á veggi lífsins

Kenndu mér
að sjá heiminn
eins og þú sérð hann
að verða tár sólarinnar
ljóðahæð
og orð í tré.

Leiddu mig
þangað sem sólskinið
skellur á þverhníptu bjargi
flóðbylgjan flæðir eirðarlaus út og inn
og sjófuglarnir storka vindinum.

Við skulum hlusta saman
á skrjáfandi laufið anda
algera þögn stjörnubjartrar nætur
og sumarið hljóma í regndropunum.

Hjálpaðu mér
hér og nú að ná landi ljóssins
og bíða þess að
undrið endurfæðist
með þér
aftur og enn.

Translation into Icelandic by Thór Stefánsson

***

СВЕТ НА СТЕНАХ ЖИЗНИ

Лоуренсу Ферлингетти в его 101-летний юбилей

Научи меня
красить стены жизни в цвет света.

Научи меня
смотреть на мир,
каким его видишь ты,
чтобы стать слезой солнца,
холмом поэзии,
словом в дереве.

Приведи меня
увидеть солнце,
оно освещает крутые скалы,
беспокойные приливы и отливы,
водных птиц, что смеются над ветром.

Давай вместе услышим
дыхание шуршащей листвы,
идеальную тишину звездной ночи,
звуки лета в каплях дождя.

Здесь и сейчас
помоги мне добраться до берегов света,
они ждут
возрождения чуда
с тобой
снова и навечно.

Перевод Гермайна Дрогенбродта – Дарьи Мишуевой
Translation into Russian by Daria Mishueva

***
CAHAYA PADA DINDING KEHIDUPAN

Kepada Lawrence Ferlinghetti bersempena dengan hari ulang tahun kelahiran yang ke-101.

Ajarkan aku melukis
cahaya pada dinding kehidupan.

Ajarkan aku
melihat dunia
seperti yang kau lihat
menjadi air mata mentari
bukit puisi
diksi pohon.
Pimpin aku
melihat mentari

melanggar cenuram amat curam
0
burung air yang mencabar angin.
Biar kita sama-sama mendengar
nafas dedaun yang berkerisik
hening malam berisi bintang
bunyi musim panas dalam titis hujan

Di sini dan kini

bantu aku mencapai pesisir cahaya

menanti

kelahiran semula keajaiban
dengan kau

Penterjemah: Dr.Raja Rajeswari Seetha Raman
Translation into Malay by Dr.Raja Rajeswari Seetha Raman

***

ILAW SA MGA DINGDING NG BUHAY

Para kay Lawrence Ferlinghetti sa kanyang ika-101ng kaarawan

Turuan mo akong iguhit
ang ilaw sa mga dingding ng buhay.

Turuan mo ako
na tingnan ang mundo
gaya ng iyong pagtingin
na maging butil ng luha ng araw
isang burol ng mga tula
isang salita sa isang puno.

Akayin mo ako
upang makita ang sikat ng araw
na tumatama sa matatalas na mga bangin
ang walang kapagurang paglaki at pagliit ng mga alon
Ang mga ibong tubig na humahamon sa hangin.

Sabay tayong makinig
Sa hininga ng ingay ng mga dahon
ang mainam na katahimikan ng mabituing gabi
ang hugong ng tag-araw sa patak ng mga ulan.

Dito at ngayon na
tulungan mo akong maabot ang pinakadulo ng ilaw
naghihintay para sa
pagbabalik ng mga kagilagilalas na panahong
makasama kang
muli at magpakailanman.

Isinalin sa Wikang Filipino ni Eden Soriano Trinidad
Translation into Filipino by Eden Soriano Trinidad

***

לידיה צ’יארלי, איטליה

ללורנס פרלינגטי ליום הולדתו ה – 101

לַמֵּד אוֹתִי לְצַיֵּר
אֶת הָאוֹר עַל קִירוֹת הַחַיִּים.

לַמֵּד אוֹתִי
לְהִתְבּוֹנֵן בָּעוֹלָם
כְּמוֹ שֶׁאַתָּה רוֹאֶה אוֹתוֹ
לִהְיוֹת דִּמְעָה שֶׁל הַשֶּׁמֶשׁ
גִּבְעָה שֶׁל שִׁירָה
מִלָּה בְּעֵץ.

הוֹבֵל אוֹתִי
לִרְאוֹת אֶת הַשֶּׁמֶשׁ
מַכָּה בַּצּוּקִים הַתְּלוּלִים
אֶת הַגֵּאוֹת וְהַשֵּׁפֶל שֶׁעוֹלִים וּנְסוֹגִים חַסְרֵי מָנוֹחַ
אֶת צִפּוֹרֵי הַמַּיִם שֶׁמְּאַתְגְּרוֹת אֶת הָרוּחַ.

הָבָה נַקְשִׁיב יַחַד
לִנְשִׁימַת הֶעָלִים הַמְּרַשְׁרְשִׁים
לַשֶּׁקֶט הַמֻּשְׁלָם שֶׁל לַיְלָה זְרוּעַ כּוֹכָבִים
לְקוֹל הַקַּיִץ בְּטִפּוֹת הַגֶּשֶׁם.

כָּאן וְעַכְשָׁו
עֲזֹר לִי לְהַגִּיעַ עֲדֵי חוֹפֵי הָאוֹר
מְחַכָּה
לִתְחִיַּת הַפְּלִיאָה
אִתְּךָ
שׁוּב וְלַנֶּצַח.

Translation into Hebrew by Dorit Weisman

***

வாழ்க்கையின் சுவற்றில் வெளிச்சம்!

லாரன்ஸ் ஃபெர்லிங்கெட்டி அவர்களது101வது பிறந்தநாள் வாழ்த்து.

வர்ணம் பூச எனக்குக் கற்றுத்தாருங்கள்
வாழ்க்கையின் சுவற்றில் வெளிச்சத்தைத்தர
நீங்கள் பார்க்குமாறு
நானும்

உலகைக் காண கற்றுத்தாருங்கள்
கதிரவனின் கண்ணீர்த்துளியாக மாறுவதற்கு

கவிதைக் குன்றாக
மரத்தில் ஒரு சொல்லாக
அழைத்துச் செல்லுங்கள்
கதிரவனைக் காண

செங்குத்துப் பாறையின் மேல் நேராக இடிக்குமாறு
அலைகள் ஓய்வற்று எழுந்தும் தணிந்தும் பாய்வதற்கு
தண்ணீர்ப் பறவைகள் காற்றின் திறமையைச் சோதிக்க!

நாம் சேர்ந்தே கேட்போம்
சருகிப்போன இலைகளின் மூச்சைக் கேட்க
விண்மீன்கள் நிறைந்த இரவின் துல்லியமான அமைதியை
மழைத்துளிகளில் வெய்யிற்கால இசையைக் கேட்க!

இப்பொழுதே இங்கேயே
வெளிச்சத்தின் கறையைஅடைய

அதிசயங்களின்மறுவாழ்விற்காக உங்களுடன் காத்திருக்கும்பொழுது

உங்களுடன்
மீண்டும் எப்பொழுதும்!

தமிழில், முனைவர் என். வி. சுப்பராமன், சென்னை,
Translation into Tamil by Dr. N V Subbaraman

***

RONAHÎ LI SER DÎWARÊN JIYANÊ

Pêşkeş e bo Lawrence Ferlinghetti bi bûneya 101 salîyê

Ronahî yî! Min hîn bike
ez dîwarên êşê birengînim.
Min hîn bike
ez li cîhanê binhêrim
çawa tu wê dibînî
bibim rondikeke rojê
girekî helbestvaniyê
peyvek di darekê de.
Min bihindavîne
ez rojê bibînim
çawa li zinarên peravan dide
wan deman, ewên nemengiya avrabûn û vekêşê
wan çivîkên avî, ewên ribata bê dikin.
Bihêle em bihevra
li xişxişa pelan guhdarbikin
li hêminiya şeveke stêrkanî
li awaza tirpîna dilopên havînî.
Li vir û niha
yarmetiya min bide ez bi kenara ronahiyê gîhnim
çehvrêkirina
jinûva peydabûna matmaniyê
bi te re bikim
jinûva û bo hertimiyê.

Translation into Kurdish by Hussein Habasch

(Lidia Chiarelli)

 

Recueil: ITHACA 640
Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

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En toi ces amours que les morts ont laissées (Jean-François Mathé)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2020



en toi ces amours que les morts ont laissées
tu les enclos pour que le ciel ne les gagne
et les tue avec le bleu terrible des
saisons tu es seul
la pluie froide épaule
se charge de tous les toits tuiles oublis
laissant le vent des rues errer dans notre sang
alors nous crions de la douce douleur
d’être vivants avec des corps et des sommeils
toi tu es là dans la pire des nuits
préservant contre tout un éclat d’étoiles

(Jean-François Mathé)


Illustration: Sabin Balasa

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La main à pleine poignée (Pascal Commère)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2020



 

La main à pleine poignée quand le pied glisse
se retenant — non pas la chute libre comme
toujours dans le buisson de la voix le silence
quelque chose un instant le retient, langue brûlée
mais le cheminement (caillou plus tard sur la page
à plat de mon carnet pour que ne s’envolent
les mots lentement gagnés dans la montée)
quand l’herbe jamais de nous ne retiendra
dans le matin abrupt aux pages penchées qu’
un nom (herbe vivace) et son écho qui meurt

(Pascal Commère)

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Ar re goz (Anthony Lhéritier)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2020



Ar re goz

Et regardez les vieux, plus anciens que la pluie
Le ciel pesait sur eux avant d’être nommé
Maigres cadavres ambulants
Presque honteux d’être vivants
Le temps ne peut plus rien contre eux, le temps s’ennuie
Et c’est Dieu le plus étonné.

Ils n’iront pas au Panthéon
A Saint-Denis, aux Invalides,
Par un doux soir d’accordéon
Ils gagneront leur Paradis à la godille.

Chacun son temps, chacun son tour
Chez nous on meurt au jour le jour.

(Anthony Lhéritier)

Illustration

 

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L’ OMBRE (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2020



Illustration: Markus Raetz
    
L’ OMBRE

L’ombre essaie de ressembler
à celui qu’elle accompagne,
mais c’est toujours à refaire,
toujours à recommencer.
Métier d’ombre, métier d’ombre,
c’est un vrai métier de chien,
on s’échine, se déchire,
se fatigue, se détruit.
Métier d’ombre, route d’ombre,
la vie est dure à gagner.

Si contente était mon ombre
de marcher au bord de mer.
Mais quand je plonge dans l’eau
elle est perdue aussitôt,
elle se débat et pleure
comme un enfant égaré.
Reviens, reviens sur le sable,
me crie mon ombre fidèle,
reviens vite à mes côtés,
ne me laisse jamais seule.

Elle est plus faible que moi,
elle se perd en chemin,
elle s’accroche aux buissons
perdant ses flocons de laine,
et s’écorche les genoux,
et se noie dans les ruisseaux
grelottant le soir venu,
redoutant les nuages gris.
Métier d’ombre, chemin d’ombre,
mon ombre est bien fatiguée.

(Claude Roy)

 

Recueil: Claude Roy un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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