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L’illusion engendre calme et trouble (Seng Ts’an)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2016




L’illusion engendre calme et trouble
L’éclairement est sans goût ni dégoût
Toute limite est duelle
Délibérer est inutile

Songes, mirages, fleurs du vide
pourquoi se fatiguer à les saisir ?
Gain, perte, juste, injuste,
en un instant qu’ils disparaissent totalement !

Si l’oeil ne dort pas
tous les rêves cessent d’eux-mêmes
Si le Coeur ne divise pas
les dix-mille-dharma sont l’Unique Réel

*

(Seng Ts’an)

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Respirer, invisible poème (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2016



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Respirer, invisible poème.
Toujours autour de moi,
d’espace pur échange. Contrepoids
où rythmiquement m’accomplit mon haleine.

Unique vague dont je sois
la mer progressive ;
plus économe de toutes les mers possibles, —
gain d’espace.

Combien de ces lieux innombrables
étaient déjà en moi ? Maints vents
sont comme mon fils.

Me reconnais-tu, air, encore plein de lieux miens tantôt ?
Toi qui fus l’écorce lisse,
la courbe et la feuille de mes mots.

(Rainer Maria Rilke)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Helmut Westhoff

 

 

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Ode à la jeune lumière (Eliséo Diego)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2015



Ode à la jeune lumière

En mon pays la lumière
est beaucoup plus que le temps, elle s’attarde
avec une étrange délectation sur les contours
militaires de toute chose, sur les vestiges épurés du déluge

La lumière dans mon pays résiste à la mémoire
comme l’or à la sueur de la cupidité,
elle se perpétue en elle-même, nous ignore
depuis la différence de son être, sa transparence.

Quiconque courtise la lumière avec rubans et tambours
en s’inclinant de-ci de-là selon la ruse
d’une sensualité archaïque, immémoriale,
perd son temps, jette ses arguties aux flots
tandis que la lumière, tout à elle-même, dort.

Car dans mon pays la lumière ne regarde pas
les modestes victoires du sens,
ni les désastres raffinés du sort,
elle s’amuse de feuilles, de petits oiseaux,
de coquillages, de reflets, de verts profonds.

Aveugle, la lumière, dans mon pays,
illumine son propre coeur inviolable
sans se soucier de gains ni de pertes.
Pure comme le sel, intacte, fièrement dressée,
la chaste, démente lumière effeuille le temps.

(Eliséo Diego)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

Illustration: ArbreaPhotos

 

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