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Supporte la disgrâce d’un cours égal (Lao Tseu)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2016



Supporte la disgrâce
D’un cours égal.
Accepte l’adversité
comme inséparable
de la condition humaine.

Que faut-il comprendre par
Supporte la disgrâce d’un cours égal ?

La disgrâce n’est pas pire
que la faveur.
Toutes deux engendrent la crainte.
Ne soit donc affecté
ni par la perte
ni par le gain.

Que faut-il comprendre par
L’adversité est inséparable
de la condition humaine ?

L’homme a un corps,
c’est pourquoi
le malheur a prise sur lui.
S’il n’en possédait point,
quel événement
pourrait le frapper ?

C’est pourquoi,
à celui qui se soucie des autres
autant que de lui-même
on peut confier le monde.

Seul celui qui aime les autres
autant que lui-même
est digne de les gouverner.

(Lao Tseu)

Illustration: Cristina Pérez de Villar

 

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L’illusion engendre calme et trouble (Seng Ts’an)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2016




L’illusion engendre calme et trouble
L’éclairement est sans goût ni dégoût
Toute limite est duelle
Délibérer est inutile

Songes, mirages, fleurs du vide
pourquoi se fatiguer à les saisir ?
Gain, perte, juste, injuste,
en un instant qu’ils disparaissent totalement !

Si l’oeil ne dort pas
tous les rêves cessent d’eux-mêmes
Si le Coeur ne divise pas
les dix-mille-dharma sont l’Unique Réel

*

(Seng Ts’an)

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Respirer, invisible poème (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2016



Rilke -600wi [800x600]

Respirer, invisible poème.
Toujours autour de moi,
d’espace pur échange. Contrepoids
où rythmiquement m’accomplit mon haleine.

Unique vague dont je sois
la mer progressive ;
plus économe de toutes les mers possibles, —
gain d’espace.

Combien de ces lieux innombrables
étaient déjà en moi ? Maints vents
sont comme mon fils.

Me reconnais-tu, air, encore plein de lieux miens tantôt ?
Toi qui fus l’écorce lisse,
la courbe et la feuille de mes mots.

(Rainer Maria Rilke)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Helmut Westhoff

 

 

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