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Poésie

Posts Tagged ‘gaîté’

Le vent (Mireille Gaglio)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2019




Le vent

Le vent du printemps
Souffle tout le temps.
Avec lui, il apporte
Une musique avant-coureuse d’été,
Un tourbillon de papillons,
De sensations tièdes,
Des ondées fraîches et pures
Et des pluies de fleurs…
Il transporte l’air chaud
Qui vient de loin,
Et qui rappelle les oiseaux,
Les insectes, les abeilles,
Toutes ces merveilles de la nature
Qui finit son sommeil…
Il réveille en nos cœurs
La beauté, la gaité…

Le vent du printemps,
Il souffle tout le temps,
Il met dans nos vies
Un air de folie…

(Mireille Gaglio)

Illustration

 

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LE MAI D’AMOUR (Emile Nelligan)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2019


LE MAI D’AMOUR

Voici que verdit le printemps
Où l’heure au coeur sonne vingt ans,
Larivarite et la la ri ;
Voici que j’ai touché l’époque
Où l’on est las d’habits en loque,
Au gentil sieur il faudra ça
Ça
La la ri
Jeunes filles de bel humour,
Donnez-nous le mai de l’amour,
Larivarite et la la ri.

Soyez blonde ou brune ou châtaine,
Ayez les yeux couleur lointaine
Larivarite et la la ri ;

Des astres bleus, des perles roses,
Mais surtout, pas de voix moroses,
Belles de liesse, il faudra ça
Ça
La la ri
Il faudra battre un coeur de joie
Tout plein de gaîté qui rougeoie,
Larivarite et la la ri.

Moi, j’ai rêvé de celle-là
Au coeur triste dans le gala
Larivarite et la la ri;

Comme l’oiseau d’automne au bois
Ou le rythme du vieux hautbois,
Un coeur triste, il me faudra va
Ça
La la ri
Triste comme une main d’adieu
Et pur comme les yeux de Dieu,
Larivarite et la la ri.

Voici que vient l’amour de mai,
Vivez-le vite, le coeur gai,
Larivarite et la la ri ;

Ils tombent tôt les jours méchants,
Vous cesserez aussi vos chants ;
Dans le cercueil Il faudra ça
Ça
La la ri
Belles de vingt ans au coeur d’or,
L’amour, sachez-le, tôt s’endort,
Larivarite et la la ri.

(Emile Nelligan)


Illustration: William Bouguereau

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COURAGE (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2019



COURAGE

Avec l’hiver levant le siège
Je me tenais pour trépassé…
J’ai vu pourtant fondre la neige
Et mille chants m’ont réveillé.

Des voix bruyantes m’ont parlé
D’une existence certes amère,
Et le soleil a allumé
Au ciel des gaîtés printanières.

(George Bacovia)

Illustration: Jean Libon

 

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Le muguet (Mireille Gaglio)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018




Le muguet

Muguet du premier mai,
Petites clochettes,
Symbole d’amitié
Vous décorez mon foyer…
Grâce à vous, il a un air de fête
Il embaume et enivre.
Tout rempli de votre parfum,
On perd un peu la tête,
On a envie de vivre
On est tout retourné…

Quelques jours,
Et c’est votre fin…
Tel est votre destin !
Nul ne peut vivre toujours…
Muguet du premier mai,
Petites fleurettes
Merci de votre séjour
Dans ma maisonnette
Et de la gaité
Que vous y avez semée !

(Mireille Gaglio)

Illustration

 

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Hortensia, couronne impériale (J.J. Grandville)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2018



Hortensia, couronne impériale

Les Grecs et les Romains, les Grecs surtout,
adoraient les couronnes de fleurs.
Celui qui se serait présenté au cirque,
à l’académie, au théâtre, sur la place publique,
sans sa couronne aurait passé pour un fou.
Il n’était pas plus permis alors de se montrer sans couronne,
que de sortir sans chapeau aujourd’hui.
Pour les gens chauves, la couronne remplaçait la perruque.
Aussi tous les philosophes s’en paraient;
Socrate lui-même ne manquait jamais de ceindre son front de fleurs.
César, chauve à trente ans, dut à la couronne
l’avantage de cacher longtemps cet inconvénient aux beautés de Rome.
On sait qu’à l’âge de quatre-vingts ans, Anacréon se parait d’une couronne de roses.

Avec la couronne, il n’y avait plus de vieillards,
on était toujours jeune avec des fleurs sur le front et une longue
robe flottante; aussi les anciens ne connaissaient-ils pas
cet être tremblottant, souffreteux, catharreux, ridé, ratatiné
que nous nommons un vieillard.

Je ne parle pas d’Alcibiade, il changeait de couronnes trois fois par jour.
C’était le premier coiffeur d’Athènes qui venait la lui placer sur la tête.
Il y avait des fashionables qui portaient leur couronne
à droite ou à gauche, en avant ou en arrière;
les uns la posaient d’un air crâne sur un seul côté,
les autres l’enfonçaient bien sur les oreilles
pour se garantir des rhumes de cerveau.
Ceux-là étaient les propriétaires, les rentiers du marais, les bonnets de coton de l’antiquité.
Quand tous les convives avaient des couronnes de fleurs
sur la tête, un dîner triste était impossible.
Les fleurs portent à la gaîté;
aussi ni à Rome ni à Athènes on ne connaissait l’usage des dîners officiels.
Ils ne sont permis que depuis la suppression des couronnes.

(J.J. Grandville)

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La demoiselle aux mains légères (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018



La demoiselle aux mains légères
a des cascades plein les doigts
Elle leur fait prendre un peu l’air
en les emmenant dans les bois

Un seul regard de la pensive
fait fleurir un oiseau rieur
Il est malin comme l’eau vive
volant ici il est ailleurs

D’où venez-vous oiseau moqueur ?
Je suis né de deux mains légères
Où allez-vous oiseau rôdeur ?
Je vais au caprice de l’air

L’oiseau est vraiment délicieux
La demoiselle aux mains légères
a des étoiles plein les yeux
L’oiseau lui chante son grand air

et leur gaîté réjouit les cieux

(Claude Roy)


Illustration: Pierre-Yves Vigneron

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Le Bain des Nymphes (José-Maria de Hérédia)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018



Illustration: Adolphe William Bouguereau

    

C’est un vallon sauvage abrité de l’Euxin;
Au-dessus de la source un noir laurier se penche,
Et la Nymphe, riant, suspendue à la branche,
Frôle d’un pied craintif l’eau froide du bassin.

Ses compagnes, d’un bond, à l’appel du buccin,
Dans l’onde jaillissante où s’ébat leur chair blanche
Plongent, et de l’écume émergent une hanche,
De clairs cheveux, un torse ou la rose d’un sein.

Une gaîté divine emplit le grand bois sombre.
Mais deux yeux, brusquement, ont illuminé l’ombre.
Le Satyre !… Son rire épouvante leurs jeux;

Elles s’élancent. Tel, lorsqu’un corbeau sinistre
Croasse, sur le fleuve éperdument neigeux
S’effarouche le vol des cygnes du Caÿstre.

(José-Maria de Hérédia)

 

 

 

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LES ADIEUX D’UNE FEMME DOUCE (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2018



Illustration: Edvard Munch
    
LES ADIEUX D’UNE FEMME DOUCE

Par les champs onduleux aux subtiles senteurs
Emportant ses baisers, derviche, en terre nue,
Sage et triste fakir ta femme est devenue,
Foulant la violette et n’offrant plus de fleurs !

Que n’es-tu sous mes yeux ombre fière et brillante
Suivant ma trace douce et pleine de gaîté…
Le ciel brun s’est défait de son azur d’été
Et fantôme, à présent, ton éclat se lamente.

Autant que l’infini je suis calme pourtant;
Comme la feuille aussi sur la mer qui respire.
Je veux aborder l’homme en sachant lui sourire,
Mais nul à mes côtés ne peut être présent.

Oui, les murs de ma vie ont pleuré de tristesse
Sans avoir épousé le soleil plein d’ardeur.
Mais je ne pleurai pas quand m’atteignit au coeur
L’adieu que je dus faire à tout ce que je laisse.

Comme un parfum, qu’il soit léger, mon souvenir
Vers le ciel envolé. Pour toujours, qu’il s’y pose.
Maint bûcher de mon coeur éclose comme rose !
Et fume mon amour, dont j’eus tant à souffrir.

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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Été (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



Été

Les soucis semés cousent d’or la plaine,
Les prés sont légers comme appel d’antan,
La gaîté d’argent des bouleaux déchaîne
Un frêle remous dans le ciel flottant.

La guêpe ronronne, atteint l’églantine
Après qu’en son vol elle m’a flairé,
Et la rose au sang coléreux s’incline.
Que svelte est l’été de rouge accoutré!

Un jaillissement plus tendre rayonne,
Le sang des fraisiers sur le sable coule,
La tête courbée, les épis frissonnent,
Dans les frondaisons l’orage est en boule.

Mon rapide été trop vite enfui,
Sur ton char Démon le vent me dérade,
Au ciel en éclats l’on voit, ébloui,
L’hiver bleu luisant qui déjà parade.

(Attila Jozsef)

Illustration: \ »Effroyablement\ » Indispensables Jardins

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Comme boutons frais (Herman Gorter)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Comme boutons frais
votre présence,
comme boutons de rose
vos douces joues rouges, votre gaîté,
comme d’éclatantes gouttes
d’argent, de provocation —
vos yeux quand vous les détournez de moi,
que ce mince corps délicieux se courbe
en arrière, de côté, comme un roseau,
pour m’attirer vers vous,
et votre tendre sourire me dit:
vous ne venez pas ?

(Herman Gorter)

 

Recueil: Ce que tu es
Traduction: Saskia Deluy et Henri Deluy
Editions: Al Dante

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