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LE MAI D’AMOUR (Emile Nelligan)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2019


LE MAI D’AMOUR

Voici que verdit le printemps
Où l’heure au coeur sonne vingt ans,
Larivarite et la la ri ;
Voici que j’ai touché l’époque
Où l’on est las d’habits en loque,
Au gentil sieur il faudra ça
Ça
La la ri
Jeunes filles de bel humour,
Donnez-nous le mai de l’amour,
Larivarite et la la ri.

Soyez blonde ou brune ou châtaine,
Ayez les yeux couleur lointaine
Larivarite et la la ri ;

Des astres bleus, des perles roses,
Mais surtout, pas de voix moroses,
Belles de liesse, il faudra ça
Ça
La la ri
Il faudra battre un coeur de joie
Tout plein de gaîté qui rougeoie,
Larivarite et la la ri.

Moi, j’ai rêvé de celle-là
Au coeur triste dans le gala
Larivarite et la la ri;

Comme l’oiseau d’automne au bois
Ou le rythme du vieux hautbois,
Un coeur triste, il me faudra va
Ça
La la ri
Triste comme une main d’adieu
Et pur comme les yeux de Dieu,
Larivarite et la la ri.

Voici que vient l’amour de mai,
Vivez-le vite, le coeur gai,
Larivarite et la la ri ;

Ils tombent tôt les jours méchants,
Vous cesserez aussi vos chants ;
Dans le cercueil Il faudra ça
Ça
La la ri
Belles de vingt ans au coeur d’or,
L’amour, sachez-le, tôt s’endort,
Larivarite et la la ri.

(Emile Nelligan)


Illustration: William Bouguereau

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LE GOINFRE D’AMOUR (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2018



Illustration: Gérard de Lairesse
    
LE GOINFRE D’AMOUR

Non, non, l’amour vivant, quoi que toi-même en dises,
N’est pas un délicat épris de gourmandises
Qui grignote du bout des dents, plein de dégoûts,
Réglant son estomac, buvant à petits coups,

Craignant les larges plats et la grande rasade,
Et restant sur sa faim pour n’être pas malade.
C’est un goinfre attablé qui, plus que de raison
Enivré de vin pur, gavé de venaison,

Ote le ceinturon qui lui gêne la taille
Et, sans peur d’avoir mal au ventre, fait ripaille.
Il ne sait si demain sera jour de gala
Et veut manger de tout pendant que tout est là.

[…]

Affamés et grinçant des dents comme les loups.
Vous aurez des remords, et vous serez jaloux
De ceux qui se seront gaîment garni la panse.
Mais vous aurez beau faire et vous mettre en dépense,
Et chercher autre part un semblable repas ;
Ces beaux festins d’amour ne se retrouvent pas.

[…]

A la table divine où l’on doit manger vite
La jeunesse prodigue en passant vous invite.
Il faut mettre à profit cet hôte hasardeux,
Qui reçoit une fois les gens, mais jamais deux.

Maîtresse, c’est pourquoi je bois à perdre haleine,
Pourquoi je veux avoir toujours la bouche pleine,
Pourquoi mes appétits, sans paraître apaisés,
Font si large bombance au banquet des baisers.

(Jean Richepin)

 

 

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LILAS (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2018




    
LILAS

Ma maîtresse me fait des scènes.
Paradis fleuri de lilas
Je viens humer tes odeurs saines.

Les moribonds disent : Hélas!
Les vieux disent des mots obscènes
Pour couvrir le bruit de leurs glas.

Dans le bois de pins et de chênes
Les obus jettent leurs éclats.
Victoire? Défaite? Phalènes.

Pluie améthyste les lilas,
Sans souci d’ambitions vaines,
Offrent aux plus gueux leurs galas.

La mer, les montagnes, les plaines,
Tout est oublié. Je suis las,
Las de la bêtise et des haines.

Mais mon coeur renaît aux lilas.

(Charles Cros)

 

Recueil: Le Collier de griffes
Traduction:
Editions: Gallimard

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CARAVANE (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2016



CARAVANE
A Olivier Pain.

Oh ! ne savoir jamais les dates,
Boire de l’eau, manger des dattes !

Les déserts ont des chemins longs
Plus gais vraiment que nos salons.

Quel soleil ! Ça manque de femmes :
Ces chameliers sont bien infâmes.

Ils ne nous versent pas de bocks
Et nous vendent des bijoux tocs.

Entre marcheurs on se dénigre :
Rien ! Quel ciel ! Même pas du tigre !

Oh ! le désert ! Assez, assez !
Rien que des chameaux désossés,

Des chacals, des rats et du sable
L’eau rare et le biscuit… passable,

Et l’on traverse tout cela
Loin du boudoir loin du gala

On vit, on va plein d’espérance :
Parce qu’on est des gens de France.

(Charles Cros)

Illustration: Caroline Duvivier
 

 

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MAGLIA accordant sa guitare (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 1 novembre 2015



MAGLIA
accordant sa guitare
(Il chante)

TOURNE-TOI vers celle qui t’aime.
Ne regarde point au-delà.
L’amour récolte ce qu’il sème.
Toutes Ies filles de Bohême,..
Toutes les belles d’Alcala,
Atala, Leila, Lola,
Olympe avec son diadème,
Suzon avec son falbala,
Tralalala, tralalala,
Ne valent pas celle qui t’aime.
Trala
La la.

Tourne-toi vers celle qui rêve
Et qui voudrait que tu sois là.
Toutes les autres filles d’Eve,
Celles qui dansent sur la grève,
Celles qui font cercle au gala,
Carmen qui toujours s’envola,
Luz dont la jupe se soulève,
Fanebon, dont l’oeil dit me voilà !
Tralalala, tralalala,
Ne valent pas celle qui rêve.
Trala
La la.

(Victor Hugo)

 

 

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À POINGS FERMÉS (Jean-Charles Michel)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2015




À POINGS FERMÉS

D’un banc à l’autre à petits pas
Je véhicule ma carcasse
En craignant fort qu’elle se casse
Et passe de vie à trépas.

Dans l’allée des ramiers roucoulent
Des cygnes à deux pas de 1à
Dans leur blanc tutu de gala
Dansent sur les eaux qui s’écoulent.

Parfois un pousseur remontant
Le courant s’en va-t-à perpette
Et c’est alors que je regrette
De ne pouvoir en faire autant.

(Jean-Charles Michel)

Illustration

 

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