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Poésie

Posts Tagged ‘galaxie’

LUMINEUSE (Yves Morel)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2021




LUMINEUSE

Un jour je l’écrirai le poème.
Le poème le plus tendre
que l’on n’ait jamais écrit
sur une femme lumineuse.
Je le sens qui monte en moi
comme lorsque le désir
monte en elle.
Une femme que j’adore.
La femme.
Celle qui a fait de moi
un satellite
proche de sa galaxie.
Je l’écrirai un jour
qu’elle aura chaviré mon vieux coeur
un peu plus qu’à l’ordinaire.
Il jaillira le poème
comme un besoin naturel,
pour vanter tout ce charme
qui m’a explosé au regard
le jour où je l’ai croisée.

Et comme elle,
il sera libre,
le poème.

(Yves Morel)

Illustration

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LE MIRADOR (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2021



Illustration: Giorgio de Chirico
    
LE MIRADOR
(La nostalgie de l’infini)

Je le sais maintenant :
inutile pour apercevoir l’infini
de dénuder le bleu du ciel car l’infini est
une tour
une forteresse apatride
un phare inassouvi
un silo cerclé d’oriflammes

Je le sais maintenant :
inutile pour apercevoir l’infini
d’apprivoiser la Voie lactée car l’infini est
un parcours austère
une géométrie sans pitié
une rectitude hantée d’absence

Peut-être est-il aussi un mirador
surveillant les coulées d’étoiles entre les barbelés des galaxies ?

Mais alors qui veille en son extrémité, juste au-dessous des oriflammes,
et quel souffle les fait battre immobiles sous une éternité d’orage ?

(Jacques Lacarrière)

 

Recueil: A l’orée du pays fertile
Traduction:
Editions: Seghers

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TES MAINS ET LA NEIGE (Mathias Malzieu)

Posted by arbrealettres sur 12 mars 2021



Illustration: Daria Nelson
    
TES MAINS ET LA NEIGE

Tes mains sont plus douces
que l’intérieur d’un flocon de neige
tombé dans une galaxie inversée,
là où il neige seulement

(Mathias Malzieu)

 

Recueil: Le dérèglement joyeux de la métrique amoureuse
Traduction:
Editions: L’ICONOPOP

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Solitude (Miroslav Antić)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2021



     


    
Solitude

Tu reconnaîtras ta force
à ta capacité
à résister à la solitude.

Les étoiles géantes sont seules
en marge de l’espace.
Les petites et les confuses
se tassent en galaxies.

La semence du séquoia choisit les clairières
riches en soleil, ouragan et oxygène.
La semence des fougères se niche dans les forêts vierges.

L’aigle n’a jamais eu besoin
de faire la connaissance d’un autre aigle.
Les fourmis ont inventé les peuples.

Tu reconnaîtras ta force
à ta capacité
à surmonter l’instant présent,
car l’instant présent est plus dur,
plus terrible et plus long
que le temps, que l’éternité.

***

Самоћа

Своју снагу препознаћеш по томе
Колико си у стању
Да издржиш самоћу.

Џиновске звезде самују
На ивицама свемира.
Ситне и збуњене
Сабијају се у галаксије.

Семе секвоје бира чистине
Са много сунца, урагана и ваздуха.
Семе папрати завлачи се у прашуме.

Орао никад није имао потребу
Да се упозна са неким другим орлом.
Мрави су измислили народе.

Своју снагу препознаћеш по томе
Колико си у стању
Да пребродиш тренутак,
Јер тренутак је тежи
И страшнији и дужи
Од времена и вечности.

(Miroslav Antić)

 

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

et … lui-même ici: serbica.u-bordeaux-montaigne
Recueil:
Traduction: Traduit du serbe par Boris Lazić
Editions:

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Un objet déplacé (Robert Roman)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2021



Illustration: Christen Dalsgaard
    
Un objet déplacé
Une galaxie de secondes
Un geste d’adieu
Toute une vie

(Robert Roman)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

 

Recueil: Pensées Ultérieures
Traduction:
Editions: Le Contentieux

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Qui pour prétendre (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2020



Qui pour
Prétendre avoir un jour
Fait l’amour
S’il ne sent pas
Le vent dans l’herbe
Qui respire
L’azur
Comme un plongeur
Livré
A l’ivresse des hauts
Fonds

L’eau de pluie
A cloche-pied dans
La marelle d’une flaque
La source
Qui éveille la montagne
Où dort le magma
Paresseux
Sous
La moustiquaire légère
Des galaxies

Qui pour prétendre
A l’amour s’il n’est pas
Le dernier arbre

Avant la porte du désert

(Werner Lambersy)

Illustration: Mathieu Levis

 

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REPIT (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 9 juin 2020




    
REPIT

Nombreuses et grandes
Sont mes tentatives —
Dans les profondeurs et dans les hauteurs,
Entre les ténèbres et la lumière,
De l’atome aux galaxies,
Du premier baiser sur les lèvres
Au dernier baiser sur les paupières,
De la fleur au serpent,
Du pain au poison,
De la caresse au poignard,
Du rugissement du lion
Au chant de l’alouette,
De moi,
Saisi par les vrilles du temps,
A toi,
Qui laisses s’enrouler distraitement le temps
Dans ton giron, comme une pelote.
Du rivage de mes heures,
Je contemple les bords de tes éternités.
Mon compas
Elargit son angle
Jusqu’à 180°.
Je regarde,
Et les lointains que j’aperçois
Sont poussière de voie lactée.
Mes ères
Frappent avec des poings d’enfant
A ta porte d’azur
Cloutée d’étoiles.
Que faire ?
Je n’ai pas de bateau qui puisse
Me mener par-delà les frontières de mon être,
Et lorsque je reviens en moi-même, je vois toujours
Des immensités et des ports qui ne sont que rêves.
Ma halte
Est celle du vent
Que l’air délogera
D’entre deux branches frémissantes

(Mihai Beniuc)

 

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TENEBRES (Gyula Illyès)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2020



 

Talon Abraxas 1980 - British Surrealist painter - Tutt'Art@ (30) [1280x768]

TENEBRES

Nous marchons sans lanterne
Le sol est plat.
A gauche ondoient les blés
A droit — odeur de cèpes —
Nous suit un petit bois.

Noyaux de nuit plus dense
Un à un détachés
Des peupliers s’avancent
Vers nous pour défiler.

On ne voit pas la route
Où s’enfoncent les pieds
Nuit au ras de la bouche
Mais l’oreille émergée.

A fleur de paysage
S’allume à nos tympans
Un film dont les images
Se heurtent sur l’écran.

On tâtonne. A l’ami
Lointain, la bonté proche
La Parole nous lie
Seule : combien humaine !

Un train à l’infini
Siffle. La chouette ulule.
Monde, étroite cellule,
Plafond de galaxies.

La peur nous ratatine
Mais nous dilate aussi.
On passe des abîmes
Sans remuer d’ici.

Le flair renaît en nous
Aussi fin qu’à l’époque
Où l’homme était un loup.
Ses pistes sont les nôtres.

Des yeux nous en avons
Derrière notre crâne,
Au nez comme aux talons,
Au fer de notre canne

Tout au bout des antennes
Qui précèdent l’esprit
Fouillant la nuit, jumelle
De l’aveugle patrie.

Suivons l’aïeul farouche
L’instinct. Nulle clarté
Sinon quand ma main touche
La tienne, électrisée.

Marchons. La terre écoute.
Par chance de là-bas
Nos coeurs ne se voient pas
Vers luisants sur la route.

(Gyula Illyès)

Illustration: Talon Abraxas

 

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Maman, plus tard, moi je serai (Carl Norac)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2020




Illustration: Lia R.
    
Maman, plus tard, moi je serai
blanchisseur de nuages ou berger d’oiseaux,
peut-être compteur de gouttes d’eau,
arbitre pour combats d’escargots,
garde du corps pour papillons,
acupuncteur pour hérissons,
clown pour passants fatigués,
imprimeur pour sans-papiers,
décorateur de coccinelles,
empêcheur de tomber du ciel.
Puis, j’inventerai la machine à ne rien faire
qui se tendra en hamac depuis la Terre
vers un point très lointain du vaste univers.
Alors, on m’élira comme la plus lente
et la plus mignonne étoile filante.
Respirant le grand air des galaxies,
à cheval sur l’Ourse, sur la queue de Castor,
employé des affaires privées de l’infini,
je connaîtrai enfin l’âge d’or.

(Carl Norac)

Recueil: Les poèmes ont des oreilles
Traduction:
Editions: Rue du Monde

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LA GRANDE MIGRATION (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2020




    
LA GRANDE MIGRATION

À perte de nuit la nuit froide et claire
On entend caqueter très haut un long vol d’oies sauvages
en figure de proue (la tribu navigue en forme de V
et les vieux jars expérimentés se relaient

pour ouvrir la route du vol en éperon)
Malgré la transparence obscure de l’espace
on ne voit pas la flottille bruissante d’ailes
qui tient son cap patient vers le lointain sud

mais seulement les feux de position
des autres grandes migratrices au-dessus de nous
les silencieuses les très froides les étoiles de la Galaxie
qui dérivent inexorablement dans l’Univers en expansion

Et toi et moi nous deux ensemble
à cet instant où nous nous croyons immobiles
nous faisons pourtant route nous aussi nous migrons
Vers quelle saison ? Vers quel rivage ? Vers quel silence ?

(Claude Roy)

 

Recueil: Claude Roy un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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