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Posts Tagged ‘galet’

J’ai caché mon coeur (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2018




J’ai caché mon coeur
Au fond d’une pierre
Là-bas, dans un torrent de la montagne,
OEuf-monde en sa coquille bleue,
Invulnérable jusqu’au jour
Où ce galet s’est écrasé,
Puissance et vie évanouies :
Non où tu vis mais où tu aimes, l’âme.

***

I hid my heart
Within a certain stone
In a far mountain burn,
World-egg in its blue shell,
Invulnerable until
That pebble crushed,
Power and life were gone :
Nor where we live but where we love, the soul.

(Kathleen Raine)

 

 

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GALET (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2018



 

GALET

Le moins
Le peu
Le bref
L’exigu
Prennent corps
En ce galet
Dépourvu de veines
Et de détours
Son opacité
S’oppose
Aux transparences
De l’océan
Sa cohésion
Défie
La sinueuse écume

(Andrée Chedid)

 

 

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FEMME FUSÉE (André Pieyre de Mandiargues)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2018



Illustration: Carole Cousseau
    
FEMME FUSÉE

Flamme t’exaltes-tu
Les plumes de ton envolée
N’émouvront nulle cendre,
Mais si s’embrase ta nacre
Entre le corail et la touffe
Je poserai au point focal
De là où le plaisir bouillonne
Un galet poli comme toi
Par des remous de baisers,
Pour le faste et pour l’abondance
Pour le lest que tu jetteras
Femme fusée ma fleur
Quand tu t’enverras dans les verts
Bien plus tiens que le bleu d’en haut.

(André Pieyre de Mandiargues)

 

Recueil: Ecriture ineffable
Traduction:
Editions: Gallimard

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Ici dans l’eau (Henri Pichette)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2018



Illustration: Paul Chabas
    
Ici dans l’eau innocente et douce
Le genou de baigneuse est rond comme un galet.

(Henri Pichette)

 

Recueil: Poèmes offerts
Traduction:
Editions: Gallimard

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Parfum d’iode (Marie-Noëlle Hopital)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2018



 

mer

parfum d’iode –
les vagues se retirent
des galets brûlants.

(Marie-Noëlle Hopital)

Illustration

 

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La chose même est Tout, qui n’est pas (Roger Munier)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2018



La chose même est Tout, qui n’est pas :
la chose. Qui n’est qu’en n’étant pas la chose.
La pierre est Tout qui n’est :
la pierre qu’en se voilant de soi.
Mais cela, tu l’atteins en atteignant : la pierre.

Car le voile est la pierre même,
si la pierre n’est que le voile.
Il est la chose même si la chose est le voile.
Car elle est voile, mais de soi.

Ce galet de la plage, comme s’il était seul au monde,
à lui seul le monde, le Seul.
Parfaite idole.
Dans la tempête, Il y a beaucoup plus que la tempête,
et dans le jour serein qui suit,
beaucoup plus que le jour serein.

(Roger Munier)

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C’EST POURTANT BIEN L’ÉTÉ (Vangelis Kassos)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2018




    
C’EST POURTANT BIEN L’ÉTÉ

c’est pourtant bien l’été
rien ne manque la lumière
les arbres les sourires la musique
les jeunes filles en fleurs
le soleil qui surveille
et s’occupe des convives
tout est tendre éternel
ondoyant tel un regard langoureux
à peine le galet froid va-t-il tomber
de cette fissure infime
telle une larme tu vas couler
hors du tableau

(Vangelis Kassos)

 

Recueil: Cent poèmes
Traduction: Ioannis Dimitriadis
Editions: http://www.ainigma.net

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Plateau d’oeufs (Patrick Williamson)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018




    
Plateau d’oeufs

Sur la table un grand plateau d’aras
tachetés de brun, coquilles endormies
qui tanguent comme des yachts
en régate poussés sur la mer.

Fragilité ; nous cassons si facilement,
enlevés au lit de l’amitié,
chaque coquille ronde sans visage
cherchant sa direction, incapable de bouger.

Plénitude et silence ; j’aimerais mettre
leur concentration collective
dans une photo, l’agrandir,
puis les étaler comme des galets
sur une plage et les aligner vers la mer.

***

Tray of eggs

On the table a tray of eggs
with mottled tans, rolling drunk
asleep in their shells, like racing
yachts blown across the sea.

Fragility; we crack so easily,
plucked from the bed of companionship
each rounded shell – faceless,
looking for direction, unable to move.

Full and silent: I would like to take
their massed concentration
in a photograph then, enlarging it,
lay them out like cobblestones
on a beach, and line them up to the sea.

(Patrick Williamson)

 

Recueil: Trois rivières
Traduction: Max Alhau
Editions: L’Harmattan

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Le matin (Jean-Pierre Lemaire)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2018




    
Le matin, les maisons semblent un peu plus hautes,
debout sur leurs pierres,
ainsi que les arbres étrangement verts
sur leurs vieilles racines
et la mer sombre, rafraîchie,
sur ses abîmes de mémoire.
On dirait qu’ils regardent venir le soleil
promis depuis des siècles
comme une foule ayant passé
la nuit dehors pour l’apercevoir.
Ensuite, au fil des heures,
chacun se rassoit imperceptiblement,
ne voit plus que sa rue,
les galets sur le rivage.
Qu’arriverait-il
si tout le monde osait suivre aujourd’hui
le soleil levant ?
La ville deviendrait comme un camp de toile
et nous marcherions du matin au soir
sur la pointe des pieds.

(Jean-Pierre Lemaire)

 

Recueil: Faire place
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’Arbre (Gabriel Cousin)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2018



L’Arbre

Un arbre est mon voisin.
Là, devant moi,
il regarde par ma fenêtre.

Il frémit sous le vent comme des vagues
et les crêtes de ses feuilles
renvoient l’écume et la lumière.
Dans les tempêtes
passe le ressac des galets.

Debout comme un homme
Puissant comme la montagne
Vivant comme une bête
Sa sève circule avec mon sang.

Selon les saisons,
squelette noir,
sculpture de cuivre,
odorante fraîcheur verte,
douce peau bourgeonnante.

Et sous mes pieds
son invisible chevelure souterraine
se nourrissant de la terre.

Nous nous regardons
et respirons ensemble.

(Gabriel Cousin)

Illustration: Georgia O’Keefe

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