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LE GRAND CONTEUR GLORIFIE LES MENUISIERS (Miguel Angel Asturias)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018



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LE GRAND CONTEUR GLORIFIE LES MENUISIERS

Arbre, je me livre
à toi, menuisier.
J’ai eu sur mes branches
l’étoile assoupie,
et bien peu m’importent
la hache qui fend
et la scie qui mord
de ses dents de chienne,
la griffe, la gouge !

Arbre, je me livre
à toi, menuisier.
J’ai eu sur mes branches
la pluie éveillée,
non, rien ne m’importe,
galope, galope
sur moi ta varlope !

Changement minime !
Qui était ton toit,
ta table, ta chaise ?
Qui était ton lit ?

Arbre, je me livre
à toi, menuisier.
J’ai eu sur mes branches
la pluie éveillée,
j’ai eu sur mes branches
l’étoile assoupie !

(Miguel Angel Asturias)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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La vache (Damien Suave)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018



Le moineau vole.
Le requin nage.
Le cheval galope.
La vache se meuh.
Lentement.

(Damien Suave)

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J’ignorais en ces jours candides comme des agneaux (Dylan Thomas)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018



J’ignorais en ces jours candides comme des agneaux
Que le temps m’emporterait bientôt vers ce grenier
Bondé d’hirondelles à l’ombre de ma main,
Dans la lune toujours montante
Ni que, galopant vers le sommeil
Je l’entendrais voler par les moissons
Et m’éveillerais dans la ferme
Chassé à jamais du paradis de l’enfance (…)

***

Nothing I cared, in the lamb white days, that time would take me
Up to the swallow throunged loft by the shadow of my hand,
In the moon that is always rising.
Nor that riding to sleep
I should hear him fly with the high fields
And wake to the farm forever fled from the childless land (…)

(Dylan Thomas)

Illustration

 

 

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Une Femme Avec Toi (Nicole Croisille)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2018




Nicole Croisille
    
Une Femme Avec Toi

Je fréquentais alors des hommes un peu bizarres
Aussi légers que la cendre de leurs cigares
Ils donnaient des soirées au château de Versailles
Ce n’étaient que des châteaux de paille
Et je perdais mon temps dans ce désert doré
J’étais seule quand je t’ai rencontré
Les autres s’enterraient, toi tu étais vivant
Tu chantais comme chante un enfant
Tu étais gai comme un italien
Quand il sait qu’il aura de l’amour et du vin
Et enfin pour la première fois
Je me suis enfin sentie:
Femme, femme, une femme avec toi
Femme, femme, une femme avec toi
Tu ressemblais un peu à cet air d’avant
Où galopaient des chevaux tous blancs
Ton visage était grave et ton sourire clair
Je marchais tout droit vers ta lumière
Aujourd’hui quoi qu’on fasse
Nous faisons l’amour
Près de toi le temps parait si court
Parce que tu es un homme et que tu es gentil
Et tu sais rendre belle nos vies
Toi tu es gai comme un italien
Quand il sait qu’il aura de l’amour et du vin
C’est toujours comme la première fois
Quand je suis enfin devenue:
Femme, femme, une femme avec toi
Femme, oh! femme, une femme avec toi
Femme, femme, une femme avec toi.

(Nicole Croisille)

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LA JUMENT FAMILIÈRE (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018



Illustration: Véronique Favereau
    
LA JUMENT FAMILIÈRE
A Maurice Genevoix.

Une grande jument morte
Qui galope dans mes nuits.
Ce n’est pas un cauchemar
Mais un soupir de l’enfance.

Une grande jument blanche,
Grave, douce et débonnaire,
Dans un silence de tonnerre
Passe entre les haies en fleurs.

Mon grand-père tient les rênes,
Chapeau melon sur les yeux.
La fumée des cigarettes
Monte droit dans le soir bleu.

Buissons fleuris d’amertume…
La rivière parle bas;
Le village dort au son des enclumes,
Puis s’allume, feu par feu.

Mais voici, mangée de pluie,
Mangée de neige et de vent
La grande nuit intérieure
Où je me penche souvent,

Où la jument trotte l’amble…
Grande et douce jument morte
Qui fut de notre famille
Et qui finit humblement.

(Maurice Fombeure)

 

Recueil: A dos d’oiseau
Traduction:
Editions: Gallimard

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CHORAL (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2018



 

CHORAL

Henni par le silex,
au train de rêve qui te faisait galoper
sur le champ
envahi de trèfle :

le peu de
terre qui remonte péniblement
vers nous brisé
par l’aigre stridence du fifre
qui te fouaille, des millions de fois,
dans ton ultime
parole hérétique.

Lentement,
tu enfonces ton doigt dans la plaie
d’où ma voix
s’échappe.

(Paul Auster)

Illustration: Alberto Pancorbo

 

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Les pierres du chemin (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2018



    

Les pierres du chemin, ah comment se fait-il
Qu’elles soient devenues
Les yeux des cerfs errants, des biches et des loups,
Et les yeux du cheval qui s’en allait sans ruses
Se peut-il que ce soient deux cailloux dans le fleuve?
Tournez-vous par ici, mes bêtes galopantes,
Au secours, j’ai besoin de chacune de vous,
Troupeau de taurillons, chevaux faiseurs d’espaces,
Personne n’est de trop pour consoler un fou,
Ah j’ai même besoin des bêtes qui se cachent
Et du grain de maïs au fond d’un sac perdu.

(Jules Supervielle)

 

Recueil: Le forçat innocent suivi de Les amis inconnus
Traduction:
Editions: Gallimard

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Laisse laisse se taire (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018




    
laisse
laisse se taire
la mélodie trop claire de tes jambes
étends-toi le mouvement terrestre
ivre à force de veiller
t’accueille au creux de sa paume
la mer hisse les fanions des nuages
et ta nudité t’abrite
de tout ce qui n’est pas nu
humons dans la coupe du soir
le balbutiement des parfums

soudain nous apprenons que dans les feux de brousse
avec les mêmes yeux traqués
fuient les plus forts comme les plus craintifs
réconciliés par l’issue qui les happe
courant dansant galopant
devant le cheval aux sabots de cendre
dont ils ne voient qu’il les encercle
que dans leur folle volte-face

même endormis seuls dans ces lits trop vastes
ou dans l’eau murmurante toujours de l’étreinte
nous dérivons ainsi nativement
naufragés
sans pouvoir retrouver le nom
de l’orage
qui va plus vite

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Entre Flèche et Cri
Traduction:
Editions: Obsidiane

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Le soleil… (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
Le soleil…

Le soleil, une braise en un sombre encensoir
Dont la sanglante flamme aux bords des gués s’allume;
Le pâquis submergé jusqu’à l’horizon fume,
La rivière galope à travers les prés noirs.

Et partout, cette odeur d’herbe morte et d’écume,
D’inconnu s’enfuyant dans la brume du soir,
Comme un souffle d’amour si douce à percevoir
Parmi les joncs courbés que sa lqngueur parfume.

Mais le lointain soleil insensiblement meurt,
A peine reflétée à l’eau trouble qui vire,
La dernière clarté en frissons lents expire.

Tel un errant baiser, plus rien que cette odeur
Voluptueuse autant qu’un appel de chair nue
Qui monte dans la nuit où la clarté s’est tue.

(Marie Dauguet)

 

 

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CHEVAL DES RÊVES (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2017




CHEVAL DES RÊVES

Superflu, me regardant dans les miroirs
avec un goût de semaines, de biographes, de papiers,
j’arrache de mon sieur le capitaine de l’enfer,
j’établis des clauses indéfiniment tristes.

j’erre d’un point à l’autre, j’absorbe des illusions,
je bavarde avec les oiseaux dans leurs nids:
et eux, souvent, d’une voix fatale et froide
chantent et font fuir les maléfices.

I1 y a un vaste pays dans le ciel
avec les superstitieux tapis de l’arc-en-ciel
et les végétations vespérales :
c’est vers lui que je vais et grande est ma fatigue,
foulant une terre retournée de tombes encore fraîches,
je rêve entre ces plantes aux fruits indécis.

Je Passe entre les enseignements possédés, entre les sources,
vêtu comme un être original et abattu :
j’aime le miel usé du respect,
le doux catéchisme entre les feuilles duquel
dorment des violettes vieillies, évanouies,
et les balais, aux secours émouvants,
dans leur apparence il y a sans doute, cauchemar et certitude.

Je détruis la rose qui siffle et la ravisseuse anxiété:
je brise les extrêmes aimés: et plus encore,
je guette le temps uniforme, sans mesures
une saveur que j’ai dans l’âme me déprime.

Quelle aurore a surgi! Quelle épaisse lumière de lait,
compacte, digitale, me protège !
J’ai entendu hennir son rouge cheval
nu, sans fers et radieux.
Je survole avec lui les églises,
Je galope à travers les casernes désertes de soldats
et une armée impure me poursuit.
Ses yeux d’eucalyptus volent l’ombre,
son corps de cloche galope et frappe.

J’ai besoin d’un éclair de splendeur persistante,
d’une parenté joyeuse qui assume mes héritages.

(Pablo Neruda)

Illustration: Marc Chagall

 

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